CULTURE DE LA BETTERAVE
bon de rouler ces graines humides dans du noir animal fin : cette sorte de pralinage facilite la distribution au semoir, et active la végétation en fournissant de Tengrais à la jeune plante {*). Malgré ces précautions, les betteraves sont quelquefois attaquées par les insectes, au point qu'on est obligé de labourer et de semer de nouveau ; c'est ce qui arrive dans les terrains où depuis longtemps on cultive les betteraves chaque année (**).
Quoique les betteraves puissent se cultiver sur différents sols, on doit choisir les terrains profonds, argilo-sableux , un peu calcaires (***). U faut éviter les engrais qui contiennent trop de sels solubles. Lorsque les betteraves ont acquis un diamètre de 1 ou 2 centimètres, on les espace dans les lignes en en arrachant une partie : on repique de jeunes plantes (prises parmi celles qui sont trop serrées) à la place des graines avortées ou détruites.
L'effeuillage, conseillé par quelques agronomes, repoussé par d'autres, s'effectue sans inconvénient dans une certaine mesure: on ne doit enlever que les feuilles un peu jaunies, dont la végétation a cessé et qui se flétriraient bientôt. Ces feuilles, propres à nourrir les animaux, ne sont plus utiles à la plante; tandis que celles qui sont en pleine végétation concourent au développement de ses tissus et de la sécrétion sucrée.
Les irrigations ne doivent pas être employées sans précaution dans celte culture, car elles peuvent avoir de graves incpnvé-
C^) L^opération serait défaTorable dans une terre sèche où le germe se troaverait arrêté dans son déyeloppement et pourrait être exposé à périr; il convient donc de choisir un temps assez humide lorsqu'on veut employer ce moyen.
(** ) On parvient à déranger l'action de ces insectes en faisant passer un rouleau denté (de Croskill, petit modèle) sur les champs envahis : M. Decrombvcque a pu sauver ainsi ses récoltes en plusieurs occasions. D'ailleurs tous les moyens proposés pour la destruction des insectes ont échoué, si ce n'est la multiplication des oiseaux insectivores qui en consomment d'énormes quantités (soit à l'état de larves, soit à l'état d'insectes parfaits). Malheureusement les oiseaux, ces auxiliaires si utiles de presque toutes les cultures, oa sont guère ménagés dans nos campagnes.
(•**) La culture des betteraves en billons en semant la graine sur des ados offre souvent de grands avantages : elle met à la disposition des racines une plus grande masse de terre ameublie^ facilite l'emploi des fumures entre les lignes, donne une plus grande insolation aux feuilles, prépare l'aération du sous-sol. Les ados sont écartés de Sb'' à 1 mètre, et les betteraves rapprochées dans les lignes à 20 ou 25^ d'axe en axe peuvent donner des récoltes de 55 A 65 000 kilogr. Cette méthode indiquée par M. de Valcourt pour les blés, recommandée par M. Champonnois pour les betteravess, est mise en pratique par M. de Crômbecque, àLens (Pas-de-Calais), et chez plusieurs autres agri« cuUeurs éminents.