‹ Precis de chimieChapitre 78 sur 152 · POTASSE. —SOUDE · texte numérisé non relu

POTASSE. —SOUDE

POTASSE (KO,HO) SOUDE (NaO,lir^-

Équiv. en poids = 56 Équiv. en poids = 'iO

SVO. Oxydes de potasslnm et de sodimn. •— Le potassium et le sodium forment avec l'oxygène un protoxyde (KO — NaO) et un peroxyde (KO' — NaO') ; ces composés sont sans intérêt; mais il n'en est pas de môme de l'hydrate de protoxyde de potassium (KOJIO) , appelé communément hydrate de potasse ou potasse caustique^ et de l'hydrate de protoxyde de sodium [NaO,HO] , connu sous le nom ^'hydrate de soude ou de soude caustique.

Syt. Propriétés. — La potasse et la soude caustique sont des corps solides, blancs, fusibles au-dessous du rouge et volatils au rouge sans altération. ~ Elles sont caustiques, déliquescentes et solubles dans l'eau avec dégagement de chaleur.

Leur dissolution môme très-étendue, verdit le sirop de violette, brunit le 'papier de curcuma et ramène au bleu le tournesol rougi.

Un morceau de potasse ou de soude, exposé à Tair humide, se transforme peu à peu en un liquide sirupeux ; puis, l'acide carbonique de l'air intervenant, la potasse donne un carbonate déliquescent lui-même, la soude donne un carbonate pulvérulent qui n'est pas déliquescent.

8VSB. Préparation. — On prépare la potasse et la soude en décomposant par la chaux leur carbonate en dissolution. Il se forme un précipité de carbonate de chaux insoluble, et l'alcali reste dissous.

KO,CO« -4- CaO,HO « K0,1I0 -4- CaO,CO«.

Potasse a la chaux. — Pour faire cette préparation, on dissout dans une bassine de fonte une partie de carbonate de potasse, par exemple, dans dix parties d'eau ; on y ajoute une partie de cliaus et on fait bouillir la dissolution en remplaçant l'eau au fur et à mesure qu'elle s'évapore, parce que la potasse en dissolution concentrée réagirait à son tour sur le carbonate de chniix et donnerait une réaction inverse de celle qu'on veut produire. L'ébuUition ne doit être arrêtée que lorsque en filtrant une petite portion de la liqueur, on obtient une dissolution qui ne fait plus effervescence avec les acides.

On retire alors la bassine du feu, on laisse le liquide se clarifier par le repos, puis on le décante dans une bassine de cuivre ou d'argent, et onl'évapore rapidement. Quand la liqueur a pris une consistance sirupeuse, on la coule sur une plaque de cuivre où elle se solidifie. La masse concassée doit être enfermée dans des flacons secs, que l'on bouche immédiatement.

La potusse ainsi obtenue est la potasse à la chaux. Elle est généralement impure, et contient les chlorures et sulfates qui se trouvent dans le carbonate de potasse du commerce. Elle contient d'ailleurs un peu de

carbonate de potasse qui s'est produit pendant l'évaporation sous Tiiitluence de l'acide carbonique de l'air.

Potasse a l'alcool. — On purifie la potasse à la chaux en la mettant en contact avec de l'alcool qui dissout la potasse sans dissoudre les sels. On voit au bout de quelque temps la liqueur se partager en deux couches : l'inférieure contient les sels, la supérieure est une dissolution alcoolique de potasse pure ; on décante celte dernière et on l'évaporé, d'abord dans un alambic pour recueillir la plus gi^ande partie de l'alcool, puis dans une bassine d'argent où on la chauffe jusqu'à sa température de fusion pour la couler sur une plaque d'argent. La potasse ainsi obtenue ou potasse à Valcool ne peut contenir qu'une petite quantité de carbonate formé pendant l'évaporalion.

On obtient de la même façon la soude à la chaux et la soude à Valcool.

SVS. Usagées.— La potasse et la soude sont employées dans les laboratoires comme réactifs ; par exemple, pour précipiter les oxydes insolubies.

En médecine, on utilise les propriétés caustiques de la potasse pour ronger les chairs. La potasse coulée en bâton est alors connue sous le nom de pierre à cautère

CHAUX (CaO) ÉquLv. en poids = 28

8V4. Propriétés. — La chaux est une matière blanche, amorphe, très-caustique, dont la densité est 2,3. Elle est infusible et indécomposable par la chaleur. La chaux a une grande affinité pour l'eau ; quand on verse un peu d'eau sur des fragments de chaux anhydre, le li(juide est d'abord absorbé, mais bientôt la chaux s'échauffe et réduit en vapeur une partie de l'eau qui avait pénétré dans ses pores ; en même temps elle se gonfle, se fendille et tombe en poussière. La chaleur, dégagée dans cette combinaison, suffit pour élever à 300» la température d'un corps plongé au milieu de la chaux. — Le produit formé est de l'hydi'ate de chaux, GaO,HO.

Cette chaux hydratée est appelée communément chaux éteinte; la chaux anhydre est désignée sous le nom de chaux vive. — En délayant la chaux éteinte dans une petite quantité d'eau, on obtient une bouillie blanche, qui, à cause de son aspect, est appelée lait de chaux. — Une très-grande quantité d'eau agitée avec de la chaux, puis laissée en repos, donne une dissolution incolore : Veau de chaux.

L'eau de chaux possède une réaction alcaline, et verdit le sirop de violettes. — Elle absorbe facilement l'acide carbonique de l'air en donnant un carbonate de chaux insoluble ; aussi doil-on la conserver dans des flacons bien bouchés.

La chaux vive, exposée au contact de l'air, se délite^ c'est-à-diro se ré-

CHAUX. - HonTiEns. su

duit peti & peu en poussière, en ahsoi'baiil de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique; elle est alors Irsnsfinmëe en hydrate et carbonate de chaui. 8VS. Préparallou. — Usages. — Lu cbau\ s'obtient d'ordinaire par la calciimtion du carbonate de chaui; elle est emplojëe dans les laboratoires pour la préparation de la potasie, de la soude et del'ammoniaquei sea applications les plus importantes, ainsi que son mode de préparation, lont être indiqués à propos des chaux et mortiers.

CHAUX — MORTIEltS SV*. CMisaon de b chBBx. — La diaui se prépare en décomposant par la chaleur l« carbonate de chaux naturel.

FoDBB iMTEUiirTiNTi. — Les faun h eliatix Irs plus simples ont la forme

Fig. I6Â - four a cLdui.

d'une cuve ovoïde [pg. IGj), dont les parois sont fonnées de hriijiics ii/fractBÏres, Ils ont 3 i 4 moires àa hauteur. Tour charger le four, on commence par Établir une voûte avec de grosses pierres calcaires, puis on achève de remplir la cuve avec d^ morceaux de moins en moina gras.

l>RËGTS DE CEIlilIE.

de manière i stlume enauiti élève la température jusqu'à lorbonale; cette décomposittoD est fadiitée par le dé- ■ gagemeiit des gaz du foyer et de la Tapeur d'eou, provenant des pien'es que l'on a eu soin d'employer pendant qu'elles contenaient encore leur humidité de carrière. Quand la cuisson est aclievêe, on retire la chauvi par des ouvertures places à la partie inférieure du four.

FODOS COUUNTS. — CcS

fours inler mit lent» sont nujourd'liui remplacés aiianlaeeusement par des fours à caidnation continue ou fburs eoulantt ifig. 1G4).

Ces fours sont formés de deui canes

e les gai poissent toujours passer librement. On

la voûte un feu de broussailles ou de tourbe, et on

ige. La chaleur di^compose peu à peu te

de hauteur; la ciialeur esl fournie par un foyer latéral, où l'on peut briller de la houille, du bois ou de b tourbe ; du <;6té opposé ou foyer, mcnl de la chaux. Après avoir formé

large ouverture son au dfîfourneïoûte avec de gros n

le calcaire, on remplit te four avec des fragments moindres, puis on commence par taitù du feu sous la voûte, afin de cuiie tout le calcaire jusqu'à la hauteur du foyer; la chaleur fournie par ce dernier est la seule employée à partir de ce moment. Toutes les douze heures, on retire les pierres qui se trouvent au bas du foyer, et on en introduit de nouvelles par la pariie supéricuic.

SVT. Propriété* dea «lia«x. — Les propriélésdes chaux dépendent de la composition des calcaires qui ont servi Ji les préparer. On les distingue en chaux ordinaires ou aériennes, eliaux hydrauiiques et ci-

CuAui «ÉBiïBHïi. — On appelle chaui aériennes, celles que l'on emploie dans les constructions ordinaires, par opposilion aux chaux qui doivent

CHAUX. — MOBTIERS. 213

être employées dans les constructions hydrauliques. Elles se divisent en chaux grasses et chaux maigres.

La chaux grasse provient de la calcination de calcaires pure. Elle est blanche; en s'éteignant, elle produit un grand dégagement de chaleur et augmente beaucoup de volume ; on dit qu'elle foissonne, elle est douce et onctueuse au toucher, elle forme avec l'eau une pâte liante et grasse.

La chaux maigre provient de calcaires impurs, contenant un peu d'argile, de la magnésie et de l'oxyde de fer. Elle est grise; en s'éteignant elle dégage peu de chaleur, et augmente très-peu de volume; elle forme avec l'eau une pâte courte et peu liante.

Chaux hydrauliques. — On appelle chaux hydrauliques, des chaux qui font prise sous l'eau, c'est-à-dire se solidifient au bout de quelques jours, et acquièrent peu à peu une très-grande dureté.

Ces chaux résultent de la calcination d'un calcahre qui contient de 10 à 25 pour 100 d'argile.

GufENT. ^ On appelle ciment une chaux hydraulique qui, mélangée â l'eau, se solidifie' en quelques instants, soit à l'air, soit sous l'eau. Le ciment peut être gâcM et appliqué comme le plâtre.

Le ciment s'obtient par la calcination des calcaires, qui contiennent de 30 à 60 pour 100 d'argile. — On peut faire des mélanges de calcaire et d'argile, qui par la cuisson produisent de bons ciments artificiels.

Le ciment romain provient de calcaires qui existent en grande quantité à Boulogne-sur-Mer et à Vassy, dans la Haute-Marne. Il acquiert en se solidifiant une consistance qui est supérieure à celle des ciments artificiels.

SV8« Mortiers. — On appelle mortiers des substances destinées à unir entre eux les matériaux de construction ; ils durcissent avec le temps et contractent une forte adhérence pour les pierres avec lesquelles ils sont en contact. On distingue les mortiers ordinaires et les mortiers hy^ drauliques.

Le uoRTiEB ORDINAIRE ost uu mélsuge de chaux éteinte et de. sable; il durcit lentement au contact de l'air ; il sert à souder les pierres dé nos maisons

Le MORTIER HYDRAULIQUE durclt SOUS l'oau ; il est constamment employé dans la construction des canaux, des ponts, etc. Il est formé soit par le mélange de chaux hydraulique et de sable, soit par le mélange de chaux grasse avec des matières argileuses cuites , telles que luiles, poteries, briques pilées ou roches volcaniques, comme \q^ pouzzolanes. C'est de cette dernière roche que se servaient les Romains pour former les ciments qui ont résisté pendant des siècles.

Bétohs. ^ Le béton est formé par un mélange de matières hydrauliques avec des cailloux et de petites pierres anguleuses. Ce béton, fabriqué sur place et appliqué en couches successives sur un terrain humide )

214 PRÉCIS D£ GHIMIH.

s'y solidifie, et forme un sol imperméable sur lequel on peut établir des fondations. On emploie le béton pour poser les piles des ponts et pour foire de gros blocs de pierres factices employées dans la construction des digues à la mer.

S 9 9* Théorie de Im solidilleatioii de» ehaax e( des mortiers. — Les mortiers aériens acquièrent peu à peu une très-grande dureté, parce que Tacide carbonique de l'air transforme lentement leur chaux en carbonate insoluble qui contracte une grande adhérence pour les grains de sable, dont le rôle est ici purement physique. — La chaux employée seule ne peut servir à réunir les pierres d'un édifice, parce qu'en se solidifiant elle subit un retrait qui laisse un vide entre ses différentes parties. Le sable fait disparaître cet inconvénient et détermine une adhérence parfaite entre le mortier et les matériaux qu'il sert à réunir. Comme cette transformation ne s'effectue que dans les parties où Fair peut avoir accès, il est important que la dessication ne se fasse que très-lentement, afin que l'acide carbonique puisse agir à une plus grande profondeur et donner par suite une plus grande adhérence aux matériaux.

La solidification de la chaux et des mortiers hydrauliques est due i une cause toute différente, ainsi que Ta reconnu l'ingénieur Vicat, dont les travaux ont permis de reproduire à volonté des chaux et des mortiers remplissant les conditions nécessaires par des constructions déterminées.

L'argile très-divisée qui existe dans les chaux et les mortiers hydrauliques a été privée d'eau pendant la calcination. Au contact de l'eau et delà chaux elle tend non -seulement à s'hydrater, mais à s'emparer de la chaux pour former un silicate double d'alumine et de chaux, ou un silicate de chaux et un aluminate de chaux, composés complètement insolubles, et qui acquièrent une grande dureté.

On comprend d'après cela pourquoi on peut former des chaux hydrauliques en calcinant un mélange intime d'argile et de calcaire (par exemple d'argile de Yanvcs et de craie de Meudon], ou encore en mêlant intimement' de la chaux grasse avec des argiles cuites ou des roches volcaniques bien pulvérisées.

BARYTE (BaO)

S80. La baryte anhydre est une matière d'un blanc grisâtre, d'une saveur très-caustique. — Sa densité est de beaucoup supérieure à celle de toutes les matières terreuses ; de là le poids considérable de tous les composés barytiques. — Elle est infusible et fixe aux températures de nos fourneaux.

La baryte a une grande affinité pour l'eau ; quelques gouttes de ce liquide projetées sur des morceaux de baryte produisent une élévation ds

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