AZOTE
H. Extraction.
Les combustions vives ou leutes dans Tair enfermé donnent un produit formé d'oxygène uni au combustible brûlé, et laissent en résidu Tazote gazeux plus ou moins impur. Si, par exemple, après avoir introduit un bâton de phosphore dans un tube plein d'air, on ferme ce tube en piongéant Torifice dans l'eau, la combustion lente du phosphore, ou sa conibinaison avec l'oxygène, donnera au bout de 24 -heures un produit acide condensable, et l'azote restera gazéiforme dans le tube.
On peut obtenir rapidement. un volume plus considérable d'azote par la combustion vive du phosphore. Voici comment on opère : Un large bouchon ou disque de liège est placé dans une cuvette sur de l'eau pure, bien privée de gaz; on pose sur ce disque une petite capsule ou coupelle contenant un fragment de phosphore que l'on enflamme ; puis on recouvre aussitôt le petit appareil surnageant, au moyen d'une cloche dont les bords entrent dans Teau. L'air, ainsi confiné, perd presque tout son oxygène, qui active la combustion en se combinant avec le phosphore et fonnant de l'acide phosphorique ; celui-ci se condense et se dissout dans l'eau. Le volume du mélange gazeux (oxygène 21 -h azote 79) diminue dans la proportion de la quantité d'oxygène absorbé : par conséquent, le niveau du liquide s'élève dans la cloche, qui contient alors de l'azote presque pur.
Il est facile de préparer une quantité plus grande d'azote pur en faisant passer lentement dans un tube horizontal, rempli de tournure de cuivre métallique et chauffé au rouge, un courant d'air poussé par un gazomètre, qui dans les laboratoires est disposé comme le montre la figure 2, page 29 (*). Entre le gazomètre et le tube on interpose trois tubes recourbés en U : le premier contient de Tamiantc au travers duquel l'air doit filtrer pour se dépouiller de tous les corps légers tenus en suspension; le deuxième est rempli de fragments de pierre ponce humectée avec une solution de potasse, afin de retenir l'acide carbonique ; le troisième, plein de ponce imprégnée d'acide sulfurique concentré, est destiné à retenir la vapeur d'eau contenue dans l'air. Celui-ci arrive donc, débarrassé de corpuscules en suspension, d'acide carbonique et d'eau, sur le
(*) On se sert pour cette opération d'un tube en verre de Bohème peu fusible, ayant cuviro:i i mètre de lungueur et 15 millimètres de diamètre. Ce tube est enveloppé d'une bande o i lanière mince de laiton, contournée en hélice, et maintenue par une ligature faite à chaque ijout avec du gros fil de laiton. Un fourneau, long de 75 à 80 ccnlinièlrcs (semblable à celui <]ai est décrit à la fin de cet ouvrage, chapitre des Engrais commerciaux, pour l'analyse éiémeDlaire des substances organiques azotées), ainsi que le fourneau cliiufrc pjr le gaz i voyez la ilescriptioo un du II* volume), permet de clinuller régulièrement au rouge le tube dans toute celte longueur.
10^ l'HÉClS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.
euivre chauffé au rouge qui fixe i'oxy<,'ènc en s*y combinant et formant du protoxyde, puis du bioxyde de cuivre; l'azote isole se dégage à Pautre extrémité du tube horizontal, qui doit contenir un excès de cuivre métallique ; un tube recourbé dirige ce gaz sous une cloche ou un flacon rempli d'eau: On laisse perdre les premières portions de gaz qui contiennent l'air de la partie antérieure de Tappareil, et l'on recueille ensuite l'azote pur.
On prépare enfin du gaz azote pur en décomposant, par la température de Tébullition, une solution concentrée d'azotite d'ammoniaque; l'oxygène de l'acide azoteux, s'unissant à l'hydrogène de l'ammoniaque, forme de l'eau qui se condense. On conçoit que l'azote de l'acide devienne libre en même temps que l'azote de la base ; c'est ce que montre réquation suivante :
Azff,HO,AzO»=4I10-f-2Az.