Encre nsnelle
L'encre se compose principalement de tannate de protoxyde et de peroxyde de fer, maintenu dans le liquide par la propriété mucilagineuse de la gomme arabique ; la matière colorante du bois de campéche donne de l'intensité à la nuance, qui d'ailleurs devient plus foncée par l'actioQ de Toxygèpe de l'air à mesure que l'oxydation plus avancée forme plus de tannate de peroxyde.
On peut obtenir une encre usuelle de bonne qualité en employant les doses suivantes :
îloix de galle concassée en menus Tragments 2 kilogr.
Sullale de fer., 1 —
Bois de campéche divisé 150 grammes.
Gomme arabique 1000 à \Wd —
Huile essentielle de lavande OU gouttes.
Eau de rivière filtrée ou eau distillée 22 iilrcs.
(*) Des efTets semblables expliquent l'emploi, comme stimulant des plantes, des cendres *w«*dc Picardie qui contiennent plus ou moins de sulfate de fer, et iriiro.luisent a'aillcurs <la sulfate de chaux dans les sols plus ou nuins calcaiics où la couperose est décomposée par i« carbonate de chaux.
CniMIE DIDUSTR. 1. — 25
zm
On laisse macérer : 1® la noix de galle avec le campêchedanslOIitoB d'eau ; 2^ la gomme dans 5 litres d*eaa ; au bout de 24 à 36 heures oo verse le mélange de noix de galle et de campécbe dans une chaudière eo euivre; la température est maintenue près de Tébuliition «pendant 2 heures ; on filtre dans une chausse : la solution claire est alors mélangée avec le sulfate de fer et la gomme qui ont été dissous à part; ot agite et on laisse à l'air dans une terrine, pendant 2 ou 3 jours.; on décante ; on ajoute l'essence que l'on répartit dans tout le liquide ; puis on met dans des bouteilles qui doivent être bouchées hermétiquement.
M. J. Stark, dans une longue série d'expériences sur la stabilité des diverses encres, a reconnu que les deux causes principales de leur al-, tération dépendent de la peroxydation du composé ferrugineux qui se précipite, et de l'emploi des plumes de fer, qui enlèvent toujours une partie de la couleur des encres.
Pour accroître la stabilité et la nuance foncée des encres, le sulfate d'indigo (en quantité égale à celle du sulfate de fer) lui a mieux réussi. Il conseille de remployer et de se servir pour les actes importants de plumes d'oiseaux. (Journal of the Franklin Institute.)
(SEL MÂRn^, SEL GEMME» SEL COMMUN, CHLORHYDRATE DE SOUDE)
1, État naturel. — 2. CompositioD, propriétés. — 3. Sel gemme. — 4. Extraction du sel gemme. — 5. Sources salées. — 6. GonceatratioD des dissolutions salines par la chaleur, salinage. — * 7. Séchage du sel. — 8. Extraction du sel contenu dans Teau de la mer : {* marais salants; 2* extraction du sel par éraporation en chaudières; 3* par congélation de Teau. — 9. Composition chimique des sels du commerce. — 10. Principales applications du sel marin. — • 11. Traitement des eaux mères des marais salants.
t. État natarel.
Le chlorure de sodium est celui de tous les sels solubles qui se trouve le plus abondamment répandu dans la nature minérale et organique : à la superficie du globe tous les terrains en renferment des proportions Tariables; à Tétat de sel gemme on le rencontre intercalé dans les coaches de muschelkalk, appartenant au groupe du trias, en masses considérables interposées entre des amas lenticulaires de sulfate de chaux : très -généralement alors il est coloré en gris, en rouge ou en jaune ocreux par de l'argile ou de l'oxyde de fer ; on le rencontre aussi à l'état pur, blanc, diaphane, facile à cliver en cubes. Le chlorure de sodium fait partie des substances dissoutes dans les liquides des plantes et dans les excrétions et les déjections des animaux. Ses éléments se rencontrent, à l'état d'acide chlorhydrique, dans le suc gastrique de l'estomac et de soude carbonatée dans l'albumine du sang et des œufs (*).
(*) Certainement la plus grande partie du sel marin consomma par les animaux n*est pas s^similée; cependant il favorise la digestion, et nul doute que son interrention ne soit utile en dowt modérées, yariables d'ailleurs suivant les quantités naturellement contenues dans lef ■obttaoces alimentaires.
Voici les doses journalières qui paraissent utiles à l'accomplissement des fonctions digestivef ^ez les hommes et les animaux :
Homme adulte 19 à 17 gr.
Bœuf à l'engrais 80 à 100
Vache kitière 50 à 60
Géaisse et vache à l'engrais. 50 & 70gr.
Moutons et brebis 10 à 15
Coclion 8 à 10
Les fourrages sur les prés salés contiennent naturellement des doses de sel largement suf- ^BiBtespour les herbivores; dans d'autres occasions les rations ci-dessus devraient être augnmtées : lorsque, par exemple, la nourriture des animaux se compose en grande partie de palpes ou de drèches lavées. Un des meilleurs moyens usités d.ins l'Est pour rationner les aaimaai des espèces bovine et ovine consiste k mettre i leur portée du sel en roche qu'ils peuvent lécher de tempe à antre.
• Il
Un grand nombre d'eaux naturelles en renferment des quantités appréciables : aussi comprend-on aisément que, dans le plus immense de leurs réservoirs, les eaux de la mer en offrent d'inépuisables quantités à Tiadustrie humaine.
t. CooiposlCloB et propriétés.
Le chlorure de sodium est formé d'un équivalent de chlore 445,20 combiné avec un équivalent de sodium 287,5 : son poids équivalent est donc 730,70, représenté par la formule NaCl. Ce composé est blanc, solide, cristallisé en cubes et sans eau de cristallisation ; il s'humecte sensiblement dans l'air humide et perd dans l'air sec l'eau qu'il avait absorbée (^). Ordinairement l'eau hygroscopique saturée de sel qui s'insinue entre ces cristaux détermine de petites explosions, par la vapeur qui les écarte, lorsqu'on jette ces cristaux sur le feu ou sur un corps chauffé au rouge : on dit alors que le sel décrépite. Si on continue de le chauffer, il se fond en un liquide diaphane ; lorsque sa température s'élève au rouge, il se volatilise, surtout sous l'influence d'un courant d'air ou de tout autre gaz. L'eau en peut dissoudre 0,37 de son poids k 0° et 0,407 à 108° ; la solution saturée à froid en contient donc 27 pour 100, et saturée à chaud, 28,9. Il a une saveur plus agréable aux hommes et probablement à tous les animaux que les autres sels. L^affinité du sel marin pour l'eau est notable, car il contracte ce liquide ; en s'y dissolvant il expulse en grande partie l'air et l'acide carbonique. L'eau saturée de chlorure de sodium produit encore une partie de ces effets avec l'eau pure ; cette affinité explique la contraction qu'il opère sur les tissus animaux et végétaux en faisant sortir l'eau qui les distend. La solution aqueuse du chlorure de sodium est neutre. En s'accumulant dans les cavités des corps poreux, elle cristallise par l'évaporation ; ses cristaux se multiplient graduellement, pressent contre les parois de ces cavités, peuvent les briser et désagréger ainsi la plupart des matériaui de construction plus ou moins perméables (**).
On doit donc employer des pierres ou briques très-compactes et 'résistantes pour la construction des salorges, ou rendre ces matériaux imperméables en les imprégnant à chaud de bitume et les cimentant avec le mastic bitumineux fondu.
[*) Le chlorure de sodium peut crislaliiser arec 4 équiralenU d'eau dans ooe solution exposée à la température de — 15« : les cristaux n'appartiennent plus au système régulier et ib perdent l'eau de crislallisalion, même au sein du liquide, lorsque la température en s'éleTsat dépasse — 10*.
(**) Le sel marin qui, par cette force de cristal iisation, sort en séries de cristaux entre les assises résistantes des pyramides d*Égypte, forme des excroissances cornues irrégalières, aysot parfois 2 centimètres de diamètre et 8 à 10 centimclres de longueur.
CHLORDRE DE SODIUM. 389
Le 8ci marin est soluble dans Talcool et donne à sa flamme une coloration jaune.
s. Sel yemme.
Le sel gemme se rencontre dans tous les terrains, excepté dans les roches primitives, le diluvium et les terrains d'alluvion. Il forme des masses souvent très-importantes, qui sont compactes ou stratifiées ; ces masses sont quelquefois séparées par des lits d'argile en couches plus ou moins nombreuses. Indépendamment de l'argile servant à diviser et à envelopper les couches de sel gemme, on rencontre très-souvent de Tanhydrite ou du gypse et des matières bitumineuses, qui sont mélangées au sel d'une manière irrégulière et lui donnent des colorations variées. Le sel se trouve également mélangé plus ou moins régulièrement, et seulement dans certaines couches, avec les différents sels qui accompagnent le chlorure de sodium dans l'eau de la mer.
Le sel gemme se présente ordinairement sous la forme d'une masse compacte, à cassure cristalline; il est transparent et incolore, facile à cli- Ter en cubes. D'autres fois il est coloré : en gris, par de l'argile interposée ; en rouge, par des infusoircs ; en jaune, par de l'oxyde de fer; enfin en bleu, par un hydrocarbure. Dans la masse du sel gemme, on rencontre sou?ent des cavités plus ou moins grandes, renfermant de l'eau ou des gaz. Certains sels gemme, tels que celui de Wieliczka, ont la propriété, lorsqu'on les dissout dans l'eau, de produire de petites décrépitations par le dégagement des gaz qu'ils renferment. Les cavités très-petites dans lesquelles le gaz se trouve comprimé subissent peu à peu, à mesure que le sel se dissout, un amincissement dans leurs parois qui permet au gaz de les rompre et de se dégager avec explosion. Le gaz qui se dégage est inOammable; il se compose d'hydrogène protocarburé , d'acide carbonique et d'air. Bischof , qui a analysé ce mélange, lui a trouvé la composition suivante :
Pour 100 Tolumef.
I Hydrogène protocarbnnc S4
Acide carbonique • 2
Oxygène 2,5
Aïole 10
Un kilogramme de sel de Stassfurt a donné 5^%5 de gaz composé de
Hydrogène protocarboné 85
Acide carbonique.. ....• ,. 3
Air atmosphérique 12
Les principaux gisements de sel sont ceux de Transylvanie, oiï se trouvent les mines de Wieliczka sur le versant nord-ouest des Carpathes ;
de Stassfurt, près de Magdebourg en Prusse; de Vie et de Dieuze en Alsace-Lorraine ; de Norwich, dans le comté de Chester en Angleterre; de Cordona en Espagne.
Le tableau suivant indique la composition des sels gemmes de ces diverses provenances :