DISTILLATION, APPAREILS
de faire bouillir jusqu'à ce que la température s'élève au degré de rébullition de Teau : si donc on condense tout le produit, Talcool obtenu est trop faible; il faut distiller deux fois encore, par conséquent coosommer trois ou quatre fois autant de combustible que si Ton recueillait du premier coup de Talcool vendable. Argand est parvenu a ce résultat en faisant passer de bas en haut la vapeur dans un serpentin fixé dans un vase cylindrique rempli de vin : l'eau condensée retombait dans la cucurbite, et la va peur plus alcoolique passait de ce serpentin dans un deuxième qu'elle parcourait en sens contraire (de haut en bas) et qui, plongé dans de Teau froide continuellement renouvelée, condensait tout le produit. On obtenait ainsi de Talcool ou de Teau -devie vendable ; mais la quantité diminuait durant tout le cours de la distillation, ne donnant presque plus rien ou seulement un peu d'eau alcoolisée vers la fin.
Edouard Adam améliora la distillation en faisant barboter la vapeur de la cucurbite dans une série de vases de forme ellipsoïde représentant un grand appareil de Woulf. L'alcool très-fort arrivait seul aux derniers vases ; les vases intermédiaires retenant les eaux alcooliques, graduellement plus faibles, les reversaient des uns dans les autres par des robinets à chaque opération : on évitait donc ainsi toute la perle de temps des épuisements partiels, une distillation reprenant ce que la distillation précédente avait laisse.
Cellier Blumenthal perfectionna cette opération en la rendant continue, faisant servir le vin, exclusivement, à la condensation (*), utilisant toute la chaleur de la vapeur d'eau en la condensant pour vaporiser l'alcool.
On ne reprochait à cet ingénieux appareil que de laisser perdre un peu d'alcool avec la vinasse qui coulait sans cesse. Derosne corrigea ce défaut en rendant l'écoulement de la vinasse intermittent, de sorte qu'elle put subir une ébuUition durant 45 et même 60 minutes avant de s'écouler : l'appareil fonctionne avec la même activité, car le vin y arrive en égale quantité et d*une manière continue.
(*) Sauf pour les vins très-riches contenant de 15 à 21 centièmes d'alcool, et par conséquent trop peu d*eau pour suffire à la condensation des vapeurs.