OS
Poids pour 1 litre eau.
L'eau de la mer Morte présente une composition bien différente et variable suivant la profondeur.
Voici les résultats des analyses récentes de M. Terreil offrant Tan le maximum des sels dans l'eau prise à la surface, l'autre le maximum à 300 mètres de profondeur :
4000 D*£AU PB.ISK
Chlore
Brome
Acide sulfurique.
Acide carbonique et sulfhydrique
Magnésium.
Calcium
Sodium
Potassium
Ammoniaque, alumine, fer, matière organique
Silice ,
Résidu salin obtenu directement, Eau
près
a S milles Est
du
du Wady
Ras Dale.
Mrabba.
Traces.
Traces.
Traces.
Traces.
Traces.
On voit qu'à la profondeur de 300 mètres les proportions de la plupart des substances dissoutes sont décuples de celles que con-
figurer. Dans aucune des analyses des eaux de l'Océan et de la Méditerranée on n'a signalé la présence de la silice, qui cependant devait s'y rencontrer.
CHIMIE IHD17STB. I 5
tiennent l'eau de l'Océan et celle de la Méditerranée ; elles se sont trouvées moindres de 0,2 environ à la profondeur de 20 mètres.
Il n'est pas douteux, dit l'auteur, que dans l'avenir la mer Morte ne devienne une source de production abondante de brome et de potasse.
Distillation de Veau de mer. — La distillation de l'eau de mer, en vue de la rendre potable, fixa l'attention d'un physicien anglais, Hauton, en 1670 (Trans. phil.)\ en 1717, Gauthier, médecin de Nantes, décrivit un appareil distillatoire qu'on ne put employer à bord des navires, en raison des mouvements de roulis et de tangage projetant l'eau de la cucurbite dans le serpentin. Poîssonier imagina, en 1772, un alambic qui évitait ces inconvénients; le problème a été résolu par Clément- Desormes et de Freycinet; mais, bien qu'en se servant de leurs appareils il ne fallût embarquer que 1000 kilogr. de houille pour obtenir 6000 litres d'eau distillée, la solution n'était pas encore pratique; elle Test devenue depuis que MM. Peyre et Rocher ont construit un appareil dans lequel non-seulement la combustion de la houille produit autant d'effet, mais où la chaleur cédée par la condensation de la vapeur s'applique à la coction des aliments : en sorte qu'il suffit du combustible nécessaire à la cuisine de l' équipage pour produire l'eau douce durant les voyages de long cours ; on économise ainsi la place, toujours précieuse dans les navires, qu'occupent ordinairement les caisses en tôle dans lesquelles on embarque l'eau potable (*) .
Les premières et les dernières parties du produit distillé de l'eau de mer doivent être recueillies à part ; elles servent directement aux savonnages et lavages divers, utiles à l'équipage. Le
(*) Le jury central pour l'exposition des produits de l'agriculture et de l'industrie de 1849 a constaté les perfectionnements introduits dans cet appareil par M . Rocher, et les grands résultats de son usage dans la marine marchande et militaire : l'abondance et la pureté de l'eau fournie aux marins de nos équipages a considérablement diminué les affections spéciales auxquelles sont exposés les gens de mer. M. Hocher a obtenu la médaille d'or ; l'Académie des sciences lui décerna un prix de 2500 francs sur la fondation Monlyon. 11 obtint en 1851 une récompense du premier ordre dans le grand concours des nations à l'Exposition universelle de Londres. Il importe d'éviter dans les parties des appareils sur lesquelles s'écoule l'eau de la vapeur condensée l'emploi du cuivre non étamé, et plus encore des tuyaux en plomb. M. Chevreul a démontré que le cuivre et le plomb sous forme d'oxyde ou de sels peuvent se rencontrer dans ces eaux distillées et occasionner des accidents d'intoxication. Il a conseillé, pour découvrir la présence de ces composés délétères, d'avoir recours à Y hydrogène sulfuré, qui les précipite en noir et qu'on se procure
produit intermédiaire plus pur est réservé pour la boisson. On le rend pins propre à cet usage en l'aérant par le battage à l'aide d'un moulinet touruant dans un cylindre où l'air se renouvelle : l'eau peut alors absorber de l'oxygène, de l'azote et de l'acide carbonique dans la proportion que présentent les eaux de rivière {yoy. p. 51). On améliorerait sans doute encore la saveur et la qualité de ces eaux distillées potables en y ajoutant, après l'aérage, pour 1000 litres, 1 litre d'eau chargée de carbonate de chaux, rendu soluble par un excès d'acide carbonique [yoy. plus loin la préparation des eaux gazeuses).
C'est sur le produit épuré, autant que possible, de la distillation des eaux de rivière que Ton a constaté la plupart des propriétés de l'eau pure exposées ci-dessus, et celles qui nous restent à décrire.
Solubilité des corps solides et liquides. — Un très-grand nombre de substances liquides ou solides peuvent se dissoudre dans l'eau et lui communiquer des qualités spéciales (couleur, densité, saveur, odeur, réaction acide, alcaline, température d'ébullition plus élevée ou plus basse, congélation plus rapide ou plus lente, etc.).
La solubilité de la plupart des corps augmente avec la température du liquide ; de là vient que beaucoup de sels cristallisent parle refroidissement de leur solution aqueuse.
Toutefois, plusieurs substances sont moins solubles dans l'eau à 100e qu'à d'autres températures inférieures : tels sont l'hydrate, le tartrate et le sucra te de chaux, plus solubles à froid que dans l'eau bouillante; les sulfates de chaux et de soude, plus solubles à 33* qu'à 100°, et même qu'à toute autre température. L'eau déjà saturée d'un corps liquide ou solide n'en peut
aisément à l'aide de copeaux de chêne enfermés dans plusieurs flacons remplis d'eau de mer : une fermentation putride donnant lieu à la formation de l'acide sulfhydrique et à sa dissolution dans l'eau, qui dès lors sert de réactif.
Les eaux potables naturelles peuvent elles-mêmes devenir délétères en certaines circonstances. (Foy. a la fin de l'article Csbusb.)
Les liquides alimentaires tels que le vin, la bière, le cidre, doués d'une légère réaction acide, séjournant dans des vases dits en êtain, mais qui contiennent de 0,15 à 0,45 de plomb, peuvent donnera ces boissons des proprié-, tés vénéueuses. J'ai démontré dans un travail avec M. Poinsot, pour le conseil d'hygiène, que même l'alliage d'étain 90 et plomb 10 peut donner lieu à des accidents toxiques. Récemment M. Roussin, pharmacien en chef des hôpitaux militaires, a conclu de ses nombreuses expériences que les alliages d'étain et pl"mb destinés à contenir des liquides alimentaires ne doivent pas contenir au delà de 5 centièmes de ce dernier métal* {Recueil des mémoires de médecine chirurgicale militaire , août 1865.)
plus dissoudre dans les mêmes conditions ; mais elle peut dissoudre tantôt plus, tantôt moins d'une ou de plusieurs autres substances. De là un moyen d'épuration, par les lavages méthodiques fréquemment usités dans les laboratoires et les fabriques, et des procédés de séparation des sels solubles [yoy. plus loin le traitement des eaux mères des salines).
Solubilité des gaz. — Les gaz se dissolvent dansTeau en quantités d'autant plus grandes que la pression qu'ils éprouvent et qui diminue leur volume est plus considérable, et que la température du liquide est plus basse.
Dans ces conditions, d'ailleurs, l'agitation hâte la dissolution, parce qu'elle multiplie les surfaces en contact.
Certains gaz dissous dans l'eau sont éliminés totalement ou en partie, par des corps liquides ou solides très-solubles (alcool, sel marin, etc.).
L'eau enfermée avec plusieurs gaz mélangés, dissout de chacun un volume égal à celui qu'elle pourrait dissoudre si chaque gaz était seul et qu'il exerçât la même pression à la même température.