AFFINAGE DE LOR ET DE L'ARGENT
refond aa creuset afin de le mettre sous la forme d'un lingot; celui-ci se trouve riche en or, pauvre en argent et en cuivre, c'est-à-dire dans les conditions où doit s'effectuer le traitement indiqué ci-dessus (p. 357) pour les matières d'or et d'argent où l'or domine.
L'opération que nous venons de décrire eut une grande importance, surtout à l'époque peu éloignée où les pièces do monnaie de 5 francs frappées en France sous le premier Empire et la Restauration furent soumises aux opérations de l'affinage en grand ; car, ayant été fabriquées dans nos hôtels de monnaies avec de Targentmal affiné, elles contenaient des proportions d'or qui, bien que minimes, suffisaient pour offrir à nos aCfineurs un bénéfice très-notable. Les divers produits du commerce des métaux précieux et certaines monnaies étrangères présentent d'ailleurs de fréquentes occasions de réaliser encore de semblables bénéfices.
ACIDE SCLFHYDRIQUE
1. GomposilioD, propriétés. — 2. Préparalkm. — 5. Applications. — 4. DéônfeclMB.
f • ComposiCioiiy propriétés;
L'acide sulfhydrique, appelé parfois hydrogène sulfuré^ est composé de soufre et d'hydrogène unis à équivalents égaux; on doit donc le représenter par la formule IIS. Son poids équivalent est égal à 12,5 -+-200=212,5.'
Cet acide est incolore, gazéiforme à la température ordinaire ; sa densité est égale à 1191 (l'air pesant 1000) ; il se liquéGe à la même tonpérature sous une pression de 16 atmosphères et forme alors un liquide très-mobile, plus léger que Teau : son poids spécifique est, en effet, égal à 900, celui de Teau étant 1000. Le gaz stilfhydrique agit sur les couleurs bleues végétales, notamment sur le tournesol, comme un des acides à faible réaction (acides carbonique, borique, etc.); la nuance devient vineuse, mais ne passe pas au rouge orangé ou clair comme avec les acides énergiques (sulfurique, azotique, chlorhydrique, pliosphorique, etc.). Une température élevée décompose Tacide sulfhydrique; il suffit de le faire passer très-lentement dans un tube en porcelaine chauffé au rouge vif pour que le soufre se précipite dans le gaz. L'acide sulfhydrique peut être allumé dans Tair : il brûle en développant une flamme bleue et produit aloi*s de l'acide sulfureux, plus de la vapeur d'eau. Si l'oxygène ne se trouve pas en excès, une partie du soufre se sépare en échappant à la combustion.
L'acide suIPhydrique, condensé dans les terres humides et divers corps poreux, cède une portion de son hydrogène à l'oxygène de l'air, forme de l'eau et laisse un dépôt de soufre.
Ueau pure (exempte d'air ou d'oxygène) dissout de 2,5 à 3 fois son volume de gaz sulfliydrique sans le décomposer ; mais, en chauffant cette solution, on en fait dégager tout le gaz. L'alcool peut dissoudre 2 foiâ plus d'acide sulfli\drique que Teau.
L- odeur de l'acide sulfhydrique est excessivement forte et fétide; elle domine dans le gaz non épuré de la houille comme dans une foule de
ACIDE SULFHYORIQUE. 5tf5
matières en putréfaction, dégageant cet acide libre ou combiné avec rammoniaque. L'acide sulfhydrique présente des propriétés tellement délétères, que, si Tair en contient seulement un centième de son volume, il peut faire périr un chien qui respire ce mélange.
Le chlore décompose à l'instant l'acide sulfhydrique en formant de l'acide chlorhydrtque avec Thydrogène, et mettant le soufre en liberté. C'est un des moyens d'arrêter les funestes eflets de l'asphyxie, ou plutôt de Tempoisonnement par ce g-az ou ses composés (suUhydratc d'ammo-»' niaque), auxquels sont exposés les ouvriers vidangeurs; mais il faut mé-ioageravec soin l'emploi du chlore, qui est délétère lui-même. Le brome et riode produisent des effets semblables par leur contact avec l'acide sulfbydri(|uc.
Une très-faible proportion du même acide, suffisante cependant pour répandre dans l'air une odeur infecte, est sans inconvénient pour la santé des hommes, ainsi qu'on l'observe en> Italie dans les fabriques d'acide borique des Maremmes de l'ancien duché de Toscane et dans les divers établissements d'eaux sulfureuses naturelles ou artificielles.
s. PréparatloM.
On obtient facilement le gaz acide sulfhydrique en faisant d'abord réagir 28 parties en poids de limaille de fer sur 16 parties de soufre divisé; le mélange humecté s'échauffe, on le remue, et, au bout dé Wogt-quatre heures, on le traite, dans un flacon à tube de dégagement, par de l'acide sulfurique étendu ou de l'acide chlorhydriquc. Le gaz, dans ce cas, est mêlé d'hydrogène provenant de la réaction d'un peu de fer métallique. Si l'on a besoin d'un gaz pur, il faut traiter dans un appareil semblable le sulfure d'antimoine naturel en poudre par l'acide chlorhydriquc, que Ton ajoute graduellement à l'aide d'un tube plongeant ou d*un tube en S; il est utile de chauffer un peu le flacon ou le ballon pour faciliter la décomposition et hâter le dégagement.
Dans les deux cas, l'acide sulfurique étendu détermine la réaction sur le métal du sulfure s'oxydant aux dépens do l'oxygène de fcau et formant un sulfate de protoxydc, tandis que Thydrogèno s'unit à 1 équiva- •ent de soufre, et constitue l'acide suliliydrique US.
s. ApplIealioBs,
L'acide sulfhydrique pur n'est guère utilisé que dans les laboratoires de chimie, où l'on s'en sert fréquemment pour précipiter divers métaux de leurs solutions et pour les distinguer entre eux par les colorations spéciales qu'affectent leurs sulfures. C'est ainsi que Tacidc sulfhydrique
décèle ta présence des composés soiubles et insolubles conlenaiit de Toxydc de plomb;. réciproquement, ces composés blancs indiquent, par la. coloration noire irisée qu'ils prennent, la présence de Tacide sulfhjdrique. Le plomb et l'argent métalliques sont eux-mêmes attaqués, sulfurés à la superficie et teints en noir par le même acide.
L'acide suif hydrique, ou plus ordinairement les sulfhydrates alcalins (solutions des sulfures de sodium, de potassium, etc.), caractérisent les eaux minérales sulfureuses naturelles ou artificielles. Les baignoires métalliques qui doivent contenir ces eaux sulfureuses sont ordinairement construites en zinc, ou mieux en fonte émaillée ; si on les confectionnait en cuivre ou en plomb, elles seraient attaquées et noircies. Par la même raison, on remplace dans les peintures le carbonate de plomb (céfruse). par l'oxyde de zinc (le sulfure de zinc étant blanc, on conçoit que rhydrogène sulfuré ne puisse dans ce dernier cas brunir la peinture). .Cette application a pris depuis quelques années une extension considérable : nous décrirons plus loin les appareils perfectionnés que l'on emploie pour la fabrication du blanc de zinc.