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DISTILLATION EN BELGIQUE

froidis dans de vastes bacs plats en tôle ou dans des réfrigérants à courant et injection d^eau froide {poy. les rifrigéraMs^ chapitre Bière). On y emploie aussi des réfrigérants tubulaires à circulation d'eau froide. Les tubes, disposés comme <ians une chaudière de locomotive, sont en cuivre^ afin de les tenir plus facilement propres.

La drèche lavée, sert de nourriture pour les bestiaux. On ne livre à la fermentation que les moûts soutirés ou liquides clairs. Les cuves à fermentation ont une capacité de 1800^ hectolitres ; la fermentation y dure 6 à 7 jours ; on n'extrait pas la levure, cette substance étant à bas prix dans le commerce ; car elle est produite en excès par les brasseurs qui ne peuvent la vendre aux boulangers, en raison de la couleur brune communiquée par Forge torréfiée employée pour colorer en brun le porter.

On obtient, d'unquarter du mélange farineux, environ 20 gallons d'alcool à 58°, ce qui correspond à 31. litres d'alcool absolu pour lOOkilogr. dudit mélange. Ce rendement, plus considérable que celui obtenu en Belgique, paratt tenir à Teipploi des moûts liquides, à la fermentation plus régulière et plus prolongée.

Distillation en Belgique. — Dans ce pays et en plusieurs localités du Nord, la saccharification des grains s'effectue dans la cuve même à fermentation et parfois dans un vase spécial en tôle muni d'un double fond criblé de trous et préalablement rempli aux deux tiers d'eau chauffée à -h 80* centésimaux. Un agitateur mécanique, semblable à celui des brasseurs, mélange avec l'eau la substance farineuse qui se compose de 33 d'orge germée moulue et de 67 de seigle réduit en farine. La quantité d'eau employée est telle que, pour 1 kilogr. du mélange broyé, il se trouve 3 kilogr. d'eau.

Après une réaction de deux heures, durant laquelle la diastase convertit l'amidon en dextrine et glucose, on rafraîchit en soutirant le liquide chaud par un robinet sous le faux fond et en faisant arriver à sa place de Teau froide.

Ou porte les moûts ou métiers dans les cuves à fermentation, on étend ce liquide avec la solution claire ou vinasse soutirée des résidus de la distillation précédente, de sorte qu'en sonune 1 kilogr. de matière farineuse soit en présence de 7 à 8 hectolitres de liquide : en hiver, 12 kilogr. de substance sèche se trouvent contenus dans 1 hectolitre de mélange fluide; en été, la dose est portée à l4^kilogr. On met en levain à une température

aussi basse que possible en été, et Ton emploie 4 kilogr. de levure pour une cuve contenant 22 hectolitres; la fermentation ne dure que 24 heures, la législation belge ne permettant pas aux distillateurs de la prolonger davantage.

La distillation de la matière pâteuse s'effectue à la vapeur introduite dans une colonne verticale ; une ouverture circulaire dans chaque intervalle entre les plateaux facilite les nettoyages.

La figure 292 montre les dispositions de cet appareil établi suivant le système de MM. Gail et O^.

Il se compose des deux chaudières étagées A, B, chauffées soit à feu nu par le même foyer placé sous la première, soit par un tube barboteur Z, ou mieux encore à Taide d'un double fond qui

prévient une trop grande accumulation d'eau dans le résidu destiné à la nourriture des bestiaux (vaches, bœufs, porcs). La première chaudière est munie d'un robinet de vidange j, surmonté d'un tube x indicateur de niveau du liquide.

Un robinet d'issue ç sert à prendre de la vapeur pour reconnaître le terme de son épuisement d'alcool. L'ajutage a reçoit une soupape de sûreté utile en cas d'engorgement des tubes.

A la partie supérieure de la chaudière A, un tube recourbé en

BÎphon b porte la vapeur qai doit sortir par une pomme d^arrosoir et barboter dans la chaudière B. La vapeur chargée d'un peu plus d'alcool s*ëlève dans la colonne CD où elle passe de plateau en plateau, en plongeant 10 fois sous les capsules renversées au centre de chacun de ces plateaux (i^o/. p. 547). Deux tampons opposés à chaque étage des 10 tronçons de colonne facilitent les nettoyages; la vapeur, graduellement plus alcoolique, arrive au sommet de la colonne, passe par le tube en siphon D', se rend dans le vase E, où se condense une partie des vapeurs plus aqueuses, le surplus s'élève dans la colonne EFG pour arriver dans le serpentin rectificateur GH ; 4 des tours d'hélice de ce serpentin portent des robinets que Ton ouvre à volonté pour faire rétrograder vers le vase F les eaux de condensation ; enfin la vapeur la plus alcoolique arrive dans le condensateur S, d'où l'alcool s'écoule en traversant l'éprouvette U dans le réservoir affecté à ce produit.

La marche de la matière pâteuse fermentée est inverse de celle de la vapeur ; cette matière à distiller est élevée par la pompe R et le tube RR' dans le réservoir O ; un agitateur à palettes mû par un arbre et une double roue d*angle P, P' la maintient en mouvement; elle s'écoule par le tube Q au bas du vase H contenant le serpentin rectificateur, où un agitateur à arbre vertical MN entretient son mouvement; arrivée au haut de ce vase, elle s'écoule par le tube Gc sur le premier plateau supérieur De, et tombe de plateau en plateau, s'épuisant de plus en plus de l'alcool qu'elle renferme, et s'écoulant dans la chaudière B où l'épuisement continue sous l'influence de la vapeur qui barbote dans cette chaudière. Lorsque celle-ci est aux deux tiers remplie, on vide la chaudière A, dont le contenu épuisé constitue lé résidu alimentaire pour les animaux, puis on la remplit avec ce que contient la chaudière B; fermant ensuite le robinet de communication entre les deux chaudières, les mêmes effets se reproduisent, c'est-à-dire que la vapeur fournie par la chaudière A barbote dans le liquide, qui peu à peu remplit une deuxième fois la chaudière B; ordinaireînent il faut 1 heure pour que cette chaudière se remplisse.

Ainsi l'opération étant continue pour la matière pâteuse versée dans l'appareil, se trouve intermittente à l'autre bout, puisque d'heure en heure on vide le résidu épuisé d'alcool parl'ébuUition qu'il a subie dans la, première chaudière A. Une colonne distillatoire traitant un volume suffisant de matière pour

donner 20 hectolitres d'alcool à 95®, nécessite un générateur qui offre 25 mètres carrés de surface de chauffe.

On obtient, de 100 hectolit. de substance farineuse, 25 à 26 hectolit. d'alcool à 95*. Le seigle paraît être une des céréales les plus productives dans ce procédé; le mauvais goût observé dans les produits peut tenir à ce que la fermentation et la distillation s'effectuent sur le mélange pâteux contenant les enveloppes du grain et leurs huiles essentielles spéciales.

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