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Préparation. — Nous avons vu plus haut comment on obtient le sulfate (le fer, en concentrant les solutions de sulfate d'alumine des schistes et les épurant par le refroidissement, qui fait cristalliser le sulfate de fer; on prépare directement le même sel plus pur (exempt d'alun) à l'aide du procédé suivant, auprès de Paris et à Honfleur.
Les matières premières employées sont les tournures du fer (sorte de copeaux de fer enlevés au tour ou par le forage) et l'acide sulfurique à 12 ou 15' Baume (autre résidu provenant de l'épuration des huiles à lampe de colza, de navette). L'acide est versé dans une chaudière en cuivre, rectangulaire, à angles arrondis, soutenue par des plaques en fonte, chauffée à l'aide d'un foyer inférieur sous une voûte et de deux étages de cameaux autour des parois. On y jette des tournures de fer
58 \ PRËCIS DE GHIUIE INDUSTRIELLE.
préalablement tamisées, et l'on agite de temps à autre en ajoutant des tournures au fur et à mesure de leur dissolution. Le fer oxydé se dissoot dans Tacide directement, les parties métalliques plus abondantes s'oxydent en s' emparant de Toxygène de Teau et faisant dégager le gax hydrogène mêlé de divers produits volatils de Taltération des huiles et autres matières organiques; la vapeur d'eau accompagne ces gaz et Tapeurs, et le liquide, éprouvant ainsi une ébullition continuelle pendant 18 à 20 heures, se concentre de plus en plus. L* odeur forte et désagréable qui s'exhale pendant TébuUition incommoderait beaucoup le voisinage, si l'on n^avait le soin de couvrir la chaudière et de diriger par un lai^ tube les gaz et vapeurs dans une cheminée douée d'un bon tirage (*).
Lorsque la concentration est à son terme, ce que Ton reconnaît à la cristallisation que donnent quelques gouttes posées sur une soucoupe de porcelaine ou de faïence, on enlève le liquide à Taide d'un puisoir en cuivre ; il est dirigé par un caniveau dans une cuve, où il s'éclaircit en déposant pendant 18 à 24 heures les matières en suspension. On soutire alors au siphon la solution claire, et on la conduit dans d'autres cuves ayant environ 2 mètres de diamètre et l'",40 de profondeur.
Ces cuves servent de cristallisoirs ; on y introduit des bâtons maintenus verticalement par leurs bouts supérieurs, engagés et fixés dans les trous de planches reposant sur les bords supérieurs de la cuve. Les cristaux qui se forment sur les bâtons et sur les parois verticales sont transparents et présentent la couleur verdâtre ordinaire. Au bout de 8 à 10 jours, si la température de l'air n'est pas trop élevée, la cristallisation est finie; on fait écouler Teau mère, que l'on reporte à la chaudière avec l'acide et des tournures de fer. On enlève les bâtons, on extrait du fond les cristaux salis et le dépôt à refondre. Les cristaux adhérents aux parois et aux bâtons sont détachés, rapidement desséchés (afin d eviter la formation d'un sous-sulfate de sesquioxyde de fer, de couleur rouille^ qui salirait les cristaux) et mis en barils pour être expédiés.
Des incrustations épaisses de sulfate de chaux, de matières argileuses et ferrugineuses se forment au fond de la chaudière ; on les enlève, on les lave, puis on les porte aux décharges publiques ; elles ont été quelquefois employées comme agents de désinfection des engrais putrides.
Voici les applications principales du sulfate de protoxyde de fer (couperose verte) : teintures en noir, brun ou gris^ des fils, tissus,
(*) On atteindrait plus complètement ce but en faisant aspirer les gaz par le tirage aooi le foyer apr6s leur aroir fait traverser un serpentin condenaiteur : le gaz hydrogène en t'enflanmaat économiserait du combustible, mais il faudrait interposer en avant du foyer pluiieiin toiles métalliques, à demi plongées dans l'eau froide, afin de prévenir la propagation de U namme dans le conduit et jusqu'à la chaudière.
ALUiN, SULFATE D*ÂLUMINE, SULFATE DE FER. 585
cuirs, etc., par la réaction spéciale du tannin contenu dans la noix de galle, Técorce de chêne, les copeaux de bois de châtaignier, le cachou et diverses substances tinctoriales ; fabrication de V encre par des réactions semblables; dissolution de l'indigo de cuve par une désoxydation du principe colorapt ; précipitation des solutions d'or; fabrication du Heu de Prusse en faisant réagir le sulfate de fer sur le prussiate de potasse (cyanoferrure de potassium) avec le contact de l'air ; la teinture en bleu de Prusse de la laine et de la soie (dite bleu de France) ; la préparation de Vacétate de fer par double décomposition (acétate de chaui ou de plomb par le sulfate de fer) ; la décomposition du sel marin (voyez plus loin la fabrication de la soude) ; préparation du colçolar ou sesquioxyde de fer, rouge obtenu par la décomposition au feu du sulfate au contact de l'air ; confection de poteries rouges ;^ essai de Tadie sulfurique contenant des composés azotiques ; fabrication de ï acide sulfurique fumant et de Valide anhydre; arrosage des plantes chlorosées (*) (il faut par litre d'eau 4 grammes sur le sol et 1 gramme pour asperger les feuilles) ; désinfection des matières fécales et fumiers, contenant du sulfhydrate d'ammoniaque (composé infect que le sulfate de fer change en sulfate d'ammoniaque, sulfure de fer et eau, tous trois inodores) ; conservation des fumiers dans lesquels le carbonate d'ammoniaque très-.volatil est transformé en sulfate, sel qui est fixe aux températures atmosphériques.