TUBERCULES
par 4 hectare.
FECULK
à i équival. d*eau.
(*) On pourrait obtenir plus encore de la pomme de terre Rohan ; mais ses tubercales trop aqueux sont bien moins estimés des fabricants de fécule.
{**) Cette Tariété, plus faàtive que la précédente, fournit les premiers tubercules vendus aTantigensement dans les villes pour la consommation usuelle, et aux féculeries, qui peuvent, en l'employant, commencer plus tôt leurs opérations. Elle a plus de chances d'échapper à la maladie spéciale ; enfin la récolte laissant plus t6t le terrain libre, permet d'y faire une cultui-e de plus, dans la même année, en semant, par exemple, des navets ou du sarrasin, etc.
La quantité de fécule qu'on peut obtenir change, en outre, suivant la nature du sol et rhumidité ou la sécheresse de la saison ; les proportions de la fécule diminuent d'ailleurs à mesure que Ton s'éloigne de Fépoqne de la récolte : on le comprendra si Ton songe que les tubercules en magasin s'échauffent peu à peu, poussent des tiges et des radicelles qui, en se développant, font dissoudre la fécule, puis la transforment en cellulose : celle-ci constitue en effet la trame des tissus en voie de développement. C'est ainsi qu'en octobre, novembre et décembre, on obtient, dans les fisibriques, 17 à 18 de fécule (à 4 équivalents d'eau) pour 100 de la pomme de terre patraque, tandis qu'en janvier et février la proportion n'est plus que de 15,5, et seulement de 13,5 en mars et avril. 11 est donc convenable de terminer la fabrication dans un intervalle de temps de trois ou quatre mois.
Emmagasinage. — Pour préserver les tubercules de diverses altérations spontanées, on doit les placer dans un lieu où la température soit assez basse et peu variable : une cave, un cellier ou un silo réalisent ces conditions. Il faut éviter de mettre en magasin des pommes de terre détériorées, meurtries, écrasées ou atteintes de la maladie spéciale, et choisir pour les emmagasiner un lieu qui ne soit ni excessivement humide, ni accessible aux eaux pluviales ou à la gelée.
Il convient généralement, pour les grandes féculeries, de conserver les pommes de terre en silos, sortes de fossés creusés dans un sol ferme et peu humide ; les dimensions ordinaires des silos
sont l'°,5 à 2 mètres de large ; 1 mètre de profondeur ; 20, 30 et jusqu*à 100 mètres de longueur : les tubercules y sont amoncelés au-dessus des bords en talus ayant une inclinaison de 45*, et recouverts d'une épaisseur de 25 à 30 centimètres de terre pour les préserver de la gelée.
Quelquefois , comme chez M. Dailly, on emmagasine les pommes de terre dans des silos couverts en chaume (ou mieux en joncs, qui résistent beaucoup plus longtemps que la paille) : ce sont des chaumières encaissées de 1*", 50 à 2 mètres dans le sol, ayant une longueur interne de 50™, 60, largeur 20 mètres, hauteur, sous les arbalétriers, 2™, 5 à 3 mètres; leur contenance totale est de 2251 mètres cubes, représentant une capacité utilisable de 1200 mètres cubes ; les frais de constmction n'ayant pas dépassé 6224 fr., on peut voir qu en portant l'intérêt annuel plus Tamortissement à 7 pour 100, les frais de simple emmagasinage, par hectolitre, ne représentent que 3^j63 ou environ 4 cent., en y ajoutant la valeur locative du terrain occupé.
2 à 3 mètres de hauteur sont maçonnés sur leur pourtour; des lucarnes y sont pratiquées de distance en distance pour faciliter Temmagasinage des tubercules; durant les fortes gelées, on bouche ces ouvertures avec un tampon de paille et Ton allume dans un poêle, placé au milieu du silo, un peu de feu en laissant les gaz de la combustion se répandre librement à Tintérieur, par un long tuyau incliné, pour prévenir la congélation des tubercules.
On apporte, par ces dispositions, une notable économie; car, une fois construits, ces magasins ne nécessitent pas , comme les silos ordinaires, une nouvelle dépense chaque année. On établit un couloir qui communique directement avec le silo le plus rapproché de l'usine, et (lorsque les tubercules sont récoltés habituellement dans une terre forte et adhésive) au bout de ce couloir on établit un bassin laveur en maçonnerie où plonge une chaîne sans fin qui sert à monter les pommes de terre au fur età mesui^ qu on les amène sur de petits chemins de fer et qu'on les verse# à l'aide de brouettes à bascule, dans ce bassin.