PROCÉDÉ DE M. EVRARD
précédente); T quatre chargements successifs de 250 kilogr. de suif en branches haché ; on ajoute 150 htres d'eau, à laquelle on a mélc 5 kilogr. d'acide sulfurique à 66*. On chauffe, puis on ferme le trou d^ homme de la chaudière à Taide d'un obturateur, et Ton maintient la température entre 105 et 110* pendant 2 heures et demie. Alors la dissolution étant effectuée, on décante le suif liquide dans une chaudière ou récipient de cuivre enveloppé de corps mauvais conducteurs, et Ton y ajoute 1 kilogr. I à 2 kilogr, d'alun dissous dans 20 litres d'eau, après quoi on laisse reposer pendant 8 ou 10 heures (deux récipients sont donc utiles pour une chaudière) ; au bout de ce temps, on décante le suif dans les jalots, ou même directement dans les moules à chandelle.
Ce procédé donne un suif plus blanc et plus dur en hiver. On en obtient 83 à 85 pour 100 au lieu de 80 à 82 que donne le procédé des cretons; mais ce dernier laisse en résidu lescretons qui pèsent 8 à 10 pour 100 du suif, et qui se vend de 12 à 15 fr. les 100 kilogr. Le suif obtenu sans acide est préféré pendant Tété par les fabricants de chandelles, en raison de ce que sa pâte, plus homogène, ne laisse pas suinter, comme le suif à Tacide, une substance grasse fluide.
II me semble que le traitement par Tacide décompose une petite quantité de suif en glycérine et acides gras, dont la cristallisation plus tranchée met en liberté un peu d'oléine et d'acide oléique. Cependant aujourd'hui que l'on réserve la plus grande partie du suif de mouton pour la confection des chandelles, et que le suif du bœuf sert principalement à fabriquer les acides gras, la fonte de ce dernier suif à l'acide, en vase clos et à la vapeur, n'a plus d'inconvénients.
Nouveau procédé pour la fonte des suifs, — M. Evrard, de Douai, a imaginé un moyen remarquable pour l'extraction des matières grasses contenues dans les suifs en branches : il emploie une solution faible marquant 1 à 1*, 5 de soude caustique pour 100 kilogr. de suif, tel qu'on l'extrait de l'animal et sans découper les masses irrégulières plus ou moins volumineuses de ces tissus adipeux.
La solution alcaline bouillante pénètre dans les membranes, les gonfle, les rend perméables en dissolvant les parties qui ont le moins de cohésion, en sorte que la matière grasse fondue peut sortir facilement de ses enveloppa; il se produit un autre effet remarquable : les acides gras à odeur caractéristique de