CHAPITRE y
M rnosnoac IT 513 coarosts. — iRSOK.
PHOSPHORE (Ph)
Éqiiiï. en poids = SI Équii, en fol. = 1'*'
!•«. UstorliiM*.— Le phaephorea été découvert en IdfiO par Brandi,
•Icliimiste de Hambourg, qui le relira de l'urine. Son procédé, tenu secret,
nOSPHORE. i03
fbt retroayé en 1674 par Kunckel, puis publié en France. En 1769, Gahn constata la présence de l'acide phosphorique dans les os, et Scheele imagina le procédé que l'on suit encore aujourd'hui pour en retirer le phosphore. i
tes. Propriétés physique*. — Le phosphore est un corps solidei d'une odeur qui rappelle un peu celle de l'ail ; il est incolore ou légèrement ambré, transparent, flexible quand il vient d'être fondu, facilement rayé par l'ongle.
Sa densité est 1,85. — Il est lumineux dans l'obscurité.
Il fond à 44«,2 et bout à 290«. On peut le distiller dans un courant d'hydrogène ou d'azote.
Insoluble dans l'eau, il se dissout un peu dans l'alcool et dans l'éther ; il est très-soluble dans les huiles essentielles et surtout dans le sulfure de carbone. Conservé sous l'eau, il se recouvre d'une poussière blanche formée par des cristaux microscopiques de phosphore. Le phosphore cristallise en dodécaèdres réguliers par l'évaporation de sa dissolution dans le sulfure de carbone
IM. Phosphoreseeiice. — La phosphorescence consiste en une sorte de lueur bleuâtre, que le phosphore présente toutes les fois qu'il s'oxyde dans l'air; on a pensé pendant longtemps qu'elle était intimement liée à l'oxydation, mais on a cru reconnaître depuis qu'elle en est indépendante, car le phosphore luit, non-seulement dans l'air, mais encore dans l'azote, dans l'hydrogène, et même dans le vide barométrique. La phosphorescence dure jusqu'à ce que l'espace soit saturé de vapeur de phosphore. L'azote est celui de tous les gaz où elle est le plus remarquable.
La phosphorescence ne tient pas non plus à la vaporisation, car le phosphore ne luit pas dans l'oxygène à la pression ordinaire, au-dessous de SO», bien qu'il s'y réduise en vapeur; mais le mélange d'oxygène et de vapeur de phosphore, introduit dans l'azote ou dans l'air, devient phosphorescent.
Un grand nombre de corps, comme le bicarbure d'hydrogène, l'alcool» l'éther, l'essence de térébenthine, mêlés à l'air, empêchent le phosphore d'y devenir phosphorescent, et même de s'y oxyder
i69. Ili^dilleations moléeniaires. — Le phosphore est susceptible de plusieurs modifications moléculaires.
Quand il est très-pur et qu'après l'avoir chauffé à 70« on le refroidit brusquement, il devient noir ; c'est le phosphore noir de Thénard.
Il se transforme en phosphore rouge ou phosphore amorphe quand on l'expose à la lumière solaire ou à l'action de la chaleur. La lumière ne produit cette modification qu'à la surface des bâtons de phosphore. M. Schrœtter transforme à peu près complètement en phosphore rouge le phosphore ordinaire, en maintenant celui-ci pendant plusieurs jours
PRECIS DE CIIIHIB.
en vase clos, entre 230° et ÎKK, Le phosphore non modifia est enlevé par le sulfure de carbone ou par une dissotution alcaline bouillante. 168. T*hlft«B eoBoparatir dea proptlMéa im pboapbovc e ordlnnlre t
Couleur ro
Densité
« de caibone.
Couleurimbrée,
Crislallisé en dodécaèdres rhomWdaui,
Densilé ^ 1 ,83,
Pliosphor
Insoluble dans le i
Trjs-lenlement allérable dans l'air,
Inflamiuable * !60*, inllaininible à 60',
Se eoRibina »Teo le soufre S BO" Se eombine aiec le toufre i 1H*,
Attaqué Irès-taiblemenl i chaud par Al taqué violemment par l'acide L'acide aiotiqoe, aïolique,
Non déléti^re. Poison dangereui.
<••. Action d«* dIffércnlB carps. — Acliaii de Vaïr. — Dans l'air sec et froid, le phosphore donne de l'acitle phosphoreux anhydre. Dans l'air humide, il donne encore de l'acide pbosphoreui, mais avec un peu d'acide phosphorique, et des fumées blanches lumineuses dans l'ob- Ecurilé. que H. Srhonbein croit être de l'azotite d'ammoniaque.
Le phosphore enflammé au contact de t'air brûle avec une flamme brillante [flg. 105] en donnant de l'acide phosphorique anhydre sous tonne de neige blanche.
du phosphore dani lir du pi osphore dans le chlore.
Aciton 4» i oxygène — Dans loivgène pur a la pression ordinaire, i) ne se produ t rien au-dessous de 50' *=! 1 on diminue la pression, il se forme de l'acide phosphoreux l'hO'. Au-dessus de 30°, le phosphore s'enflamme dans l'oiygène, et donne l'acide phosphorique PhO*.
PHOSPHOIiB. 105
Acttou du More. — Le phosphore plon^ dans un fUcon plein de
chlore (fig, lOB), s'enflamme spontanément; il forme alors un protochlo-
rure, Phtl', ou un pcrchlorure, PhCl', suivant que le phosphore ou le
chlore sont en eicèa.
Le brome et l'iode agissent d'une manière analogue.
Veeide azotique concentré est Tiolemmenl attaqua par le phosphore, et
donne de l'acide pbosphorique. PhO', 3H0, en même temps qu'un mË-
lange d'azote et de protoxyde d'azote. Quand l'acide est étendu, ta réaclioD
se Mt tranquillement, et l'on a de l'acide phosphorique et du bloijde
5Ph + SlA^0^2HO) = 3{Pb0^5HO) + 5A^O'+HO.
Action iei alcalis. — Le phosphore chauffé avec une dissolution booiliante de potasse ou de soude caustique, donne du phosphure d'hydrogène et un hypophosphite alcalin.
IVO. ÉiBl nnlnrel, — Le phosphore eiiste dans la nature principalement à l'état de pliosphate de c'rant. que l'agriculture utilise, et ù l'état de phosphate de Ter, de plomb ou de magnésie. On en trouve dans les os.
le cerveau, l'urine, et dans la laitance des poissons.
« VI . Prépara- (toa< — On prend des os de hœul ou de mouton, que l'on a préalablement calcinés, pour détruire la niatière orgsni* que; ils sont formés d'environ 80 de phosphate de chaux .
17 de carbonate de
cboui et 3 de sable ^«- '«'- " f^P»"«™ t" ph^phore.
etargile. Ces os pulvérisés sont traités ù froid par leur poids d'acide sulturique concentré, additionné de 5 fois son poids d'eau. Au bout de %% heures, tout le carbonate a été décomposé et le phosphate tribasique de chauï est devenu phosphate acide en vertu de la réaction suivante : 3CaO,PhO'+ÏSO'IIO=CaO,21IO.rhO>+9CaO,SO'.
Le sulfate se. sépare par Oltration. On mêle le phosphale acide, concentré à consistance sirupeuse, avec 1/5 de son poids de charbon, et on chaulfe le mélange jusqu'au rouge sombre. Il se dégage pendant cette
i06 PRÉCIS DE CHIMIE.
opératicm de Teau et de l'acide sulfureux provenant de l'action du charbon sur Tacide suirurique en excès. La masse sèche est alors placée dans une cornue en grès qu'on chauffe au rouge vif [figMl) Il se dégage de la vapeur d'eau, puis de l'hydrogène et de l'oxyde de carbone provenant de l'action de l'eau basique sur le charbon, et enfin un peu de phosphure d'hydrogène au moment où le phosphore commence à se volatiliser. La réaction est la suivante :
3;CaO, PhO«) + iOC =10ÇO + 3CaO, PhO»+2Ph.
Les 06 donnent ordinairement 8 à 9 pour iOO de phosphore ; on peut, dans des opérations bien conduites, en retirer jusqu'à il pour 100, c'est-à-dire à peu près la quantité théorique qui résulte de la formule précédente.
Pour séparer le phosphore ainsi obtenu du charbon et des autres impuretés entraînées, on le met dans une peau de chamois et on le force par pression à filtrer sous l'eau à 50«.
Pour l'avoir en bâtons, on le fait pénétrer par aspiration dans des tubes c^e verre légèrement coniques, puis on le refroidit brusquement. Le phosphore solide sort alors facilement du tube.
19 S. Veagee. — On fabrique annuellement en France 60,000 kilogr. de phosphore ordinaire et 2,000 kilogr. de phosphore amorphe.
La fabrication des allumettes en emploie 36,000 kilogr.
Allumettes à phosphore ordinaire. — Les allumettes, préalablement soufrées par un bout, sont légèrement plongées dans la composition suivante :
Phosphore 25
Colle forte 20
Eau 45
Sable fin . 20
Ocre .' . 5
Vermillon ou bleu de Prusse. . 1 Les allumettes ainsi préparées sont ensuite desséchées à l'étttve. On remplace quelquefois par de la stéarine le soufre qui donne en brûlant de l'acide sulfureux, à odeur désagréable ; il faut alors ajouter un peu de chlorate de potasse à la pâte pour faciliter la combustion.
Les allumettes à phosphore amorphe, préalablement soufrées, sont recouvertes d'une pâte formée de :
Chlorate de potasse 6
Sulfure d'antimoine S
Colle forte 1
Le carton sur lequel on doit les frotter, et qui seul est phosphore, est enduit de la composition suivante :
Phosphore amorphe 10
Bioxyde de manganèse ou sulfure d'antimoine. . . 8 Colle forte.
ACIDE PHOSPUORIQUE. 107