ÉPURATION CHIMIQUE
tîon d'eau et du lait de chaux, il se trouve ainsi débarrassé d'une grande partie des essences infectes; on le soumet à la rec-
tification dans un appareil qui peut également servir à la distillation des fonds de cuves et des petites eaux.
Épuration chimique, — On a tenté de rendre Tépuration de Talcool plus complète par des moyens chimiques analogues à
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ceux indiqués en 1845 dans un brevet par M. Gh. Maire, de Strasbourg : on interposait entre Tappareil rectificateur et le dernier serpentin ou réfrigérant à eau deux ou trois vases intermédiaires semblables à des flacons dé Woolf, dans lesquels on faisait passer la vapeur alcoolique.
Le premier vase, en tôle, contenait une solution de soude ou de potasse dans laquelle la vapeur barbotait en passant au travers d'une pomme d'arrosoir ; le deuxième vase , construit en cuivre, renfermait une solution d'acétate de cuivre ou de sulfate de sesquioxyde de fer, dans laquelle passait également la vapeur alcoolique : la vapeur alcoolique laisse dans la solution alcaline une partie des huiles essentielles et des vapeurs acides entraînées ; elle pouvait laisser dans la solution d'acétate de cuivre ou de sulfate de sesquioxyde de fer une partie des essences devenues moins volatiles par l'action oxydante exercée sur elles ; mais la pratique fait reconnaître plusieurs inconvénients à ces procédés ; les réactifs varient sans cesse en raison même de leur effet. L'alcool contracte une odeur spéciale, et cet alcool ne peut s'allier aussi bien que les esprits fins^ obtenus par la simple rectification, avec les esprits-de-vin. Un nouveau procédé chimique donne en ce moment de bons résultats dans plusieurs usines installées par MM. Cail et G'"", Bequet et Ghamponnois; nous l'indiquerons plus loin, p. 586.
Description des plateaux (Dubrunfaut) contenus dans les tronçons composant les colonnes des appareils distillatoires et rectificateurs, — Détails intérieurs des plateaux contenus dans les colonnes distillatoires. — Les figures 287, 288 indiquent par deux coupes verticales, et la figure 289 par une coupe horizontale, un des dix tronçons composant la colonne de l'appareil distillatoire. Les dispositions des dix tronçons de la colonne des rectificateurs (de l'appareil rectificateur, fig. 2, pi. XXXVIII) sont les mêmes.
La figure 28*7 montre le tronçon cylindrique portant, au milieu de sa hauteur, un disque ou plateau O P, dont les bords, releve's, sont fixés, par une clouure rivée, sur les parois internes du tronçon. En ^, /i g^ A, /, sont indiquées cinq des neuf calottes hémisphériques qui recouvrent autant d'ajutages ouverts. L'intérieur de l'une de ces calottes, qui est coupée, se voit en i, et Ton remarque que ces bords, fixés (comme pour toutes les autres) par des pattes rivées sur le plateau , descendent 1 centimètre plus bas que Torifice supérieur de l'ajutage /' ; il en résulte
PLATEAUX DE M. DUBRUNFAUT.
Fig. 288.
que la vapeur, montant par chacun des ajutages semblables, déplace et agite le liquide, en barbotant sous les bords de la calotte, sorte de capsule renversée (fig. 287 et 288).
Le niveau du liquide sur le plateau est maintenu constant et intermédiaire entre les bords supérieurs de Tajutage et les bords inférieurs de la calotte, car ce liquide se déverse, par un tube d^ près du centre, et dont Touverture supérieure est fixée à 1 centimètre | au-dessous du niveau des bords supérieurs des ajutages sous les capsules, et à 1 centimètre \ au-dessus du bord des capsules renversées. Ce tube rf, descendant jusqu'à 2 centimètres au-dessus du fond duplateauyT (fig. 288), immédiatement au-dessous (adapté contre la bride yA du tronçon, fig.
287, et une bride semblable du tronçon au-dessous), y fait écouler tout le liquide qui déborde du plateau jk ; on comprend que la vapeur ne puisse passer par ce tube, puisqu'il plonge lui-même, par son bord inférieur, dans le liquide du plateau y" A' , immédiatement audessous. Des tronçons semblables au nombre de 10 forment le corps de la colonne.
Quant au liquide coutenu sur le plateau In (fig. 287), il y arrive, d'un plateau immédiatement supérieur, par un tube semblable au tube d^ et dont la coupe est dessinée (fig. 289) en a. Le liquide qui s'écoule ^'^* ^*^' sous les bords de ce tube
plongeur est dingé, par le diaphragme droit Ar et le diaphragme courbe ^, j, r, «, m, dans le sens indiqué par les flèches : il circule ainsi entre le diaphragme courbe et les parois circulaires du
tronçon de la colonne, pour se déverser par un tube /*, qui le conduit sur le plateau immédiatement inférieur, où, rencontrant de semblables diaphragmes droit et courbe, il circule de même, mais en suivant une direction inverse, et tombe encore, par un tube vertical près du centre sur le plateau, immédiatement inférieur, d'un autre tronçon.
C2es détails feront aisément comprendre comment les liquides verses, ainsi que les produits de la condensation, s'écoulent du haut en bas de la colonne, en tombant d'un plateau sur l'autre, et circulant sur chacun des dix-huit plateaux, alternativement, dans un sens et dans une direction opposés, pour arriver enfin dans la chaudière ; tandis que la vapeur mont» en partant de la chaudière en ébullition, traverse, en barbotant, les passages entre les neuf ajutages, couverts d'autant de capsules renversées qu'elle rencontre à chacun des dix -huit plateaux superposés.
L'expérience a montré que cette circulation des liquides, en les exposant sur un long parcours à l'action des vapeurs, permet d'effectuer une séparation assez complète entre les parties alcooliques, plus volatiles, et les parties aqueuses, plus facilement condensables ; qu'ainsi l'on parvient mieux à vaincre l'affinité qui existe encore entre l'eau et l'alcool, bien que très-affaiblie à ces températures.
En Angleterre, la consommation et l'exportation considérables des alcools et des boissons alcooliques (eaux-de-vie de genièvre, de grains, Uqueurs diverses} conduisit les fabricants à faire usage d'appareils distillatoii^s gigantesques, fondés d'ailleurs sur les principes réalisés d'abord en France par Edouard Adam, Cellier, Blumenthal, Derosne, Dubrunfaut, Champonnois, Savalle, etc.
Un de ces appareils indiqué figures 290 et 291 se compose de deux colonnes : la première C distillatoire, la seconde B fonctionnant comme rectificateur et chauffe- vin ; d'un vase rectificateur intermédiaire D, lY et de deux réfrigérants â eau E, F, F. Les deux colonnes, situées au même niveau, sont construites en forts madriers solidement reliés par des armatures en fer, boulonnées; elles ont la même hauteur de 13 mètres et occupent les quatre étages d'un vaste bâtiment.
La première G contient, fixés horizontalement dans ses parois
intérieures, trente-huit plateaux en cuivre criblés de trous comme une écumoire. 1^ section horizontale de la colonne rectangulaire ayant 6 mètres sur 4 mètres, chaque plateau a la même largeur (de 4 mètres), mais il est moins long de 1 0 centimètres, en sorte qu'il laisse un espace libre de 10 centimètres alternativement d'un bout et de lautre de façon à faire circuler en zigzag le liquide qui tombe en cascades d'un plateau sur Tautre, soit à chacun des bouts alternativement, soit en pluie au travers des trous d'écumoire des plateaux.
Fi g. 291.
Entre deux plateaux, sur toute la hauteur de la colonne, sont pratiquées de larges ouvertures, dites trous d'homme, habituellement closes par des obturateurs fortement seiTés, mais que Ton peut facilement ouvrir pour effectuer des nettoyages. Cette première colonne communique, par sa partie inférieure, entre le fond et le premier plateau avec un générateur amenant à volonté la vapeur d'eau par un tube barboteur M terminé en pomme d'arrosoir, et sous la pression excédant un peu celle de l'atmosphère.
A la partie supérieure C de la même colonne, au-dessus du dernier plateau, est adapté un tube de 12 centimètres de diamètre intérieur, recourbé en S, de manière à redescendre au niveau du sol pofir s'udapter ^ la partie inférieure d'un serpen-
tin B Uj a, a, formé de 40 tubes parallèles de 14 centimètres de diamètre, semblable aux serpentins réfrigérants évaporateurs décrits aux articles Glucose et Sucre {i^oy, pi. XXVI et XXXll). Ce serpentin a une hauteur totale de 12 mètres; il est enveloppé dans la deuxième colonne, sauf les doubles coudes à brides a^a^a^ qui sortent de cette colonne sur une des façades.
Le serpentin reçoit à sa partie supérieure , qui sort de Tenveloppe, le vin amené d'un réservoir spécial A établi au-dessus du quatrième étage du bâtiment. Ce liquide, après avoir circulé du haut en bas successivement dans chacun des tubes du serpentin, remonte spontanément en raison de l'élévation du réservoir A par un tube en S semblable au tube à vapeur au haut de la première colonne; il se déverse sur le premier plateau supérieur pour tomber en cascade, épuisé d'ajcool par la vapeur d'eau introduite au bas de ladite colonne distillatoire (*).
Quant à la vapeur d'eau graduellement enrichie de vapeur alcoolique à mesure qu'elle s'élève en passant entre les plateaux, arrivée au haut de la première colonne C, elle descend par le tube recourbé en S dans le bas de la deuxième, où elle s'élève de nouveau, échaufife le vin circulant de haut en bas dans le gros serpentin, laisse condenser la plus grande partie de l'eau. Celleci s'écoule dans un récipient, entraînant plus ou moins d'alcool; elle constitue le liquide appelé flegme, qu'une pompe I, sans cesse en mouvement, remonte sur le plateau supérieur de la première colonne (distillatoire).
La vapeur alcoolique, en grande partie débarrassée d'eau, arrivant au haut de la deuxième colonne (dite rectificateur), passe par un tube recourbé dans un réfrigérant à eau F. Ce réfrigérant est disposé comme les chaudières tubulaires des locomotives ; il est formé d'une enveloppe en cuivre dans laquelle sont adaptés deux faux fonds eutre lesquels 200 tubes de 3 centimètres de diamètre intérieur sont fixés; la vapeur alcoolique arrive par le
(*) Loraque, comme dans la figure 291 , un vase intermédiaire D (D', fig, 290) est placé entre les deux colonnes, le tube adapté à la partie inférieure du serpentin s'élève verticalement et débouche dans le premier compartiment de ce vase D, il circule en décrivant une ligne sinueuse autour des trois cloisons de ce vase, se déverse par un tube trop-plein sur le plateau supérieur de la colonne G, puis descend en cascade d'un plateau sur l'autre. L*alcool en vapeur dégagé du vase intermédiaire D passe dans un réfrigérant tubulaire £ où il se condense. L'effet utile de ce vase intermédiaire consiste à débarrasser le liquide vineux des composés les plus volatils à odeur désagréable, en sorte que Ton peut obtenir directement des alcools bon goût, sans autre rectification.
SAGCHARIFIGATION ET DISTILLATION. 545
haut entre le fond et le premier faux fond ; elle se dissémine dans les 200 tubes pour s'y condenser sous Tinfluence de Teau qui entoure les tubes entre les deux faux fonds et s'y renouvelle. Le liquide ou alcool condensé s écoule au delà du deuxième faux fond vertical dans Fintervalle qui le sépare du deuxième fond, puis par un tube dans une éprouvette à déversement contenant un aréomètre ou alcoomètre , et de là le liquide s'écoule dans un réservoir spécial fermé à clef.
Eti Angleterre, les éprouvettes à déversement sont enfei^mées dans une caisse vitrée, qui laisse voir Técoulemeat et le degré du liquide, mais ne permet pas d'y toucher, cette caisse étant close et sous la clef des employés de l'accise comme les réservoirs à alcool.
Au moyen de ces énormes appareils distillatoires, on obtient par heure 22 hectolitres d'esprit à 58® centésimaux, c'est-à-dire 264 hectolitres en 24 heures, ou l'équivalent à 80® (*).
S8. SaecharlAeatlon et fermentatloii des grains i méthodes anglaise et belge.
En Angleterre, la saccharification des grains par l'orge germée (c'est-à-dîre par la diastase), en vue de la production de l'alcool, s'effectue sur des mélanges farineux contenant le son et les enveloppes dans les proportions suivantes :
Malt broyé (orge germée) 40 |
Orge à rétat normal, dite orge croe 80 > 4 00
Avoine (**) 40 )
On traite ce mélange dans la cuve à brasser [mash-ton : voy. plus haut la Fabrication de la bière) avec des proportions d'eau telles que le liquide sucré (moût), après la fermentation, contienne 10 pour 100 en volume d'alcool à 58° (ou preuve de Londres). Les moûts sucrés sont,. en sortant des mash-tons, re-
(*) Malgré leur vaste capacité, ces appareils ne reviennent qu*à 100 000 fr. environ, tandis que les appareils continus ordinaires, produisant en 24 heures seulement 30 hectolitres de 50 à 60® centésimaux, coûtent 2(è000 fr. Je dois à M. Levât, ingénieur de l'École centrale, la plupart de ces données qu'il a recueillies en Angleterre et en Belgique.
(**) L'avoine, en raison de ses enveloppes multiples, facilite la filtration. L*orge agit de la même manière, saus aider aussi bien à la filtration ; quant au seigle, dépourvu d'enveloppes semblables, il rendrait la filtration trèsdifficile.
CHIMIB niDUSTR. II — 35