‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 28 sur 129 · MM. Soubeirai» et Capitaine od( désigné, sous le nom · texte numérisé non relu

MM. Soubeirai» et Capitaine od( désigné, sous le nom

DIXIÈME FAMILLE. ]3 i

générique de camphènes, les essences hydrocarbonées dans lesquelles Les équivalents de carbone et d'hydrogène sont entre

eux comme 5:8, comme dans l'essence de térébenthine. ressemblent beaucoup, sous le rapport de leurs caractères chimiques ; elles se combinent toutes avec le gaz hydrochlorique en donnant des camphres artificiels (185), tantôt solides, tantôt liquides; dans certaines circonstances, elles fixent aussi les éléments de l'eau, en produisant des stéaroptènes semblables au camphre des laurinees. Plusieurs d'entre elles sont chimiquement identiques , et ne diffèrent que par quelques caractères physiques (161) , trop peu importants pour faire considérer ces essences comme autant de principes particuliers.

Nous serons cependant obligé d'établir quelques distinctions . en nous fondant sur leur densité à l'état de vapeur ou sur leur point d'ébullition. Ainsi nous placerons dans la 10e famille, sous le nom générique de camphènes les hydrocarbures renfermant C10H16=2 vol. de vapeur, point d'ébullition à 160° environ; dans la 15e, sous celui de paracamphènes , ceux qui contiennent C^H24^ 2 vol. , point d'ébullition 260°, comme les essences de cubèbeet de copahu ; dans la 20e, sous le nom de métaeampkènes, les hydrogènes carbonés C20H32 = 2 vol, point d'ébullition 310°, comme le colophène de M. Deville.

Camphène normal. — C,0H|6. — Il offre les modifications suivantes :

(a) Essence de térébenthine, camphène. On l'extrait en distillant avec de l'eau la térébenthine , c'est-à-dire le mélange de résine et d'huile essentielle qu'exsudent les différentes espèces de Pinus; le résidu privé d'huile essentielle constitue la colophane. Telle qu'on la rencontre dans le commerce, l'essence contient plus ou moins de résine formée par l'action de l'air, et nécessite alors de nouvelles rectifications; souvent elle renferme aussi de l'acide formique ( Laurent , Weppen .

Elle est incolore, très fluide, d'une odeur très forte (94) ; sa densité est de 0,86; à l'état de vapeur, elle a été trouvée égale à 4,764. Elle bout à 160° ; elle se dissout fort bien dans l'alcool et l'éther.

Elle dissout la moitié de son poids de soufre , ainsi que le phosphore.

Le chlore agit vivement sur elle ; en produisant beaucoup de

chaleur, qui peut occasionner l'inflammation du liquide; quand l'action est lente, on obtient des espèces chlorées dont nous parlerons plus bas. Le brome et l'iode se combinent également avec l'essence de térébenthine. Les gaz hydrochlorique et hydrobromique le convertissent en camphres, appartenant au g. téréhydrène (506).

L'essence humide renferme souvent une matière cristalline ( térébol normal) , qu'on peut produire à volonté, en abandonnant pendant quelque temps à lui-même un mélange d'essence de térébenthine, d'acide nitrique et d'alcool. Au contact de l'air, elle se résinifie peu à peu, devient visqueuse , et se transforme en colophane ; il se produit aussi , dans ces circonstances, de l'acide formique (l). On obtient ce dernier d'une manière directe en distillant à plusieurs reprises l'essence avec un mélange de chromate de plomb et d'acide sulfurique; il se forme aussi, en même temps qu'un acide résinoïde particulier ( térétinate normal, 497) , quand on chauffe légèrement l'essence de térébenthine avec de la litharge (Weppen).

Au contact de l'acide sulfurique concentré, elle rougit, et se transforme peu à peu en deux modifications isomères (97), dont l'une présente un équivalent double de celui de l'essence ; l'acide phosphorique anhydre produit le même effet (Deville).

Un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique concentrés , versé sur cette essence , en détermine l'inflammation.

L'acide nitrique y agit avec beaucoup d'énergie en se résiniiiant; il produit en outre un acide particulier, que nous avons déjà décrit (425).

L'essence de térébenthine dévie à gauche les rayons de lumière polarisée (Biot).

(1) M. Hedtenbacher a observé la présenee d'une grande quantilé d'acide formique dans des branches de pinastre qui se trouvaient entassées les unes sur les autres et s'étaient pourries de manière à devenir toutes noires. On sait que les fourmis qui construisent leurs fourmilières dans le bois, s'établissent de préférence dans de vieux pins ou sapins déjà pourris, et , comme la réaction acide de l'essence de térébenthine provient de l'acide formique qui s'y produit par une combustion lente à l'air, il serait possible que l'acide excrété par les fourmis ne fût pas préparé par l'organisme de ces insectes, mais provînt directement de j'essence de térébenthine.

Térëbène de M. Deville. Ce produit d'une altération moléculaire de ress*»nce de térébenthine n'a pas de pouvoir rotatoire.

Sa préparation a été décrite tome I, page 163. Il est tluide comme cette essence, mais son odeur est plus agréable, et rappelle celle du thym. Il bout a la même température que l'essence, et possède aussi la même densité à l'état de vapeur et à l'état liquide; mais il est infiniment plus stable, et résiste bien mieux aux agents oxygénants. Il s'accouple avec l'acide sulfurique. Il se combine avec le gaz hydrochlorique en produisant un liquide C^H^C/ (monochlorhydrate de térébène, Deville).

(c) Dadyle de MM. Blandiet et Sell, camphogène de M. Dumas . térébène de MM. Soubeiran et Capitaine, camphUène de M. Deville. Cette modification, obtenue pour la première fois par M. Oppermann, se produit quand on fait passer la vapeur du téréhydrène chloré solide à travers un tube fortement échauifé,et rempli de chaux vive. Elle présente tous les caractères du térébène de M. Deville , et n'est peut-ètrepas autre chose. Quand on y fait passer du gaz hydrochlorique, elle donne un camphre liquide et un camphre solide (C,0H,7C/) dont la rotation est nulle (Soubeiran et Capitaine) ; le brome la solidifie ; les procédés qui servent à l'obtenir la donnent toujours souillée de colophène (Deville).

(d) Peucyle de MM. Blanehetet Sell , térébilène de M. Deville. On obtient cette modification en décomposant par la chaux la modification liquide du téréhydrène chloré. Sa densité , à 21°, est de 0,843 , c'est-à-dire un peu plus faible que celle de l'essence de térébenthine (Deville).

(e) Essence de sabine. Les baies de sabine [Juniperus Sabina donnent une huile essentielle , dont la composition est la même que celle de l'essence de térébenthine (Dumas, Laurent).

(/") Essence de genièvre , junipérilène. Les baies du genévrier [Juniperus commimis) donnent, par la distillation avec de l'eau, une huile essentielle qui posséder la même composition (Blanchet) et la même densité à l'état de vapeur ( Soubeiran et Capitaine ), que l'essence de térébenthine. Les baies vertes donnent un mélange de deux huiles. Lorsqu'on abandonne l'essence hydrocarbonée avec une lessive de potasse , elle dépose des cristaux qui ont les mêmes propriétés que ceux qu'on obtient avec l'essence de térébenthine ( Zuebner et Buchner).

L'essence de genièvre bout à 160°; elle dé vit; à gauche les rayons de lumière polarisée , mais moins fort que l'essence de térébenthine.

Soumise à l'action du gaz hydrochlorique , elle ne donné pas de camphre solide ; mais après l'absorption complète du gaz , on a un liquide qui paraît renfermer Ci5H26C/2 (Soubeiran et Capitaine).

[g) Essence de persil. Lorsqu'on distille avec de l'eau la graine à'Apium petroselimtm , on obtient un mélange d'un hydrogène carboné liquide et d'une matière camphrée ; on peut séparer ces deux corps par une nouvelle distillation. L'huile liquide bout à 160°, et présente la même composition que l'essence de térébenthine (Lœwig et Weidmann). Le camphre cristallise en prismes hexagones ou en aiguilles ; il fond à 30° et bout vers 300°, en s'altérant en partie (Blanchetet Sell) (1).

(h) Essence de bouleau. Elle se compose en plus grande partie d'un hydrogène carboné C,0H16, qui a la même densité de vapeur et bout à la même température que l'essence de térébenthine (Sobrero).

(i) Bornéène, camphre liquide de Bornéo , hydrogène carboné de l'essence de valériane. Le Dryabalanops Camphora sécrète un mélange camphré, qui se compose principalement de deux principes : l'un est liquide C10H16, et renferme en dissolution OHl80 (bornéol normal G.); il est très recherché en Orient, où on l'emploie depuis longtemps pour combattre les affections rhumatismales. Ce liquide , après avoir été purifié par la distillation, a une odeur particulière , qui n'est pas camphrée, et qui se rapproche beaucoup de celle de l'essence de térébenthine. Il est plus léger que l'eau , presque insoluble dans ce liquide , et bout vers 165°. Il absorbe la même quantité d'acide hydrochlorique que l'essence de térébenthine (Pelouze). Il dévie le plan de polarisation des rayons lumineux, vers la gauche de l'observateur , comme l'essence de térébenthine , mais avec une énergie

'1) MM. Blanchet et Sell y ont trouvé : carbone 65,93 — C5,13 (anc. poids) ; hydrog. 6,35 — 6,41. — MM. Lœwig et Weidmann y indiquent au contraire : carbone 70,82 — 70,27 ; hydrog. 7,88 — 7,94 ; mais ces derniers chimistes n'avaient pas op.'i crislaui purs.

bien plus forte [Biol . Abandonné dans des vases mal fermés, il parait s'oxygéner.

Le camphre de Bornéo solide, soumis à la distillation avec de l'acide pbosphorique anhydre, donne également un hydrogène carboné Çl0Hî6 (Pelouze).

Lorsqu'on fractionne les produits de la distillation de l'essence de valériane (voyez t. I, p. 575), et qu'on soumet les premières portions a l'action de la potasse tondant»1, il passe un hydrogène carboné, qui possède exactement les propriétés du camphre liquide de Bornéo. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à -i,60; son point débullition est à 160°. Il absorbe le gaz hydroehlorique, en produisant une combinaison cristallisée. Abandonné pendant quelque temps dans l'eau, surtout en présence d'une lessive de potasse , il fixe H20 , et se convertit en camphre de Bornéo solide (Gerhardt).

L'huile de camphre, décrite par MM. Martius et Ricker comme un oxyde C20H32O , n'est, suivant moi, qu'un mélange d'hydrogène carboné C1ÛH16, et de camphre de Bornéo solide.

(j) Essence d'élémi. Les quantités d'essence qu'on peut extraire de la résine varient entre des limites très étendues. Les résines de bonne qualité en donnent jusqu'à 13 p. c. L'essence, convenablement rectifiée, a une densité de 0,8*9 à 11°, 5, dévie beaucoup à gauche le plan de polarisation de la lumière, bout à 174°, et présente la même composition et la même densité de vapeur que l'essence de térébenthine (Deville, Stenhouse). Elle donne , avec le gaz hydrochlorique , un camphre liquide et un camphre solide, renfermant C10HISC/2 (Deville).

(k) Essence de gomart. Le gommier ou gomart des Antilles donne une résine d'où l'on extrait environ 4,7 p. c. d'huile essentielle CIÛHl6= 2 vol. , ayant l'odeur de l'essence de térébenthine, et donnant, par le gaz hydrochlorique, un camphre CioH'8C/2 (Deville).

(/) Essence de citron. La paroi extérieure du fruit des différentes espèces de Citrus donne , par la distillation avec l'eau , une huile essentielle qui présente les plus grandes analogies chimiques avec l'essence de térébenthine ; elle bout généralement un peu plus tard (à 173°) que celle-ci [voyez 1. 1, p 163). Sa densité est de 0.847; celle de sa vapeur est exactement la même que

celle de l'essence de térébenthine (4,87 — 4,81 ; Soubeiran et Capitaine). Elle dévie à droite les rayons de lumière polarisée.

Lorsqu'on y fait passer du gaz hydrochlorique , elle donne uncamphre liquide et un camphre solide (citréhydrène bichloré G.), qui diffère du camphre obtenu par l'essence de térébenthine , en ce qu'il renferme, pour la même quantité C,0H16, le double d'acide hydrochlorique = C10H18C/2 (Dumas , Blanchet et Sell ).

Abandonnée avec un mélange d'acide nitrique et d'alcool , elle donne exactement le même "camphre (l) (térébol normal G.) que l'essence de térébenthine (Deville).

Traitée par l'acide sulfurique concentré , elle éprouve le même changement moléculaire que l'essence de térébenthine , en donnant du térébène (modifie, b) et du colophène C20H32 (Deville).

(m) Citrène, citronyle. En distillant sur de l'hydrate de potasse , ou sur de la chaux vive , le camphre hydrochlorique de l'essence de citron , on obtient un liquide C10H16, d'une densité de 0,8569, bouillant à 165°. et possédant d'ailleurs les mêmes propriétés que l'essence primitive ; il absorbe le gaz hydrochlorique r et donne de nouveau une combinaison cristallisable ( Blanchet et Sell). Sa densité, à l'état de vapeur, est la même que celle de l'essence de térébenthine, mais elle n'exerce aucun pouvoir rotatoire sur la lumière polarisée (Cahours, Soubeiran et Capitaine).

(n) Essence d'orange. Elle se comporte comme l'essence de citron ; la densité de sa vapeur est la même; elle fournit, par le gaz hydrochlorique , un camphre liquide et un camphre solide r identique avec celui que donne l'essence de citron (Soubeiran et Capitaine).

(g) Essence de bergamotte. En soumettant à la presse le zeste de bergamottes , on obtient une huile essentielle , qui est un mélange de deux ou de trois principes particuliers , dont l'un , au moins , présente la composition C10!!^; mais il est difficile d'isoler ce dernier par une simple distillation. Si l'on met l'essence rectifiée en contact avec de l'acide phosphorique anhydre, elle

(1) M. Mulder {Annal, der Chem. w. Pharm., t. XXXI, p. 69) a trouvé, dans une très petile quantité de camphre qui s'était déposée dans l'essence de citron : carbone 55,0 (anc. poids) , hydrog. 9,2. Mais il n'a opéré que sur 0gr , 160 de matière ; ces nombres ne présentent donc aucune garantie.

s'échauffe . el donne alors à la distillation une huile dont l'odeur ressemble à celle du térébène (modifie, b); cette huile renferme exactement C,0H16. Le résidu de la distillation parait contenir une combinaison copulée [acide phospho-bergamique) , du moins il donne des composés solubles avec la chaux et l'oxyde de plomb (Soubeiran et Capitaine).

L'essence brute dépose souvent un stéaroptène (bergaptène) , qui cristallise en aiguilles, fusibles à 206°, et volatiles sans décomposition (l); ces cristaux sont sans odeur, et se dissolvent dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther. L'acide sulfurique concentré les colore en rouge; l'acide nitrique les attaque à chaud sans produire d'acide oxalique (Mulder, Ohme).

L'essence de bergamotte brute renferme aussi de l'acide acétique (Ohme).

(p) Carvène. L'essence de carvi est un mélange d'un hydrogène carboné C'°H16 et d'une huile oxygénée, qu'il est difficile de séparer par une distillation pure et simple. On obtient l'hydrogène carboné en distillant l'essence brute avec de l'acide phosphorique vitrifié, jusqu'à disparition complète de l'odeur de carvi ; on purifie le produit sur de l'hydrate de potasse. C'est une huile d'une odeur agréable, bouillant à 173°, ayant sensiblement la même densité de vapeur que l'essence de citron et de térébenthine, et donnant, avec le gaz hydrochlorique , un camphre qui a la même composition que celui de l'essence de citron (Schweizer).

(q) Essence de poivre. Le poivre [Piper nigrum) donne une huile essentielle bouillant à 167°, 5, et présentant la composition C'°Hi5 (Dumas).

Elle absorbe beaucoup de gaz hydrochlorique sans donner de camphre cristallin.

La densité de sa vapeur est la même que celle de l'essence de térébenthine (Soubeiran et Capitaine).

(r) Gaulthérylène. Sous ce nom, M. Cahours désigne l'hydrogène carboné qui entre en faible proportion dans l'huile du Gaultheria procumbens (450) ; il est incolore, et bout à 160° ; son

(1) Elles renferment , suivant les analyses de M. Ohme et de M. Mulder : carbone 67,2 (anc. poids) , hydrog. 3,8 , oxygène 29,0.

odeur, assez agréable, se rapproche de celle de l'essence de poivre. La densité de sa vapeur a été trouvée, par expérience, égale à 4,92. Il donne, avec l'acide nitrique, une masse résinoïde; avec le chlore et le brome, des produits visqueux.

(s) Caoutchine de Himly (l). Lorsqu'on fractionne les produits de la distillation sèchedu caoutchouc , on obtient, entre 140 et 200°, une huile qui, rectifiée, bout à 171°, présente une densité de 0,842 à l'état liquide, et de 4,461 à l'état de vapeur. Cette huile renferme C1UH'6, donne, avec le gaz hydrochlorique , un camphre liquide C'°H,7C/, et s'accouple avec l'acide sulfurique (Himly).

(t) Essence d'Athamanta oreoselinum. Les feuilles fraîches ont donné une essence dont l'odeur ressemblait à celle de genièvre, qui bouillait à 163°, avait une densité de 0,843, et la composition de l'essence de térébenthine. Il n'y avait qu'une .faible quantité d'une huile oxygénée. Saturée avec du gaz hydrochlorique,

(1) La gomme élastique ou caoutchouc est le produit de la dessiccation d'un suc laiteux qu'on extrait, par incision, de plusieurs arbres, tels que Hœvea guianensis , Jatropha elastica , Ficus religiosa, qui viennent dans l'Amérique du Sud. Elle se compose en plus grande partie de carbone et d'hydrogène, el renferme eu outre des parties albumineuses. M. Faraday y indique 87,2 carbone et 12,8 hydrogène. Cette analyse n'est naturellement qu'approximative; il est possible que le caoutchouc soit lui-même un polymère des camphènes ou des hydrocarbures de la série homologue R.

Les meilleurs solvants du caoutchouc sont les huiles essentielles (essence de térébenthine) , les huiles du goudron de houille, ainsi que les huiles qu'on obtient par la distillation sèche du caoutchouc lui-même. Par une longue ébullition avec de l'eau, le caoutchouc se ramollit , se gonfle, et devient plus facile à dissoudre dans les huiles et même dans l'éther absolu.

A l'état de pureté, le caoutchouc est incolore, transparent et très élastique ; il fond vers 125% et peut supporter une température supérieure sans se décomposer. Mais, après le refroidissement, il est gluant et visqueux , et se maintient dans cet état pendant des années entières.

Soumis à la distillation sèche , le caoutchouc donne naissance à des hydrocarbures nombreux qui ont été étudiés par M. Himly et M. Bouchardat ; plusieurs d'entre eux sont polymères du gaz oléfiant et paraissent appartenir à la même série homologue (dans ce cas est, par exemple, le caoutchènr , t. 1 , p. 542, et Vhévéène C20H40).

On sait que le caoutchouc est d'un grand usage, dans les arts industriels . pour la fabrication des tubes -Mastiques . des tissus imperméables, fie.

cette essence a donné un camphre liquide C,0(H'7C/), probablement identique avec celui que fournit l'essence de térébenthine

S hnedermann et Winkler).

(?/) Il faut encore ranger parmi les camphènes les hydrogènes

carbonés qui sont contenus dans les essences extraites des clous de girofle , des fleurs d'ulmaire (Ettling), des feuilles de laurier (Stenhouse) , et sans doute de beaucoup d'autres plantes.

L'huile décrite par M. Claus sous le nom de camphine , et obtenue par la distillation d'un mélange d'iode et de camphre des laurinées, appartient probablement aussi à la classe des camphènes; elle bouillait entre I67»et 170° (1).

508. Camphène quadriehloré (chlorure d'essence de térébenthine, chlorotérébène). C10(H,2C/4). —L'essence de térébenthine absorbe le chlore , en s'échauffant considérablement et en développant de l'acide hydrochlorique. On finit par obtenir un liquide visqueux, incolore, d'une odeur particulière camphrée, et d'une saveur sucrée et amère en même temps. Sa densité est de 1,36. Le même produit s'obtient par l'action du chlore sur le térébène (modifie, b).

Le C. quadriehloré se décompose par l'action de la chaleur; quand il a été préparé avec l'essence de térébenthine , il fournit , dans ces circonstances , beaucoup de téréhydrène chloré solide (a) ; obtenu avec le térébène (b) , il donne du téréhydrène chloré liquide [b). Ces produits sont , en outre, accompagnés d'un dégagement d'acide hydrochlorique, ainsi que de C. bichloré, et laissent un résidu de charbon (Deville). Lorsqu'on fait agir du chlore longtemps sur le téréhydrène chloré («) , on finit par obtenir du C. quadriehloré à l'état solide (chlorocamphène) ; ce produit fond, sans se volatiliser, entre 110 et 115°. Si on le chauffe doucement en élevant progressivement la température , il dégage beaucoup d'acide hydrochlorique , en donnant des cristaux et des matières huileuses (Deville).

Camphène bichloré (monochlorotérébène). — C10(H14C/2). — • Liquide d'une densité de 1,137.

Camphène quadribremé (bromure d'essence de térébenthine, bromotérébène). — Liquide visqueux, d'une densité de 1,975, et qui se décompose par la distillation (Deville).

(1) Voir, pour plus de détails, Revue scient. . t. IX, p. 181.

Genre Cymène R~6.

509. Hydrocarbure; se rencontre tout formé dans l'essence de cumin (Cuminum Cyminum). On l'obtient aussi en distillant le campliol normal sur de l'acide phosphorique anhydre (Dumas, Delalande), ou sur du chlorure de zinc (Gerhardt) : .

C10H16O = I120 -f CieHt4.

Cymène normal (camphène, camphogène). — C10H^. —Ce principe, qui accompagne le cuminol normal dans l'essence de cumin , ne peut pas en être séparé , à l'état de pureté , par une simple distillation. Bien qu'il soit beaucoup plus volatil que le principe oxygéné de cette essence , il en entraîne toujours une certaine quantité, de sorte que, pour l'isoler, il faut rectifier, sur de la potasse en fusion , les premières portions de la distillation de l'essence de cumin. La potasse retient alors tout le cuminol a l'état de cuminate, et le C. normal passe parfaitement pur.

Ainsi obtenu , il se présente sous la forme d'un liquide incolore , réfractant fortement la lumière , et d'une odeur citronnée fort agréable. Sa densité, à l'état liquide, est de 0,861 à 14°. Il bout à 1 75° d'une manière constante ; la densité de sa vapeur a

été trouvée égale à 4,59 — 4,70 — - - . Il ne s'altère pas au

contact de l'air (Gerhardt et Cahours).

Il est insoluble dans l'eau , et se dissout avec facilité dans l'alcool , l'éther et les huiles essentielles.

L'acide sulfurique concentré ne l'attaque pas à froid ; l'acide sulfurique fumant le dissout en produisant un acide copule (voy. g. Sulfocyménate). L'acide nitrique de concentration moyenne ne l'attaque pas à froid ; mais quand on chauffe le mélange, il développe des vapeurs rutilantes , et le C. normal finit par se transformer en un acide particulier qui se précipite , par le refroidissement , sous la forme d'une masse caillebotteuse. L'attaque est très vive par l'acide nitrique fumant, mais alors il se produit en même temps une résine jaune.

La potasse caustique , sous quelque forme qu on remploie s

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est sans action sur le C; le chlore et le brome l'attaquent déjà à froid en produisant un corps chloré ou brome qui se décompOGe par la distillation. Enfin le C. est vivement attaqué par un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse ; il distille une huile sur laquelle la potasse caustique est sans action (Gerhardt et Cahours).

Quand on distille le camphre des laurinées sur de l'acide phosphorique anhydre , on obtient un liquide qui présente la même composition , les mêmes densités et le même point d'ébullitiun que le corps qu'un vient de décrire. Le même produit s'obtient avec le camphre et le chlorure de zinc , et ce procédé de préparation est même plus expéditif. Il y a toutefois une différence d'odeur, mais on peut détruire l'odeur citronée du G. de l'essence de cumin en le dissolvant dans l'acide sulfurique et précipitant de nouveau par l'eau. Dans tous les cas , la différence n'est pas aussi grande que celle qui existe entre les différentes modifications du g. camphène.

Si l'on traite à chaud , par l'acide nitrique fumant, le produit que donne le camphre par l'acide phosphorique anhydre, il finit par se transformer , selon Delalande, en une matière blanche , solide et cristallisable , surtout au sein de l'acide nitrique. Cette matière exhale une odeur assez suave et contient une forte proportion d'azote.

Genre Xaphtessarène R-8.

510. Hydrocarbure hyperhalide , formé par l'action du chlore et du brome sur les différentes espèces du g. naphtalène ; toutes les espèces qu'il renferme se dédoublent, par la distillation sèche ou par l'action des alcalis , en donnant des espèces du g. naphtalène.

Naphtessarène qundrichloré (chlorure de naphtaline, hydrochlorate de chloronaphtalèse , La.). — C,0(H8C/4). — On le prépare en faisant passer un courant de chlore sur du naphtalène normal à la température ordinaire. Celui-ci fixe alors 4 équivalents de chlore en entrant en fusion. Vers la fin de l'opération, la matière s'épaissit un peu et se prend en une masse semblable a T huile d'olive figée , ou bien ii se dépose des cristaux grenus

recouverts d'une couche huileuse. Ce produit est un mélange d'espèces chlorées des genres N. etnaphduène; on y verse un peu d'éther pour rendre l'huile plus fluide , et l'on jette le résidu sur un filtre ; celui-ci , dissous dans l'éther bouillant , ciïstaHise en prismes courts , obliques , à base rhombe , qui se présentent avec différentes modifications.

Il est incolore , transparent , inodore , insoluble dans l'eau , à peine soluble dans l'alcool , un peu plus dans l'éther. Il se décompose , par la distillation sèche , en acide hydrochlorique et espèces chlorées du g. naphtalène. Une dissolution alcoolique de potasse le décompose pareillement. L'acide sulfurique de Nordhausen dégage de l'acide hydrochlorique sous l'influence de la chaleur. Le liquide , étendu d'eau et neutralisé par la baryte , donne -un sel chloré très soluble et cristallisant difficilement (Laurent).

Porté à l'ébullition avec de l'acide nitrique , le N. quadrichloré donne un liquide volatil que nous avons déjà décrit sous le nom de formène bichloro-binitrique (197), ainsi que du phtalate normal (457) qui reste dans le résidu ( Marignac).

Naphtessarme quintickloré (chlorure de chlonaphtase , La.).

— C10(H7C/5). — Ce composé est fort remarquable par la beauté et la grosseur de ses cristaux. On peut l'obtenir en traitant par du chlore l'espèce précédente, ou bien aussi le naphduène bichloré.

Il cristallise en prismes droits à base rhombe , modifiés par plusieurs facettes. Il entre en fusion à 105°, se décompose entièrement par la distillation , ainsi que par la potasse alcoolique.

L'acide nitrique bouillant le convertit, suivant l'énergie de la réaction , en acide hydrochlorique et naphtalol bichloré , ou naphtalate chloré , ou phtalate et oxalate normal :

C10(HW) + O2 = 3HCJ 4- C10(H*C/2)O'2.

Cio(H7c/5) } h2o + o2 = una + c10(h5c/)o3.

CiO(H7Cj5) j 3H20 + O5 = 5HCJ + C8H604 + C2H20<.

Il existe aussi une modification huileuse du N. quintichloré , qui accompagne la modification solide ( Laurent).

Naphtessarène sexchloré (chlorure de chlonaphtèse , La.). —

— C,0(H6C/6ï. — M. Laurent en décrit trois modifications iso-

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mères. On obtient la modification solide en traitant par le chlore le naphtalène bicolore tondu. La combinaison s'opère sans dégagement de HC/; on lave le produit avec un peu d'é- Iher, puis on fait dissoudre le résidu dans ce liquide bouillant. Il se produit des prismes obliques a base rhombe, incolores, inodores, fusibles a Mo, et se décomposant par la distillation t-ii donnant du naphtalène quadrichloré (Laurent) :

C'°(H6C/6) = 2IIC/ -f 0'(I1<C/4).

Napkte&sarène seçcbromé (bromure de bronaphtèse , La.).

qm u^Br6). — On peut préparer ce composé en versant du brome sur le naphtalène normal ou bibromé. 11 est peu soluble dans l'éther bouillant. Il se décompose, par la distillation sèche, en géant de l'acide hydrobromique accompagné d'une petite quantité de brome , et il se dépose dans le col de la cornue du naphtalène quadribromé (Laurent j.

Naphtessarène cMoro-quintibromé (bromure de chlorobronaphtèse, La.). — C,0(H6C/B/5). 31. Laurent l'obtient en traitant le naphtalène chloré par un excès de brome. Petits prismes incolores , d'un éclat très vif, fondant à 110% et dégageant alors beaucoup de brome et d'acide hydrobromique.

Naphtessarène bichloro-qitadribromé (bromure de chlonaphtèse). — C,0^H6C/2B>'4). — Il se produit lorsqu'on verse du brome sur le naphtalène bichloré.

Naphte$sarèrw septibromé (bromure de bronaphtise, La.). — 0(H5Br). — 11 se forme dans l'action du brome sur le naphtalène bibromé , et cristallise en prismes obliques à base oblique , très voisins d'un prisme oblique a base rhombe , et qui en possèdent les modifications symétriques. Il est très peu soluble dans l'éther. Par la distillation , il se décompose en dégageant du brome , et il se forme un autre produit qui n'a pas été examiné.

Naphtessârène bibromo -quadrichloré (chlorure de bronaphtèse, La.). — C10(H6Br2C/4). — En faisant passer un courant de chlore sur du naphtalène bibromé en fusion, M. Laurent a obtenu une huile épaisse qui , après avoir été traitée par l'éther, a déposé une poudre cristallisant en longs prismes obliques à base rhombe , incolores , très peu solubb's dans l'alcool et l'éther. Ce c orps entre en fusion vers 155", et en se solidifiant , cristallise eu

prismes. Par la distillation , il se décompose en donnant du brome , de l'acide hydrochlorique et hydrobromique , ainsi qu'un mélange de naphtalène bromo-trichloré et de naphtalène trichloré :

2[Ci°(H6BrW)] = Br2 + HBr + 2HG/ + C'°(H4BrCf3) + C10(HSC!3).

Une dissolution alcoolique et bouillante de potasse le transforme en un produit qui est assez soluble dans l'éther et qui cristallise en aiguilles très fines (Laurent).

Naphtessarène bibromo-quintichloré (chlorure de broméchlonaphtise, La.). — C10(H5Br2C/5). — Il se produit à peu près dans les mêmes circonstances que l'espèce précédente et cristallise en prismes obliques à base oblique. 11 est très peu soluble dans l'éther, et fond à 150°. Le chauffe-t-on un peu au-delà de son point de fusion , il reste mou et transparent après s'être refroidi , et ne se solidifie qu'en partie en formant une masse opaque sans apparence cristalline. Si on le chauffe alors très légèrement, il cristallise en tables rhombes.

Une dissolution alcoolique et bouillante de potasse le convertit en chlorure et en naphtalène bibromo-trichloré :

C'°(H5Br2C/5) = 2HCZ -f C10(H3Br2CJ3).

Genre Naphduène R-10.

511. Hydrocarbure hyperhalide , produit par l'action du brome ou du chlore sur le g. naphtalène ; les espèces qu'il renferme se décomposent par la distillation sèche en acide hydrochlorique , acide hydrobromique ou brome, et en espèces dérivées du g. naphtalène ; les alcalis caustiques y déterminent une décomposition semblable.

Naphduène bichloré ( sous-chlorure de naphtaline , La. ). — C10(H8C/2). — Ce composé, qui est liquide, s'obtient toujours en même temps que le naphtessarène quadrichloré par l'action du chlore sur le naphtalène normal. Il est difficile de l'obtenir pur. Il est soluble en toutes proportions dans l'éther , moins soluble dans l'alcool.

En le distillant plusieurs fois , on le convertit en acide hydrochlorique et en naphtalène chloré.

i>i\u:mf. FAMiLLk. 145

Une dissolution alcoolique de potasse opère assez prompte-

uu'iit ce dédoublement. Le chlore le transforme en naphtessa-

lène quintichloré (Laurent).

Naphduène quint ibromé (sous -bromure de bronaphtise La. .

— C,0(H5B/*5). — Ce composé se rencontre quelquefois avec le naphtessarène sexbromé , dans l'action du brome sur le naphta bène normal. Il se décompose, par la distillation , en donnant de l'acide hydrobromique , une matière cristalline et une petite quantité de brome (Laurent).

Naphdvènebromo-bichloré (sous-chlorure de bronaphtase La.).

— 0(H7B/*C/2). — Lorsqu'on fait passer un courant de chlore dans du naphtalène brome brut, celui-ci s'épaissit et laisse déposer une matière qui cristallise dans l'éther bouillant en petites tables rhomboïdales fusibles à 165 ; elles dégagent , par la distillation, du brome ainsi que de l'acide hydrochlorique et hydrobromique ( Laurent

Genre Naphtalène R~ ,2.

512. Hydrocarbure. L'espèce normale se produit dans une foule de circonstances , quand on expose des matières organiques à une température fort élevée , en leur faisant , par exemple , traverser des tubes chauffés au rouge ; le goudron de houille en renferme une quantité notable. Elle se produit , dans la distillation sèche du benzoate calcique, parla décomposition de la benzone à une température élevée :

2[C7iH5Ca)02j = C02,Ca20 -f C,3Hi°0.

4[C,3H10O] == 2C02 -f- 5Cl0H8.

Les espèces de ce g. ont la propriété de fixer directement du 0/ ou du Br de manière a se convertir en espèces dérivées des g. naphtessarène (510) et naphduène (511).

Naphtalène normal (naphtaline). — C10H8. — On 'extrait ce corps du goudron de houille en soumettant celui-ci à une nouvelle distillation ; il passe d'abord des matières huileuses renfermant du N. , et plus tard elles en sont tellement chargées qu'elles se prennent en une masse molle et butyreuse ; les toutes dernières portions renferment de l'anthracène. On peut aussi n. 10

146 HISTOIRE El CLASSIFICATION.

détruire d'abord par le chlore les matières huileuses jusqu'à ce qu'elles soient devenues noires . puis distiller le mélange jusqu'à ce qu'il se carbonise, refroidira — 10° le produit qui passe, et soumettre le dépôt de N. à l'action de la presse. On le purifie par de nouvelles cristallisations dans l'alcool (Laurent).

Le N. normal est parfaitement incolore , et présente une odeur goudronneuse ; sa saveur est acre et aromatique. En le faisant cristalliser, soit dans l'alcool , soit par sublimation , on l'obtient sous la forme de lames rhomboïdales extrêmement minces ; pour l'obtenir en cristaux plus gros , on le fait dissoudre dans l'éther, et on abandonne la dissolution a une évaporation spontanée dans une fiole à fond plat dont l'ouverture est légèrement bouchée à l'aide d'un cornet de papier ; au bout de plusieurs jours le fond de la fiole se trouve recouvert de cristaux , parmi lesquels on en trouve de très gros parfaitement nets. Leur forme est celle d'une table ou d'un prisme oblique à base rhombe ; les angles aigus sont tronqués (Laurent).

Il fond à 79" et bout à 220° ; la densité de sa vapeur a été

trouvée égale à 4,528 = ( Dumas ; à l'état solide elle est

de 1,048. H distille aisément avec les vapeurs d'eau et brûle avec une flamme très fuligineuse.

Il est insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eau bouillante ; il se dissout avec facilité dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses et les huiles essentielles.

Soumis a l'action du chlore , le X. normal donne naissance au moins à deux produits, le naphtessarène quadrichloré et le naphduène bichloré :

Mais en même temps il se développe de l'acide hydrochlorique , attendu que l'action du chlore se porte aussi sur l'hydrogène des nouveaux produits de manière à donner d'autres combinaisons dérivées des mêmes genres ; ces combinaisons , soumises à la distillation ou traitées par la potasse, se dédoublent en HC/ et produisent des espèces chlorées du genre N. C'est aux travaux

DIXIÈME FAMILLE. li~

infatigables de M. Laurent que dous devons la connaissance de

- ombreux composes 1 .

Le brome, mis en contact avec le N. normal, produit imme diatement du X. brome ; par un excès de brome il se forme du N. bibromé

L'acide nitrique ne l'attaque pas a froid ; a* chaud , on obtient successivement le X. nitrique, binitrique et trinitrique ; une action prolongée donne aussi du phtalate normal ou nitrique 457 et de l'oxalate normal :

CiOH» -f O8 = CWO* 4. C2H*0«.

La potasse ne l'attaque d'aucune manière.

L'acide sulfurique concentre dissout le N. normal à chaud en le transformant en un acide copule que nous décrirons plus tard (g. Sulfonaphtalate) ; dans certaines circonstances, qui n'ont pas encore été bien déterminées, il se produit, suivant M. Berzélius, un second acide copule (g. Sulfonaphtinate). L'acide sulfurique fumant , employé en excès , produit les mêmes acides copules ; s^ l'on prend plus de N., on obtient le sulfonaphtalide normal 20e fam. ) :

2CinH8 -f- SO3 = LPO -f- C20H,45O2.

Quand on fait chauffer du X. normal avec du bichromate de potasse en poudre, un peu d'eau et de l'acide sulfurique, l'attaque est tantôt fort violente . tantôt très faible ; cela dépend de la quantité d'eau ajoutée. Une seule fois. M. Laurent est parvenu à obtenir un acide Cl0H6O4 (g. Nmphtésate).

513. Naphtalène chloré ( chloronaphtalase , chloronaphtase La.j. — C,0(H7C/). — On obtient ce composé en faisant bouillir le naphduène bichleré avec une dissolution alcoolique de potasse ; par l'addition de l'eau , il se dépose une huile que l'on soumet à la distillation pour la purifier. Il se produit aussi en petite quantité par la distillation du naphduène bichloré.

Le naphtalène chloré est huileux . incolore , soluble en toutes proportions dans Féther; il distille sans altération, et n'est pas attaqué par la potasse. Le brome le décompose avec effer

(i) Ils se trouvent au complet dans la Revue scientifique. 1S43.

vescence. en le transformant en acide hydrobromique et en naphtessarène chloro-quintibromé :

C10(H7C/) + Br6 = UBr -f- C10(H6C/Br*).

Le chlore le transforme en une huile particulière , qui se change en N. trichloré , sous l'influence d'une dissolution bouillante de potasse. Si l'on fait agir le chlore à chaud , on obtient immédiatement du N. trichloré ou quadrichîoré.

Naphtalène bichloré ( chloronaphtalèse , chlonaphtèse La. ).

— C °(H6C/2). — Ce composé s'obtient en plusieurs modifications isomères, suivant la manière dont on le produit.

Naphtalène trichloré (chloronaphtalise). — C10(H5C/3). — Ce produit prend naissance dans plusieurs circonstances , principalement lorsqu'on distille ou qu'on traite par la potasse les espèces chlorées du g. naphtessarène. M. Laurent en a décrit plusieurs isomères.

Naphtalène quadrichîoré ( chlonaphtose La.). — C10(H4C/*).

— M. Laurent en a décrit quatre modifications isomères. Naphtalène sexchloré ( chlonaphtalase La.). — C,0(H2C/6). —

On l'obtient en faisant passer longtemps du chlore dans l'espèce trichlorée, aune haute température. Prismes à 6 pans, mous comme de la cire, et se laissant tordre sans se briser ; peu solubles dans l'alcool et l'éther ; volatils sans être décomposables , et inaltérables par la potasse.

Le N. sexchloré est difficilement attaqué par l'acide nitrique bouillant; toutefois, il finit par se transformer en naphtalol sexchloré (Laurent) :

Naphtalène per chloré ( chlonaphtalise La. ). — CI0C/8. — M. Laurent a obtenu ce corps en faisant passer un courant de chlore dans le N. trichloré maintenu en fusion. Aiguilles légèrement colorées en jaune pâle, et très cassantes, formant des prismes à 4 pans, dont les angles sont de 112° 30' et 67° 30'. Ces cristaux sont très peu solubles dans l'éther bouillant , volatils sans décomposition , et inattaquables par la potasse.

Naphtalène brome ( bromonaphtalase , bronaphtase La.). —

O H:B/ . — 11 s'obtient par l'action du brome sur le N normal; par l'action d'un excès de brome, il se produit du N. bibromé. Huile incolore, volatile sans décomposition, et inattaquable par une dissolution alcoolique de potasse ; le chlore se combine avec elle en produisant C°H:B/ C/2.

Naphialène bibromé ( bronaphtèse La. ). — 0(H6Br-). — Longues aiguilles dont la section est un hexagone dérivant d'un rhombe de titi a 67°. très soiublesdans l'alcool et L'éther, fusibles a 59° ; volatiles sans décomposition et inattaquables par la potasse.

Naphialène tribromé (bronaphtise La.) — C^H^Br3). — Aiguilles plates, extrêmement déliées, fusibles vers 60°.

Naphtalène quadribromé (bronaphtose La.). — C,0(H4B/"4). — Prismes obliques . à base oblique , qui s'obtiennent par la distillation du naphtessarène sexbromé.

Naphtalène bromo - bichloré ( chlorébronaphtise La. ). — C10 H5B/C/2 . — Il s'obtient par l'action du brome sur le N. bichloré. Il est mou comme de la cire , et cristallise en aiguilles par l'évaporation spontanée dans l'éther.

Naphtalène bibromo-bichloré (chlorébronaphtose, broméchlonaphtose La. ). — C1(\H4B/>2C/2;. — Aiguilles a peine solubles dans l'alcool et dans l'éther bouillants, et fusibles a 170 .

Naphtalène bromo-trichloré. — C10 H4B/C/). — Prismes incolores a 6 pans , mous comme de la cire , et volatils sans décomposition.

Naphtalène bibromo - trichloré (broméchlonaphtuse La.) — (mo H3Br2C/3). — En faisant bouillir avec une dissolution alcoolique de potasse du naphtessarène bibromo-quintichloré , on obtient une poudre blanche, qu'on fait cristalliser dans l'éther. Prismes obliques , a base oblique , très brillants , volatils sans décomposition , et inattaquables par la potasse.

En versant du brome sur du naphtessarène quadrichloré , et exposant le mélange pendant un mois au soleil , M. Laurent a obtenu une matière presque insoluble dans l'éther, volatile sans décomposition, et isomère du premier produit (chloribronaphtuse La.).

514. Naphtalène nitrique (nitro-naphtalase, ninaphtase). ■ — C,0(H7X). — L'acide nitrique n'exerce a froid aucune action sur

le N. normal; mais à rébullition , il le décompose rapidement, et il se produit une huile qui se solidifie par le refroidissement. Eu taisant cristalliser la matière solidiiiée trois ou quatre fois dans l'alcool, on obtient le N. nitrique à l'état de pureté (Laurent).

Il est d'un jaune de soufre , insoluble dans l'eau , fort soluble a chaud dans l'alcool , l'éther, l'huile de pétrole et le chlorure de soufre. Par le refroidissement, il se dépose de toutes ses dissolutions, sous la forme d'aiguilles cassantes, qui sont des prismes à 6 pans , dérivant d'un rhombe de ICO et de 80° ; les arêtes aiguës sont tronquées.

Le N. nitrique fond à 43°, et, au moment où il se solidifie , le thermomètre remonte à 54". 11 est volatil sans décomposition; mais quand on le chauffe brusquement , il se décompose avec production de lumière et dépôt de charbon.

Le chlore le convertit en naphduène quadrichloré ; à chaud , on obtient du N. trichloré ou quadrichloré. Le brome le transforme en N. bibromé.

Soumis à l'ébullition avec le soufre , il se décompose en développant du gaz sulfureux.

L'acide nitrique bouillant le change en N. binitrique. L'acide sulfurique de Nordhausen le transforme en sulfonaphtalate nitrique. Une dissolution alcoolique et bouillante de potasse ne le décompose pas ; mais quand on le chauffe dans une cornue avec de la baryte légèrement hydratée , il dégage de l'ammoniaque , du N. normal, une matière huileuse et un corps auquel M. Laurent a donné le nom de naphtase ( 1 )

Napktcdène binitrique ( nitro - naphtalèse , ninaphtèse). — C10(rI6X2). — On obtient ce composé en faisant bouillir de l'acide

(1) Op. obtient ce corps en distillant par pelites portions un mélange de N. nitrique avec 7 ou 8 fois son poids de chaux ou de baryte. Il reste attaché clans le col de la cornue sous forme de pelites aiguilles ; on lave celles-ci avec de l'éther, puis on les distille et on les lave encore avec de l'éther. Il est jaune, insoluble dans l'eau et l'alcool, presque insoluble dans l'éther. La plus petite qi antité de ce corps suffit pour colorer immédiatement en beau bleu violacé une très grande quantité d'acide sulfurique: l'eau l'en précipite sans altération. M. Laurent représente ce corps par C20HnO ; mais le calcul s'éloigne trop de l'analyse qu'il en a faite.

DIXIEME FVM1LLE. 151

nitrique dans un grand ballon , et en y jetant peu à peu du N. normal , tant qu'il s'en disstnit. Par le refroidissement, il se dépose «les aiguilles a peine colorées en jaune. On les lave d'abord avec de L'acide nitrique, puis avec de l'eau et de l'alcool (Laurent). %

Le X. binitrique est très peu soluble dans l'éther, encore inoins dans l'alcool. Les cristaux qui se déposent d'une solution nitrique sont des prismes à 4 pans, et leur solution est un rliombe de 67 à 113°. Ils fondent à 185°; en opérant sur une petite quantité, on peut les distiller sans les altérer, mais par un eeliautlément brusque le corps se déeompose.

Leehlore, a chaud , en dégage des vapeurs nitreuses, et l'on obtient du N. bicolore ou trichloré. Une dissolution alcoolique de potasse le décompose à l'ebullition ; la liqueur devient rouge, puis brune; il se dégage de l'ammoniaque, et, quand on sature la potasse par l'acide nitrique, il se produit un abondant précipité brun.

Chauffé avec de la chaux légèrement hydratée , le N. binitrique développe du X. normal, de l'ammoniaque et une huile brune.

Naphtcdène trinitrique ( nitro-naphtalise , ninaphtise , nitronaphtale). — 0(H5X3). — Pour préparer ce composé, on fait bouillir du N. normal pendant un ou deux jours avec de l'acide nitrique. On obtient ainsi des tables rhomboïdales obliques, ordinairement très irrégulières et dentées en scie, d'autres fois on l'obtient en aiguilles. Il fond au-dessus de 200°, et se volatilise sans résidu quand on le chauffe avec précaution , autrement il se décompose avec explosion. Il se dissout dans une solution alcoolique de potasse , en développant de l'ammoniaque et en la colorant en rouge ; les acides précipitent de la solution des flo cons bruns ou noirs (Laurent, Marignac).

Genre Amyléther R+20.

515. Pseudéther, homologue des g. méther (231) et éther (298) ; produit par l'action de la potasse ou du sulfure de potassium sur le valérène chloré (343).

Amyléther normal (éther amylique). — OH*20. — Le valé-

rêne chloré , chauffé avec de la potasse alcoolique , sous l'influence d'une certaine pression , donne un liquide d'une odeur suave, bouillant à 111 ou 11 2°, et qui paraît être ce composé (Balard).

Amyléther sulfuré (éther sulfhydra^iylique). — C^FPS. — Une solution alcoolique de valérène chloré n'éprouve aucune action sensible à froid de la part d'une solution alcoolique de monosulfure de potassium ; mais si l'on place le mélange sous l'influence d'une certaine pression, dans un vase clos, la réaction s'accomplit (343). On isole l'A. sulfuré par une affusion d'eau ; il bout à 216°, la densité de sa vapeur a été trouvée égale a 6,3. Il possède à un haut degré l'odeur et l'arrière- goût si caractéristique de l'oignon (Balard).

Genre Menthol RO.

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