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BORAX

Enfin la horacite [borate de magnésie (MgO)', (BO*)*J se rencontre dans les masses de {zypsc des terrains crayeux à Segebcrg et à Lunebourg.

8* Fabrlcatloa du borax.

Dans une cuve en bois intérieurement doublée de plomb, munie d'un couvercle ouvrant en deux ou trois parties, on verse 1000 litres d'eau; on fait arriver un courant de vapeur par un tube qui plonge jusqu'au fond , qu'il contourne horizontalement ; la vapeur, dégagée par d'étroites ouvertures en traits de scie faites au tube circulaire, traverse tout le liquide, réchauffe et l'agite; lorsque la température arrive à 100*, on verse peu à peu 1300 kilogr. de carbonate de soude en cristaux, et dès qu'ils sont dissous, on ajoute par petites portions, et en soutenant la température, 1200 kilogr. d'acide borique : cet acide se combine à la soude, et dégage l'acide carbonique, qui produit une effervescence vive, surtout lorsqu'on projette les dernières portions ; en effet, une partie du gaz acide carbonique ayant été retenue, et formant du sesquicarbonate, celui-ci donne, vers la fin de la saturation, une fois et demie plus de gaz que n'en pouvait fournir le carbonate. Dans ce moment, la projection d'une grande quantité d'acide borique, occasionnant une forte effervescence, pourrait faire monter le liquide par-dessus le bord de la cuve, et blesser les ouvriers.

Quelques instants après la dernière addition d'acide, l'effervescence cesse, bien que le liquide soit bouillant : sa température est d'environ 104*; il doit marquer 21 ou 22* à l'aréomètre Baume : s'il était plus dense, on ajouterait de Teau pour le ramener à ce terme ; s'il était moins dense, on ajouterait assez de borax brut pour compléter le degré. On ferme le couvercle de la cuve, on laisse déposer pendant 10 ou 12 heures, puis on décante au robinet ou à l'aide d'un siphon, et l'on dirige, au moyen de tuyaux, plus ou moins allongés, la solution claire dans les cristallisoirs. Les cristallisoirs à borate de soude brut sont de grandes auges en bois doublées de lames de plomb épaisses de 5 millim. ou en tôle de 1 à 2 millim.; leur largeur peut être de 1"*,66, leur profondeur de 0'",33, et leur longueur de 6 mètres, telle enfin qu'un seul de ces cristallisoirs puisse contenir tout le liquide soutiré de la cuve.

Il reste au fond de celle-ci un dépôt de sable, d'argile, de carbonates de chaux et de magnésie provenant des sulfates décomposés par le carbonate alcalin ; on retire ces dépôts boueux par une bonde de fond, on les lave à l'eau chaude et l'on emploie, au lieu d'eau pure, les solutions qu'on en retire.

La première cristallisation du borax s'opère en 36 ou 72 heures, sui-

▼ant la température de l'air ambiant : on fait alors écouler Teau mère dans un réservoir en retirant une bonde de fond dont la tige en fer dé> passe le niveau du liquide (il a fallu préalablement dégager au ciseau cette bonde des cristaux qui Tentouraient) .

Les cristaux qui adhèrent la plupart aux parois sont détachés en traçant, dans l'épaisseur des incrustations qu'ils forment, des rainures, sans entamer le plomb ; les plaques cristallines ainsi enlevées sont portées sur une aire en pente recouverte d'une nappe de plomb qui dirige Teau mère dans un réservoir.

Pour les opérations suivantes, on remonte dans la cuve les eaux mèra et les eaux de lavage des dépôts; on y ajoute du carbonate de soude, puis de l'acide borique dans les proportions relatives ci-dessus indiquées et de manière à porter la densité de la solution totale à 22^ Baume. On laisse alors déposer 10 ou 12 heures, on décante et l'on fait couler dans un cristallisoir comme la première fois.

Au bout de trois ou quatre opérations semblables, suivant que l'acide employé était plus pur ou moins impur, le sulfate de soude est assez abondant pour crislalliser dans les eaux mères : alors on soutire celles-ci dès que leur température s'est abaissée à 30 ou 31*^.

Le maximum de solubilité du sulfate de soude ayant lieu à 33^ oa comprend que sa cristallisation n'aura pas commencé lorsque celle du borax sera presque entièrement achevée. Après la cristallisation du sulfate de soude, l'eau mère évaporée dans une chaudière en fonte donnera une cristallisation de borax dont on séparera encore Teau mère à la température de 30^ centésimaux pour faire cristalliser le sulfate de soude à part. La solution plus impure encore contiendra alors probablement assez de sel marin pour qu'on doive l'extraire par précipitation i chaud en faisant bouillir cette solution ; le liquide clair, décanté ensuite dans un cristallisoir, donnera par le refroidissement encore un peu de borax.

Chacun des sels épurés par le lavage, ou par une deuxième cristallisation, recevra son application spéciale, à moins que, pour éviter les frais l'épuration, on ne préfère les livrer, avec le peu de borax et de carbonate de soude qu'ils retiennent, aux verriers chez lesquek le sulfate, k carbonate et le borate de soude peuvent concourir à la fabrication des produits vitreux. Quant au sel marin, comme il aurait beaucoup moins de valeur dans cette application, on préfère le raffiner pour le livrer soit à la consommation , soit pour les divers usages du sel non alimentaire. En tout cas, les eaux mères incristallisables sont évaporées a siccité : elles donnent une sorte de salin applicable à la fabrication du verre.

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