Natron
On appelle natron le carbonate de soude recueilli en divers lieux après l'évaporàtion spontanée de petits lacs d'eaux alcalines salées.
La plus grande partie du natron nous vient d'Egypte ; les lacs qui le déposent en incrustations cristallines sont au nombre de neuf, situés dans le désert de Thaïat, disséminés sur une étendue de 15 kilomètres de longueur et 1 kilomètre de largeur; la formation du carbonate alcalin paraît due à la réaction du sel marin sur le carbonate calcaire, aidé par la force efflorescente du carbonate de soude qui amène ce sel à la superficie et par la force capillaire en raison de la facile infiltration, dans le sol, du chlorure de calcium déliquescent. Les petites sources naturelles qui dissolvent les efflorescences se réunissent dans les neuf lacs, s'y concentrent spontanément, affectent une coloration rouge provenant sans doute d'êtres organisés, animaux ou végétaux (crustacés branchiopodes ou Protococcus). Après les chaleurs on ramasse les incrustations cristallines formées de carbonate et de sesquicarbonate de soude (2NaO,3CO,+4HO), de sel marin, de sulfate de soude et de quelques centièmes de matières insolubles.
Aux Indes, au Thibet, en Hongrie, en Russie, en Amérique, en Arabie, au Pérou, etc., on récolte de la même ma-
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nière les cristaux de sesquicarbonate de soude, après r évapora tion de certains lacs, durant les chaleurs de l'été (*).
Plusieurs eaux minérales de Seltz, de Carlsbad, de Vichy, de Spa amènent en solution des quantités notables de bicarbonate de soude à la superficie du sol : les eaux de Vichy, par exemple, en renferment environ 5 pour 1000.
(*) On récolte sur les bords du grand désert africain, dans des lacs du Fezzou, un sel de soude appelé trôna, composé de sesquicarbonate de soude, de sulfateMe la même base et d'eau. M. Boussingault et Riyeiro ont trouvé le même produit dans les terrains tertiaires de la Colombie.