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Extraction du brème

Les eaux mères, dont on a précipité l'iode par le chlore, sont concentrées dans des vases de plomb recouverts d'un chapiteau. On recueille ainsi à l'aide d'un réfrigérant adapté au bec du chapiteau un peu du produit entraîné par les vapeurs et l'on évite l'insalubrité de ces vapeurs pour les ouvriers. Il est bon d'interposer entre le chapiteau et le réfrigérant une allonge en verre afin de reconnaître le moment où il ne se dégage plus de vapeurs violettes annonçant la présence de l'iode.

Alors on peut s'assurer par l'addition de quelques gouttes de chlore dans un verre à expériences que ces eaux ne contiennent plus d'iode.

Si cette addition donnait une coloration rouge orangé, puis un précipité brun, on ajouterait un peu de chlore dans la cucurbite et l'on obtiendrait de nouveau des vapeurs violettes.

Lorsque l'élimination de l'iode est achevée, on adapte à l'allonge un appareil formé de récipients communiquant entre eux par des tubes rodés à l'émeri, on ajoute dans la cucurbite du bioxyde de manganèse (MnO1) et de l'acide sulfurique concentré dont les proportions ont dû être déterminées par un essai préalable en petit.

On effectue alors la distillation à l'aide d'une ébullition ménagée ; le brome, plus volatil que l'eau, apparaît bientôt sous forme de vapeurs rutilantes, qui se condensent en un liquide lourd brun orangé coulant dans l'allonge et le premier récipient; celui-ci doit être maintenu froid au moyen de la glace ou même d'un mélange de glace et de sel.

Lorsque le dégagement cesse, on s'assure que tout le brome est extrait en ajoutant du bioxyde de manganèse et de l'acide sulfurique concentré dans la cornue ; s'il se dégage encore du brome par une ébullition légère, on continue jusqu'à cessation des vapeurs orangées.

Le brome liquide est surnagé d'une couche d'eau que l'on sé-

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pare en faisant couler par un entonnoir en verre muni d'un robinet : on ferme celui-ci dès que le brome, étant écoulé, l'eau commence à l'atteindre. On épure facilement le brème ainsi obtenu en le redistillant et mettant dans le récipient refroidi de l'acide sulfurique qui surnage le produit distillé et prévient son évaporation.

Quant au liquide aqueux retenant du brome, on extrait celuici en le saturant par la potasse ; il se forme du bromure de potassium et du brèmate de potasse, on évapore à sec et Ton calcine au rouge sombre afin de tout amener à l'état de bromure de potassium, que l'on décompose par l'acide sulfurique et le bioxyde de manganèse, afin de mettre le brome en liberté et de l'obtenir par distillation.

On traite alors le produit de cette concentration des eaux mères dans une cornue en grès avec du manganèse et de l'acide sulfurique ; la distillation donne du brème , que Ton recueille sous l'acide sulfurique à 64* , afin d'éviter la perte et les dangers des vapeurs de brème.

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