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TEBRI SOLUBLE DE POTASSE. TERRE SOLUBLE DE 800BC

Silice 45 45 100

Charbon de bois 3 3 20

Carbonate de potasse. ... 30 v >

Carbonate de soude » S3 »

Sulfate de soude 9 » -60

Ces proportions sont calculées pour des produits purs, de' sorte qu'il faut tenir compte de la richesse des matières commerciales employées dans la pratique. *

On prépare du verre soluble de potasse lorsqu'on veut avoir une liqueur très-chargée en silice, tandis qu'on fait du silicate de soude lorsqu'on se propose d'obtenir un produit moins chargé en silice et surtout beaucoup plus économique.

La silice employée doit être, autant que possible, exempte de fer, d'argile et de chaux. On a recours au quartz étonné pulvérisé ou au sable siliceux blanc.

Lorsqu'on se propose d'oblenir une quantité peu considérable de verre soluble, on effectue la fusion dans un creuset ; mais pour une fabrication industrielle on opère sur la sole d'un four à réverbère chauffée aussi également que possible par un foyer situé à chaque extrémité.

Pour éviter la coloration brune que les poussières réductrices des foyers communiqueraient à la masse, on ajoute 3 à 4 p. 100 de nitrate de potasse ou de soude pour brûler les matières organiques et oxyder les sulfures métalliques.

Les sels étrangers- qui accompagnent le carbonate de potasse dans la potasse du commerce ne sont pas tous décomposés par la silice et

Tiennent souiller la dissolution du silicate ; on peut éliminer facilement la plus grande partie de ces impuretés en broyant grossièrement le silicate, le laissant exposé à l'air pour faire hydrater les sels, et traitant ensuite la masse par l'eau froide.

Le Terre soluble ainsi épuré est traité par 5 fois son poids d'eau bouillante jusqu'à dissolution. La liqueur s'éciaircit par le repos en abandonnant un dépôt boueux des combinaisons de la silice aTec les matières étrangères, oxydes métalliques, chaux, etc.

La solution claire marquant 35^ à l'aréomètre de Baume peut être liTTée au commerce pour être employée directement.

M. Kuhlmann prépare par Toie humide le Terre soluble au moyen du silex, qui renferme euTiron 98 p. 100 de silice. On commence par chautTer le silex au rouge et on l'étonnc dans l'eau ; puis on l'introduit dans une chaudière en tôle aTec une solution de soude à 20^ Baume et on chauffe sous une pression de 7 à 8 atmosphères pendant 7 heures enTiron.

On obtient après repos une dissolution claire de silicate de soude. Un échantillon de Terre soluble de soude ainsi préparé et concentré de façon à aToir une densité de 1,415 a été reconnu formé de 64,5 d'eau et 35,5 de matière solide, qui était composée de 22 de silice et 13,5 de soude.

Comme nous l'aTons déjà dit, lorsqu'on concentre une dissolution de silicate de soude, à mesure que la densité augmente, une partie de la silice se sépare et la liqueur s'enrichit en alcali. Il résulte de cela qu'il ne faut pas, dans la fabrication du Terre soluble de soude, dépasser un certain degré de concentration, que la pratique a fait reconnaître de 1,25 de densité enTiron.

D'après Scheurer-Kestner, jusqu'à la densité de 1 ,16 la silice précipitée Tarie de 1 à 2,3 p. 100, et elle est de 4,5 à 5,3 pour 1,53 de densité. Comme on le Toit, le Terre soluble a une composition très-Tariable sui- Tant le mode de traitement qu'on lui a fait subir.

La dissolution de Terre soluble est décomposée par l'acide carbonique de l'air, aTCcd'autant plus de lenteur, que sa concentration est plus grande. La liqueur claire de Terre soluble, desséchée à une température modérée, donne une masse Titreuse transparente, entièrement soluble dans l'eau bouillante. Cette masse, chauffée au rouge, ne se dissout plus sans résidu dans l'eau bouillante ; elle laisse de la silice insoluble. La partie soluble, dans ce cas, est une combinaison de deux équiTalents de soude aTec trois de silice.

Le Terre soluble de potasse est complètement précipité de ses dissolutiens par l'alcool sous forme d'une masse blanche qui peut se redissoudre dans l'eau ; le produit à base de soude n'est pas complètement précipité, ou se sépare sous forme de matière gommeuse. La chaux, la magnésie,

Toxyde de zinc précipitent partiellement la silice du verre solnble, en entraînant une certaine quantité de matière alcaline. Les sels des métaux proprement dits précipitent, au contraire, complètement la silice.

Lorsqu'on immerge dans une dissolution de Terre soluble des matériaux de construction poreux, tels que des pierres calcaires, des briques, etc., et qu*on les abandonne à eux-mêmes à Tair, ils prennent une grande dureté à la surface, ce qui doit être attribue à la dessiccation de la solution absorbée et à sa décomposition plus ou moins complète par Tacide carbonique de Tair ; le verre devient alors insoluble. Après de longs travaux, M. Kuhlmann est parvenu à rendre pratique et à faire adopter les procédés qu'il a découverts pour la silicatisation des matériaux de construction et pour la peinture murale à base de silicates.

L'emploi du verre soluble pour rendre ininflammables les étoffes et les boiseries, proposé par Fusch, n'a pas donné les résultats attendus; les matières recouvertes de silicates deviennent moins inflanunableS| mais elles ne sont pas incombustibles, et brûlent dès que la couche protectrice est brisée par l'action de ta chaleur. En outre, les bois sont plus ou moins altérés dans leur nuance par l'action de Talcali du silicate. Les étoffes recouvertes de verre soluble acquièrent une raideur qui rend loir usage difficile ; de sorte que l'emploi du verre soluble contre les dangers d'incendie est à peu près abandonné.

11 n'en est pas de même de la silicatisation des matériaux de construo tion. D'après M. Kuhlmann on doit employer, pour cet usage, le silicate de soude à 35" B., étendu de deux fois son volume d'eau; après trois applications successives, la pierre ordinaire acquiert à la surface uoe dureté plus grande que celle du ciment.

L'absorption de silicate est variable avec la porosité de la pierre, mais en général la dépense n'atteint guère le prix de 1 fr. par mètre carré. Pour les grandes surfaces, on peut procéder par- aspersion, et pour les petits matériaux on peut opérer par immersion directe avant leur emploi.

M. Rochas a fait l'application du silicate de potasse au Louvre et aux cathédrales de Paris et de Chartres. La superficie de ces monuments fat d'abord lavée à l'eau au moyen de brosses ou d'injections par des pompes. La solution de silicate à Q^ Baume environ fut lancée de même à plusieurs reprisesjusqu'à formation d'une couche de silice gélatinifonne. En Allemagne, un certain nombre de monuments ont été ainsi traités. 11 e^t devenu d'un usage assez général dans ce pays de badigeonner les façades des édifices en pierre avec du verre soluble.

Le verre soluble a reçu l'une de ses applications les plus importantes et les plus heureuses dans un genre tout nouveau de peinture où il remplace l'huile de lin et l'essence de térébenthine employées dans la peinture ordinaire. Ce genre de peinture, désigné sous le nom de sléréO'

chromie (oreps^^, solide, et xp^l^^y couleur) est supérieure par sa solidité à toutes les méthodes de peinture employées jusqu'alors.

La stéréochromie rend de grands services, surtout dans la peinture murale. En raison des réactions chimiques que peut produire le silicate alcalin, il a fallu exclure de cette peinture un certain nombre de couleurs employées d'ordinaire, et notamment la céruse, qui dans ce cas donne un silicate de plomb. Comme couleurs stéréochromiques on peut employer l'oxyde de zinc et le blanc de baryte, le vert de chrome, le vert de cobalt de Riemann, le chromate de plomb, le minium, le jaune de zinc, l'oxyde de fer, le sulfure de cadmium, l'outremer, l'oxyde de manganèse, l'ocre, les terres, etc.

Pour les couleurs broyées avec du silicate, il faut les employer aussitôt fabriquées, car les matières colorantes se déposent peu à peu et ne peuvent plus être délayées avec le verre soluble. La pratique a démontré qu'il était préférable de broyer les couleurs à l'eau et de ne les mélanger avec du Verre soluble qu'au moment de leur emploi. Avant de peindre en stéréochromie les surfaces murales,* on doit leur faire une aspersion au silicate de soude.

Pour faire la fixation, on emploie du verre soluble dit de fixalion^ qui est complètement saturé de silice.

La stéréochromie présente sur la peinture ordinaire le grand avantage de pouvoir résister aux agents atmosphériques, aux variations brusques de température et aux vapeurs acides. Pour la peinture à fresque, la stéréochromie est d*unc grande supériorité sur la peinture ordinaire.

On a récemment peint en stéréochromie toute la cour de la résidence royale de Munich. Dans ce travail, les couleurs ont été délayées dans un verre soluble composé de :

Silice 66.14

Pousse 25,64

Soude 8,22

L'emploi des couleurs au verre soluble semble prendre un certain développement depuis quelque temps.

La Société de la Vieille-Montagne fabrique à Aix, depuis peu, du verre soluble et des couleurs pour l'usage du bâtiment ; elle livre entre autres une couleur jaune pâle qui semble être de la calamine broyée avec sa gangue et légèrement calcinée de façon à ne décomposer que le carbonate

de zinc.

Le verre soluble sert à préparer des pierres artificielles très-résistantes. Ainsi avec du quartz, des matières colorantes et du verre soluble, on prépare des pierres très-employées aux États-Unis.

CUHIB INDCSTft. !• — ^5

En Angleterre, on fabrique des sortes de marbres en mélangeant do granit avec du ciment, desséchant la masse et la laissant ensuite séjourner deux jours dans du verre soluble. Ces produits, connus sous le nom de pierre Victoria^ servent à faire des carrelages, des pierres d'évier, des cheminées, des marches d'escalier, etc.

On peut faire ainsi des pierres artificielles avec un grand nombre de résidus de fabriques, tels que des pyrites grillées, etc. On fait également des sortes de mastics colorés devenant très-durs et susceptibles de prendre un beau poli, en mélangeant de la craie et des oxydes métalliques avec du Terre soluble. Ces produits acquièrent rapidement une très-grande dureté.

Le verre soluble a reçu un grand nombre d'applications récentes, parmi lesquelles on peut citer comme la plus importante son incorporation i certains savons.

On a été conduit en Amérique, après la guerre de sécession, à remplacer par le verre soluble la résine qui entre dans la préparation des savons communs devenue alors d'un prix trop élevé ; on a reconnu que les savons durs de suif ou d'huile d'olive ne* s'incorporent pas bien dans le verre soluble, mais qu'au contraire les savons d'huile de palme et d'huile de coco donnent de bons résultats.

Le savon de coco renfermant 50 p. 100 d'eau et 24 de verre soluble est très-dur. On va jusqu'à incorporer 4U p. 100 de silicate à certains savons. — On a essayé avec succès l'emploi du verre soluble pour remplacer l'albumine dans la fabrication des toiles peintes ; les tissus imprimés par ce procédé résistent bien à la lessive.

Dans la teinture, le verre'soluble a également reçu une application précieuse. On peut à l'aide du silicate fixer les couleurs sur des fibres comme celles du coton qui les retiennent difficilement. Le coton trempé dans le verre soluble jouit de la propriété d'attirer les couleurs. On obtient un effet plus accentué en déposant de la silice à la surface de la fibre. A cet effet, on passe dans un bain légèrement acide le coton trempé dans le silicate, puis on le lave à grande eau ; il est alors prêt à passer en teinture.

Les cotons teints par ce procédé sont plus solides et résistent mieux au savon que ceux obtenus par les procédés ordinaires.

Verre de Bohême. — Les analyses faites par MM. Dumas et Peligot des verres rapportés par Brongniart, et qui ont servi de base aux prix proposés pour l'introduction en France des verres façon Bohême, ont donné la composition moyenne suivante :

Silice 76

Potasse. • . • 15

Chmt 8

Alumine 1 (provenant des creusets).

(Quarlz lOO Carb. de potasse. 30 Chaux iO

L'un des mélanges usités pour la belle gobeletterie de Bohême conte* nait les doses suivantes :

Quartz âonn^ et broyé 100

Carbonate de potasse épuré 60

Chaux Yive en poudre 20

AioUte de potasse ^ ^ \

Arsenic (acide arsénieux) 0,25 à 0,50

Il paraît que dans quelques verreries d'Allemagne on emploie le silicate de chaux (wollastonite) pour la fabrication du verre de Bohême {*) .

Le sulfate de soude sert de fondant pour les verres à vitres fabriqués en Allemagne et en France (voyez plus loin plusieurs dosages du verre

à vitres).

Crown-glass. — C'est aussi un verre à base de potasse et de chaux. L'analyse suivante, faite par M. Dumas sur un crown de fabrication allemande, trouvé très-bon par M. Cauchoix, opticien, montre que le rapport entre l'oxygène de l'acide silicique et l'oxygène des bases y est sensiblement : : 4 : 1 (**) :

Acide silicique 62,8 = 52,6 oxygène de Tacide.

Alumine, oxyde de fer et de manganèse. 2,0 = 1,2 oxyg. J

Q^uj. • ^2,5 = 5,5 » > = 8,4 oxygène des bases.

Potasse # • . . 22,1 = 3,7 » )

(*) Voici deux autres dosages : le premier cité pir M. RegnauU, le second communiqué à M. Peli"ol dans une ▼errerie près de Gratzen en Bobâme :

PHEMrSR. fBCOKO.

Quartz pulvérisé 1^ *06

Caibonate de potasse 63 5Î

Chaux éteinte 25 17

Acide arsénieux 0.5 3

Bioxyde de manganèse 2 1

Azotate de potasse 2 »

Croisa 50 » 73

Les bonnes qualités du verre de Bobéme dépendent de la forte dose da silice et de la pureté des matières premières : très-beaux quartz byalin et calcaire saccbaroîde; le bon marcbé tient au bas prix du combustible (au milieu des forêts de sapin) et de la main-d'œuvre, enfln au peu de frais généraux dans des établissemenU en quelque sorte campés. Le propriétaire [ordinairement le seigneur) les construit moyennant 40. à 50 000 fr. pour une verrerie de 2 fours, et assure à son fermier le combustible pour la durée du bail à un prix fixé d'avance.

(•*) H. Bontemps, de Choisy, a donné le dosage suivant pour emplir un creuset h crown-

* *** ' Sable blanc - . . «0 kilogr.

Potasse 55 —

Soude (sel de) 20 —

Craie *J —

Acide arsénieux ^ —

191 kilogr.

La fusion s'effectue en chargeant par parties un creuset couvert; les brassages a 2 reprises, avec un refroiditsement intermédiaire ^t jusqu à ce que le verre commence i s'épaissir, ont lien comme pour lea crisUux dit» flifU^lasê (voyez plus loin).

708 « PRÉCIS DE GHIinE INDUSTRIELLE.

Verre à vitres. — En général, le verre à vitres est composé de silice, de soude et de chaux. Dans le verre à vitres bien fait, l'acide silicique contient environ 4 fois Toxygènc des bases. On peut d'ailleurs employer le sulfate de soude, et même une petite quantité de cendres dans les compositions du verre à vitres.

Dans la verrerie d'Escautpont, entre Condé et Valenciennes, on emploie le dosage suivant pour le verre à vitres (*) :

Kilogr.

l Sable de la carrière de Condé 50

**"^* j Quart* étonné et pulvérisé 50

Sulfate de soude *0

Chaux crue (carbonate de chaux) 30

Charbon de bois 2,50

Bioxyde de manganèse. ^|50

La fusion dure 16 heures et consomme 80 hectolitres de houille de Fresnes. Le travail emploie 25 hectolitres; 1 ouvrier habile, en S heures, fait 80 à 100 cylindres. Cette belle usine occupe 350 ouvriers; on y fabrique des bouteilles, des verres à vitres et des glaces.

100 parties de sulfate de soude fondent 200 parties de sable. En effet, 100 parties de carbonate de soude contiennent une quantité d'alcali qui est à celle du sulfate de la même base comme 5 est à 2. Les salins colorés par une matière organique, ne marquant que 33, 35 ou 40*, fondent parfois autant de sable que les potasses incolores marquant 45*. Cela peut dépendre de la matière organique qui facilite la décomposition du sulfate de potasse contenu dans ces salins (**). Ces salins ne donnent pas de sel de verre, qui est composé de sulfate de potasse, de chlorure de potassium et d'une quantité minime de sulfate de chaux. Cela peut tenir encore à la présence de la matière organique , car, en ajoutant une petite quantité de charbon à des compositions renfermant des potasses exemptes de matière organique, on empêche la formation du sel de

verre.

Les cendres de bois, complètement lessivées, sont fusibles sans aucune addition ; dans un four chauffant bien, elles peuvent même dissoudre du

(*) Le verre à vitres fabriqué a présenté une composition un peu variable dans plusieurs écbantillons.

Silice W **»

Soade 15 à 15

Chaux 13,4 à 15,6

Alumine 1|5 à 0,5

Oxyde de fer 0,1 à 0,4

— de manganèse ,...,. traces 0,5

(**) Une très-petite dose de charbon (2 à 5 centièmes) facilite beaucoup la décompositieii da sulfate de soude par la silice ; mais il fout se garder d*etnplojer un excès de carbone, qui colorerait en jaune fauve, en rouge, en brun ou eu noir le verre obtenu.

sable. Cela tient à ce que ces cendres contiennent, en général, du silicate de potasse et de chaux, plus du carbonate de chaux et du carbonate de potasse.

Le Terre à vitres contient toujoui*s, outre la soude et la chaux, de l'alumine provenant du sable, des creusets et du sel de soude employé. L'alumine qui se trouve dans le verre exerce une influence marquée sur ses propriétés ; quand sa proportion est notable, elle rend le verre plus dur, moins fusible et plus sujet à la dévitrification. Il faut donc éviter, dans le choix et le dosage des matières, tout ce qui tend à prolonger la fusion, car en outre on perd du combustible et on détériore les creusets.

L'état convenable de saturation du verre à vitres paraît se réaliser quand la silice contient 4 fois l'oxygène des bases réunies, pourvu que celles-ci ne renferment pas beaucoup d'alumine.

Verre à glaces. — Les silicates de soude, de chaux et d'alumine entrent toujours dans la composition de ce verre ; cependant il serait à désirer que les cours commerciaux permissent de remplacer en partie la soude par la potasse (*), car les glaces pourraient être ainsi débaiTassées de la nuance verdâtre ou bleuâtre qu'elles offrent toujours, et il n'y aurait plus d'inconvénients à augmenter la dose de la chaux, que l'on emploie en faible quantité pour éviter la dévitrification. Voici l'analyse d'un verre à glaces :

Acide silicique 75,90 = 39,4 oxygène de l'acide.

Âlamine 2,80 = 1,3 |

Chaux 3,80 = 1,0 }= 6,7 oxygène des bases.

Soude 17,50 = 4,4 )

Cette composition diffère de celle du verre à vitres par les proportions. En effety dans ce dernier, pour 2 équivalents de soude, il y a au moins 1 équivalent de chaux ; dans le verre à glaces; au contraire, pour ' 2 équivalents de soude, on ne trouve que 1/2 de chaux. Dans le verre à vitres, en réunissant l'alumine et la chaux, l'oxygène de ces bases dépasse toujours l'oxygène de la soude; tandis que dans le verre à glaces l'oxygène de la chaux et de l'alumine représente à peine la moitié de celui de la soude. Le verre à glaces est donc plus fusible, plus altérable et moins dur que le verre à vitres ; mais il est moins fragile et moins susceptible de se dévitrifier.

La soude détruit les creusets plus promptement que la potasse dans la fusion des mélanges des verreries. La cause de ce phénomène tient surtout à ce que ceux qui. les premiers firent usage de la soude, ne lui croyant pas une action plus énergique que celle de la potasse, en con-

(*) Voyez plus haut.

710 PRËaS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.

sommaient une quantité aussi grande. Or, comme, à pureté égale, la capacité de saturation de la soude est plus grande (dans le rapport de 32 à 48) que celle de la potasse (*), la soude étant d'ailleurs moins Tolatile, la quantité restant en excès doit attaquer les creusets : 100 parties de potasse de 58 à 60® fondent 200 parties de sable, tandis que la même quantité de sel de soude, à 75% en fond au moins 300 parties. Glaces blanches; Toici deux compositions :

Sabl 45,27 300

Calcaire 6,47 45

Sel de soude 15,71 100

Galcin 32,23 300

Manganèse (bioxydc) 0,13 >

Ancnic (adde anénieux) 0,08 >

Glaces au sulfate :

Sable blanc 300 kUogr.

Salfate de aottde (rarGné) 130 —

Calcaire 60 —

Sulfate de baryie \ . . . 10 —

Cbarbon. ♦ —

Arsenic 2 —

Cette composition a donné un beau produit. Composition qui a donné, dans cinq ou six essais en grand, un beau Terre blanc chez M. Deviolaine de Prémontré :

Sable SCO

Sel de soude 200

Borax 20

Oxyde de zinc. 20

Galcin 400

La composition actuelle du verre à glaces dans la grande fabrique de Saint-Gobain peutétre représentée par Féquivalent de silicate de soude et Véquivalent de silicate de chaux ou silice 73 + soude 11,5 + chaux 15,5 = 100. Lorsqu'on emploie le sulfate de soude, le dosage équiTaat à : sable, 300 ; sulfate de soude, 160; carbonate de chaux, 112 ; groi$il« 200 à 300. 11 importe beaucoup que ces matières soient exemptes d*oijde ferrugineux (**).

Le minium, le borax, le blanc de zinc, le sulfate dç baryte, ia chaoi

{*) Cette cause avait également trompé les blanclii&seort, qui sulmlitaèrent la soude âiif ficielle aux potasses ; elle explique le bénéGce énorme que firent les fabricants de poUuu factice [voyez plus haut). En AUemajpie on peut employer la potasse pour la fabricatioo dsf glaces, car les forêts de la Cohéme sont encore exploitées pour la potasse extraite de lean cendres.

(**) Si le sable n'est pas pur sous ce rapport, on peut le laver avec l'acide chlorhydrîiioê faible; le sulfate de soude peut être raffiné par voie de dissolution, soutirage, précipitation i cbaud et dessiccation.

fluatée, employés dans des proportions conYeaables, peuvent donner de belles qualités aux composés vitreux pour glaces (*).

Verre à bouteilles. — La composition de ce verre est très-variable quant aux proportions des matières qui le constituent; mais celles-ci offrent peu de différences quant à leur nature. On y rencontre toujours la silice, Talumine, Foxyde de fer, Foxyde de manganèse en faibles proportions, la chaux, la potasse et la soude, ou seulement une de ces deux dernières bases.

GOlPOftlTIO!! d'un VERBE A BOUTEILLES DE LA FABBIQCE DE SÈVRES.

Acide silicique. .... 53,55 = 26 J oxygène de l'acide.

Alumine 6,01=2,8

Peroxyde de fer 5,74=1,7 ( — *'^ (^^^

Pousse 5,48 = 0,0 } = ^'* )

Chaux 29,22 = 8,2

6 oxygène des bases.

La composition de ce verre est bien définie, puisque la silice (ou Tacide silicique) contient 2 fois plus d'oxygène que les bases, et que parmi celles-ci Talumine et l'oxyde de fer contiennent moitié moins d'oxygène que la chaux et la potasse réunies.

AXALTSe D*UN AU: RE VERRE A BOOrEILLES.

Acide silicique. . . ; 45,G = 23» 50 oxygène de Pacidc.

Alumine 14,0 = 6,58 ) «soi

Peroxyde de fer. ... 6.2 = 1,92 j " ' ( - n ii oxvjrène des ba<es Chaux 28.1 = 7.64 , >-*^.l^o»ygene Ces ua.es.

Potasse 6,1 = 1,00 —''''^J

Au lieu du rapport de 1 à 2 entre Toxygène des bases insolubles et celui des bases alcalines dans la première composition, on a le rapport de 1 à 1 dans la dernière. Ces différences permettent de supposer qu^il peut en exister de plus grandes encore. Ce dernier verre se dévitrifie plus facilement que le premier.

La vase de mer des côtes de Dunkerque est employée dans la composition du verre à bouteilles par plusieurs verreries des environs de Yalenciennes.

Cette vase, molle comme Targile, est d'un brun bleuâtre; elle jaunit d'abord à sa superficie, puis graduellement dans toute son épaisseur, lorsqu'elle se dessèche. Elle renferme du sable en grains, enveloppés

[*) On a fabriqué expérimentalement à Saint-Gobain une glace en employant un mélange de sable, cbaux éteinte et carbonate de baryte qui donna un composé bien Tusible, tandis que chacun des deux silicates isolément eut été infusible dans de semblables conditions; la glace obtenue, très-dense et très-belle, contenait en centièmes : silice 0,465 4- baryte 0,472 + chaux 0,063.

712 PRÉaS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.

d'une incrustation calcaire, quelques débris de coquilles et répand une odeur de marée. Desséchée, elle contient :

Acide silicique 44,S3

Alumine 13,82

Carbonate de chaux 36,)8

Peroxyde de fer 0,65

Chlorure de sodium et sulfate de soude 2,25

Matière organique azotée contenant du soufre 1,86

Trace d'iode et perte 0,91

Il y a, outre ces matières, une quantité d'eau qui varie de 6 à 12 pour 100. Cette composition se rapproche de celle d'un verre à bouteilles; mais la dose des bases alcalines y étant plus faible, elle n'est pas Titrifiable sans une addition de ces fondants.

Cristal. — Il est composé de silice, de potasse et d'oxyde de plomb dans des rapports variables, selon que le four est chauffé au bois ou ila houille. Dans ce dernier cas, la proportion de l'oxyde de plomb est augmentée ; l'acide borique et Toxyde de zinc en font quelquefois partie.

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