‹ Précis de chimie industrielle (volume 4)Chapitre 55 sur 233 · Propriétés · texte numérisé non relu

Propriétés

Voici les principales propriétés physiques et chimiques du soufre, qu'il importe de connaître, en vue des procédés d'extraction et de raffinage que nous allons décrire.

Le soufre est un corps simple, son poids équivalent est repré-

(*) Ce minerai contient de 0,25 à 40 de soufre. Trituré en poudre fine, on le vend pour traiter les vignes envahies par l'oïdium. La gangue se compose d'argile, de carbonate et sulfate de chaux. Une partie de ce minerai soumis à la distillation donne, soit de la fleur de soufre, soit du soufre raffiné en canons {çojr. p. X37 les procédés de raffinage du soufre).

sente par 200. À la température ordinaire, le soufre est solide, cassant, d'une couleur jaune citrine; il répand une odeur faible (*) mais caractéristique ; son poids spécifique est 2,080, l'eau pesant 1 ,000 ; il est mauvais conducteur de la chaleur et de l'électricité, fusible vers 113,5° G (**); il augmente de volume par la fusion; si on le chauffe davantage, sa fluidité se maintient jusqu'à 150'; passé ce terme, elle diminue sensiblement, sa couleur se fonce et devient de plus en plus orangée, rougeàtre et brune ; sa viscosité s'accroît aussi avec l'élévation de la température. Il est pâteux et consistant à 200°, il reprend par degrés au delà de ce terme une fluidité nouvelle; lorsqu'il est chauffé de 350 à 400* , si on le jette en un mince filet dans un grand volume d'eau froide, il devient mou et garde quelque temps une ductilité et une élasticité notables. Sa densité est alors de 1920, une partie de ce soufre trempé est devenu insoluble dans le sulfure de carbone : il reprend sa solubilité et sa densité primitives après une fusion de 113 à 120°. Le soufre porté vivement à l'ébullition au contact de j~^ de son poids de graisse, puis lentement refroidi, donne des cristaux prismatiques rouges. Si, au lieu de le laisser refroidir, on le verse en un mince filet dans un grand volume d'eau froide, il produit du soufre mou rouge foncé. Cette coloration serait due à la substance étrangère et non à une modification allotropique (Mitscherlich). Chauffé à 448°, sa température d'ébullition au thermomètre électrique = 448,2 (Becquerel); par le pjromètre à air = 447,3 (Regnauld), le soufre entre en ébullition et se distille sans résidu, s'il est pur; sa vapeur pèse 6,654, lorsqu'on prend sa densité à 500° (Dumas), et 2,218 lorsque cette densité est prise à la température de 1,000 degrés (Bineau), l'air atmosphérique pesant 1 . Le soufre se combine au carbone à une température élevée. Dans la nature, le soufre cristallisé se présente sous forme d'octaèdre droit, à base rhombe, transparent, à cassure vitreuse conchoïde.

Lorsqu'on laisse refroidir lentement du soufre fondu, on peut voir vers 113° se former des prismes aiguillés, qui se dirigent perpendiculairement aux parois du vase et se superposent jusqu'à

(*) Cette odeur *ui generis prend une intensité remarquable dans les magasins clos où se trouvent accumulés de volumineux tas de soufre brut.

(**) Suivant M. Brodie, le soufre récemment fondu au-dessus de 120° et refroidi, varie dans sa fusibilité de 111 à 118°. Le soufre cristallisé en octaèdres dans le sulfure de carbone, se fond à 114,5. Eiifiu chauffé longtemps de 100 à 114,5, il est fusible seulement à 120°.

ce que tout le liquide soit solidifié. Les cristaux obtenus ainsi dans le soufre fondu sont des prismes obliques à base rhombe. Jusque vers 1850 on n'admettait guère que le sulfure de carbone comme dissolvant du soufre, et Ion avait observé qu'il cristallisait en octaèdres par Tévaporation de ce dissolvant semblable au soufre cristallisé natif. J'ai reconnu alors que divers liquides peuvent aussi dissoudre des proportions notables de soufre, beaucoup plus à chaud qu'à froid. Voici les principaux résultats de mes expériences à cet égard :

Page 1