FORMES A SUCRE
Travaux de rempli. — V empli est une pièce attenant à Tatelier des chaudières à cuire, une gouttière amène successivement les cuites dans les réchauffoirs. L'empli est carrelé ou dallé avec soin, de manière que le sucre qui tombe ne soit pas perdu, et bien nivelé, afin que les formes posées sur la pointe présentent au même niveau leur partie supérieure.
On emploie dans Templi les ustensiles suivants :
Les bassinSy qui servent à emplir les formes, sont en cuivre et terminés par un large bec; deux poignées en fer sont assujetties par des rivets sur les côtés de ces bassins ou une à la partie postérieure et une autre sous le plan incliné qui forme le bec.
Le canapé, support composé de plates-bandes en fer assemblées à jour, portant deux crochets qui le suspendent au bord des réchauffoirs.
Les pucheux ou puisoirs, grandes cuillers hémisphériques, en cuivre, de 25 centimètres de diamètre, munis d'un long manche en bois. Les pucheux servent à puiser la masse grainée dans les réchauffoirs pour remplir les bassins.
Les couteaux à mouver sont eu bois de hêtre; ils ont 1"',34 de long ; leurs lames ont 4 centimètres de largeur et 2 centimèti^es d'épaisseur; ils sont arrondis au tiers de leur longueur qui forme manche; les deux autres tiers sont taillés en lame de sabre ou couteau droit à deux tranchants. Ils servent à opaler et à mouver dans les formes (*).
I^s formes les plus usitées sont des vases coniques dont on se sert pour faire cristalliser et mouler les sucres en pains. Elles étaient autrefois généralement en terre cuite, garnies de quatre cercles en bois.
On préfère aujourd'hui les formes en tôle zinguée, ou couvertes d'un vernis vitreux, ou encore peintes avec un mélange de céruse, de minium et d'huile de lin (**). Cette peinture est renouvelée une ou deux fois par an. Les formes en cuivre étamé
Duent la densité du sirop , par conséquent sa température d*ébnlli(ion. Toute la masse srainée extraite, entreposée 15 à 25 minutes dans le réchaufToir, est mise rapidement dans les formes et donne après deux mouvages un sucre bien ^cristallisé et plus blanc que par les cuites ordinaires.
(*) Dans les nouvelles rafllineries où la cristallisation de la masse cuite est plus arancée, le couteau présente une lame en fer mince, arrondie, assujettie dans un manche en bois, le mouvage dit strikage ne s*efTectuant qu*à la profondeur des 2/3 ou de moitié seulement de la forme.
(**) Ces composés plombifères ont présenté quelquefois Tinconvénient de laisser des quantités sensibles d^oxyde de plomb à la superficie des pains de
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sellaient préférables à toutes les autres, si leur prix n'était trop élevé.
Les formes sont percées à la pointe du cône, et ce trou permet récoulement du sirop.
Voici les dimensions et dénominations de ces formes :
Hauteur. Diamètre à la base.
Le {letit deux 50 centimètres. 4 4 centimètres.
Le grand deux 50 47
Le trois 47 20
Le quatre 63 22
Le sept 64 28
Les bâtardes on Tergeoises 84 42
Avant de se servir des formes en terre, on les remplit de bouillie d'argile faite avec des esquives de terrage, délayées dans de Teau ; au bout de quelques jours on les nettoie, puis on les tient plongées, pendant vingt-quatre heures, dans Teau claire ^ des bacs à formes : ces préparations diminuent l'absorption du sirop par la poterie et préviennent l'adhérence des pains.
Les formes sont tirées du bac pour le service de l'empli ; on bouche le trou de la pointe avec des morceaux de linge humide roulés en tampon conique qu'on enfonce en frappant avec un petit maillet plat dit cacheux. On pose ensuite les formes sur la pointe dans l'empli, en nombre suffisant pour recevoir les cuites grainées dans les réchaufibirs ; elles s'appuient les unes les autres par leurs bords supérieurs^ la dernière rangée est maintenue par des formes (hors de service) renversées sur leur grande ouverture (base du cône) ou par des cônes tronqués creux en fonte.
Au moment de procéder au remplissage des formes, on répartit, à l'aide d'une spatule, le grain (cristaux grenus du sucre) dans le réchauffoir ; puis deux ouvriers, au moyen de pucheux, remplissent aux deux tiers le bassin assujetti sur son canapé (armature en fer accrochée aux bords du réchauffoir); deux autres ouvriers se succèdent, emportant les bassins dès qu'ils sont chargés, et remplissent successivement les formes, d'abord à la moitié de leur hauteur. Quand cette première tournée est finie, ils en recommencent une autre dans le même ordre et
sucre : on s^en est aperçu par la teinte brune que les fuites du gaz d'éclairage ont produite en formant du sulfure de plomb.
Afin d*éYiter la présence du plomb et les dangers qui en résulteraient pour la salubrité, Numa Grar a composé la peinture de ses formes avec un mélange d*huile de lin, rendue siccative parToxyde de manganèse, et de terre de pipe.