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Distribution des éléments dans la croûte du globe

terrestre.

Les 64 corps simples sont répandus inégalement dans la nature : la plupart engagés dans diverses combinaisons ; quelquesuns se rencontrent parfois ou habituellement à l'état natif.

Dans une note étendue sur les émanations volcaniques et métallifères, M. Élie de Beaumont a présenté des considérations remarquables sur la distribution naturelle des corps simples; nous en extrairons quelques généralités et surtout un tableau synoptique qui résume les pensées de l'auteur.

Le globe terrestre renferme une immense masse centrale incandescente dont l'existence se révèle par les grands phénomènes volcaniques (*). Les éruptions des volcans amènent à la super-

(*) En constatant, en effet, par des expériences faîtes dans les mines et dans les trous de sonde, que la température s'élève à mesure que l'on atteint une plus grande profondeur, que cet accroissement est d'environ 1 degré centésimal pour 30 mètres, on a pu en conclure, en supposant la loi continue, qu'à une profondeur de 9 myriamètres au plus, la température sous la couche terrestre s'élèverait au delà de 3000°, dépassant tout ce que nous pouvons produire, et capable de mettre en fusion toutes les roches connues.

ficie du globe des roches en fusion, des laves et des matières vola tilisées ou gazéiformes.

A ces phénomènes se rattachent les vapeurs chaudes dégagées, même à des distances considérables, des volcans en activité : telle est sans doute l'origine des suflioni de Toscane qui amènent à la surface du sol l'acide borique , exploité industriellement {yoy. plus loin) ; telle est aussi celle des eaux thermales et d'un grand nombre d'eaux minérales.

On distingue deux classes de produits volcaniques : les uns à la manière des laves, les autres à la manière du soufre, du sel ammoniac, etc.

M. Élie de Beau mont désigne l'ensemble de ces produits sous la dénomination & émanations volcaniques et métallifères, parce que la plupart des filons métalliques lui semblent s'y rapporter; on doit même y comprendre un grand nombre de gîtes minéraux pierreux.

On est conduit à penser qu'au moment où la surface du globe en fusion commençait à se refroidir, les différents corps simples s'y trouvèrent répandus sans ordre déterminé; que dans ce chaos primitif où les premières masses granitiques se sont formées, peu à peu les matières èruptives à la manière des lapes sont devenues moins siliceuses et les émanations volcaniques à la manière du soufre qui, à l'origine, contenaient presque tous les corps simples, sont devenues graduellement moins complexes.

Le tableau de la page 26 peut donner une idée des notions acquises aujourd'hui sur la distribution des corps simples dans la nature minérale et parmi les êtres organisés.

On voit qu'à la surface du globe se trouvent 1 8 corps simples (indiqués par des astérisques dans la première colonne) en y comprenant ceux dont les quantités pondérales sont très-faibles, comme le brome et l'iode, qui souvent, peut-être toujours, accompagnent en petites proportions le chlore. Les mêmes corps au nombre de 18 se trouvent également dans les êtres organisés, comme l'indique la douzième colonne.

On remarque (2e et 3e colonnes) les roches volcaniques actuelles et anciennes renfermant les mêmes corps élémentaires au nombre de 14 à 15.

Dans les roches volcaniques anciennes se trouvent les 1 5 corps simples comprenant, outre les 14 de la 2e colonne, le phosphore, que Ton a rarement observé à l'état de phosphate de chaux dans ces roches.

Les roches basiques contiennent 30, les granités 42 et les filons slannifères 48 de ces éléments. Les filons ordinaires et géodes 43, les sources minérales 24 et les émanations volcaniques 19.

Parmi les 30 éléments que renferment les roches basiques (4e colonne), on trouve les corps simples des roches volcaniques anciennes et actuelles ; ces roches éruptives sont en grande partie constituées par des silicates à grand excès de bases, de là le nom de basiques qui les distingue; ces roches contiennent fréquemment de l'eau (serpentine, diallage), qui se trouve aussi dans beaucoup de roches anciennes, mais rarement dans les roches volcaniques modernes.

Les roches appelées granités contiennent des silicates saturés de silice et souvent du quartz en grain ; elles sont donc avec excès d'acide, distinctes par conséquent des roches basiques.

Les éléments, au nombre de 19 dans la 9e colonne, composent les émanations actuelles des volcans; la 10e colonne présente les corps simples au nombre de 20, qui se trouvent à l'état isolé et parmi lesquels l'or, le platine et ceux qui accompagnent ce dernier sont presque toujours reucontrés à l'état natif.

Aux 59 éléments inscrits dans ce tableau il faut ajouter l'erbium , le terbium et Tilménium ; les 2 premiers se trouvent constamment avec l'yttrium , découvert dans l'yttrotantalile ; il faudrait, en outre, y comprendre les trois métaux plus 'récemment découverts, le rubidium, le cœsium et le thallium {yoy. ci-dessus, p. 18), et l'on devrait en retrancher le pelopium, métal dont H. Rose a reconnu l'identité avec le niobium. En définitive le nombre des corps simples se trouverait être alors de 64, comme nous l'avons dit plus haut, ce qui est admis dans l'état actuel de la science.

Les radicaux natifs se sont rencontrés au nombre de 20; enfin dans les aérolilhes (11e colonne) se sont trouvés 21 corps simples.

La série des phénomènes ou des réactions chimiques dont le globe terrestre porte les traces, paraît avoir eu un commencement que la science fait entrevoir. Les plus intenses de ces phénomènes ont dû se passer avant que l'existence des êtres organisés put avoir lieu, et le plus complet, le plus délicat parmi ces êtres, l'homme, a paru le dernier, lorsque l'action des foyers intérieurs a été réduite à son minimum d'énergie, lorsque la plupart des principes de la terre ont été fixés ou engagés dans des combinaisons inoffensives.

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