‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 328 sur 412 · SmpoBlfleatioii économique · texte numérisé non relu

SmpoBlfleatioii économique

M. de Milly est parvenu à réduire la proportion de chaux de 1 4 centièmes à 3 centièmes du poids du suif, à Taide d une agitation énergique, dans une chaudière ayant 1 mètre 20 de diamètre et 5 mètres de profondeur, solidement construite en cuivre, de 15 millimètres d'épaisseur : la réaction est facilitée par une élévsLtion de température à 172*, sous la pression correspondante de 8 atmosphères. On réduit, dans la même proportion que la chaux, la consommation de Tacide sulfurique, les frais de traitement des dépôts et les pertes durant ces manipulations.

D'ailleurs la saponification dans ces conditions spéciales s'effectuant par degrés, toute la masse reste sous forme d'un mélange fluide de savon calcaire, délayé dans un volume considérable d'acides gras liquides à cette température et de glycérine; cette fluidité de la masse facilite Tagitation qui a lieu par le simple courant de la vapeur introduite à Taide d'un tube de 4 centimètres, au fond de la chaudière verticale; en outre, la matière, après la saponification complète, et en raison même de sa fluidité, peut être très-facilement extraite de la chaudière par un tube plongeur de 5 ou 6 centimètres de diamètre, muni d'un robinet qui livre à volonté passage à tout le liquide, sous la pression plus forte à l'intérieur que celle de l'atmosphère. En tout cas, sa pulvérisation se trouve supprimée, et la saturation par l'acide devient beaucoup plus facile.

Voici comment s'effectue toute l'opération chez M. de Milly : on a d'abord disposé un géuérateui particulier, formé de deux bouilleurs superposés, en tôle^ de 15 millimètres d'épaisseur, et

{*) Le liquide acide, s'il D'est pas trop étendu par la Tapeur condensée, sert à commencer une décomposition du saTon calcaire dans l'opération suivante: or on peut ériter d'étendre cet acide en employant le chaufTaee indirect à l'aide d'un retour d'eau auquel aboutit le tube serpentin en plomb. La soudure autogène est alors indispensable. Foj-, le l^ Tolume, p. 290.

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de 5 mètres de longueur, timbrés à 10 atmosphères, fonctionnant sous la pression de 10 atmosphères, à -^ 182% offrant, en conséquence, avec un suffisant excès, la température et la pression dont on a besoin {*)*

La chaudière verticale {**) munie d'un trou d*hommQ à son sommet (outre un robinet à dégagement d'air, un thermomètre dans une gatne et un tube manométrique) étant close, on y introduit d'un réservoir supérieur, par un tube à large robinet aboutissant aux 2/3 de la hauteur, le mélange de suif, 2300^, d'eao et lait de chaux, 2000^ (contenant 69'' de chaux pure], préalablement échauffé et agité par le barbotage de la vapeur directe ou de Texcès de vapeur emprunté à la chaudière de saponification; c'est alors que Ton fait arriver au fond de cette chaudière la vapeur engendrée à 10 atmosphères, et maintenue dans la chaudière à saponification sous la pression de 8 atmosphères, qui doit promptement effectuer l'agitation de la masse et l'élévation de sa température à -(- 172®.

Afin de maintenir un courant convenable et de laisser dégager l'air et quelques gaz, un tube à robinet partant du sommet de la chaudière à saponification permet de diriger ces gaz, avec l'excès de vapeur qui les entraine , au fond de la cuve ouverte , où se préparent, pour l'opération suivante, la fusion du suif et son mélange avec le lait de chaux.

La saponification s'achève dans ces conditions en 7 heures; lorsqu'elle est à son terme, on cesse l'introduction de la vapeur en fermant le robinet qui établissait la communication avec le générateur spécial, on laisse pendant 30 à 40 minutes la température (et la pression correspondante) s'abaisser à 4-130* environ, puis on ouvre un robinet à trois eaux, auquel aboutit un tube ayant 5 à 6 centimètres de diamètre, plongeant dans la chaudière à saponification, et l'on dirige par un embranchement

(•) Voici les températures de la Tapeur correspondantes aux pressions de 5 à 10 atmosphères, sous lesquelles elle peut être engendrée:

5 atmosphères ^ 1 52*

6 atmosphères 4 60*

7 atmosphères 466*

8 atmosphères 4 73*

9 atmosphères 477*, 4

40 atmosphères 482*

{**) Voy, la figure et la description de cet appareil , Annales du Conservctoire des arts et métiers, octobre 1862, p. 357.

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de ce tube le liquide aqueux (glycérine dissoute dans l'eau) {*) vers le réservoir à suif, ce qui utilise la chaleur pour la fonte de cette matière grasse , la solution de glycérine remplaçant avec économie un égal volume d*eau.

Lorsque toute la solution aqueuse de glycérine est ainsi soutirée, ce que Ton reconnaît à Tarrivée d'un peu de liquide gras, on tourne dans un autre sens la clef du robinet à trois eaux de façon à diriger par le deuxième embranchement du tube la matière grasse demi-fluide et saponifiée, dans une cuve doublée en plomb, où doit se foire la saturation par Tacide sulfurique (pendant ce temps, on recommence une deuxième saponification, afin défaire trois opérations en 24 heures, ce qui correspond au traitement de 6900^ de suif).

Cette saturation elle-même dans le liquide bouillant est trèsfacile, car il n'est plus besoin de diviser le savon calcaire, qui se trouve uniformément réparti dans la masse fluide; on n'y emploie d'ailleurs que la quantité d'acide équivalente à la faible proportion de chaux employée, c'est-à-dire égale à 132^,8 pour une opération de 2300'' de suif où Ton a employé 69^ de chaux, suivant le rapport de 612,5 (ou 674 y compris l'excès utile) d'acide concentré pour 350 de chaux vive, toutes les autres opérations de lavage des acides gras ci-dessus décrites demeurant les mêmes, ainsi que celles de cristallisation, pressage, clarification, que nous avons indiquées plus loin.

Voici comment on peut, d'après les observations deMM.Bouïs, Berthelot et Pelouze, se rendre compte de la théorie de cette saponification qui économise la chaux, l'acide sulfurique, le combustible, la main-d'œuvre, le suif et le temps.

Si l'on considère la stéarine seule (les deux autres matières grasses donnant des réactions analogues), on aura l'équation suivante : tristéarine C"*H"«0*« ou 11 125 + 6HO ou 675 (augmentation de poids par l'hydratation) = 3 (C" H" O*) ou 10 650 acide stéarique -|- C*H*0* ou 1 150 glycérine;. en totalité dans les deux cas, 1 1 800. Tel est, sans doute, l'effet que produit la saponification de Thuile de palme par l'eau seule (chez MM. Prîce

(*) Outre cet avantage de l'emploi de la glycérine en solution, qui évite ■une déperdition de chaleur, et que Ton réitère durant trois ou quatre opéra- -tions, on obtient ainsi une solution plus concentrée, facile à épurer par aistillation k la Tapeur surchauffée, et propre aux usages assez nombreux déjà de la glycérine pure en médecine, chirurgie, parfumerie et dans les arts industriels.

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