AZOTATE DE POTASSE
froid, commence à se déposer au fond de la chaudière; on l'enlève au fur et à mesure, et quand révaporation est assez avancée pour qu'une goutte du liquide se ûge au contact d'un corps froid, on le décante dans des bassins, où la plus grande partie de l'azotate de potasse cristallise par refroidissement.
3* NiTRiÈRES ARTincKLLEs. — Drus Ics contrécs froides, on détermine artificiellement la production du nitre : pour cela on mêle des terres po> reuses contenant de la chaux et des alcalis, avec du fumier, et on forme avec ce mélange des murs disposés perpendiculairement à la direction des vents dominants de la contrée où on opère. Ces murs sont arrosés de temps en temps avec de l'urine qui doit fournir des matières azotées et remplacer l'eau évaporée. Il se forme des efflorescences de salpêtre sur la partie la plus exposée à l'action du vent. On enlève alora les couches superficielles, et on les lessive. Les matières non dissoutes sont ensuite reportées sur la face opposée du mur, qui conserve ainsi la même épaisseur et ne fait que reculer peu à peu.
486. Baffflnai^e. — Le salpêtre brut contient toujours des chlorures dont la déliquescence rend ce salpêtre impropre à la fabrication de la poudre. On le purifie par le raffinage. Cette opération consiste à traiter le salpêtre dans une chaudière en cuivre à la température d'ébullition, par une quantité d'eau suffisante pour dissoudre l'azotate de potasse, mais insuffisante pour dissoudre le chlorure de potassium et le chlorure de sodium, qui, à cette température, sont moins solubles que l'azotate Ces deux sels restent au fond de la chaudière; on les enlève avec des râteaux. On clarifie ensuite la liqueur avec de la colle, et on la fait refroidir dans des bassines, où on l'agite sans cesse de manière à empêcher la formation de gros cristaux qui emprisonneraient de l'eau mère. Les cristaux mis à égoutter dans des vases coniques sont arrosés avec une dissolution saturée d'azotate de potasse pur, qui déplace les dernières traces de chlorure. Le séchage du salpêtre se fait sur les fours qui servent au raffinage,
489. Pliénomènes de la nitriflcation. — Un grand nombre de phénomènes peuvent intervenir dans la production du nitre. Dans les pays chauds, une des principales causes de cette production parait être la combustion lente des matières organiques azotées anologues à Vhumm et aux acides bruns des terres fertiles et du terreau, surtout lorsqu'à ces matières humiques se trouvent mêlées des débris de roches feldspathiques qui fournissent la potasse nécessaire à la formation du nitre. ' '
L'oxydalion directe des matières azotées, mise en évidence par M. Cloès et M. P. Thenard, intervient non-seulement dans les pays chauds mais encore dans les écuries, par exemple, ainsi que dans les étables et les caves. 11 est bien clair qu'à ces causes de production du nitre vient encore s'ajouter l'action de l'acide azotique et des autres composés oxygénés de Tazote
produits dans les orag:es si fréquents des pays chauds; ces corps entraînés par les pluies,. se combinent avec les bases qu'ils rencontrent dans l'intérieur de la terre.
488.' Usages. — L'azotate de potasse est principalement employé pour la fabrication de la poudre. On l'utilise aussi en médecine.