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CONCENTRATION ET CUITE

La chaudière e&t chauffée par la vapeur Tenant d'un générateur, et introduite dans un double fond par le robinet M, et dans un serpentin en spirale par le robinet M' . Des disques en verre épais maintenus par de fortes armatures J, J' laissent voir le liquide bouillant : il est bien entendu que Tun de ces disques doit recevoir la lumière du jour ou d'une lampe dirigée par un réflecteur. Lorsqu'on voit le liquide s'élever en mousse, on y projette une petite quantité de beurre, en ouvrant un instant le robinet K, qui donne passage au liquide gras, près du fond d'une petite cap* suie toujours remplie de cette matière grasse. Deux ustensiles servent à vérifier l'état de concentration dans la chaudière : Tun, tracé sur une échelle quadruple (fig. 3), est un tube a, portant quatre robinets décrits plus loin, p. 204. Lorsque dans la chaudière on procède à la dernière concentration ou cuite, on ne peut vérifier ainsi Tétat du sirop qui est trop visqueux : on se sert alors du deuxième ustensile, qui consiste en un tube incliné à 45^ dans la chaudière, fixé à ses parois, dans lequel on introduit un piston plein, ou sonde, portant à son extrémité une petite cavité ; celle-ci s'emplit de sirop au moment où, tournant le piston, on fait ouvrir un robinet à virolç qui se referme aussitôt ; retirant alors le piston, on trouve dans la cavité quelques grammes de sirop qui suiBsent pour prendre la preuve au crochet {*) [ifoy, p. 205).

Concentration et cuite des sirops. — Lorsque la concentration est à son terme, on ferme la grande soupape, mue par la tige b' V'\ OD donne accès à Tair par un robinet, on ouvre le gros robinet de vidange en tournant la roue O, et le sirop, s'il a subi la dernière concentration , coule par un caniveau en cuivre P dans le rafratchissoir, ou dans le réchauffoir par le deuxième caniveau Q ; si la concentration n'était qu'au premier terme, on dirigerait le caniveau P vers l'entonnoir Q' , qui conduit au réservoir R, et celui-ci au monte-jus S qui permet d'envoyer, par le tube ascen* dam T, le sirop dans le rései*voir supérieur qui doit alimenter les filtres pour la deuxième filtration.

La disposition spéciale qui permet de pousser plus loin le vide dans la chaudière, par conséquent d'évaporer plus vite à une plus hasse température, est indiquée planche XXXI (fig. 3) : c'est une colonne creuse, seul vase interposé entre la chaudière et les

(*) Le même ustensile sert à extraire à volonté des chandières cylindriques verticales à cuite en grains une petite quantité du sirop épais mêlé de cristanx. Vof, plus loin, p. SU.

pompes à faire le vide (les serpentins étant, dans ce cas, suppiimés) . L'ajutage du haut reçoit le tube C venant du chapiteau de la chaudière; Tajutagedubas communique directement par le tube F avec les pompes. La capacité de la colonne D est divisée en deux par un diaphragme horizontal g et le tube vertical à doubles parois h. Il reste autour de ce tube un espace, fonctionnant oomine vase de sûreté qui reçoit le liquide accidentellement apporté par le tube C. On voit le niveau de ce liquide à Taide du tube iodicateur en verre dd; on peut donc retirer au moment convenable ce liquide, lorsque l'air est rentré dans l'appareil, en ouvrant le robinet e.

Un tube ff^ percé de petits trous, et un autre semblable /*' amènent en sens contraire deux injections d'eau froide, qui condensent la vapeur durant toute la concentration et continuent à rendre le vide le plus complet.

MM. Cail et O®, en perfectionnant un appareil employé d'abord par M. Rillieux en Amérique, ont réuni les avantages de leur premier appareil à double effet et de celui que nous Tenons de décrire, en rendant l'opération plus économique encore.

Le nouvel appareil, dit à triple effets effectue toute l'évaporation des jus déféqués et filtrés ainsi que la cuite dans trois vases cylindriques clos, verticalement posés. Ces vases sont chaînés dans les | de leur hauteur par la vapeur circulant entre les deux fonds, autour de 60 à 80 tubes adaptés à ces deux fonds, et dans lesquels le liquide se meut librement pour descendre sous le fond inférieur ou monter au-dessus du fond supérieur.

Le premier vase est chauffé par la vapeur déjà utilisée pour imprimer la force mécanique à une machine sans condensation.

La vapeur résultant de la première évaporation du jus dans ce vase où la pression atmosphérique est diminuée des 0,21 à 0,27, se rend entre les tubes d'une deuxième chaudière où la concentration des sirops est favorisée par un vide ou diminution des 0,5 environ de la pression atmosphérique. La vapeur ainsi engendrée passe entre les tubes d'une troisième chaudière cylindrique verticale semblablement disposée. C'est dans celle-ci que la concentration s'achève jusqu'à 25 ou 26® Baume sous l'influence d'un ifide plus parfait ou d'une diminution de pression portée par la pompe à air. On termine cette évaporation ou l'on

achève la cuite dans une chaudière à cuire en grains dans le vide [vof. plus loin, p. 31 1, le dessin et la description de cette chaudière).

Les mêmes ustensiles à prendre la densité et la preuçe que ceux en usage pour les appareils évaporatoires dans le pide sont adaptés à ce système dit à triple effet [voy. la page suivante). Le principal avantage est d'économiser environ 33 pour 100 du combustible.

On voit que Feffet triple d'une même quantité de vapeur résulte :

1^ De son application à développer la force mécanique dans une machine à haute ou moyenne pression, sans condensation (*) ;

2* De l'emploi de cette vapeur (qui n'a perdu qu'une faible fraction de sa chaleur totale) pour produire, en se condensant entre les tubes d'une chaudière tubulaire close, la première évaporation des jus déféqués et filtrés;

3° De l'aj^lication de la vapeur émanée de ces jus (et engendrée par la condensation de la vapeur précédente) au chauffage et à l'évaporation dans deux chaudières closes semblables. La diminution de pression dans ces chaudières par des pompes à vide Ëicilite Févaporation à basse température, et l'on propor- Uonne cette diminution à la densité des sirops, de telle sorte que l'ébultition ait lieu à la température de 80 à 90^ c* dans la première, pour les jus déféqués qui se concentrent de 4 ou ô^ à 12* Baume, et de 50 à 60® c' dans les deux autres, où la concentration est poussée jusqu'à 25 ou 26® Baume. On a pu réaliser un quatrième effet des vapeurs engendrées les unes par les autres avec le même foyer de chaleur initiale, en faisant passer la vapeardela dernière chaudière évapora toire dans un serpentin sur lequel coule du jus qui s'évapore à l'air libre; cette disposition n a été utilisée par MM. Gail et G'® que dans quelques habitations coloniales où le combustible est rare et peu énergique.

La planche XXXIII de ce volume indique, par les figures 1 et 2, CQ coupe et élévations verticale et horizontale, les parties principales de cet appareil à triple effet construit par MM. Cail et G'' Jes mêmes lettres indiquent, dans les deux figures, des pièces semblables).

A, première chaudière à évaporer (**), de forme cylindrique,

(*) Oo réunit dans un récipient conioiuu, aiin de les utiliser de même, les ex- ^*™oU de vapeur perdue sortant des tubes et des doubles fonds des différentes ^^^«ndières à déféquer, évaporer et cuire, qui ordinairement étaient condensés ^° R"y*^* ^ renvoyés à l'état liquide aux retours deau^ puis au générateur.

("*) Nous avons indiqué plus haut, p. 288, les dimensions de ces trois chau-

placée verticalement. Cette chaudière est trayersée par des tubes en cuivre, conime cela a lieu dans les chaudières de locomotives, si ce n'est qu'ici les tubes sont verticaux et adaptés â chaque bout aux deux faux fonds horizontaux ; cette chaudière est représentée garnie d une enveloppe en bois, pour que le contact de Tair ambiant sur la tôle dont elle est composée ne produise pas de refroidissement sensible.

B, seconde chaudière, semblable à la première.

G, troisième chaudière, semblable aux deux précédentes.

Chacune de ces chaudières est, comme le montre le plan, surmontée d'un dôme terminé par un trou d'homme, qui sert à s'introduire dans la chaudière pour le nettoyage des tuyaux ou pour les réparations. •

a, tuyau destiné à amener à la chaudière A les vapeurs perdues de la fabrique, provenant des échappements des diverses machines à vapeur, des retours d'eau, des chaudières de défécation et de clarification, dans les sucreries ; enfin de tous les appareils ou machines qui, dans tous les établissements, après avoir développé une force mécanique ou servi au chauffage, laissent échapper des vapeurs non condensées.

Toutes ces vapeurs sont amenées des différentes parties de la fabrique dans un réservoir commun, en tôle, en cuivre ou en fonte, hermétiquement fermé ; c'est sur ce vase que le tuyau a se trouve appliqué pour servir de dégagement et alimenter de vapeur chauffante la chaudière A.

a\ colonne jointe à la chaudière A, portant une soupape à la partie supérieure pour donner accès à la vapeur du tuyau a dans le compartiment a" en avant de la chaudière A. Ce compartiment communique lui-même avec l'espace entre les tuyaux de chauffage verticaux qui se trouvent dans cette chaudière : tuyaux qui sont rendus apparents dans les coupes verticale et horizontale A, fig. 1 et 2.

by colonne à soupape jointe à la chaudière A; elle communique avec le compartiment b' en avant de cette chaudière, le compartiment reçoit la vapeur provenant des liquides en ébuUitioa dans la chaudière A.

D, vase de sûreté, destiné à retenir le liquide qu'une ébuUi-

dièresdans une sucrerie indigène où l'on peut traiter par jour 250000 kilogr. de beueraves.

tion tumultueuse pourrait amener par le tuyau b en même temps que la vapeur.

c, tuyau ou colonne, ayant une soupape dans sa partie supérieure, appartenant à la chaudière B, et amenant la vapeur du vase D dans le compartiment c\ qui l'envoie autour des tuyaux de chauffe de ladite chaudière.

(/, d!y tuyau ou colonne, ayant une soupape dans sa partie supérieure, appartenant à la chaudière B.

J^ compartiment en avant de la chaudière B, lequel reçoit la vapeur provenant de TébulUtion de ladite chaudière B; cette vapeur s'échappe par la colonne ou tuyau à soupape d.

£, vase de sûreté, destiné à retenir le liquide de la chaudière B, qui, par une forte ébullition, pourrait arriver par le tuyau d en même temps que la vapeur.

e, tuyau ou colonne à soupape (non visible sur le dessin}, semblable à c, appartenant à la chaudière G, et amenant la vapeur du vase E dans le compartiment e (fig. 1 çt 3), qui l'envoie autour des tuyaux de chauffe de ladite chaudière.

fy tuyau ou cplonne à soupape (non visible sur le dessin), semblable à dy appartenant à la chaudière C.

f^ compartiment en avant de la chaudière C; il reçoit la vapeur provenant de rébullition dans cette chaudière; cette vapeur s'échappe par la colonne ou tuyau f,

F, vase de sûreté, destiné à retenir le liquide qui, par la force de l'ébuUition, pourrait arriver par le tuyau /*, en même temps que la vapeur.

G, fig. 2, condenseur à injection d'eau, destiné à condenser les vapeurs d^ébnllition des chaudières B et G.

Ce condenseur étant déjà connu dans l'industrie par l'usage des appareils ordinaires à faire le vide, nous nous dispensons de le décrire ici.

gg^ tuyau conduisant la vapeur des vases E, F, venant des chaudières B et C, au condenseur à injection G.

gg^ conduit mettant en communication les deux colonnes ctie.

^, tuyau mettant une pompe à air en communication avec le condenseur G.

u, conduit servant au retour de l'eau condensée autour des tuyaux de chauffage des chaudières B et G; ce conduit commulûque avec le tuyau AA, et met par là en communication l'inténeurde la chaudière A avec la pompe à air.

jjy tuyau amenant au besoin la vapeur directe d'un générateur dans la colonne ou tuyau a.

kk^ tuyau amenant au besoin la vapeur directe du générattnr ou des échappements, dans les colonnes b^ c, d^ e^ f^ au moyen des soupapes k\ k*, k*^ k^^ i*.

11^ conduit de retour de Teau condensée autour des tuyaux de chauffage de la chaudière A.

Ce tuyau aboutit à une pompe aspirante et foulante qui le vide continuellement et en refoule le contenu dans le générateur.

m, tuyau servant à charger les liquides à évaporer dans la chaudière A, au moyen d'une pompe alimentaire.

Hy tuyau mettant en communication les capacités des deux chaudières A et B.

0, tuyau mettant en communication les capacités des deux chaudières B et C.

pp^ tuyau servant à vider, au moyen d'une pompe, le contenu des deux chaudières B jet C.

qq, tuyau prenant la vapeur d'ébuUition dans le dôme delà chaudière B et la conduisant dans le compartiment d\

Un semblable tuyau existe dans les chaudières A et C, conduisant la vapeur dans des compartiments analogues.

r, r, r, supports des chaudières A, B, C.

Xj ouverture par laquelle la vapeur passe de la colonne c dans le compartiment ^ pour circuler entre les tuyaux de chauffage de la chaudière.

Une semblable ouverture existe dans les compartiments a et d.

1 , robinet à soupape correspondant au tuyau jj,

2, robinet de vidange de la chaudière A dans la chaudière B.

3, robinet pour faciliter la vidange de la chaudière B par une pompe aspirante.

4, robinet pour effectuer la vidange de la chaudière C par une pompe aspirante.

5, robinet de vidange à air libre de la chaudière C.

6, robinet à soupape, pour la communication de la chaudière B à la chaudière C.

7, robinet à soupape, pour le chargement de la chaudière C, par aspiration.

8, robinet ordinaire de retour d'eau à la chaudière C.

9, robinet ordinaire de retour d'eau à la chaudière B.

1 0, robinet à soupape régularisant l'émission de deux robinets ordinaires. *

DIRECnON DE L'APPAREIL A TRIPLE EFFET. 301

11, robinet ordinaire de retour d'eau de la chaudière A.

12» 13, 14, robinets à beurre des chaudières A, B, C.

15, 16, 17, lunettes à Tavant des chaudières.

18, 19, 20, lunettes à l'arrière des chaudières.

21, 22, 23, robinets-niveaux des chaudières A, B, C.

24, sonde pour prendre la preuve dans la chaudière C.

25, 26, 27, robinets-niveaux des vases de sûreté D, E, F. 28, 29, 30, robinets de vidange des vases ci-dessus.

31, 32, 33, soupapes de rentrée de Tair dans les chaudières. 34, 35, 36, robinets d'évacuation pour le nettoyage des chaudières.

Outre une économie considérable de combustible, cet appareil offre encore l'avantage de faciliter le travail en simphfiant la manceuvre, réduisant à une moindre dimension l'emplacement et supprimant presque toute émission de vapeur dans les ateliers.

Nous allons dire maintenant comment il fonctionne. Direction de V appareil à triple effet, — Pour mettre l'appareil en train, il faut commencer par faire le vide dans les chaudières A, B, C ; à cet effet, on ouvre les soupapes des colonnes 6, d^f<^ ainsi que les robinets 8, 9, 10, ce qui met Tintérieur des chaudières en communication avec le condenseur G, et avec une pompe à air quiTaccompagne. L'air étant extrait des chaudières, ou amène le jus sucré, sortant de la canne ou de la betterave (mais après sa défécation et une première filtralion sur le noir en grains), dans la chaudière A, au moyen du tuyau m et de la pompe alimentaire qui y est appliquée. Puis, en ouvrant les robinets 2 et 6, le jus se rend de la première chaudière A, successivement, dans les deux autres B et C ; le niveau s'établit ainsi dans les trois chaudières.

Le niveau du hquide se constate par les appareils de niveau 21, 22, 23; lorscpi'on voit que le jus couvre sufGsanunent les tuyaux de chauffage, c'est-à-dire qu'il emplit les deux tiers en- ^Tou des chaudières, on ferme les robinets 2 et 6.

Ces chaudières une fois chargées, il faut introduire la vapeur de chauffage ; à cet effet, les vapeurs provenant des échappements de machines, des chaudières à déféquer et autres, après avoir été réunies, ou centralisées dans un vase clos d'assez grande dimension, installé dans la fabrique, sont amenées par letayau a dans la colonne à soupape a!. Cette dernière étant ouverte, la vapeur passe par le compartiment a', pour se rendre

entre les tuyaux de chauffage de la chaudière, et rébullition commence sous Tinfluence du vide qui existe dans cette diaudière.

L'eau condensée entre les tuyaux de chauffage se tronve extraite par le robinet 11 et le tuyau //, conduisant à une pompe alimentaire qui refoule immédiatement cette eau dans le générateur.

La Tapeur que produit Tébullition du jus dans la chaudière A se rend, par un tuyau analogue d an tube de la chaudière B, dans le compartiment b'\ de là, elle descend par la colonne b d^ns le vase D; de ce vase, elle se rend dans la colonne c pour passer, par le compartiment c\ entre les tuyaux de chauffage de B; de la même manière la vapeur produite par révaporation du jus contenu dans la chaudière B se rend par le tuyau g' g* dans la colonne ou tuyau e^ pour se rendre dans l'espace entre les tuyaux de chauffage de C.

Les eaux condensées autour des tuyaux de chauffage de ces chaudières se dirigent par les robinets 8, 9 et 10, et par le tuyau //, dans le tuyau hh^ correspondant à la pompe à air. On voit que le vide s'exerce entre les tuyaux de chauffage, et que de là il se propage nécessairement dans Tintérieur de la chaudière A, qui est en relation avec l'espace entre ces tuyaux. La pression dans cette chaudière doit être réduite à 6A^ ou 54^,5.

Les vapeurs provenant des liquides en ébullition dans les deux chaudières B et C se rendent, par les tuyaux et colonnes £/ et /*, dans les vases E et F, et de là, par le tuyau gg^ conmiun à ces deux vases, dans le condenseur à injection G, où les vapeurs sont condensées et prises par la pompe à air correspondant au tuyau hh.

Le vide est entretenu dans ces chaudières de façon à réduire la pression dans la deuxième, B, à 43%5 et dans la chaudière C à 32,5 ou 33°, et la température de Tébullition s'y entretient graduellement plus basse.

On voit par ces indications sur la marche de l'appareil comment se produit l'économie du combustible, et comment se justifie son titre d'appareil à triple effet : les vapeurs qui ont été une première fois utilisées en donnant la puissance motrice aux machines à vapeur (outre celles qui s'échappent des retours des chaudières à déféquer, carbonater et à cuire) sont amenées, pour produire un second effet, entre les tuyaux de chauffage de la chaudière A; puis les vapeurs produites elles-mêmes dans cette

chaudière vont opérer une noavelle évaporation dans les cbaadières B, puis dans la chaudière C.

Cette production successive de vapeur au moyen d'une seule dépense première est ce qui procure l'économie de combustible.

Od voit que la vapeur produite par la surface de chauffe de A, chaudière dans laquelle le vide est à 0"°,2l5 environ, a pour s'étendre une surface de chauffe plus grande que celle qui Ta générée, puisqu'elle se répand entre les tuyaux de chauffe de la chaudière B. De même la vapeur de celle-ci passant entre les tubes-cbauffeurs de la troisième chaudière C, y trouve une plus grande surface ; les trois chaudières successivement plus grandes présentent les diamètres suivants pour une usine traitant 250000 kilogr. de betteraves par jour : la première a 1™,66 de diamètre, la deuxième 1™,76, la troisième 1™,86; les pressions diminuent dans le même ordre afin de faciliter Févaporation des JDs et sirops dont la densité et la température d'ébullition vont en augmentant, la pression étant réduite dans les trois chaudières graduellement, comme nous l'avons dit ci-dessus. La hauteur des trois chaudières est la même, c'est-à-dire de 3"*, 66 entre le fond concave inférieur et le trou d'homme à la partie supérieure. Les tubes ont une hauteur de 1°^,40^ entre les deux faux fonds troués (*). Les trois chaudières peuvent fonctionner en produisant des degrés de concentration différents à volonté dans chacune d'elles; il suffit de fermer les robinets 2 et 6 (fig. ï) pour que les sirops renfermés dans ces chaudières soient isolés.

Lorsque les liquides contenus dans les chaudières B et C doivent être extraits, on ouvre les robinets 3 et 8, et la pompe qui M trouve à l'extrémité du tuyau p aspire ces liquides ; on peut n'aspirer que dans Tune ou dans l'autre des deux chaudières, à volonté.

Quant à la première chaudière A, elle n'a pas de vidange particaïère; ce qu'elle contient, pour être extrait, doit toujours passer par la chaudière B : comme le vide est entretenu moindre (ou la pression plus forte) dans cette chaudière A que dans

'*) La première chaudière contenant 380 tubes dont le diamètre extérieur «t de y et la hauteur de 1™,40«, chaque tube a pour surface 0™,05 X 3,1416 X 1"»,4 = 0«,220, et les 380 tubes = 0™,220 X 380 = 83*»*,6 de surface de chauffe, plus la surface des deux faux fonds troués comprise entre les 380

les autres, il suffit d'ouvrir le robinet 2, pour que le liquide se • transporte immédiatement dans la chaudière B.

Lorsqu'on veut faire passer une partie du contenu de la chaudière B dans la chaudière C , on laisse établir un peu plus de pression dans cette chaudière que dans C , puis on ouvre le robinet 6 ; cette pression s'obtient en fermant un peu la soupape du tuyau d : alors la vapeur n'ayant plus le même dégagement, la pression de l'intérieur de la chaudière s'élève aussitôt.

Si l'on veut vider directement au dehors le produit concentré dans la chaudière C, on en a la faculté au moyen du robinet 5 ; mais alors il faut rompre le vide dans cette chaudière, et cela s'obtient en fermant la soupape du tuyau /*, qui conduit au condenseur, en interdisant l'arrivée de la vapeur de chauffage par la soupape du tuyau 6, et en laissant rentrer l'air au moyen de la soupape 33.

Dans la marche ordinaire des sucreries avec cet appareil, on évapore les jus de betteraves jusqu'à 10 à 11 degrés de densité (Baume) dans la chaudière A; de là les jus sont envoyés par le robinet 2 dans B, où ils se concentrent jusqu'à 16 à 17^, enfin à 25 ou 26** dans la chaudière C; parvenus à ce point, ils sont extraits de la chaudière G pour être filtrés sur le noir animal en grains, après avoir été réchauffés jusqu'à 80^ dans une chaudière à doubles fonds entre lesquels on fait à volonté circuler la vapeur.

Lorsque la vapeur des échappements n'est pas suffisante pour le service de l'appareil, on peut amener de la vapeur directe des générateurs dans les chaudières A, B, G, pour compléter le chauffage au moyen du tuyau yy et du robinet 1 ; cette vapeur se rend dans la colonne a, puis, par le tuyau kk et les robinets A:^^ jt*, dans les colonnes c et e^ où elle se mélange avec la vapeur venant de la chaudière A ; à l'aide de cette addition le chauffage est complété au besoin.

Par les mêmes tuyaux Jj et kk^ et au moyen des robinets à soupapes k\ k* et k*, on peut amener la vapeur des générateurs dans l'intérieur des chaudières A , B , G ; l'injection de vapeur dans ce cas sert au nettoyage de ces chaudières; les liquides de nettoyage sont extraits par le robinet de A et des robinets semblables pour B et G.

L'emploi de quelques-uns des autres appareils qui ont été construits pour les sucreries pouvant être utile dans d'autres industries ayant de grandes concentrations à effectuer, nous les

CÔNE ÉVAPORATOIRE DE LEMBECK. 305

indiquerons ici, avant de décrire les opérations de cuite^ cristal* lisation et égouttage forcé, en usage dans les sucreries modernes, dont nous Tenons de parler.

Cône evaporatoire de Lembeck. — Cet appareil évaporatoire, le plus simple de tous , appliqué avec succès chez M. Claës de Lembeck, près de Bruxelles, mais dont Tusage s'est peu répandu, se compose d'une double enveloppe conique aa (pi. XXXI, fig. 4), ayant 5 mètres de hauteur. Chauffée par la vapeur sous la tension de 4 à 5 atmosphères, la surface interpe de ce double cône creux renversé, A A', reçoit le jus ou le sirop d'un réservoir «, muni d'un robinet à flotteur e^ e" ^ qui rend le niveau constant. Le liquide s'écoule, en proportion de l'effet évaporatoire reconnu, par le robinet (f c^ dans l'entonnoir annulaire V qui le distribue par 6 ou 8 ouvertures dans l'intérieur du cône; le liquide rencontre en descendant 9 troncs de cônes creux, à bords inférieurs dentés d^ d y,., d^, qui régularisent la répartition sur la superficie interne évaporante; tous ces troncs de cônes creux étant enfilés sur une seule tige ij\ il suffit de retirer celle-ci pour les enlever tous, les nettoyer, et nettoyer également toute la superficie interne du grand cône renversé. La surface chauffante extérieure de celui-ci est couverte d'une nappe descendante de liquide s' écoulant du réservoir e par le robinet c"\ elle arrive dans le récipient annulaire f (fig. 4 et 5) qui le distribue par seize robinets / ou par un caniveau circulaire denté. Ce Uquide rencontre, en descendant, les enveloppes coniques évasées /^, /^',... /^, qui sont dentées à leur bord inférieur, et le répartissent de nouveau tout autour du cône. Arrivé en bas, un réservoir annulaire /**• reçoit le sirop et le dirige par un tube/^* dans le caniveau H, qui conduit ce sirop au réservoir g. On peut séparément vérifier le degré des liquides écoulés à l'intérieur et à l'extérieur du cône en laissant écouler l'un de ces liquides dans le caniveau H, l'autre dans un caniveau parallèle au premier; il est donc facile de régler l'écoulement à l'aide des tiges M N qui font mouvoir les robinets d'alimentation , de façon à diminuer ou augmenter la concentration de l'un ou de Tautre. Ces tiges sont attachées aux extrémités des aiguilles d'un cadran o'j les degrés d'ouvertures peuvent être facilement constatés.

Trois cônes semblables ont remplacé chez M, Clàës un grand appareil évaporatoire opérant par le vide sans serpentin, dont la chaudière aurait eu 2",33 de diamètre. La dépense en com-

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