‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 267 sur 412 · EXTRACTION DE LA MATIÈRE GRASSE · texte numérisé non relu

EXTRACTION DE LA MATIÈRE GRASSE

Après avoîr roîs à part les os pouvant servir à la tabletterie, on divise les autres en petits fragments, à coups de hache, frappant sur un billot, de manière à mettre à nu la plus grande surface possible des cavités de ces os, que Ton se propose de soumettre à Tébullition dans Teau pour en extraire la graisse. Un os de côte, par exemple, doit être divisé dans le sens de sa longueur. Ce travail a pu se faire au moyen de machines, mais sans avantage, car on ne peut choisir ainsi le sens des sections qui ouvrent le mieux passage à la graisse ; le cassage ou coupage à la main exige d'ailleurs une grande adresse que peut donner Thabitude.

Lorsque Ton veut extraire la graisse des os, on doit éviter qu'ils se dessèchent. On ne traite donc jamais dans ce but les os qui, par une longue exposition à Pair, ont perdu la plus gi^ande partie de l'eau qu'ils contenaient à l'état frais, car ils ne céderaient plus de matière grasse ; c'est ce qui avait fait penser à tort que pendant la dessiccation la graisse s'était évaporée : en effet, les os secs retiennent la matière grasse , seulement elle ne peut plus être enlevée par l'ébullition, parce qu'elle s'est infiltrée du tissu adipeux dans le tissu osseux, en se substituant à l'eau à mesure que celle-ci s'est exhalée en vapeur (*).

Après avoir coupé les os gras, on les met avec de l'eau dans une chaudière hémisphérique en fonte, ayant environ 1",50 de diamètre et 0",75 de profondeur, puis on les soumet à l'ébullition, en ayant soin de les remuer un peu de temps en temps avec une pelle criblée de trous ; cette agitation met en liberté les gouttelettes de graisse engage'es sous des fragments d'os. Après quelques instants d'ébullition, soit à feu nu, soit en faisant barboter de la vapeur dans le liquide, la plus grande partie de la graisse montée à la surface est enlevée avec une grande cuiller peu profonde, puis versée sur un tamis au-dessus d'un baquet placé sur le bord de la chaudière. La graisse se sépare de l'eau, qui se précipite au fond du baquet, et que l'on fait écouler de temps à autre dans la chaudière par un petit trou de fausset.

On reconnaît que la graisse libre est sortie lorsqu'en remuant les os on ne fait plus remonter de graisse à la superficie du liquide ; alors on enlève les os avec une grande écumoire ou pelle trouée, et on les remplace par une nouvelle charge d'os frais (**) .

(*) Mais celte matière grasse pourrait être extraite par le sulfure de carbone. C*^*) On rend cette manipulation plus facile et phis économique de maind'œuvre en plaçant les os clans un grand panier en tô!e trouée, cylindrique^

Page 1