‹ Precis de chimieChapitre 4 sur 152 · COMBINAISONS · texte numérisé non relu

COMBINAISONS

nouvelles. On peut, d'ailleurs, dans un mélange, reconnaître et séparer les éléments, soit à Taide du microscope, soit par des dissolvants appropriés ; dans une combinaison, au contraire, on n'observe q\i*un corps homogène dans toutes ses parties.

Ainsi, lorsque nous avons mis en contact de la fleur de soufre et delà limaille de cuivre, nous aurions pu, en les mêlant intimement, obtenir une poudre de couleur en apparence homogène; mais il eût toujours éti possible de reconnaître au microscope les grains de soufre et les grains de cuivre. En jetant le mélange dans l'eau, on aurait vu le cuivre, plus dense, se déposer au fond du vase, tandis que le soufre serait resté en suspension ; en renouvelant plusieurs fois cette eau, on aurait pu séparer tout le soufre. Il n'en est plus de même quand, après avoir chauffé le mélange, on a déterminé la production du sulfure de cuivre ; aucun dissolvant ne peut séparer le soufre du cuivre.

II. Phénomènes qnl aeeompaf^nent lei« comhinntsona. — I^ combinaison des corps détermine généralehient un dégagement de chaleur et d'électricité. La chaleur se manifeste souvent avec accompagnement de lumière ; c'est ce que nous observons journellement dans la combustion du bois, du charbon, du gaz de l'éclairage. -^uant à l'électricité, on démontre en physique que l'électricité des piles est due tout entière à des actions chimiques.

ta chaleur dégagée au moment de la combinaison seit souvent de mesure à l'énergie avec laquelle s'effectue la combinaison des corps.

On constate, par l'expérience, que la chaleur dégagée dans la combinaison de deux corps est d'autant plus grande que ces corps ont des propriétés chimiques plus différentes, et que, par suite, ils sont plus éloignés l'un de l'autre dans la liste du § 4. Le soufre et le cuivre, qui ont des propriétés très-difîérenles se combinent avec chaleur et lumière. Le cuivre et l'argent, qui se ressemblent par leurs propriétés chimiques, s'unissent sans échauffement sensible.

Remarque. -^ Deux corps qui se combinent avec un grand dégagement de chaleur forment en général peu de composés; ainsi le chlore et l'hydrogène qui, en s*unissant, dégagent de la chaleur et de la lumière, ne forment qu'un seul composé l'acide chlorhydrique. Deux corps qui se combinent avec un dégagement de chaleur très-faible, et à plus forte raison deux corps qui ne se combinent que par des procédés détournés, forment en général un grand nombre de composés ; c'est ainsi que le chlore et l'oxygène qui ne se combinent que par des voies détournées, forment cinq composés.

*. AiBnlté. — Cohéaion. — On dit que deux corps ont beaucoup d'affinité lorsqu'ils se combinent avec un grand dégagement de chaleur, et qu'ils ont peu d'affinité lorsque ce dégagement de chaleur est faible.

On dit qu'un corps a une grande cohésion quand on éprouve de la

difficulté à séparer ses molécules. La cohésion est grande dans les solides, les métaux lui doivent leur dureté, leur ténacité; elle est très-faible dans les liquides, c'est à leur peu de cohésion que les liquides doivent leur fluidité; dans les gaz, le cohésion est nulle, leurs molécules tendent sans cesse à s'écarter les unes des autres.

On définit souvent la cohésion et l'affînité comme des forces d'une nature inconnue, mais qui jouent un rôle dans les phénomènes chimiques; la première s'opposant à la combinaison, tandis que la seconde tendrait à la dé:erminer; suivant que l'une ou l'autre l'emporterait, il y aurait ou il n'y aurait pas combinaison. La première serait une force qui tend à maintenir réunies les molécules similaires d'un corps^ la seconde tendrait à réunir ou à maintenir réunies les molécules des corps différents. L'introduction de pareilles forces a l'inconvénient (H. Sainte- Claire-Deville, leçon faite à la Société chimique, le 22 février 1867) de faire croire que nous connaissons la cause réelle qui fait que certains corps s'unissent, tandis que d'autres ne s'unissent pas.

Page 1