‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 36 sur 412 · Nitroglycérine · texte numérisé non relu

Nitroglycérine

On a dans ces derniers temps appliqué au tirage des roches un composé fulminant plus instable, plus puissant et plus dangereux encore que le pyroxyle, c'est la nitroglycérine (ou trinitroglycérine, représentée par C* H' , 3 (Az O* , O') (*). Voici comment on la prépare : dans un mélange refroidi de 2200 grammes

{*) Sa consistance est huileuse ; elle est insoluble dans Teau, soluble dans l'alcool et récher, cristallisable en aiguilles; traitée par la sonde caustique, elle se décompose : il se produit de Tazotatc de soude et la glycérine est mise en liberté. Les graves accidents arrivés durant les transports de la nitroglycérine contenue dans des bombonnes ont décidé la fabrication sur place àe 'cette substance ; on opère dans fies ca1)anes isolées non loin des rocbes à briser.

COLLODION. iS3

diacide sidfurique concentré et de 1100 grammes d'acide azotique (à éqniyalent d'eau) que renferme un yase ouvert en grès, on fait couler^ lentement et en agitant, 500 grammes de gly^^èrine à 30® Baume (yox» plus loin la Fabrication des acides gras)\ on laisse réagir pendant 10 minutes, puis on verse le ma ange dans 6 fois son volume d'eau froide mise en mouvement ; la nitro''glycérine se précipite; on la soutire à Taide d'un robinet de ftfnden verre ou en grès et Ton effectue deux lavages à l'eau froide.'

Pour rappliquer au tirage des roches dans les carrières de grès vosgiens près de Saveme, on a pratiqué des trous de mille distants de S^^^SO des bords de la masse, à une profondeur de 2"',ô0 et sur un diamètre de 5 centimètres ; on a introduit au foifd, par un tube, 1,5 à 2 kilogr. de nitroglycérine; on a placé an* dessus une cartouche remplie de poudre de 4 centimètres de diamètre et de 5 centimètres de longueur à l'extrémité d'une mèche de fusée de mine; puis en mettant le feu à celle-ci eomitie à Tordinaire, on est parvenu à faire soulever et fissurer en divers sens des masses énormes (Kopp, Compta rendus^ 1866.)

6. CallodioB I applleatlons an pansement des plates» à la photçffnipUe* â la préparation des feuilles et flenrs artlllelellffei et de divers tissus gaufrés*

M. Maynard, de Boston, a fait une application intéressante du pyroxyle obtenu dans des conditions qu'avait antérieurement indiquées M. Gaudin, et qui le rendent soluble dans Téther alcoolisé. Il a désigné cette solution agglutinative sous le nom de collodion (*).

Le produit dissous incomplètement dans Téther contenant 6 à 8 centièmes d'alcool forme un liquide sirupeux, que Ton conserve en vase bien clos ; étendu en plusieurs couches sur la peau, il forme, en laissant évaporer l'éther, une pellicule imper-

(*) D*après les expériences que j'ai faites avec M. Poinsot, le mode de préparation le plus sûr dn coton destiné à former le collodion consiste à mêler 1 partie, en poids, d'azoute de potasse sec et pulvérisé avec 3 parties d'acide solforique concentré. On immerge le coton dans ce mélange en le foulant arrc nne épaisse spatule ; on laisse réagir pendant une ou deux heures, puis on lave à grande eau et l'on fait dessécher.

J'ai remarqué que la solution du produit est rendue très-notablement plus prompte et plus complète, lorsqu'on le plonge tout chaud (sortant de l'étnve ehanflPée à 45®) dans de Téther qui contient 8 centièmes d'alcool on dans réther à 56* de Montpellier.

i8* COLLODION.

méable très-adhésive, résistant à Teau et à Talcool ; il- offre ainsi un moyen généralement utilisé déjà pour couvrir ou réunir des plaies, remplaçant les taffetas adhésifs dits d'Angleterre.

La pelUcule qu'on obtient sur une lame de verre s'enlève et brûle moins vivement que le coton-poudre à tirer ou pyroxyle pur. Les tissus enduits de collodion peuvent servir à couvrir des plaies étendues; on les fait facilement adhérer à la peau en y collant leurs bords avec la solution visqueuse, promptement adhésive, de collodion; il garantit mieux que les sparadraps adhésifs les plaies de l'action de l'air; le retrait qu'il éprouve en séchant peut servir à rapprocher les bords écartés des blessures ; on peut amoindrir cet effet de contraction et rendre plus souples les pellicules que forme le collodion en ajoutant à la solution (de 2 à 3 de pyroxyle dans 90 d'éther ordinaire, plus 10 d'alcool à 90) 1 d'huile de ricin ou 1 d'essence de térébenthine.

Le collodion est devenu un agent précieux de la chirurgie et de la médecine.

Ainsi, chose remarquable, le composé que ses propriétés explosives semblaient destiner à étendre la liste des plus terribles agents de destruction, se présente aujourd'hui, modifié dans sa contexture, parmi les moyens curatifs qui protègent la vie des hommes.

On a fait une heureuse application du collodion à la photographie; voici comment on le prépare dans ce cas :

Le pyroxyle ayant été obtenu par le procédé du mélange d'azotate de potasse et d'acide sulfurique, on en met 6 décigrammesdansGO centimètres cubes d'éther ordinaire; d'un autre côté, on fait dissoudre ô décigrammes d'iodure de potassium dans 40 centimètres cubes d'alcool à 36^ (*). Le mélange étant bien clarifié par dépôt et décantation , on verse le liquide sur le milieu d'une glace (préalablement bien nettoyée avec un tampon de coton imprégné d'alcool) posée horizontalement et de façon à l'étendre sur toutes les parties par une légère inclinaison en divers sens, puis on l'élève rapidement par un angle en introdui-

(*) On obtient, suivant M. Sclioer, un enduit plus sensible en faisant dissoudre 1«'',25 de pyroxyle convenablement préparé dans un mélange de 100 grammes d^étber à 62^ et 10 grammes d'alcool à 90^; on laisse dissoudre et reposer en flacon clos, puis on décante. On ajoute une solution composée d'iodure de potassium 0*',50, iodhydrate d'ammoniaque 0^,50, bromhydrate d'ammoniaque mélangé avec 15 grammes d'alcool à 9k?,

sant laDgle opposé dans le goulot d'un flacon où T excès de la solution s*écoule; il faut imprimer de petits mouvements oscillatoires dans le plan de la glace, assez vifs, pour éviter un plissement de la pellicule formée; on pose Tarête dirigée en bas sur plusieurs doubles de papier à filtre qui absorbe la dernière g[outte de liquide en excès.

La pellicule étant ainsi bien formée , unie et adhérente, il s'agît de la passer à F azotate (T argent.

La solution est composée de 6 grammes d'azotate dans 100 centigrammes d'eau distillée, on la verse dans une cuvette rectangulaire à fond plat. La glace est placée par une arête sur le fond de la cuvette, on incline la face enduite de coUodion sur le liquide à Taide d'un crochet d'argent et de façon que l'air soit entièrement expulsé.

Il faut à plusieurs reprises relever et abaisser la glace de façon à s'assurer que la face enduite soit entièrement et uniformément mouillée. On peut dès lors poser la glace dans le châssis afin de la soumettre dans la chambre noire à la radiation lumineuse.

On développe ensuite Timage en plaçant la glace horizontalement maintenue par un support et l'on verse au milieu un mé-^ lange liquide de 250 centimètres «cubes d'eau, 12 grammes d acide acétique et 1 gramme d'acide pyrogallique, de manière à recouvrir de ce liquide toute la superficie.

Dès que l'image parait assez prononcée, on lave avec de l'eau distillée ; puis, afin de la fixer complètement, on plonge dans une cuvette plate contenant une solution de 8 grammes d'hyposulfite de soude dans 100 centimètres cubes d'eau.

Bérard-Touzelin a fait plusieurs applications intéressantes du collodion, notamment à la fabrication des fleurs artificielles et des i-eliures de livres ; il est en outre parvenu à économiser dans ces applications diverses les 2/3 de l'étlier en concentrant la solution de pyroxyle et recueillant la vapeur éthérée qui s'en dégage. Voici comment il compose son collodion :

Éther de Montpellier à 5G« «00

Cuton azotique (ùbtena par Tazutate de potasse

et Tacide sulfuriqae) «, dont 6 se dttsoWent.

Hoile de ricin (récente) 5à8

La solution étant préparée à froid, on la soumet à une distillation ménagée au bain-marie, de façon à recueillir les 2/3 de Téther hydrique dans un réfrigérant. On laisse déposer pendant

8 à 10 jours la solution concentrée, on décante le liquide clair et Ton y ajoute de Thuile de ricin extraite à froid et aussi récente que possible.

On peut alors mélanger à la solution différentes couleurs minérales très «finement broyées ou leurs mélanges suivant la nuance qu'on veut obtenir : noir de fumée, blanc de zinc, jaane de chrome, bleu d*outremer, vert de Schweinfurt; cette dernière couleur est employée pour l'imitation des feuilles. Le liquide ainsi coloré par les substances en suspension est coulé sur des glaces sans tain, bien nivelées et bordées par un chÂssis en bois. La couche de coUodion se solidifie et on Tenlève en une fois.

Bérard-Touzelin a obtenu une imitation parfaite des feuilles de diverses plantes à Taide d'empreintes prises sur nature suivant plusieurs procédés et notamment par le moyen du gaufrage à chaud (environ 100*) avec pression. Les moules se préparent de la manière suivante :

On place sur un tampon de linge une feuille naturelle appuyée sur sa face inférieure, c'est-à-dire la partie supérieure du limbe en dehors, on y superpose avec précaution du plâtre passé au tamis de soie et gâché de façon à bien prendre Pempreinte. La masselotte de plâtre ayant pris une consistance suffisante, on la taille au couteau en cône tronqué dont les bords extrêmes de la feuille représentent la petite base : ces bords sont découpés au canif pour suivre les dentelures de la feuille ; le cône est plongé jusqu'à une profondeur de 4 à 6 centimètres, suivant la dimension de la feuille, dans un bain de cire fondue prêt à se congeler (à 80* environ), à plusieurs reprises, jusqu'à ce que l'épaisseur de l'enveloppe, sortie de la cuvette, soit assez forte. On plonge dans Teau froide pour augmenter la consistance de la cire tout en diminuant celle du plâtre. On dépouille alors la cuvette en retirant la masse conique de plâtre.

Cette cuvette contenant au fond la feuille est métallisée avec de la poudre de plombagine sur son fond et ses parois internes ; elle est alors mise dans un bain de sulfate de cuivre et soumise aux procédés ordinaires de la galvanoplastie, par courant électrique : durant 8 ou 10 jours il se dépose une couche assez épaisse de cuivre ; on enlève alors l'enveloppe de cire, et la feuille qui recouvre le fond du moule en cuivre : ce moule est rempli de bronze fondu et coulé liquide, en y engageant une tige de fer qui forme un manche, on obtient ainsi une matrice, dont on

imprime sous une forte pression (d*ane presse à ^is ou à levier) les reliefs (nervures et nervules de la feuille) dans une cuvette épaisse en plomb (allié de 0,2 d'antimoine).

C'est entre cette matrice et la cuvette que sont ensuite successivement gaufrées les feuilles découpées à l'emporte -pièce du collodion coloré. Le gaufrage s'effectue par une pression d'un instant sous une presse à vis ou à levier articulé, les moules étant entretenus à 100' environ par la flanmie d'une veilleuse ou d'un très-petit jet de gaz. On adapte les queues (pétioles) en fil de fer enroulé de papier ou mieux de très-petits tubes en caoutchoQC vulcanisé, teint en pâte (yojr* le chapitre Caoutchouc, 1" volume).

1. CONSERVATION DES BLÉS EN MOYETTES. — 2. CONSERVATION DES ORAIIfS : APPA- REIL VALLERY.— 3. GRENIERS A COLONNES CHAMBRÉES. — 4. GRENIERS AÉRATEDBS DEVAUZ. — 5. GRENIERS HUART. — 6. SILOS, DESTRUCTION DBS INSECTES PAR LE SULFURE DE CARBONE.

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