ESSAI DES VINS. 4J
on se sert d'un petit alambic et de l'alcoomètre de Gay-Lussac. On verse dans Talambic 3 décilitres de vin, que Ton soumet à la distillation ; lorsque le tiers du volume, ou 1 décilitre, est passé dans le récipient, on prend le degré alcoométrique du liquide distillé. Il faut avoir soin d'abaisser la température de ce liquide à 15* centésimaux, afin d'éviter de faire une correction, car l'instrument a été gradué à cette température. Il est évident qu'il faut diviser par 3 le degré obtenu, puisque le volume distillé est égal seulement au tiers du vin et que dans ce tiers du volume total est passée toute la quantité d'alcool qui était contenue dans les 3 décilitres soumis à la distillation.
Si le vin était très-riche et contenait, par exemple, de 14 à 16 pour 100 d'alcool, la vinasse ne serait pas épuisée en distillant le tiers de ce vin ; il faudrait pousser l'opération jusqu'à ce que la moitié du liquide eût passé; alors on ne diviserait que par 2 le degré obtenu (ou étendre préalablement d'un égal volume d'eau et doubler le résultat constaté) .
Silbermann a proposé une méthode d'essai des vins qui, à l'avantage d'être plus simple que la précédente, réunit celui d'exiger moins de temps. Cette méthode repose sur la propriété que présente l'alcool d'être trois fois plus dilatable que l'eau, pour une égale augmentation de température, entre les températures 0* et + 78*.
Prenant pour température originelle 25* centésimaux, parce qu'en tout temps il est facile de préparer un bain d'eau à cette température, M. Silbermann plonge dans ce bain une sorte de thermomètre ayant la forme d'une pipette, et rempli soit d'eau, soit d'alcool, jusqu'à un trait marqué sur la tige. Chauffant en-suite par immersion dans un autre bain, jusqu'à 50^ il marque d'un trait le point où s'élève l'eau, et ensuite le point le plus élevé qu'atteint l'alcool à la même température. Essayant de même tous les mélanges par centièmes, depuis 1 jusqu'à 99, l'intervalle entre la dilatation de l'eau pure et celle de l'alcool anhydre se trouve divisé en 100 parties.
Pour essayer un vin ou liquide alcoolique avec cet ustensile, on remplit la pipette dont on élève la température à 25* ; on extrait l'air ou les gaz en effectuant le vide à l'aide d'un petit piston, et l'on fait écouler une partie du liquide en pressant par une vis un petit obturateur jusqu'à ce que le niveau soit descendu au trait marqué 0^ Il suffit aloi*s de plonger dans un deuxième bain chauffé à 50* pour voir le niveau s'élever dans la tige jus-