PROCÉDÉ DE M. EVRARD
chaque suif sont dissous par le liquide alcalin, en sorte qu*après un simple lavage le suif est devenu plus blanc, plus pur et moins odorant; enfin, l'opération s'effectue sans élever la température au-dessus de 100% par conséquent sans recourir à la pression et sans qu^on ait à craindre la moindre altération par excès de température. Voici comment on réalise ces résultats avantageux.
Des vases cylindriques en tôle ayant 1 mètre de diamètre et 1 mètre 25 centimètres de profondeur, au nombre de 10, si Ton veut fondre 800 kilogr. par jour, sont disposés sur un premier étage ; chacun d'eux est muni d'un faux fond criblé de trous (de 3 millimètres de diamètre), supporté par un châssis, et des pieds en fer, à 17 centimètres au-dessus du fond. Un tube troué amène à volonté la vapeur sous le faux fond.
Lorsque Ton veut procéder à une fonte de suif en branches, on verse d'abord dans le vase d'une contenance de 9**^', 35 3 hectolitres de solution à 1%25 de soude caustique, et 400 kilogr. de suif en branches; ou chauffe en introduisant la vapeur sous le double fond. Afin de maintenir tous les tissus adipeux immergés dans sa solution alcaline, on pose sur ces tissus un deuxième faux fond mobile, également criblé de trous, et, à l'aide de trois tiges verticales adaptées sur ce faux fond, on presse à la main ou par le simple poids de cet ustensile sur les tissus.
A mesure que la solution alcaline bouillante s'insinue dans les membranes, elle les gonfle, dissout les parties faiblement agrégées, les rend perméables ; le suif fondu les traverse, s'élève en passant dans les trous du deuxième faux fond, et vient surnager le liquide. Après une ébuUition soutenue durant 3 heures, les deux faux fonds, graduellement rapprochés, se touchent presque, et les membranes comprimées entre elles laissent échapper les dernières traces de la matière grasse. On intercepte alors la vapeur, l'ébuUition cesse, et l'on soutire la solution alcaline par un robinet de vidange, jusqu'à ce que la matière grasse arrive dans le robinet ; on ferme aussitôt celui-ci, on verse de l'eau pure dans le vase, on la porte à l'ébullition un instant, puis on laisse reposer et Ton soutire le liquide aqueux, qui se réunit à la première solution alcaline.
La graisse fluide est alors dirigée, en passant au travers d'un sac ou filtre, dans des récipients ayant 75 centimètres de diamètre et 1 mètre de hauteur, au nombre de deux pour chacun des vases opérant la première fusion : car dans ces demiei^ on peut effectuer le double d'opérations durant le même espace de