CHIMIE MINÉRALE
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
1. Nature des corps. — 2. États des corps simples et composés. — 3. Caractères physiques et organoleptiques. — 4. Cohésion. -^ 5. Affinité. — 6. Nomenclature. — 7. Proportions chimiques. — 8. Poids équiyalenls. — 9. Distribution des éléments dans la croûte du globe terrestre.
i. IVafore de* corps.
La chimie a pour but la connaissance intime des substances qui nous environnent ; son étude comprend les changements profonds qu'éprouvent ces substances, soit lorsqu'elles réagissent les unes sur les autres, soit lorsqu'on isole les parties qui les composent..
Le nombre des réactions chimiques semble infini lorsqu'on songe que ces réactions peuvent avoir lieu entre les 64 corps élémentaires différents, connus aujourd'hui, qui s'unissent au nombre de deux, de trois, de quatre, etc., et en diverses proportions.
Parmi les opérations multipliées dont la science s'occupe, la chimie manufacturière choisit celles qui fournissent des produits applicables à nos besoins ou aux consommations de luxe ; qui assainissent nos habitations, utilisent, au profit de l'agriculture et des arts industriels, les débris des minéraux, des corps organisés et les résidus de diverses usines.
Ainsi donc, 64 éléments connus, combiné? deux à deux, trois à trois, etc., constituent toutes les substances naturelles et tous le» composés obtenus dans nos laboratoires. Chacun de ces élémentf n'admet qu'une seule substance ; du jpoins on n'a pu parvenir jusqu'ici à les dé-
CHIMIE i:fDCSTR. I- — .1
composer, malgré toutes les teQtativès que Ton a faites. On doit donc» dans rétat actuel de la sci«nce, les considérer comme des corps non composés, c'est-à-dire des corps simples : tel est précisément le nom qu'on leur donne.
Dans certaines circonstances, les corps se combinent lorsqu'on met en rapport leurs parties à l'état de division extrême; lorsqu'ils sont, par exemple, Iû]uides, ou dissous, ou ga^éiformcs. La combinaison chimique est presque toujours accompagnée de chaleur et de changement de yoiume; elle se reconnaît en général aux propriétés nouvelles que présente « son produit, et, dans ce x^as, les plus petites parties du cbrps composé «contiennent la même proportion de chacun des composants. Si, par exemple, on jette d'ans un creuset chauffé au rouge un mélange de limaille de fer cl de soufre, les deux corps, liquéfiés d'abord, puis devenus ^solides en se refroidissant, se sont unis de telle sorte que toute action mécanique est impuissante pour les séparer; car le composé peut être broyé en poudre impalpable sans qu'aucune parcelle soit exempte des deux composants.
Les dernières parties des corps entre lesquelles s'effectuent les combinaisons sont si petites, qu'elles échappent à la vue et au tact ; leurs agglomérations seules deviennent sensibles à nos sens.
Os parties, qu'on suppose avoir atteint la limite de la division, ont reçu le nom d'atomes^ mot dérivé du grec, et qui exprime qu'elles ne peuvent plus être divisées. On les nomme aussi molécules^ et, selon leur iiature, ce sont des molécules simples ou composées. Les premières qui, par leur combinaison, constituent les diverses substances, se distinguent par la qualification de constituantes : ainsi on peut dire atomes consti^ J^^ tuants^ ou molécules constituantes^ ou principes constituants^ ou éléfnents constitutifs d'un corps composé ; tandis que les parties de ce , corps qui, simples ou composées, forment une certaine masse en se réu- rf nissant, se nomment particules intégrantes. . ^*
Ainsi, 1 molécule de fer unie à 1 molécule de soufre forme 1 mole- ^ cule indivisible mécaniquement, composée de soufre et de fer, et qu'on *^ nomme sulfure de fer. 1 atome ou molécule de plomb combiné à 1 atome ^ P d'oxygène constitue 1 atome composé, que l'on appelle oxyde de plomb. ^ i atome de cet oxyde peut former i atome d'un composé dit sulfate de ^i plomby en se combinant avec 1 atome d'acide sulfurique. Ce dernier est *^ lui-même formé de 1 atome de soufre uni à 3 atomes d'oxygène. Nous /^ reviendrons sur ces désignations en nous occupant de la nomenclature ^<
chimique. ^i
"Nie t. Étate des eorps simples et eompiMés. ' \^
Les corps simples ou composés existent à des états différents : solides, >,|,^ liquides ou gazeux; la plupart peuvent être successivement amenés, lors* Nu
CONSIDËBATICfNS GÉNÉRALES. 3
qu'on les chauffe, de l'état solide Ji rétai^ liquide, puis àTctat gazeux, et réciproquement : c'est ainsi qu'au moyen de ki chaleur on fait aisément fondre la glace, et que l'eau résultant de cette fusion, chauffée à son tour, passe de l'état liquide à l'état de vapeur. .
il en est de même, à des températures plus élevées, du zinc métallique, qui, solide et très-dur à la température ordinaire, peuf être fondu, entrer en ébullition et s'exhaler en vapeurs. . *
Pour effectuer ces changements d'état, il faut'des températures et des quantités de chaleur propres à chaque corps et qui servent souvent à les caractériser; ce sont des propriétés importantes, qui concourent à les j
faire reconnaître ou à les distinguer les uns des autres.,
 l'aide d'une pression assez forte et d'une température suffisamment abaissée, on est parvenu à liquéfier, à solidifier parfois toutes les sub-stances qui sont gazeuses à la température et sous la pression ordinaires ;* ^1 en faut excepter les gaz hydrogène, azote et oxygène ; mais tout porto ^ à admettre que l'on y parviendrait si l'on pouvait soumettre ces gaz ù des pressions plus grandes et à dôs températures plus basses que celles dont on a pu disposer jusqu'ici dans nos laboratoires.
s. ijmrmaértm physlqaes et orsanoleptlqiies.
Il est d'autres propriétés spéciales intéressantes à connaître, qui servent à distinguer les unes des autres un grand nombre de substances : ce sont notamment les caractères physiques et organoleptiques. 1 Parmi les caractères physiques on comprend : les états solide, liquide et gazéiforme^ correspondant à des températures et à des pressions exactement déterminées; la couleur ou la nuance et ïaspect terne ou plus ou moins brillant de la superficie ou de la cassure (cristallinej lamelleuse, grenue, terne ou vitreuse)] la dureté kVéiaii solide; la fluidité plus ou moins grande à Tétat liquide ; la densité ou le poids spécifique (c'està-dire le poids sous un égal volume pris comme unité) (*) ; les formes régulières que beaucoup de corps prennent en cristallisant. Les mesures précises des formes cristallines ont en effet une haute importance dans les théories chimiques et pour les classifications des corps.
Les caractères on propriétés organoleptiques se traduisent à nos sens par les effets produits sur nos organesgjiu tact, du goût et de l'odorat ; on constate ainsi qu'un corps est rude ou doux et comme gras au toucher, on cherche à déterminer par des comparaisons sa saveur et'son odeur plus ou moins prononcées.
[') On prend pour terme de comparaison 1 iitre d'eau à + "^^ (maximum de sa contraction^ reUtirement aux liquides. Quant aux gaz, on compare leur poids sous ic même volume avec celui de l'air atmosphérique à la tcmpéralurc de O*" et sous la pression normale de 76 centimètres de mercure.