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MATIÈRES PREMIERES

\ sulfogras (Bulfostéarique, sulfomargariqae, sulfoléiqae), lors-

[ qu^on traite, par Facide sulfiirique, en excès les matières grasses

i communes indiquées plus loin.

S* FabrleatloM t matières premières, prépsratlom, traitement, I lavaf^es.

Matières premières. — On emploie principalement- dans cette

industrie, outre Thuile de palme, les graisses communes, ou de ^ qualités inférieures, dont on ne pourrait avec avantage obtenir

des produits blancs cristallisés par la saponification ordinaire à la cbaux; ce sont : V les graisses de Reims et de Tourcoing I extraites des eaux savonneuses (résidus de graissage et de dégrais-

sage des laines) par les moyens ci-dessous ; 2® les graisses d'os^ ^ obtenues par les procédés décrits plus haut *, 3° les graisses certes^

mélange des matières grasses, résidus des cuisines, recueillies chez les restaura teu]*s, dans divers établissements publics et privés des grandes villes; les résidus et dépots des huiles d'o-lii^es (de France, d'Italie et d'Espagne); les graisses dites de boyaux^ provenant de raclures des intestins; les dépots des huiles de foie de morue et de baleine^ V huile de palme j les huiles brunes extraites des graines du cotonnier.

Traitement des eaux sat^onneuses » — Les huiles dites de Reims sont obtenues en saturant par Tacide sulfurique les eaux savonneuses qui contiennent un mélange des huiles (huile d'olgre ou acide oléique) employées au graissage des laines, avec le savon qui a servi au dégraissage ; le mélange des matières grasses surnage les eaux acides, on Tenlève à l'aide de cuillers plates (sortes de poêles) ; on fait déposer au bain-marie, Thuile fluide est décantée ; le dépôt est soumis dans des sacs de laine à une pression à chaud , on en obtient encore une partie fluide et un dépôt consistant.

La graisse de Tourcoing provient du graissage de la laine avec le beurre et du dégraissage au savon ; le liquide savonneux et gras est saturé par Tacide sulfurique : on enlève la matière grasse surnageante pour la traiter comme il est dit ci-dessus.

Quelquefois, loraque les matières étrangères (débris de laine, terres ou argiles)» abondantes, forment un dépôt boueux, on le presse à froid dans des sacs pour éliminer Teau; puis on opère une deuxième pression dans ime bâche en fonte, chauffée par une double enveloppe où circule la vapeur : la substance grasse flui-

SAPONIFICATION ACIDE.

difiée s'écoule; on Tentretient chaude au bain-marie et Ton décante la partie fluide la plus pure : le dépôt gras peut servir dans la fabrication ci-après décrite ; quant au résidu boueux resté dans la presse, on peut Tépuiser de matière grasse par une addition d'eau bouillante et une deuxième pression ; on emploie ensuite le résidu comme engrais.

On traite d'abord les matières grasses impures, notamment les résidus saTonneux, par Tacide sulfurique étendu d'eau; Facide qu'on emploie en cours de fobrication est celui qui a servi précédemment à la décomposition des graisses neutres.

Ce premier lavage dissout quelques substances organiques ou calcaires, et décompose les traces de savon interposées : il s'effectue dans des cuves en bois doublées de plomb, chauflfées par la vapeur comme les cuves à glucose (pi. XXVI). Après un barbotage durant une heure et le repos, on soutire l'eau par un robinet de fond. Ce liquide aqueux passe dans des bassins analogues au récipient florentin {yoy. plus loin), qui retiennent les matières grasses entraînées.

La substance grasse lavée peut alors être traitée par l'acide concentré, comme les matières premières qui ne nécessitent pas ce premier lavage ; mais on en sépare d'abord l'excès d'eau en la faisant chauffer dans des vases plats où l'eau s'évapore au moven de la vapeur chauffant par un double fond.

Saponification acide (procédé Tribouillet). — La saponification

acide s'effectue dans une chaudière A en tôle forte de cuivre, ou de fer doublée de plomb (fig. 326 bis), chauffée par la vapeur passant dans une double enveloppe en tôle ou en foDte C : le tube latéral D amène la vapeur, et le tube de fond E conduit Peau condensée. La capacité de la chaudière est agrandie au moyen d'une hausse B en tôle plombée. Elle est surmontée par une chambre F en tôle plus mince, plombée également, offrant deux

Fig. 326 bis.

SAPONIFICATION ACIDE. 801

fenêtres latérales ; une porte ou large trou d'homme G', et de Tautre côté un tube G communiquant avec une bâche en fonte I dans le cendrier H et sous le foyer des générateurs à vapeui .

Celte disposition a pour but de diriger les vapeurs au travers du combustible, et de brûler ainsi ou de disséminer dans Tuimosphére les substances pyrogénées à odeur infecte et acide qu'elles entraînent, notamment de Facide sulfureux, des traces d'acides gras, d'acroléine, etc., etc.

Un agitateur mécanique AL, terminé par une plaque A comme une large batte à beurre, mû par un excentrique ou une manivelle JK, mélange continuellement la substance grasse avec Tacide concentré, dont la densité tend à opérer la précipitation.

Les quantités d'acide sulfurique varient avec les matières à traiter ; ainsi les graisses de Reims, de Tourcoing et vertes, souvent méle'es, exigent de 10 à 12 centièmes d'acide concentré, tandis que 9 suffisent pour l'huile de palme, et que certains suifs doivent être traités avec 12 à 16 pour 100 : il est convenable de déterminer préalablement ces proportions à l'aide d'essais sur un échantillon commun.

On soutient la température dans le mélange de 1 10 à 1 15® G'; l'opération dure 12 à 18 heures; on s'assure de temps à autre de l'état des matières en ouvrant la porte et puisant un échantillon du liquide que Ton verse dans une soucoupe ; c'est à la consistance plus grande acquise par le refroidissement et à la disparition de la teinte violacée qu'on juge que l'opération s'avance ou est près de se terminer.

Lavage. — Lorsque la transformation est au point convenable, on laisse refroidir pendant 2 ou 3 heures, puis on retire, à l'aide d'un siphon, tout le mélange liquide, que l'on fait couler dans un récipient A (JGg. 327), au tiers rempli d'eau; une injection de

Fi g. 327.

vapeur s'opère au moyen du tube GH en communication avec le générateur et par l'extrémité du tube vertical a,

CHUm IKDU8TB. 11—51

80« SAPONIFICATION ACIDE.

La décomposition des acides sulfogras s'effectuant sous l'influence de reattyà la température de 100®, les acides gras surnagenty on les lave en fiiisant arriver de leau bouillante par le conduit qui a amené le mélange liquide.

L'eau entraîne en dissolution Tacide sulfogljcérique et plusieurs substances étrangères; elle s écoule dans un deuxième récipient B en passant sous le diaphragme du premier récipient : là une injection de vapeur, dirigée à volonté par un tube b à robinet, entretient la température à près de 100* ; la plus grande partie de ce qui a pu être entraîné d'acides gi*as surnage dans ce vase, tandis que le liquide aqueux, passant sous le diaphragme du récipient B, déborde dans le troisième récipient semblable G, où les mêmes effets se reproduisent; les liquides aqueux sVcoulent de celui-ci après avoir passé, sous le dernier diaphragme, dans un caniveau D qui les dirige vers une série de trois ou quatre autres réservoirs disposés de même, mais construits en maçonnerie (de briques compactes cimentées au mastic de bitume).

Pendant la saponification acide et les lavages, le point de fusibilité augmente, comme l'indique le tableau suivant :

TBMPiSATmiB DB PCnOIT.

GnitMf d*oB et tertet mélangéet.

Huile de palme

A l'état normal.

Aprèi Taction de l'acide salfuriqae.

Après le laTag* i 100*.

Les acides gras, bien épurés par les lavages dans le premier récipient A, sont soutirés par un robinet a au-dessus du niveau de Teau, et dirigés dans un réservoir spécial qui doit alimenter la distillation, {f^oy. ci-après.)

Les matières grasses surnageantes des récipients B et C sont écrémées et versées dans le premier récipient pour être lavées avec les produits d'une deuxième saponification sulfurique (*).

Le i4servoir spécial dans lequel on fait couler la matière

(*) Après chacune de ces saponificationa il reste au fond de la chaudière A (fig. 328) un dépôt de substance noire de consistance bitumineuse formant 4 à 10 pour 100 de la matière première : nous indiquerons plus loin l'emploi de ce résidu.

grasse épurée est chauffé par une double enveloppe où circule Teau d'un retour vers le générateur; à cette température douce (45 à 50*), Teau interposée et quelques corps étrangers se préci* pitent; on décante le liquide gras, ainsi reposé^ dans une chaudière plate D (fig. 328), ayant 2 mètres en carré, fermée par un couvercle en cuivre étamé, bombé, de façon que Teau de la vapeur condensée coule dans une rigole formant lut d'eau

i-if . %n

autour de la chaudière, et se dirige par un trop-plein • dans un récipient.

lians cette chaudière plate, la dessiccation s'opère à Taide de la chaleur perdue d'un foyery dont la flamme, passant sous les voûtes / et A, chauffe les tubes en fonte d*un serpentin couché horizontalement .

Le serpentin horizontal est destiné à élever jusqu'à 300^ la température de la vapeur qu'on y fait circuler à volonté sous la voûte h, puis sous la voûte i, en ouvrant le robinet ^ d'introduction, qui fait communiquer avec un générateur, puis le robinet K qui dirige cette vapeur surchauffée par le tube et la pomme d'aiTosoir /*dans la chaudière distillatoire A.

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