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V. ¥ases slpholdes

Jusqu'en 1837, on tirait l'eau de Seltz en bouteilles, comme nous IV vons indiqué en décrivant l'appareil de Bramah ; c*est alors que Savaresse inventa le vase siphoïde, qui vint simplifier singulièrement la fabricatioo et faciliter l'usage des eaux gazeuses, en permettant au consommateur de tirer la quantité d'eau gazeuse qui lui est nécessaire, sans craindre, comme avec les bouteilles, de perdre une partie plus ou moins considérable de liquide dont le gaz se dégage avec rapidité. On a beciucoup varié la disposition des siphons à eaux gazeuses; nous n'examinerons que ceux qui sont le plus généralement usités et qui semblent être les plu5 commodes.

Le siphon est un vase en verre, de forme cylindrique ou ovale; le goulot est entouré d'une douille en étain, faite en deux parties rapprochées contre le verre, et sur laquelle on vient visser la partie qui porte tout le mécanisme destiné à la fermeture du vase, et que nous allons décrire ; dans cette partie vient se terminer le tube plongeur permettant au liquide de monter pour s'échapper au dehors.

La figure 173 est une coupe, grandeur d'exécution, de la partie supérieure d'un vase siphoïde dit à petit levier, permettant de voir la disposition de chacune des pièces du siphon proprement dit.

Le goulot du vase A porte en a a une portion renflée contre laquelle vient butter une bague en étain b en deux morceaux, qu'on a rapprochés autour du verre ; sur cette bague filetée se trouve vissé le siphon proprement dit B ; une rondelle de caoutchouc c permet de faire unjointéUnchedu siphon sur le verre, et en même temps de la douille en étain fiiéf

ACIDE URBOWQUE ET EAUX GA7EUSES ARTIFCIELLFS. 539

par sertissage au bout du tube plongeur D en verre, et qui va jusqu'au fond du vase. Une tige en laiton étamé porte, vissée à sa partie inférieure, uae platine en étain l garnie de caoutchouc, qui forme soupape contre un ajutage m ménagé dans ta pièce S; un ressort à boudin n en laiton

Fin. tT3. — SiphPD à cm giuu» dil à pelil if Mi

sert a relever la lige de la soupape, tandis qu'une petite rondelle en caoutchouc r maintenue par deux petites rondelles en cuivre forme flufOng-box autour d'elle. Un petit levier en étain et cuivre jaune 0 permet d'exercer une pression sur la lige de la sou|;?.pe, d'abaisser celle-ci, et de livrer passage à l'eau gazeuse qui s'échappe jiar le bec S. AusiiWfl qu'on cesse d'appuyer sur le levier 0, le ressort ramène en

place la soupape /, que la pression intérieure tend à appuyer contre sod siège.

Comme on le voit, toutes les parties composant le siphon sont d^nne visite facile et d'une grande simplicité de construction.

Ce genre de siphon, très employé, présente cependant certains incoovénicnts qui Tout fait rejeter par plusieurs fabricants. D'abord la tige de la soupape, en raison de son petit diamètre, doit être en métal résistant et se travaillant facilement, ce qui conduit à la faire en laitotf étamé. Mais par l'usage Tétain finit par se détacher, et le laiton, venant au contact de Teau gazeuse, donne du vert-de-gris. De plus, Teau gazeuse, étant forcée de suivre un chemin tiès-sinueux pour s'échapper par le bec S, tend à perdre son gaz; enfin ces siphons sont d'une réparation assez longue, car il faut les démonter complètement pour visiter la moindre pièce ; on a supprimé ces inconvénients dans la construction du siphon, dit à grand levier, que nous allons décrire.

Le goulot du vase A (fig. 174) reçoit, comme dans le .«système précédent, sous le renflement du verre, une bague bb en étain, formée de deux pièces qu'on rapproche ; sur cette bague filetée où vient se visser le siphon proprement dit 6, une rondelle de caoutchouc c permet de faire un joint étanche du siphon B sur le verre et en même temps du disque en étain d, que porte l'extrémité du tube plongeur en ven-e. Une pièce cylindrique en étain E, portant à sa partie inférieure une rondelle en caoutchouc e sertie dans le métal, vient appuyer sur le bord tourné de Torifice de d, et forme soupape sur cet orifice. Un ressort à boudin r, assujetti par la calotte m vissée par le haut du siphon B, vient presser énergiquement sur la pièce E et fermer la soupape e; une rondelle en caoutchouc sert à faire joint entre la pièce E et sa gaine, et à empé* cher le liquide de passer. Un grand levier en étain et lailon 0, dont Taie d'oscillation est en o, permet en appuyant de vaincre la pression du ressort r, de soulever la pièce E, et alors l'eau gazeuse peut s'échapper par le tube B, pour sortir par le bec S. Ce système de siphon, moins compliqué que le précédent, est très-facile à visiter et à réparer.

Depuis quelque temps, en France, en raison de la grande consonunation des eaux gazeuses, certains établissements reçoivent celles^i non plus en siphons, mais dans des vases siphoïdes en cuivre étamé, de 15, 25 et 50 litres de capacité, qu'on dispose soit dans une cave, soit sous une table de débit. Ces récipients portent un robinet sur le bec duquel on vient visser un raccord établissant la jonction avec un tube en étain qui aboutit à un robinet distributeur disposé sur une table de service. Ce système est généralement répandu depuis longtemps en Amérique, et les récipients ne sont, dans ce cas, autres que les saturateurs mêmes des appareils à pression chimique. Les robinets

A.C10E CARBONIQUE KT EAUX GAZEUSES iRTlFICIIîLLES. 54)

de puisage sont disposés sur les côtés de comptoirs monumentaux qui atteignent des proportions souvent gigantescgucs, absolument incon-

Fig. 171. — Siphon i eau (ueuM dit il grand leiiier,

nues en Europe. Des récipients pleins de glace, disposés au milieu de ces sortes d'installations, servent à rafraîchir les liquides gazeux qui circulent dans des tubes en étain.

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