‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 85 sur 412 · SUCRE. — PROCÉDÉ D'ÉGOUTTAGE ET DE CLAIRÇAGE · texte numérisé non relu

SUCRE. — PROCÉDÉ D'ÉGOUTTAGE ET DE CLAIRÇAGE

Un ressort HH appuie sur le bout de Taxe HI afin de maintenir un contact suffisant entre la roue conique F et le cône E

qu'elle doit faire tourner (ordinairement une vis de pression, à volant, appuyant par son extrémité conique sur Tautre bout de Tarbre permet de faire cesser Faction du ressort) ; la poulie folle J reçoit la courroie que Ton fait graduellement passer sur la poulie de travail J' , afin de communiquer peu à peu le rapide mouvement à Tarbre et au vase LL M ; une tige horizontale ab (fig. 241) avance ou recule à Faide d'une vis qu'on fait mouvoir par la manivelle Cy afin de faire embrayer peu à peu ou désembrayer la courroie sur la poulie folle.

Les détails de ce système d'embrayage sont indiqués figure 244 : HH, courroie prise entre deux galets du porte-courroie C ; on voit que la courroie peut être à volonté tirée de B en A lorsque Ton tourne la manivelle E de façon à faire entrer la vis F dans Técrou; en tournant dans le sens contraire, on pousse la courroie suivant une direction de A en B.

Rien n'est plus facile que de faire fonctionner cet ustensile : on jette dans l'intérieur du vase LL M (fig. 241) le sucre à égoutter; ce vase est mis en mouvement par l'embrayage gradué (fig. 242, 243, 244); le sucre se distribue verticalement autour des parois, et bientôt la mélasse, qui seule peut traverser la toile métallique M, est lancée contre les parois du vase fixe AA ; elle se rassemble dans la rigole circulaire et s'écoule par l'ajutage o sous lequel un caniveau mobile ou fixe est disposé pour la conduire dans un réservoir spécial. En 2 minutes cet égouttage forcé épure mieux les sucres de deuxième, troisième et quatrième jets que ne pouiTait le faire , en 1 5 jours , l'égouttage

rendre le frotteineiit plus doux, on maintient dans la boiieun hain de merrurr (ou d*huile introduite par un petit conduit) qui lubrifie tensiblement le pivot et la plaque d'acier.

SUCRE. — PROCÉDÉ DÉGOUTTAGE ET DE CLAIRÇAGE. 317

spontané des formes placées dans une purgerie chauffée à 30 on 35'.

On peut sans désemparer effectuer un ou deux ou même trois

TF! j\^ gj ,

Ai I

Fig. -.44.

Fig. 243.

dairçagcs; il suffit de jeter une, deux ou trois fois pendant la rotation, de la clairce (graduellement plus pure) dans le vase LL ; le liquide se répartit aussitôt entre la couche verticale de sucre, filtre au travers de celui-ci et vient sortir par l'ajutage o.

Chaque clairce est facilement dirigée suivant sa nuance dans un rëàpient particulier.

On parvient ainsi, sans peine, à égoutter et claircer trois fois le sucre dans l'espace de 8 à 10 minutes, tandis que les mêmes opérations auraient duré de 18 à 45 jours, suivant la viscosité des sirops ; on comprend que Ton évite de cette manière les altérations des produits, l'emploi de grands locaux, le chauffage prolongé des purgeries, qu'enfin on réalise des valeurs qui te-

318 LÉVIGATEUR MÉCANIQUE DE SCBUTZE^iBACH.

naient improductifs d'importants capitaux. La plupart des fabriques ont chacune trois, quatre ou cinq appareils de ce genre, et dans les raffineries bien installées, on en dispose (Ui ou douze et jusqu'à quarante, fonctionnant par séries d'opérations sur les différentes sortes de sucre à épurer. Avant de décrire une nouvelle méthode d'extraction du jus des betteraves dite par diffusion, qui vient de se produire à l'Exposition universelle, nous signalerons brièvement ici plusieurs procédés qui avaient donné de grandes espérances dans l'origine et qui depuis peu de temps paraissent devoir être abandonnés.

Modifications des procédés d'extraction du jus. — M. Claês est parvenu à extraire une plus forte proportion de jus en combinant l'ancien procédé des presses avec un système de lévigation. Ce procédé mixte consiste à laver méthodiquement la pulpe, puis à utiliser l'excès d'eau qu'elle retient pour épuiser une autre quantité de pulpe déjà pressée directement.

Dix rangées horizontales de vases renfermant de la pulpe sont superposées suivant un plan vertical mobile, s'éleva nt sans cesse par le mouvement de deux chaînes sans fin, tendues entre des poulies et reliées par des traverses en fer. Les vases dont le fond est formé d'une toile métallique ainsi disposés, le liquide filtré au travers de l'une des rangées s'écoule dans les vases de la rangée inférieure. On comprend que le jus qui sort de la dernière ou dixième rangée de vases puisse être, à 1 degré près, aussi riche que le jus même : car on fait arriver l'eau sur les premiers vases exclusivement ; elle passe, en descendant, sur des pulpes plus riches, et se charge de plus en plus de matière sucrée. La pulpe des vases de la rangée supérieure, égouttée de l'eau qu'elle vient de recevoir, redescend sur les mêmes chaînes sans fin et contre-balance le poids des vases montants ; arrivée au bas, elle est mêlée à la pulpe qui sert des pi;esses hydrauliques , fournit de l'eau à cette pulpe^ détermine par endosmose et exosmose les cellules à céder leur suc ; les deux pulpes, aussitôt exprimées sous d'autres presses hydrauliques, donnent une nouvelle quantité de jus, n'ayant qu'un degré de moins que le suc normal. Le mélange des deux pulpes pressées convient pour la nourriture des bestiaux, tandis que les pulpes des lévigateurs ordinaires étaient trop aqueuses pour recevoir cette destination.

Léifigateur mécanique de M, Schutzembach. — • Cet appareil se compose de 12 vases étages et déversant de la partie inférieure de l'un et sous son faux fond, dans la partie supérieure de Tau-

LÉVIGAIEUR MÉCAINIQIJE DE SCHUÏZEWBACH • 319

tre, à Taide de tubes disposés comme dans l'appareil à gradins d'épuisement des soudes (pi.X, fig. 5) ; mais un robinet à soupape permet d'intercepter à volonté l'écoulement d'un vase dans l'autre; et un robinet adapté au bas du vase de communication laisse à volonté couler tout le liquide que contient le vase dans an caniveau, qui le dirige vers le réservoir à jus.

Cliaque vase, contenant environ 1000 litres, est muni d'un faux fond garni d'un clayonnage métallique en fil de laiton contourné en spirale, assez fin pour empêcher le passage de la pulpe.

lin 2^ faux fond mobile en tôle percée comme une écumoire se pose à volonté sur une barre transversale et un cercle intérieur. Il se trouve aloi*s à une distance telle du 1*"", que l'intervalle entre eux puisse contenir 300 kilogr. de pulpe, plus 425 litres d'eau, le liquide recouvrant de quelques millimètres le faux fond supérieur.

La barre transversale qui est au niveau de ce dernier faux fond porte de longues dents descendantes espacées de 0™,15.

Entre les dents de cette sorte de râteau passent les dents montantes d'un double râteau, également en fer, et dont les dents descendantes aboutissent à une distance d'environ 2 centimètres au-dessous du 1" faux fond.

A la partie supérieure de l'arbre qui porte le double râteau est disposée une brosse en chiendent, dans une barre transversale mobile enfer et tournant à l'aide du même arbre vertical; celuici reçoit, à sa partie supérieure, le mouvement de rotation au moyen de la roue d'angle qui le termine et de la roue d'angle montée sur un arbre horizontal, régnant au-dessus et sur toute la longueur de l'appareil. Chaque arbre vertical s'embraye ou se débraye par un levier aniculé, à la portée de l'ouvrier qui surveille l'opération. Une brosse semblable montée sur le même arbre passe sur le 2^ faux fond, le nettoie et réduit la mousse.

Chacun des 12 vases, disposé de même, est muni des 2 faux fonds, du râteau supérieur fixe, du double râteau tournant et des 2 brosses transversales tournantes.

Voici comment, à Taide de cet appareil, on parvient à épuiser la pulpe entièrement à Teau froide : ou fait arriver l'eau dans le 1" vase situé au haut des gradins ; lorsqu'il est rempli au tiers environ de sa contenance, on y jette les 300 kilogr. de pulpe, on place le 2^ faux fond, l'agitateur à brosse et double râteau est mis en mouvement, et l'on remplit d'eau de manière à baigner ce 2*^ fa» T fond.

320 ' LÉVIGATEUR MÉCANIQUE DE SCHUTZEMBACH.

Le 2* vase , sur le gradin immédiatement inférieor, est chargé de la même manière, si ce n^est qu'au lieu d'eau c'est le liquide mêlé de suc que Ton y fait arriver : car en ouvrant le robinet qui amène Teau dans le 1^** vase, le liquide passe au travers de la pulpe en mouvement, s'introduit sous le &ux fond et remonte par le tube vertical pour se déverser dans le 2* vase; les choses se passant de même dans celui-ci et les suivants, on voit qu'au moment où le 8* vase est chargé, le liquide qu'il reçoit du 7* est chargé de tout le jus qu'il a déplacé dans les autres, c'est alors que la saturation est suiEsante : on ouvre le robinet de fond qui fait écouler 330 litres de ce jus le plus dense dans un caniveau conduisant au monte-jus pour la défécation. On ferme alors le robinet et l'on charge le 9* vase de jus s'écoulant du 8^ et de pulpe neuve.

Le 1*''' vase à la partie supérieure se trouve alors épuisé, ayant continuellement reçu l'eau qui a lavé la pulpe et déplacé le jus des vases au-dessous.

On ferme la conununication du 1^'vase au 2*, afin de vider tout le liquide qui est à peu près de l'eau pure et que l'on foit couler par un caniveau longeant le caniveau à jus, mais dirigeant l'eau hors de l'atelier. On enlève la pulpe et l'on rince à grande eau le vase vide. Quant à la pulpe, elle est soumise à la presse, puis donnée aux bestiaux ou gardée en silos, comme à l'ordinaire.

En même temps, la lévigation de la pulpe a continué, l'eau froide versée sur le 2^ vase a déplacé les liquides dans les pulpes des 3', 4*, 5', 6*^, 7* et 8® vases. Lorsque ce dernier est rempli, on en soutire 330 litres que Ton feit couler au monte-jus, puis on ferme le robinet et on laisse déverser dans le 10^ vase, qui est à son tour chargé de pulpe et rempli de jus.

Lorsque l'on est enfin arrivé au 1 2'' vase , en descendant d'un gradin à chaque soutirage, l'eau arrive dans le 4®; les précédents ayant été vidés et nettoyés, on soutire du 12* 330 litres, qui sont dirigés vers le réservoir à jus, et l'on continue de laver le vase n* 4 par l'eau qui déplace les jus des 5% 6% 7*, 8% 9% 10*, !!• et 12* vases. A partir de ce moment , les jus arrivant non saturés au 12^ vase doivent être dirigés successivement vers une pompe ou monte-jus qui les élève tour à tour dans le V vase en tête de l'appareil ; l'opération dès lors recommence comme la première fois, si ce n'est que le jus le plus chargé se trouve dans le vase n® 1 , que Ton vient de remplir de pulpe menue et dont on extrait

Page 1