ACIDE ACÉTIQUE DU BOIS
tissaut à un conduit commun pour toutes les cuves, qui luimême est adapté à une cheminée d^appel.
Dans le passage continu et lent au travers des copeaux, Tacétification se trouve complète en 2 heures, pnisc[ue Ton fait arriver de 2 en 2 heures, dans Tentonnoir du tourniquet hydraulique, 6 litres du mélange de 3 litres d'alcool à 14*, et 3 litres de vinaigre à 7*. Les 54 cuves fournissent en 24 heures 3888 litres de vinaigre contenant 7 centièmes d'acide acétique pur, c'est-à*dire étendu à ce degré commercial.
L'acide acétique s'obtient en grand par un autre procédé bien moins répandu, qui est basé sur la décomposition du bois par une température rouge, dans des vases distillatôires en tôle. L'acide que Ton retire par la distillation est appelé, à cause de son origine, acide pyroligneux^ avant qu'il soit débarrassé des «matières goudi*onneuses qui l'accompagnent au moment de la production.
Les bois qui renferment le plus de matière incrustante produisent le plus d'acide acétique à la distillation. Cependant, la cellulose pure en produit elle-même : par conséquent, les bois légers ou tendres, riches en cellulose, en donnent aussi, mais moins, à poids égal, que les bois durs qui contiennent beaucoup de matière incrustante injectée dans l'épaisseur des parois de leurs fibres ligneuses ; ceux-ci produisent 4 d'acide acétique, tandis que les bois légers n'en fournissent que 3,5 pour 100 de leur poids. La différence est bien plus considérable si on compare les produits au volume des bois employés : dans ce cas, les bois durs, lourds ou fortement incrustés, peuvent, à volume égal, donner jusqu'au double de ce que l'on obtient des bois blancs, légers et peu chargés de substance incrustante.
Les produits volatils de la distillation du bois sont très-complexes, ils contiennent de l'acétate d'ammoniaque, différents carbures d'hydrogène dissous et des goudrons légers et lourds, en partie précipités; enfin, de l'esprit-de-bois que l'on peut recueillir dans des réfrigérants plus éloignés de l'appareil carbonisa teur et distillatoii'e.
C'est le liquide très-acide, goudronneux, des premiers réfrigérants que l'on désigne sous le nom d'acide pyroligneux.
On épure l'acide pyroligneux après l'avoir décanté, en le distillant dans des alambics en cuivre : la plus grande partie du goudron reste dans la cucurbite ; l'acide distillé et condensé dans le serpentin est saturé par la craie (carbonate de chaux) : on
obtient ainsi de racétate de chaox en solution (*). En décomposant ce sel par le sulfate de soude, il se forme du sulfate de chaux, qui se précipite par rébuUition (**), et de Facétate de soude dissous. On concentre la solution et on la iait cristalliser, après Tavoir filtrée, sur du charbon d'os. On peut épurer plus complètement Tacétate de soude en le concentrant à siccité, puis le chauffant à feu nu ou par un bain d'huile à 240^ environ, température qui volatilise ou décompose et rend insolubles les matières goudronneuses sans altérer Tacétate. On reconnaît que l'espèce de torréfiBLCtion ainsi pratiquée est à son terme lorsque faisant dissoudre dans Teau un peu d'acétate on obtient une solution presque inodore. L'acétate de soude en ciistaux, décomposé par l'écpiivalent d'acide sulfnrique, laisse précipiter presque tout le sulfate de soude; on sépare l'acide acétique en le décantant, puis on l'épm^ par une distillation ménagée dans un alambic d'argent ou un alambic en cuivre, muni d'un large tube coudé et d'un tube i^* frigérant en argent.
Si l'on voulait obtenir avec ce produit Tacide à un seul équivalent d'eau, il faudrait le redistiller sur de l'acétate de soude anhydre, puis exposer le produit distillé au refroidissement par un mélange de glace et de sel : l'acide le plus concentré cristallise, on décante l'acide liquide; en répétant une deuxième fois la même opération sur les cristaux fondus, on obtient une masse cristalline plus pure, représentant l'acide acétique à 1 équivalent d'eau(HO,C*H'0').