‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 256 sur 412 · DE LA CELLULOSE FIBREUSE DU BOIS · texte numérisé non relu

DE LA CELLULOSE FIBREUSE DU BOIS

. Un assez grand nombre dmines préparent ainsi chaque jour, en France et à Tétranger, 1000, 2000 et jusqu^à 10000 kilogr. de pâte à papier, dosée à Tétat sec.

Dans la belle usine de Pontcbarra, MM. Neyret, Orioli et Frédet, traitant à chaud, par une sorte d'eau régale étendue, des rondelles de bois de 5 millimètres d^épaisseur, parviennent à dégager la cellulose fibreuse en attaquant les substances incrustantes par la \Soude ou Tammoniaque (*) dans un vase clos à double enveloppe, de leur invention ; le blanchiment à Thypochlorite de chaux, puis les lavages et Taffinage à la pile suffisent ensuite pour donner une de ces pâtes de bois, blanches et pures, que Ton range à juste titre parmi les meilleurs et les plus économiques succédanés des chiffons de chanvre, de lin, de coton et d'autres fibres textiles [**).

La fabrication des pâtes chimiques à Pontcharra s^effectue par les mêmes procédés indistinctement, en traitant trois sortes de matières (sauf la première opération ou division mécanique) : la paille et le sparte sont coupée au bache-paille, à 1 ou 2 centim. de longueur; le bois écorcé est débité à la scie circulaire en rondelles de 5 millim. d'épaisseur; chacune de ces matières premières ainsi préparée subit successivement trois opérations principales : V traitement par Veau régale à froid ou à chaud ; 2^ lessivage ; 3® blanchiment.

1** Traitement par l'eau régale à froid (bois â l'état sec, eau régale forte). — Ce mode d'opérer donne lieu à une manipula-

(*] Celle-ci, recueillie par condensation dans un ingénieux appareil, peut, sauf une déperdition légère, servir indéfiniment.

{**) On ne saurait 8*étonner que le bois fournisse, en général, une cellulose plus pure que la paille, si Ton considère que celle-ci contient dix fois pins de substances minérales renfermant des proportions notables de fer. Aussi peut-on souTcnt reconnaître la présence de l'oxyde de fer dans les pâtes, même blanchies et lavées, de la paille, tandis que les produits obtenus du bois dans de semblables conditions n'en renferment pas de traces sensibles aux mêmes réactifs.

Depuis quelque temps MM. Gagnage et Oignon, avec la coopération de M. Poinsot (chez M. Breton, à Pont-de-Claye), sont parvenus à extraire de la Zostera marina (Monocotylée improprement désignée sous le nom de Varech ou Fuciu) de la cellulose fibreuse qui entre dans la confection du papier de pliage, et même du papier blanc. La préparation facile consiste en un traitement par la soude, d'abondants lavages, puis le blanchiment ordinaire par rbypochlorite de chaux dans une pile affineuse. Le produit ainsi obtenu n*offre plus que des traces d'oxyde de fer : sous ce rapport, il est plus pur que la pâte de paille et moins pur que la pâte de bois complètement blanchie; les fibrilles très-fines du Zostera %t feutrent très-facilement.

Page 1