PREMIERE FILTRATION
sa putréfaction, qui répand une odeur infecte aux alentours des raffineries; 1 ou 2 millièmes d'acide sulfureux suffisent pour ralentir cette putréfaction. MM. Bobière et Dureau ont proposé de mêler d'avance le sang avec deux fois son poids de noir. Ce mélange, séché à basse température, se conserve et clarifie bien.
Les œufs sont rarement employés à la clarification, en raison de leur prix élevé; si Ton devait s'en servir, il faudrait mêler ensemble blancs, jaunes et coquilles, avec huit ou dix fois leur volume d*eau, et les battre fortement avec une verge de gros fils de cuivre. 6 ou 8 œufs pesant 300 à 350 grammes produisent à peu près autant d'effet qu'un litre de sang.
Les chaudières où l'on opère la clarification sont semblables aux chaudières à défécation des jus de canne et de betterave (*) : elles doivent être établies à une hauteur telle, que le sirop s ecoule spontanément dans les filtres, lorsqu'on ouvre le robinet de vidange. Les choses ainsi disposées, on fait arriver dans la chaudière l'eau dcitinée à dissoudre le sucre (environ 50 d eau pour 100 de sucre); on chauffe en introduisant la vapeur dans le' double fond : on ajoute le sucre en agitant avec un ràble pour hâter la dissolution ; quand celle-ci est effectuée, on jette dans le liquide 5 kilogr. de noir animal fin pour chaque quintal de sucre ; lorsque ce noir est bien délayé, avant que l'ébuUition commence, un ouvrier verse dans la chaudière le sang (1 à 2 pour 100 du sucre) battu dans quatre à cinq fois son volume d'eau: on agite fortement de bas en haut, et seulement une demi-minute, à l'aide d'un mouveron terminé par une palette (comme une batte à beurre) ; on laisse alors l'ébullition se prononcer, puis on ouvre le robinet pour faire couler tout le mélange de sirop et de noir dans les premiers filtres. On dirige par un robinet à trois eaux, vers un réservoir spécial, les premières portions filtrées troubles qui doivent être reportées sur les mêmes filtres ; dès que le sirop coule clair, on tourne le tube du robinet, et la clairce limpide arrive dans un réservoir, d'où elle doit être versée dans les filtres à noir en grains.
Première filtration. — Les filtres Taylor, plus ou moins modifiés, sont employés dans tontes les raffineries, même récemment installées, pour la première filtradon. Ils se composent d'une forte caisse en bois, doublée de cuivre, de 1 à 2 mètres carrés à
(*) ^^J' pl*'' ^^i° ^ méthode plus nonvelle de clarification en vases clos.
CHIMIE UmUSTR. II — 2^