EFFETS DU CAFÉ
matières proposées pour le remplacer : quelle est Taction de la caféine si peu altérable, du chloriginate double, amer à rarrièreboucbe, si peu stable eu présence de Tair ou de l'oxygène, enfin quelle est Faction des essences aromatiques ? C'est à nos savants praticiens qu'il appartient de nous éclairer sur ce point.
Us nous ont appris, et Fexpérience de chaque jour vient le confirmer, que le café, tout différent des boissons alcooliques et des vapeurs narcotiques qui enivrent et engourdissent les sens, semble réunir ce qu'on peut trouver d'agréable dans les sensations des deux ordres, tout en excitant les facultés de Tintelligence.
La composition du café, indiquée ci-dessus, ne peut laisser de doute sur la propriété nutritive de l'ensemble des substances qu'il contient; cependant, si l'on tient compte de la faible quan^ tité et de la composition des principes dissous dans les infusions ordinaires (*), il semble que cette faculté nutritive doive être assez faible, et l'on ne peut comprendre l'influence très-remarquable du café sur la nutrition des ouvriers habitués à un travail pénible, à moins d'admettre avec M. de Gasparin qu«^ le café agisse plus particulièrement en s'opposant à la mutation des tissus ; ce serait donc moins en fournissant lui-même ces substances assimilables, qu'en prévenant certaines déperditions, en empêchant de se dénourrir ^ qu'il exercerait dans ce cas une puissante action sur le maintien de la force et de la santé des hommes.
En supposant que la cause principale des effets du café ne
(*) J'ai constaté qu'une infusion aqueuse de 100 grammes de café ordinaire pour 1 litre contient 19*^ de substances dissoutes, représentant 0''y726 d'azote ou 4*^,5 de matière azotée ; l'infusion de chicorée faite dans les mêmes proportions renferme 35 de substances représentant 0*^,574 d'azote ou 3,55 de matière azotée.
D'après les observations de M. de Gasparin , 2 litres de ces infusions mélangées, introduites dans le régime journalier des ouvriers mineurs belges, forts travailleurs, remplacent environ un tiers de la nourriture regardée comme indispensable à des hommes dans ces conditions.
Les effets que l'on peut attribuer à ce breuvage sont d'ailleurs appuyés par l'autorité d'une lougue expérience, car on connaît la sobriété des peuples qui font un grand usage du café, les abstinences prodigieuses des caravanes, le régime si peu nutritif des nations arabes. Tous les militaires regardent les distributions de café comme l'un des meilleurs moyens de leur faire supporter les courses fatigantes dans PÂlgérie.
Sans doute on ne saurait dire que le café pût remplacer la viande dans le régime alimentaire des hommes, mais il paraît évident qu'il aide à supporter une alimentation insuffisante et soutient les forces dans ces circonstances.
CHIMIE IITDUSTB. Il — 57