Struetnre Interne et composition de la canne & ancre
Je me suis proposé de déterminer, à l'aide de Tanatomie sous le microscope et de l'analyse chimique :
1" Les formes et la composition des tissus de la canne à sucre;
2* Le siège de la sécrétion du sucre ;
i"^ Les changements que Fâge apporte dans les formes et la natnre des différentes parties du tissu ;
4* Les variations qu'éprouvent en même temps les principes unmédiats.
Si l'on examine, de la superficie au centre, une tranche coupée perpendiculairement à l'axe, de la tige d'une canne, à l'épo- ^e de sa maturité, lorsqu'elle est jaunâtre et que la plupart des * (Cailles sont tombées, on remarque :
1^ Une couche superficielle adhérente à la cuticule épider- ^^V^^gg (fig- 5) (**), planche XXXIV, formée d'une sorte de
*} ^or. les Mémoires Je C Académie des sciences, t. XXII, p. 567 à 589, «««noire sar la canne à sucre, avec planches coloriées.
'**) Celle figure et la figure k «ont tracées sur un grossissement de 900 dia- ">«ti«», double des dimensions 1, 2 et 3.
cire (cérosie) observée par MM. Plagne et AvequÎD, étudiée par M. Dumas ;
2^ La cuticule AA, avec des saillies anguleuses correspondantes dLMTL joints entre les cellules;
Z^ (Fig. 4 et 6.) Les épaisses parois yy des longues cellules épidermiques il (des lignes de démarcation existent entre les parois de ces cellules ; leurs cavités sont en communication, au travers d'une mince membrane, par des canalicules dansTépaisseur des parois) ;
4^ Le tissu cellulaire à parois minces, sous Tépiderme //, mm (fig. 5);
5** Un tissu cellulaire à parois un peu épaisses traversées par des canalicules ;
6° Deux rangées circulaires, parallèles à la superficie, de faisceaux ligneux entourant chacun un espace rempli par les divers vaisseaux décrits plus loin.
Ces faisceaux, presque contigus les uns aux autres dans la première rangée, sont moins rapprochés dans la deuxième.
On remarque des faisceaux semblables, mais graduellement moins abondants en fibres ligneuses, de plus en plus espacés entre eux et séparés par de plus larges cellules jusqu'à Taxe de la tige.
Les tissus compris entre Tépiderme et la dernière rangée (le> faisceaux ligneux ne renferment pas de sucre, ils contiennent, en proportions plus ou moins fortes, d'autres substances indiquées page 350.
J'ai déterminé le siège du sucre cristallisable par robservation. sous le microscope, des tranches minces de la canne sèche, dans Talcool anhydre : ce liquide introduit sous la lamelle de verre h porte-objet, ne dissolvant pas le sucre cristallisé, facilite l'observation. A Taide de ces dispositions, on peut discerner les cristaux de sucre plus ou moins volumineux, dans toutes les cellules nlindroïdes à parois minces qui environnent les nombreux faisceaux des fibres ligneuses et vaisseaux, depuis l'axe jusqu'à la dernière rangée des faisceaux vasculaires et ligneux.
Les figures 1 et 2, planche XXXIV, représentent un de ces faisceaux a, i, c, d formant chacun des nombreux points résistants qu'on voit sur une tranche de la canne, fig. 254 :
a, conduit contenant des rondelles épaisses, situées à des intervalles de trois ou quatre fois leur épaisseur, soutenant les parois minces de ce canal.
bbj deux larges vaisseaux ponctués, offrant autant de doubles séries longitudinales d'ouvertures elliptiques qu il se trouve de petits tube^y au nombre de 10 à 14, adhérents aux parois de ces deux grands vaisseaux.
rc, petits vaisseaux ponctués, parmi lesquels deux ou trois ofirent les caractères de trachées non déroulables, contenant des filets en hélices incomplètes, à bifurcations irrégulières. (Figure 3 : détails des deax sortes de vaisseaux c et c'.) ddy fibres ligneuses, à parois épaisses et perforées de canalicules entre leurs longues cavités cylindroïdes.
ee^ ée\ premières cellules saccbarifères ; les plus petites aboutissent aux faisceaux ligneux et vasculaires. Dans les petites cellaies saccharifères éé^ on a indiqué des granules d'amidon tels qu'on les observe dans cette partie du tissu des cannes très-jeunes ooméme, quelquefois, parvenues au tiers de leur développement. //*, cellules à sucre, graduellement plus grandes à mesure qu elles s'éloignent de chacun des faisceaux vasculaires qu elles entourent.
Ces cellules communiquent entre elles par un grand nombre de petites ouvertures traversant la double épaisseur de leurs parois latérales, ouvertures qui manquent aux fonds représentant les deux bases inférieure et supérieure du cylindre ou prisme creux que forme chaque cellule saccharifère.
Dans les cannes mûres, tous les tissus soumis à un lavage à Teau et mis en contact avec Tiode jaunissent; Tacide sulfurique rend plus intense cette coloration, tout en désagrégeant la cellulose. La coloration de la cuticule h (fig. ô) devient orangée, plus foncée.
Si Ton enlève, à Taide d'une solution de soude caustique, une partie de la matière azotée qui imprègne les petits vaisseaux à minces parois c et c', ainsi qu'une portion des substances azotées dont sont injectées les cellules saccharifères, on remarque aloi-s, sous l'influence de la double réaction (de l'iode et de l'acide sulfurique), des phénomènes curieux : les petits vaisseaux ponctués <^ et c\ commençant à se désagréger et offrant une coloration bleue légère; la partie interne des cellules à sucre, e fy la dernière formée, se gonflant très-vile, passe à l'état des particules amylacées. Ces parties se teignent dès lors en bleu indigo intense. Les corpuscules azotés qui adhéraient à cette couche interne s'en séparent, et manifestent leur présence par la coloration orangée spéciale.
Les membranes externes plus anciennement formées et plus injectées résistent à la désagrégation ; elles se gonflent cependant, forment des plis sinueux, se séparent en divers points des cellules adhérentes voisines, en conservant la coloration jaune orangée. Dans les cannes à sucre moins développées, Tépuration de la cellulose de tous les tissus est beaucoup plus facile et pins prompte ; ensuite, sous l'influence de Tiode et de l'acide sulfurique, les cellules à sucre passent de la nuance jaunâtre au vert. puis au violet indigo, en se. gonflant, se disloquant et se désagrégeant peu à peu.
J'ai soumis aux mêmes réactifs la partie inférieure blanchâtre (complètement enveloppée par les feuilles engainantes) d*une tige de canne trùs-jeune , cette portion n^ayant encore que 3 centimètres de haut.
Une solution aqueuse d'iode colorait en jaune les tissus, â l'exception des petits vaisseaux ponctués; une goutte d'acide sulfurique fit naître sur l'ensemble de ces tissus une des plus jolies images microscopiques que l'on puisse voir : les poils des nasuds^ jaunis sur leur cuticule externe et leur membrane granuleuse interne, devinrent violets dans toute l'épaisseur de leurs parois gonflées; la cuticule et l'épiderme avaient acquis une teinte orangée foncée, le tissu cellulaire sous-jacent était bleui dans l'épaisseur de toutes les cellules; la même nuance colorait les petits vaisseaux ponctués, formant ainsi un faisceau cjlindroîde bleu entouré par les tissus jaune orange des parties suivantes : 1^ les larges vaisseaux ponctués bb et les quatorze à dix-huit tubes adhérents à chacun d'eux ; 2° les tubes à rondelles a; 3^ les fibres ligneuses dd. Au milieu des parois jaunies de ces dernières un voyait la couche interne de cellulose récemment formée offrant un anneau concentrique, gonflé, bleui.
J'ai constamment observé, parmi les faisceaux vasculaires des très-jeunes tiges ou bourgeons tendres et blanchâtres des cannes, un grand nombre de trachées en hélices déroulables, comme celle que représente la figure 6, pi. XXXIV, tandis que je n'ai pu retrouver de trachées semblables parmi les vaisseaux des cannes mûres.
Dans toutes les tiges et les feuilles des pousses récemment formées, on remarque des granules amylacés en grand nombre; les tiges en contiennent surtout dans les tissus sous-épidenniques, et dans les tissus cellulaires à sucre, tout autour des faisceaux vasculaires.