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METAUX TERREUX

dont les oxydes ont été désignés par le nom de

Manganèse * .

Cuivre *.

Uranium.

Fer*.

Plomb*.

Argent *.

Cobalt».

Bismuth.

Or*.

Nickel*.

Mercure *.

Platine*.

Chrome.

Étain*.

Palladium*

Tungstène.

Titane.

Rhodium.

Molybdène

Tantale

Iridium *.

Vanadium.

ou Colombium.

Ruthénium.

Zinc*.

Pïinhium.

Osmium.

Cadmium *.

Antimoine.

Parmi les métaux usités, le bismuth et l'antimoine , trop fragiles pour être employés isolément, entrent dans plusieurs alliages.

COISS1DÉRATI0NS GÉNÉRALES.

amalgame l'argent avec un excès de mercure, on presse ensuite le mélange dans une peau de chamois, l'excès du métal fluide (mercure) sort entraînant un peu d'argent, et le poids de l'amalgame solide qui reste montre que les deux métaux y sont unis en proportions fixes.

Ainsi, dans la même substance on trouve toujours les mêmes éléments unis dans les mêmes proportions : telle est la définition de la loi générale des proportions définies. Il est digne de remarque que cette loi, fondée sur la théorie de Dalton et les travaux modernes de Gay-Lussac, s'accorde, ainsi que le fait observer M. Dumas, soit avec l'hypothèse des philosophes grecs sur les limites de la divisibilité des corps (atomes ou molécules insécables), soit avec les expressions des saintes Ecritures : « Dieu, dit la Bible, a tout créé par nombre, poids et mesure (*). »

Isomérie. — La réciproque de la loi précédente est-elle vraie? les mêmes éléments unis dans les mêmes proportions produisent-ils toujours une même substance? Non, sans doute : car l'arrangement des molécules et même une cohésion différente, ou le rapprochement plus ou moins grand des molécules, peuvent produire, avec les mêmes éléments, en égales proportions, des composés différents que l'on appelle isomères ou isomériques (**).

(*) D'après une série de recherches sur les lois des proportions chimiques accomplies avec les soins les plus minutieux, par M. Stas, de 1860 à 1865, et dont les résultats coïncident exactement avec ceux qu'avait obtenus M. de Marignac en 1843, dans ia détermination des rapports proportionnels entre le bromure de potassium et l'argent, on pourrait conclure que la loi des proportions chimiques est l'expression d'une relation mathématique, que le poids d'un même corps déterminé à l'aide de différents éléments est identique; mais que les poids atomiques ne sont pas des multiples exacts de l'hydrogène représenté par 1, suivant l'hypothèse de Prout, ou même par 0,50 ou par 0,25.

Voici les nombres auxquels conduiraient ces expériences en les rapportant à l'hydrogène pris pour unité.

Hydrogène étant , . i

Oxygène 4 6,960

Argent 407,660

Azote U,009

Brome.

Chlore

Iode 136,533

Lithium 7,004

Potassium 39,040

Sodium 22,980

Voir le t. XXXV des Mémoires de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Bruxelles, 1865.

Au reste, si de telles approximations poussées jusqu'aux limites où il nous est permis d'atteindre, ont ui:e importance réelle au point de vue de la philosophie de la science, elles n'auraient en général, dans les applications, que des influences insensibles.

(**) Isomérie exprime directement : de même composition, et sous-eniend doué de propriétés différentes.

It CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

C'est ainsi que, par l'effet d'une simple différence de cohésion dans des substances toutes composées en poids de 44,4 de carbone et de 55,6 d'eau (ou de ses éléments, hydrogène 6,2, oxygène 49,4), on trouve non-seulement Y amidon des céréales et les fécules alimentaires des divers tubercules, mais encore les fibres textiles (cellulose) complètement indigestes, telles que celles du coton, du chanvre, du lin, etc., la dextrine qui est soluble dans l'eau froide ou chaude, et Yinuline solubleà chaud, précipitable, à un certain degré de concentration, en granules ou sphérules par le refroidissement.

Isomorphisme. — Les substances qui peuvent cristalliser sous des formes appartenant au même système cristallin avec de trèslégères différences dans les valeurs absolues de leurs angles, et qui, en outre, sont susceptibles de se substituer en toutes proportions, en produisant des cristaux semblables, sont désignés sous la dénomination d1 isomorphes ; la loi appelée isomorphisme a été découverte par Mitscherlich.

C'est ainsi qu'en abandonnant des solutions, des sulfates de fer et de cuivre, on obtient par le refoidissement des cristaux offrant les formes du sulfate de cuivre, à quelques légères différences près dans les angles. Les proportions peuvent varier sans limites, suivant les quantités introduites dans la solution ; on ne reconnaîtrait pas à l'aspect le mélange des deux sulfates, si la belle nuance bleue appartenant au sulfate de cuivre ne virait graduellement à la couleur verdâtre à mesure que les proportions du sulfate de fer augmentent. Nous verrons plus loin qu'il importe beaucoup pour certaines applications d'avoir recours à l'analyse pour reconnaître ces sortes de cristaux complexes ou constater la pureté du sulfate de cuivre cristallisé.

C'est encore ainsi que la potasse et l'ammoniaque peuvent être substituées l'une à l'autre dans l'alun; qu'on peut remplacer dans la même cristallisation l'alumine par le sesquioxyde de fer, sans que les formes cristallines de ces aluns soient changées. Les applications spéciales de l'alun de potasse et de l'alun d ammoniaque donnent en certaines occasions, que nous ferons connaître, beaucoup d'intérêt à ces notions et aux procédés simples d'analyse, qui permettent de caractériser nettement chacun des deux aluns, ainsi que l'alun complexe obtenu par une commune cristallisation dans le même liquide.

Dimorphisme. — C'est aussi à l'arrangement particulier des particules que Ton attribue la propriété du même corps d'af-

fecter des formes différentes : le soufre, par exemple, quand sa cristallisation, naturelle ou artificielle, provient de sa dissolution dans le sulfure de carbone, se présente en octaèdres, tandis que la cristallisation qu'il donne par refroidissement, après avoir été fondu, se présente sous forme de prismes allongés; nous verrons plus loin que le soufre peut affecter successivement les deux formes en cristallisant dans un même dissolvant.

Le carbonate de chaux constitue les cristaux rhomboédriques du spath d'Islande et les cristaux d'arragonite prismatique, dont les formes sont incompatibles, bien qu'elles appartiennent au même composé.

Le même corps peut même affecter des états différents soit dans ses cristaux, soit dans ses solutions, à la faveur de certains liquides. Ces différences se manifestent dans plusieurs corps avec des propriétés moléculaires faciles à constater sous l'influence de la lumière polarisée, en employant les méthodes fondées par Biot. On doit à ce savant et à M. Pasteur de remarquables exemples de ces déterminations, souvent indispensables pour constater l'identité ou les dissemblances entre des corps dont on veut approfondir l'étude.

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