ÉVAPORATION DES SIROPS
L* altération da sirop pendant révaporation est d'autant plus grande, que la température est plus élevée et plus prolongée. On est parvenu à diminuer encore cette double influence en employant les chaudières à évaporer dans le vide. Le premier de ces appareils, construit pour les raffineries par Howrard, se compose d'une chaudière sphérique formée de deux coupoles , dont l'une (inférieure) porte un double fond dans lequel arrive de la vapeur. Le vide est fait et maintenu au moyen d'une pompe à air, qui extrait eu même temps l'eau provenant de la vapeur condensée dans un réfrigérant intermédiaire. Cet appareil a reçu en France de très-notables perfectionnements.
Parmi les appareils employés aux colonies, ceux de Derosne et Cail présentent deux modèles. Dans l'un d'eux (pi. XXXII), la Tapeur est en partie condensée par deux serpentins à tubes horizontaux sur lesquels on fait couler le jus déféqué et filtré, qni se concentre en utilisant ainsi la chaleur de la vapeur provenant du sirop soumis à la concentration. Ce moyen évaporatoire convient dans les habitations coloniales où le combustible manque. Pour les fabriques de sucre de betterave, les mêmes constructeurs ont disposé un condensateur à colonne et à injection centrale, dans lequel les sirops peuvent s'entreposer sans se mêler à l'eau de condensation s'ils viennent à déborder accidentellement (*). Ces chaudières sont munies de lunettes qui permettent de voir la marche de l'opération d'un petit appareil à extraire le premier sirop dans une éprouvette, d'une sonde qui sert à prendre une très-petite quantité de liquide pour s^assurer de son degré de concentration; enfin, elles portent encore un robinet de vidange, un robinet à injecter le beurre et un manomètre.
pondoD rapide (jusqu'à 100^ par mètre carré et par heure, la vapeur de chauffage ayant la température de 152®) ; des chaudières semblables s'appliquent à la cuite des sirops. Lorsque les tubes et le fond sont chargés d'incrustations calcairef , on les nettoie facilement en versant, Jusqu'à 8 ou 10 centimètres audessus du fond, de l'acide clilorhydrique ou sulfurique, étendus à 4 ou 5 degrés. La grille tubulaire pouvant tourner sur le même axe, RR, que la chaudière, lors même que celle-ci reste en place, on comprend qu'il soit facile de mettre tout le fond à découvert j de le frotter avec une brosse rude, aussi bien que le dessos et le dessous des tubes, a£n d'enlever à l'aide de cette friction énergique le* incrustations désagrégées par l'action des acides.
(*) Les appareils dits à triple effet, fondés sur de semblables principes, et décrits plus loin, sont très-généralement préférés aujourd'hui aans les sucreries mdigènes de France, d'Allemagne, de Pologne et de Russie; ils se propagent gradaellement dans les sucreries coloniales.
294 EVAPORATION DES SIROPS.
Voilà les principales dispositions du premier de ces appareils, dit à serpentins ou à double effet évaporatoire. Les figures 1 et 2 de la planche XXXII le représentent en élévation et en plan : A, chaudière à double coupole et à double fond, réunis par une même bride; B, tête cylindrique dans laquelle une large soupape, mue parle levier bV et la tige b'b'\ intercepte et ouvre à volonté la communication entre Tintérieur de la chaudière A et toutes les autres parties de Tappareil (tubes, colonne, serpentins, pompes); CC, tube dirigeant les vapeurs vers les serpentins ; une colonne creuse D est interposée pour recevoir le jus ou sirop qu'une ébullition mousseuse peut accidentellement faire monter dans le tube CG. Les deux tubes latéraux £, E conduisent la vapeur dans les deux serpentins £', E', disposés parallèlement à un plan vertical, et maintenus par les saillies de chacun des coudes en bronze entre les montants AL, h!\J d'un bâti solide en bois. Au dernier tube inférieur de chaque serpentin est adapté un tube F, qui communique avec une pompe à faire le vide : celle-ci épuise à la fois l'eau condensée, l'excès de vapeur et l'air contenu dans l'appareil ou introduit par quelques fissures. Pour utiliser la chaleur que cède au serpentin la condensation de la vapeur, on fait couler sur toute la surface du jus déféqué et filtré. Celui-ci se distribue à l'aide des robinets i, /, qu'on ouvre à volonté en faisant tourner les tiges /', V ; le jus, arrivant d'un réservoir supérieur par le tube y, coule dans les caniveaux g^ gy percés de traits de scie dans toute leur longueur. Ces ouvertures sont maintenues de niveau au moyen d'une vis /*, qui presse ou soulève le milieu du caniveau .
Le jus, rapproché à moitié environ de son volume pendant ses chutes successives sur tous les tubes de chaque serpentin, s'écoule dans des caniveaux H , H , qui le dirigent dans le réservoir G^ d'où on le puise à volonté par un des trois robinets I, qui le laisse monter dans le tube N, et jusque dans la chaudière A, où la concentration continue et amène le sirop à 26 ou 28^, terme de la deuxième filtration.
Gette chaudière présente plusieurs dispositions que nous allons indiquer. Les trois robinets font communiquer par autant de tubes avec trois réservoirs : l'un, G, contenant le sirop évaporé sur les serpentins; le deuxième, contenant le jus filtré une fois; le troisième, renfermant le sirop à 26 ou 28*, filtré une deuxième fois. On peut donc introduire et rapprocher à volonté dans la chaudière l'un de ces trois liquides.