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Aldéhyde, homologue du g. benzoïlol

Cuminol normal (essence de cumin oxygénée). — C10H»2O. — L'huile essentielle renfermée dans la graine de cumin [Cuminum Cyminum) est un mélange de cuminol et de cymène. Pour se procurer le premier corps à l'état de pureté , on distille l'essence dans un bain d'huile chauffé à 200° , en maintenant la chaleur à cette température jusqu'à ce qu'il ne passe plus rien , puis on distille rapidement le résidu dans un courant d'acide carbonique et on recueille le produit dans un flacon qui bouche convenablement (Gerhardt et Cahours).

C'est un liquide incolore ou légèrement jaunâtre, d'une odeur de cumin très forte et persistante , d'une saveur acre et brûlante.

11 tache le papier comme toutes les huiles essentielles. Son point d'ébullition est à 220° ; la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 5,24.

Lorsqu'on le maintient longtemps en ébullition au contact de l'air , il se colore en se résinifiant et en produisant de l'acide cumin ique.

L'hydrate de potasse le transforme en cuminate à la température de l 'ébullition ; cette transformation est presque instantanée, avec dégagement d'hydrogène, lorsqu'on fait tomber le cuminol sur de la potasse en fusion.

L'acide chromique et le chlore humide le transforment également en acide cuminique.

L'acide nitrique se comporte d'une manière semblable ; l'acide sulfurique concentré lui communique une teinte rouge foncé ; une addition d'eau au mélange en sépare une masse visqueuse et de couleur sale (Gerhardt et Cahours).

Cuminol potassé (potassio-cuminol). — C,0(HuK)O. — Lorsqu'on chauffe un fragment de potassium dans le cuminol , il se produit un dégagement d'hydrogène , et l'on obtient une masse gélatineuse que l'eau décompose en C. normal et potasse. La potasse caustique solide produit le même composé quand on la chauffe au sein du C. normal.

Cuminol chloré (chloro-cuminol). — CI0(HuC/)O. — Lorsqu'on fait passer, à la lumière diffuse, du chlore sec dans du C. normal également sec , le gaz est absorbé en même temps qu'il se dégage de l'acide hydrochlorique. Le produit est jaunâtre, plus pesant que l'eau , et d'une odeur très forte ; il s'altère rapidement à l'air humide en donnant de l'acide hydrochlorique et de l'acide cuminique. Il se décompose aussi par la distillation sèche. Lorsqu'on abandonne a l'air humide une goutte de C. chloré , on la trouve, du jour au lendemain, transformée en cristaux d'acide cuminique parfaitement blancs.

Cuminol brome (bromo-cuminol). — (^(H^BrJO. — Le brome sec, en agissant sur le C. normal, donne une huile plus pesante que l'eau , qui se comporte de la même manière que l'espèce précédente.

DIXIÈME FAMILLB. 1 61

Genre Anéthol \\~H).

521. Isomère du g. cuminol. On connaît aujourd'hui plusieurs liuiles essentielles . dont le principe oxygéné présente la même composition et les mêmes réactions chimiques; deux de ces huiles s'extraient de plantes appartenant à la famille des ombel- Liferes, ce sont les essences d'anis [Pimpinella Anisum)etde fenouil [Anethum Fœnicttltm) ; une troisième provient d'une magnoliaeee. c'est L'essence de badiane ou d'anis étoile (Illicium anisatwn ) ; une quatrième , enfin , s'extrait d'une composée , c'est l'essence d'estragon Artemisia Dracunculus).

oferment en outre une certaine quantité d'un hyarboné qui diffère probablement pour chacune d'elles. Elles offrent de légères différences sous le rapport de quelques caractères physiques; ainsi, par exemple, l'essence d'anis se concrète presque entièrement par le froid, tandis que les autres résistent à un froid bien plus intense avant de devenir solide; de plus, leur odeur n'est pas tout-à-fait la même. Mais elles se noient par Les propriétés suivantes: traité par l'acide nitrique, leur principe oxygéné se dédouble en acide anisique (449) et oxalique :

C'°H,20 -f 0G = C8Hs03 + C2U204.

Mélangé avec de l'acide sulturique concentré ou avec certains chlorures , leur principe oxygéné s'y unit en les colorant en rouge, et l'eau décompose le produit en en séparant une nouvelle modification isomère , sous la forme de caillots blancs et résinoïd<

Eniin . quand on distille leur principe oxygéné avec du chlorure de zinc, il passe une autre modification isomère, liquide, dont l'odeur est la même' pour les quatre essences, et qui a la propriété de se dissoudre dans l'acide sulturique concentré en produisant une combinaison copulée (g. Sidfanéthate).

Anéthol normal. — C10H'2f) (Dumas, Cahours, Gerhardt ). — Nous allons en décrire successivement les différentes modifications.

il. 11

a. Essence concrète d'anis , de fenouil et de badiane. Suivant les observations de M. Caliours, lYssence d'anis brute du commerce renferme plus des 4/5 de matière solide. On exprime celleci entre des doubles de papier Joseph , jusqu'à ce que celui-ci cesse d'être taché , puis on la fait cristalliser à plusieurs reprises dans de l'alcool de 0,85. On obtient ainsi des lamelles douées de beaucoup d'éclat , d'une densité à peu près égale à celle de l'eau ; elle possède une odeur d'anis beaucoup plus faible et plus agréable que celle de l'huile brute. Elle est très friable, surtout à 0°, entre en fusion vers 18°, et bout à 222° en se volatilisant complètement ; toutefois elle jaunit un peu (1).

Exposée à l'air à l'état solide, elle n'éprouve pas d'altération mais si elle est maintenue à l'état liquide , elle s'altère peu à peu et finit par perdre la propriété de cristalliser , et même par se résiniiier complètement .

L'essence d'anis concrète absorbe l'acide hydrochlorique gazeux en produisant une combinaison G10H12O,HC/ renfermant 19,80 p. c. d'acide hydrochlorique.

Lorsqu'on agite cette essence avec de petites quantités d'acide sulfurique concentré , elle s'échauife beaucoup en se colorant en rouge ; l'eau décolore le produit en mettant en liberté la modification <S, que nous décrirons plus bas. L'acide phosphorique , le protochlorure d'antimoine , le bichlorure d'étain , se comportent de la même manière.

L'acide nitrique, en agissant sur l'essence d'anis, fournit,

(1) M. Cahours a déterminé cinq fois la densité de la vapeur de l'essence d'anis concrète ; ses expériences lui ont donné les résultats suivants :

Températures. Densités.

2Zi5 degrés 5,93

Ct0Hl2O La formule donne 5,11. On voit, d'après cela, qu'il faut prendre

la densité de la vapeur de cette essence à une température supérieure de 4 00° à son point d'ébullition. J'ai observé la même chose avec l'essence d'estragon.

suivant son degré de concentration , dé l'àhisyle h. (445}j de L'a-

DÎsate normal un de l'anisate nitrique [4 'À)) ei de l'nxalate Hbrmal ; ordinairement on obtient diissi iihë matière résinoïde. l'A. binitrique.

Par L'action <ln blllore sur l'essence d'anis, on bbtient successivement plusieurs corps chlorés appartenant au genre A. , et parmi lesquels 31. Catiours a observe TA. tricliloré. Le brome produit aisément de l'A. tribromé.

Les alcalis caustiques, en dissolution concentrée et bouillante ] n'exercent aucune action sur l'essence d'anis; mais si on la chauffe avec dé la chaux potassée à la température a Laquelle elle entre en ebullilion , il Se produit une petite quantité d'un acide particulier qui n'a pas encore été examine.

Tout ce qui vient d'être dit s'applique également à la matière concrète qui se dépose dans les essences de fenouil et de badiane, quand on les refroidit. L'A. normal est accompagné, dans ces essences, d'une plus grande quantité d'hydrogène carboné ( Blanchit et Sell, Cahours).

(3. Essence de fenouil amer. Cette essence se compose de deux principes huileux , dont l'un . le moins volatil , peut s'obtenir assez facilement a L'état de pureté a L'aide de la distillation. Cette modification de l'A. normal est Liquide, même à la température de — 10° ; sa densité est un peu moindre que celle de l'eau ; elle entre en ébullition vers 225°, e'est-a-dire sensiblement à la même température que la modification a. Traitée par l'acide nitrique, elle donne les mêmes produits que la modification a. Avec le brome, elle a donné un produit liquide et visqueux, difficile à purifier.

Quant à la partie la plus volatile de l'essence de fenouil , elle constitue un hydrogène carboné qui parait rentrer dans le g. camphène (508), et qui a la propriété singulière de s'unir directement au bioxyde d'azote en produisant une combinaison cristallisée OENîf'O4.

y. Essence d'estragon. Cette essence a été analysée par M. Laurent et par moi. J'ai constaté qu'elle se compose en plus grande partie d'une modification liquide de l'A. normal, modification qui se comporte, sous l'influence de l'acide nitrique, de l'acide sulfurique et des chlorures, absolument comme la modification solide «.

La proportion de l'hydrogène carboné contenu dans l'essence d'estragon n'est pas forte (l) : aussi l'essence brute bout seulement vers 200°, et ce point s'élève peu à peu.

o. Anisoïne. Lorsqu'on verse du bichlôrure d'étàin sur l'essence d'anis ou d'estragon, elle s'épaissit immédiatement, et fournit une masse poisseuse et rouge dans laquelle on aperçoit quelques aiguilles cristallines. Cette combinaison se détruit par l'eau, l'alcool, i'éther et l'esprit de bois. On la délaie dans l'eau, qui en précipite la modification o, que j'avais appelée anisoïne , et l'on dissout celle-ci dans I'éther bouillant.

Par l'évaporation spontanée , i'éther la dépose à l'état de cristaux mamelonnés tellement microscopiques, d'ailleurs, qu'on n'en reconnaît la texture cristalline qu'à l'aide de la loupe. Ces cristaux brûlent sur la lame de platine sans laisser de résidu.

Lorsqu'on ajoute de l'alcool à la dissolution éthérée, cette même modification <î s'en précipite à l'état d'un magma blanc et caillebotteux.

On peut aussi l'obtenir au moyen du protochlorure d'antimoine. A cet effet, on dissout à chaud ce chlorure dans l'essence tant qu'elle prend, en se colorant en rouge. Ensuite on fait bouillir la masse pendant quelques minutes avec beaucoup d'eau ; elle devient ainsi tout-à-fait blanche , et se dépose au fond du ballon. On recueille ce dépôt sur un filtre , et, après l'avoir bien lavé, on l'exprime entre des doubles de papier Joseph; il présente alors l'aspect d'une masse jaunâtre qui se laisse tirer en fils. On la délaie dans très peu d'éther , et l'on précipite la solution filtrée par de l'alcool faible (Gerhardt).

Le même corps se produit si l'on agite l'essence d'anis (Cahours) ou l'essence d'estragon (Gerhardt) avec de petites quantités d'acide sulfurique , et qu'on décompose la masse par l'eau. Mais l'emploi du chlorure d'étain est préférable.

Si l'on emploie de l'acide sulfurique en grand excès , il se produit un acide copule (acide sulfodraconique de M. Laurent), qui

(i) J'ai trouvé dans l'essence recueillie avec la première portion de la distillation, et qui s'élevait à 1/Zi environ de l'huile employée : carbone 81,25, hydrog. 8,61. La formule C10H,2O exige : carbone 81,0 , hydrog. 8,1 ; les portions suivantes offrent exactement cette composition.

se dissout dans L'eau, en même temps qu'une portion d'essence plus ou moins altérée vient surnager.

Obtenue d'une manière ou de l'autre, la modification ô de TA. normal se présente sous la forme d'une substance solide parfaitement blanche, inodore, fusible à une température supérieure à 100'. plus pesante que l'eau, insoluble dans ce liquide, à peine soluble dans l'alcool, même à chaud , plus soluble dans l'éther et dans les huiles essentielles. Elle se dissout dans l'acide sulfurique concentré avec une couleur rouge; l'eau la précipite de cette dissolution. Par l'évaporation spontanée, la dissolution éthérée l'abandonne sous forme d'aiguilles ou de mamelons cristallins (Cahours, Gerhardt).

Quand on la distille elle se volatilise en partie . tandis qu'une autre portion passe a l'état huileux. Cette circonstance me t'ait mer que l'équivalent de l'anisoïne devra être doublé ou triplé.

La partie huileuse qui passe a la distillation de cette modification o me paraît identique avec la modification suivante.

Une dissolution bouillante de potasse caustique n'attaque pas la modification S.

t. Quand on l'ait tondre du chlorure de zinc et qu'on y laisse tomber goutte à goutte de L'essence d'anis concrète ou de l'essence d'estragon, il passe une huile dont l'odeur et les propriétés sont les mêmes, quelle que soit celle de ces deux essences qu'on a employée. Souvent cette huile laisse déposer des cristaux qui sont probablement la modification précédente.

('cite huile m'a présenté la composition C10Hi2f) , et, dans une expérience , jai obtenu , pour sa densité de vapeur , le nombre 5,35. Elle se dissout aisément dans l'acide sulfurique concentra en le colorant en rouge cramoisi très beau ; l'eau fait disparaître cette teinte, et dissout complètement le produit, sans qu'il se sépare rien de solide ; le plus souvent la solution est laiteuse. (V. g. Sulfcméthate.)

éthol triehloré. — CI0(H9C/3)O. — Quand on fait arriver du chlore dans l'essence d'anis, ce gaz est rapidement absorbé ; il se dégage beaucoup de chaleur et d'ahondantes vapeurs d'acide hydrochlorique. Si l'on analyse les produits de la réaction à différentes époques, on trouve qu'ils renferment d'autant plus de

chlore que la matière a été plus longtemps soumise à l'action de ce gaz. L'A. trichloré est incolore, possède une consistance sirupeuse à froid , et se décompose complètement par la distillation ; si on le soumet à chaud à l'action du chlore , il se transforme dans d'autres espèces chlorées du même genre (Cahours).

Anôthoi quadrichloré (chlorure de draconyle et chloro-draconyle). — C10(H8C/4)O. — En faisant passer un courant de chlore dans l'essence d'estragon, M. Laurent a obtenu des produits semblables à ceux qu'avait obtenus M. Cahours avec l'essence d'anis. L'un d'eux avait la consistance de la térébenthine ; il parait constituer l'A. quadrichloré (1).

inéthol tribromê ( bromanisai). — C10(H9Br3)O. — Lorsqu'on verse peu à peu du brome sur l'essence d'anis , le mélange s'échauffe en dégageant beaucoup de HBr ; il se prend en masse si l'on emploie un excès de brome et qu'on l'abandonne au repos. On traite le produit à froid par un peu d'éther , afin d'enlever une certaine quantité d'une huile bromée , et on le fait cristalliser ensuite dans l'éther bouillant.

L'A. tribromê s'obtient ainsi en cristaux assez volumineux qui possèdent beaucoup d'éclat ; il est sans odeur , craque sous la dent , et ne se dissout pas dans l'eau. ïl est fort peu soluble dans l'alcool. Une température un peu supérieure à 100' suffit pour l'altérer ; à la distillation , il se détruit d'une manière complète en développant de l'acide hydrobromique. Un excès de brome ne paraît pas réagir sur lui ( Cahours).

Anéthol binitrique (nitraniside). — C,0(H,0X2)O. — La matière résinoïde et jaune qui se produit par l'action de l'acide nitrique sur l'essence d'anis parait présenter cette composition. Elle fond à 100" environ en se transformant par la potasse en une matière noire , et développant beaucoup d'ammoniaque (Cahours).

Genre Caprate RO.

522. Sel unibasique , homologue des g. formiate, acétate, butyrate , caproate , caprylate , etc.

(1) M. Laurent le considère comme de l'essence d'estragon renfermant da chlore en sus comme les hyperhalides; mais je ne pense pas qu'il en soit ainsi. D'ailleurs la détermination du chlore n'en a pas été faite.

i acides gras volatils qui passent à la distillation . avec l'acide sullurique, du produii de la saponificatioo du beurre de vach . - - parent à l'aide de la différence de solubilité de leurs sels de baryte. Le butyrate et le caproate barytkraes sont plus solubles que le caprylate et le caprate à même base

Lerch).

rate normal (acide caprique). — OH2002 (Lerch). — Les propriétés de cet acide ressemblent à celles de l'acide caproïque Sa densité est île 0,91; lorsqu'on l'agite à 11°, 5, il se prend en une masse d'aiguilles qui se conservent encore à 165, »-t se liquéfient complètement à 18". 11 sent le bouc; il se dissout dans 6 p. d'eau à 20°, et dans l'alcool, en toutes proportions (Chevreul).

Il se pourrait «pie L'acide liquide qui se forme par l'action de l'acide nitrique sur l'essence de rue. tut identique avec l'acide caprique.

Caprate bar y tique. — C'o'H^LVO2. — H cristallise, par le refroidissement , sous forme d'aiguilles ou de petites écailles brillantes. Par l'evaporation spontanée, on l'obtient en petites écailles qui , en se réunissant , prennent un aspect dentritique ; ce caractère distingue 1»' C. barytique du caprylate à même base (Lerch).

Il est très peu soluble dans l'eau , ne renferme pas d'eau de cristallisation , et ne s'altère pas à l'air. Sa solution aqueuse ne se décompose pas non plus par une exposition prolongée à l'air.

Le C. barytique examiné* par 31. Chevreul renfermait , à ce que prétend M. Lerch, du caprylate à même base.

Quant au vaccinale de baryte de M. Lerch , c'était probablement un mélange de butyrate et de caproate.

Genre Valéramylol RO2.

523. Ether unialcoolique , isomère du g. caprate; produit par 'acide valérianique et l'alcool de la 5e famille.

Valéramylol normal [yajéraldéhyde , ether valéramylique). — OH2002 (Dumas et Stass , Balard). — Si l'on mêle du bichromate de potasse saturé à froid avec un excès d'acide sullurique, et qu'on verse de l'amylol normal dans la liqueur ainsi composée.

168 BISTOIHE ET CLASSIFICATION.

le mélange s'échauffe , il se produit de l'alun de chrome . et de l'acide valérianique reste dissous dans un liquide aqueux que surnage le V. normal sous forme huileuse. On l'obtient aussi d'une manière directe avec l'amylol normal et l'acide valérianique.

C'est un liquide dont l'odeur rappelle celle qui s'exhale de certaines vendanges en décomposition, et qui bout à 196" environ. La densité de sa vapeur a été trouvée égaie a 6,17. La potasse le décompose en valérate potassique et amylol normal (Balard).

Genre Térébol RO2.

:^1\. Isomère des g. caprate, valéramylol. L'espèce normale dérive du g. camphène par la fixation de 2H20 :

GiOHiG l 2H20 = C10H20O2.

Térébol normal (hydrate d'essence de térébenthine , cristaux de Wiggers, camphre d'essence de laurier). — Cl0H20O2 + aq.— Lorsque l'essence de térébenthine est soumise à l'action d'un grand froid, il s'en sépare souvent des cristaux d'une matière camphrée. L'essence de térébenthine humide , abandonnée à elle-même, produit des cristaux qui se développent à chaque point du vase occupé par une gouttelette d'eau (Dumas).

On peut les obtenir à volonté , à l'aide d'un mélange d'essence de térébenthine, d'acide nitrique et d'alcool, qu'on abandonne à lui-même pendant quelque temps ('Wiggers). Voici les proportions les plus convenables : 4 litres d'essence ordinaire, 3 litres d'alcool à 36° et 1 litre d'acide nitrique ordinaire du commerce. Au bout d'un mois ou de six semaines, surtout en été, on peut déjàobtenir 225 grammes de cristaux purs. L'essence continue à se transformer, et l'on obtient une quantité considérable de camphre. Les essences de citron et de bergamote donnent absolument le même produit (Deville) ; il a également été obtenu avec l'essence de laurier (Stenhouse).

Ces cristaux renferment 1 éq. d'essence de térébenthine et 3 éq. d'eau Dumas et Péligot, Deville) ; par la sublimation, ils

DIXlÈm FAMILLE. 169

perdent Les éléments de l éq. d'eau (Deville), et présentent alors la composition [l] G^H^O2 (Blanchet et Sell).

Les cristaux qui se déposent dans l'essence de basilic et dans ardamome humides offrent la même composition que ceux qui se déposent dans l'essence de térébenthine (Dumas et IVli..

Par la cristallisation dans l'alcool, on les obtient en prismes à A pans et à base rectangle, d'une limpidité et d'un volume parfaits.

Ce corps fond à 103°. en laissant échapper un peu d'eau; il ne «te pas une température supérieure sans perdre de l'eau. Lorsqu'il vient d'être fondu, il ne se solidifie pas entièrement par le refroidissement, mais reste filant, et ce n'est que peu à peu que la masse se concrète. Quand on chauffe rapidement les cristaux . ; - imposent complètement en OH»02, et en eau

qui se vaporise avec lui sans laisser de résidu (Dumas).

Le T. normal sec fond à 150°, et bout à 251° d'une manière constante; toutefois il se sublime déjà avant de bouillir; il est volatil sans décomposition; la densité de sa vapeur a été trouvée par expérience égale à 6.257 =2 vol. Il exige 200 p. d'eau froide pour se dissoudre, mais il se dissout dans 22 p. d'eau bouillante, et cristallise par le refroidissement. L'alcool et l'éther le dissolvent aussi (Dumas et Péligot .

Le T. normal se dissout à froid dans l'acide nitrique sans s'al-

(1) Dans le traité de M. Liebig, t. II , p. 311 , il est dit par erreur que le camphre d'essence de térébenthine de MM. Blanchet et Sell renferme

2 at. d'eau, et celui de MM. Dumas et Péligot 6 atomes; il faut lire 2 atomes et 3 atomes, ou l\ at. et 6 atomes, suivant que l'essence de térébenthine est représentée par C,0Hl6ou par C20H32. Tous ces chimistes ont analysé le même corps; mais les uns l'ont analysé après l'avoir sublimé , les autres après l'avoir fait cristalliser dans l'alcool ; de là la différence. Les cristaux décrits par MM. Boissenot et Persoz {Annal, de chim, et de phys., t. XXX, p. 442) sont encore le même corps. Il est à remarquer, toutefois, que les cristaux qui se déposent spontanément dans l'essence de citron n'ont pas la même composition ; ils fondent à 45" (Boissenot et Persoz, Annal, de chim. et de phys., t. XLI, p. Zi34) et renferment , selon Mulder {Ann. der Pharm., t. XXXI, 69] , carbone 55,0, hydr. 9,16, c'est-à-dire C10H16 -f H402 + O3. Ceux que ce dernier chimiste a extraits de l'essence de bergamote renfermaient : carbone 67,0 et hydr. 3,8.

térer ; a chaud , il ei\ est décomposé. L'acide sulfurique concentré le dissout aisément avec une couleur rouge; quand on étend d'eau la liqueur acide , elle laisse précipiter une matière résinoide. L'acide acétique dissout aisément les cristaux de T. normal, même à froid; l'acide hydrochlorique ne les dissout bien qu'à l'aide de la chaleur. Les dissolutions concentrées de potasse et de soude ne paraissent en aucune manière agir sur eux ; mais elles les dissolvent quand elles sont étendues (Boissenotet Persoz).

Lorsqu'on le traite par l'acide phospliorique anhydre, on obtient une huile incolore , que la distillation sépare en térébène C10Hlfi (modifie, a) et en colophène Ca°H32.

Si on le traite par le gaz hydrochlorique , il se produit de l'eau et du citréhydrène bichloré solide a et une petite quantité du même corps liquide a.

Dans le traitement de l'essence de térébenthine par l'alcool nitrique , toute l'essence ne se convertit pas en T. normal. La portion qui reste liquide , quoique ayant subi pendant plus de deux ans le contact de la liqueur acide , n'en contient pas moins encore beaucoup d'essence non attaquée, ce dont on s'assure par la distillation. Pourtant il y a encore un produit dense, bouillant vers 220°, et doué d'une odeur particulière (Deville).

Genre Campkolate R-202.

525. Sel unibasique , probablement homologue des g. acrylate (3e fam.), oléate (18e fam.), etc. (l). L'espèce potassique se produit par l'union directe de (KH)0 avec le camphol normal (camphre des laurinées) , sous l'influence d'une forte pression ; nous en avons déjà parlé (145).

Campholate normal (acide campholique). — C^H^O2. — Pour l'obtenir, on décompose par un acide la solution du mélange provenant de l'action de la chaux potassée sur le camphre. Il se dépose alors une masse cristalline , qu'on purifie par la distillation.

(I) Si riiomologie de l'acide oléiqueou élaïdique avec l'acide campholique est réelle, ce dernier se décomposera, sous rinfiuence de la potasse en fusion, en deux sels homologues I\02 (acétate et caprylate?).

elVILMt l-AMll.LL. 1?1

Le C. normal est blanc, el cristallise très biep dans un mélange d'alcool et d'éther. Il entre en fusion a 80°, et bout sans altération vers 250*. Il est insoluble dans l'eau, a Laquelle il communique néanmoins une légère odeur aromatique. La densité de sa vapeur a été trouvée égale a 0,058 [Delalande).

Distillé avec de l'acide phosphorique anhydre, il donne un hydrogène carbone C;,H«°.

ipkolafe argent îque. — C10 H17Ay 0-. — Obtenu en décomposant le C. neutre d'ammoniaque par le nitrate d'argent, le G. argentique se présente sous la forme de flocons eaillebottés.

Campholatt calcique. — G10 H,:l> n2. — Poudre cristalline d'un blanc déneige, qu'on obtient en traitant le G. normal par l'ammoniaque en excès, puis versant dans la liqueur presque bouillante une dissolution de chlorure de calcium.

Soumis à la distillation sèche, le C. calcique donne une huile

génol R-802.

526. C'est probablement un aldéhyde, homologue du g. salicytol . et isomère du g. cuminate.

L'huile qu'on extrait des elons de girofle et du piment de la Jamaïque par la distillation avec de l'eau, est un mélange de deux principes, dont l'un présente la composition de l'essence de térébenthine (Ettlingj, et rentre par conséquent dans les camphènes 508); l'autre principe est oxygéné, et constitue l'E. normal.

A l'état de pureté, l'huile brute est incolore . et ne se solidifie pas à — 18°; sa densité varie de 1,0 55 a 1,060, suivant M. Bonastre.

gugêiwl acide eugénique, essence de girolle oxygé-

— Cu,Ht202 (]).— Pour séparer ce corps, on mélange l'huile

brute avec une dissolution de potasse ou de soude caustique; il

(i) MM. Dumas et Ettîing ont analysé , chacun de son côté , l'essence d<? girofle oxygénée; le premier a obtenu 2 i/2 p. c. de carbone et 2/10 p. c. d'hydrogène de moins que M. Ettling. Quelque temps après , ces analyses ayant été reprises par M. Baickmaun , ce chimiste est arrivé aux résultats de M. Ettling, c'est-à-dire : carbone T2J ( anc. p. atom. ) et

se produit alors une masse cristalline et butyreuse . qu'on soumet à la distillation, après l'avoir étendue d'eau. De cette manière, l'huile indifférente vient se condenser dans le récipient et surnager l'eau; le résidu se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline d"E. potassique, dont on sépare TE. normal à l'aide d'un acide minéral.

Purifié par la distillation, TE. normal se présente sous la forme d'un liquide incolore et oléagineux ; sa densité est de 1,079. Il rougit le tournesol (?), possède une saveur épicée, brûlante , et une forte odeur de girofle. Le contact de l'air l'altère promptement et le résinifie : aussi faut-il le rectifier dans un courant d'acide carbonique. Son point d'ébullition est à 243° (Ettling).

Il donne des sels cristallisables arec la potasse, la soude, l'ammoniaque et la baryte.

Les autres réactions de l'E. normal pur ne sont pas connues. L'huile de girofle brute absorbe beaucoup de chlore , en se colorant et en se transformant en une masse résineuse. L'acide sulfurique la colore en rouge , et la résinifie aussi en partie. L'acide nitrique concentré l'attaque vivement, même à froid, en produisant de l'acide oxalique et une matière résineuse.

Eugéml ammoniacal [eugênate d'ammoniaque). — ClûH1202,NH3. — Quand on fait passer du gaZ ammoniac sec dans l'E. normal, il absorbe 9,8ô p. c. de ce gaz (Dumas), s'épaissit et se convertit en une substance cristalline (l).

Cette combinaison se liquéfie à l'air (Bonastre). L'ammoniaque liquide donne également des cristaux, qui s'y déposent à l'état grenu.

Eugénol potassique. — C>o(HnK)02? — Les cristaux que forme la potasse avec l'E. normal ont peu d'odeur, après qu'ils ont été exprimés; leur saveur est à la fois alcaline et acre comme celle

hydrog. 7,4. Si Ton considère que les combustions n'avaient pas été complétées par l'oxygène gazeux, on peut, je crois, exprimer ces nombres par la formule C10Il12O2 qui exige : carbone 73,17 (nouv. p. atom.), liydr. 7, 32. Toute l'histoire de l'essence de girofle est d'ailleurs à reprendre.

{{) Ma formule exi^e une absorption de 10.3 p. c. d'ammoniaque.

de l'E. normal. Ils se dissolvent clans 10 à 12 p. d'eau froide (i). Eugénol sadique, — Cl0(H!,Na)( >2 ? — Fibres soyeuses et marnelonn< -

Eugénol ban/tique. — Cl0(HuBa n2? — On obtient aisément

cette combinaison en faisant bouillir l'E. normal avec de l'eau de baryte. Elle cristallise en aiguilles très minces, aplaties, quelquefois entrelacées, d'un blanc nacre et brillant (Bonastre). On les purifie par la cristallisation dans l'alcool (-2).

L'eau de strontiane se comporte comme celle de baryte.

E jénol calcique. — Il s'obtient en petites plaques minces, comme micacées, d'une couleur jaunâtre.

Eugénol magnésique. — La magnésie calcinée forme à froid, avec l'E. normal, une combinaison très solide et Lncristallisable. L'E. magnésique est entièrement insoluble dans l'eau.

Eugénol plombique. — Les espèces solubles du g. E. précipitent l'acétate de plomb surbasique, et donnent une masse jaunâtre et emplastique.

I. s E. solubles précipitent le deutosulfate de cuivre en bleu céleste ou vert-de-gris; ils colorent le protosulfate de fer en lilas, lepersuliate du même métal d'abord en rouge, puis en violet , et même en bleu (Bonastre).

M. Bonastre a observé, dans l'eau distillée de girolle, des paillettes jaunâtres et nacrées, qu'il appelle eugéhine, et qui présentent, suivant M. Dumas, la composition de l'E. normal; peut-être ces cristaux sont-ils à ce dernier ce que la benzoîne est au benzoïlol normal.

Genre Santonine R~802.

527 a. Isomère des g. eugénol et cuminate. L'espèce normale

(1) 11. Dumas y indique 12 p. c. de potasse, et les représente par 2[C40H4SO81 . K20 -f- H20 ; mais il est extrêmement rare de l'obtenir exempt d'huile.

(2) M. Liebig indique dans le sel cristallisé dans l'alcool 32 p. c. de baryte ; ma formule correspond à 32,8 p. c. Le même chimiste parle d'un autre sel de baryte n'en donnant que 17 p. c, et qu'on obtiendrait sans faire cristalliser dans l'alcool; mais il me paraît évident que cet autre sel n'était qu'un mélange d'E. normal et d'E. bnrytique, et que ce dernier sel ne s'obtient pur que par la cristallisation dans l'alcool.

â été découverte, par MM. Kahler et Alms, dans les sommités fleuries de plusieurs variétés ÏÏÀriemïàïà et dans le semen-contra, qui n'est autre chose que la Heur non épanouie de ces plantes.

Santonîne normale — C10H12O2? — On obtient ce corps (l) en épuisant à chaud, par l'alcool, un mélange de semen-contra et d'un peu de chaux caustique ; on chasse l'alcool par la distillation , et l'on sursature par de l'acide acétique. On purifie le produit qui se précipite, en le dissolvant dans l'alcool, et traitant la solution par le charbon animal ( Trommsdorff le jeune).

La S. normale cristallise en prismes hexagones et aplatis, ou en houppes entrelacées , incolores , qui jaunissent au contact de la lumière. Elle est sans odeur; sa solution alcoolique est fort amère; sa densité est de 1,247.

Elle fond a 1 36° en un liquide incolore , qui se concrète , par le refroidissement , en une masse cristalline ; elle se sublime sans altération. Elle est presque insoluble dans l'eau froide; l'eau bouillante la dissout un peu mieux , mais elle se dissout surtout dans l'alcool bouillant. Elle est moins soluble dans l'éther.

L'acide sulfurique concentré la dissout à froid sans la décomposer, l'eau l'en précipite de nouveau ; la solution rougit à la longue, en donnant une matière résineuse. L'acide nitrique fumant la dissout également; l'acide étendu paraît la convertir, par l'ébullition , en acide oxalique.

Le chlore l'attaque à chaud en produisant une matière brune , fort soluble dans l'alcool et les alcalis.

Elle se dissout dans les alcalis caustiques et fixes , en donnant des combinaisons définies. L'ammoniaque ne paraît pas se combiner avec elle.

Santonîne potassique (santonate de potasse). — La S. normale se dissout à l'ébullition dans la potasse caustique; les acides en reprécipitent la S. normale. Pour obtenir la S. potassique, on évapore à siccité une solution de carbonate de potasse avec de la S. normale, et l'on extrait la masse avec de l'alcool. La S. potassique est fort soluble dans l'eau et l'alcool, rougit par réchauffement,

(1) Ma formule est calculée sur l'analyse de M. Ettling. Ce chimiste a obtenu : carbone 73,63 (âhc. poids at.) et hydr. 7,21. Il est nécessaire de la vérifier par des réactions, et je ne la considère que comme fort provisoire.

IUMKMK FAMILLE. 175

présente une légère réaction alcaline et une saveur àinère. Sa solution aqueuse se aëœmpose par l'ebullition . en déposant de la

S. normale a l'état cristallin.

'.'. — Aiguilles radiées, douées d'un éclat

S ttbmhe calcique. — Elle s'obtient en aiguilles soyeuses, si l'on évapore a siccité un mélange de S. normale, de chaux et

d'alcool aqueux, évaporant a siccité, dissolvant le résidu dans l'eau, précipitant l'excès de chaux par un courant de gaz carbonique, et évaporant a cristallisation la solution filti

La S. barytique s'obtient de la même manière.

rie zincique. — La solution aqueuse de la S. potassique précipite le sulfate de zinc en flocons blancs, solùbles dans l'eau.

Santonihe plombique. — La S. potassique précipite l'acétate de plomb en flocons blancs, qui cristallisent dans l'alcool en aiguilles incolores .

Les sels d'argent et les protosels de mercure en sont aussi précipites en blanc ; les deutosels de mercure ne sont pas précipités.

L^s perselsde ter sont précipites en chamois.

Toutes les^combinaisons métalliques dû genre S. se décomposent par une ebullition prolongée avec de i'èaû , en mettant en liberté de la S. normale (Trommsdorff ).

Genre Cuminate R-802.

5-27. Sel unibasique, isomère des g. eugénol et santonine. Il se produit dans une foule de circonstances par l'oxydation du g. cuminol ( Gerhardt et Cahoursj :

cioHi2o l o = cwHttû*.

Cuminate normal (acide cuminique;. — OH^O. — On tait fondre de la potasse caustique , et l'on y ajoute goutte à goutte de l'essence de cumin ou du cuminol ; chaque goutte . en rencontrant la potasse, rougit et blanchit bientôt après en se eoiicretant et en dégageant de l'hydrogène. La masse dissoute dans l'eau, et mélangée avec de l'acide nitrique ou hydrochlorique , dépose des flocons abondants, qui cristallisent dans l'alcool en tables

prismatiques très belles. Sa saveur est franchement acides son odeur, quoique faible, rappelle celle des punaises.

A L'état pur, il fond a quelques degrés au-dessus de 100°, et bout au-dessus de 250° ; lorsqu'on le fait bouillir avec de l'eau , il se volatilise en partie avec les vapeurs. Il se sublime aisément et sans altération en fort belles aiguilles; sa vapeur est acide et suffocante.

Il est presque insoluble dans l'eau froide; l'eau bouillante le dissout mieux. L'alcool et l'éther le dissolvent avec facilité.

Il se dissout, à l'état pur, dans l'acide sulfurique concentré sans le colorer. Soumis à la distillation sèche avec de la baryte ou de la chaux caustique , il se dédouble en acide carbonique et eumène C9H,? (Gerhardt et Cahours).

Cuminate potassique. — C^H^KjO2. — Sel déliquescent , qui ne s'obtient pas sous forme régulière.

Cuminate ammoniacal. — Préparé directement par l'acide cuminique et l'ammoniaque caustique , ce sel se présente sous forme de houppes déliées, qui ternissent à l'air.

Cuminate barytique. — Clû(HnBflj02. — Ce sel s'obtient en paillettes nacrées , d'une blancheur éclatante , si l'on décompose du carbonate de baryte par une dissolution d'acide cuminique. Si l'on opère à chaud avec une dissolution concentrée , le sel se précipite immédiatement en traversant le filtre , et chaque cristal , au moment de paraître , réfléchit la lumière d'une manière très vive, en présentant toutes les nuances du spectre.

Cuminate argent ique. — O°(Eu\g)02. — En ajoutant du nitrate d'argent à une solution de cuminate d'argent , on obtient un précipité blanc , caillebotteux , et qui noircit rapidement à la lumière. Ce sel laisse, par la calcination , un résidu de carbure d'argent CA#2, de couleur jaune et mate. Par la distillation sèche, il donne de l'acide carbonique, de l'acide cuminique et du eumène (Gerhardt et Cahours .

Genre Sussafrol R-1002.

5-28. L'huile essentielle qu'on extrait du bois du Laurus Sassafras se présente sous la forme d'un liquide légèrement colore en jaune, d'une saveur acre et d'une odeur qui rappelle celle du

fenouil. Sa densité est de i ,09 : soumise à la distillation, elleeom- BMDoe a dégager des vapeurs vers 1 15°, mais le point d'ébullition s'élève ensuite rapidement jusqu'à 228", où il reste stationnaire.

Lorsqu'on la place dans un mélange réfrigérant (12 p. de glace, 5 p. de sel marin et 5 p. de nitrate d'ammoniaque) , elle se remplit de cristaux volumineux , que nous appellerons

Sassafrol normal. — C10H1002. — Pour purifier les cristaux . ou les comprime rapidement entre des doubles de papier buvard , et on les fait fondre el cristalliser une seconde fois par le même moyen (Saint-Èvre).

Sassafrol octobromé. — C10(H2B/^O2. — Quand on verse du brome sur l'essence de sassafras , la réaction est très vive; il se dégage d'abondantes vapeurs d'acide hydrobromique , et au moment où elles cessent , L'huile se solidifie tout-à-coup , et se transforme en une masse cristalline qui présente la composition indiquée ( Saint-Èvre .

Genre Naphtalol R-,402.

529. Aldéhyde, produit par L'oxydation de certaines espèces chlorées appartenant aux g. naphtessarène et naphtalène :

clû(trcr<) + o2 == ma + cio(h4c/2)o2.

C10(H2C/6) + o3 = li20 -f C'°C/602.

Les espèces du g. naphtalol se convertissent, par les alcalis , en espèces du g. naphtalate.

Naphtalol normal. — Cette espèce n'est pas connue.

Naphtalol bichloré [ oxyde de cliloroxénaphtose , La.). — C'o HC/2 O2. — Le naphtessarène quintichloré (510) cristallisé est assez lentement attaqué par l'acide nitrique bouillant; il devient jaune et de plus en plus fusible. Si l'on arrête l'opération lorsque la matière jaune reste, par le refroidissement, sous la forme d'une huile très épaisse, on obtient une dissolution acide de phtalate normal, ainsi qu'une huile jaune épaisse, où il se forme un dépôt jaune et pulvérulent. Pour hâter la séparation de celuici. on verse un peu d'éther sur l'huile jaune: au bout d'un ou de deux jours, on décante la solution éthérée, on filtre le dépôt sur un filtre, et, après l'avoir lavé avec de l'éther, on le fait dissoudre u. 12

dans une grande quantité d'alcool bouillant. Par le refroidissement, il s'y dépose des aiguilles de naphtalol bichloré ( Laurent).

Ce composé est jaune, insoluble dans l'eau, très peu soluble dans l'alcool et dans l'éther. Il se dépose de ces solvants sous la forme d'aiguilles coudées. Il distille sans altération. L'acide sulfurique concentré le dissout en se colorant en rouge acajou. L'acide nitrique bouillant le transforme en phtalate normal. Une dissolution alcoolique de potassse le colore immédiatement en rouge cramoisi ; alors tout se dissout dans l'eau , en donnant du chlorure de potassium et du naplitalate chloré.

Naphtalol sexchloré (oxyde de chloroxénaphtalise , La.). — C10C/6O2. — Le naphtalène sexchloré C10(H2C/6) est très difficilement attaqué par l'acide nitrique bouillant ; il a fallu à M. Laurent trois à quatre jours d'ébullition pour en décomposer une dizaine de grammes. On finit par obtenir une matière résineuse jaune, qu'on traite par l'éther pour la purifier d'un peu de matière huileuse ; puis on la fait bouillir avec de l'huile de pétrole. Aussitôt que la température s'abaisse de quelques degrés au-dessous du point d'ébullition , il se précipite de belles paillettes jaune d'or très éclatantes. On les reprend par l'huile de pétrole bouillante.

A l'état de pureté, elles constituent le naphtalol sexchloré. Ce corps est insoluble dans l'eau et l'alcool. L'éther bouillant en dissout une petite quantité , qu'il abandonne, par le refroidissement, sous la forme de paillettes légères , douées d'un grand éclat. L'acide nitrique bouillant le transforme probablement en phtalate trichloré.

La potasse et l'ammoniaque le convertissent en chlorure et en naphtalate quintichloré.

Il entre en fusion à une température assez élevée , et se volatilise en grande partie sans altération (Laurent).

Genre Camphoride R-603.

530. Anhydride, obtenu par l'action de la chaleur sur le camphorate il. (Laurent). Si l'on distille le camphovinate n., on ob-

tient également de l'eau, du camphoride n. et du camphalcool n. (Malaguti] :

Cî0ll,6O4 = H20 + C10Ill4O3.

2[C«H*>0«] = I120 + C,ÛI1»03 + 0"H«ô«:

Les alcalis fixes convertissent ce g. en camphorate ; l'ammoniaque en camphamate :

C"H"Q3 + (KII)O = C,0(H1:K)O*.

C10H14O3 -f Ml3 = C10H17XO3.

Camphoride normal (acide camphorique anhydre). — OHuO. — On l'obtient aisément en distillant l'acide camphovinique et dissolvant le produit dans l'alcool bouillant.

Le C. normal se présenté en beaux prismes, sans réaction acide, n'ayant aucun goût au premier abord, mais irritant la gorge d'une manière sensible, après quelque temps. Il est très peu soluble dans l'eau froide et un peu plus dans l'eau bouillante; l'alcool bouillant le dissout en grande quantité et le dépose , par le refroidissement, en cristaux dîme longueur considérable. L'éther le dissout encore mieux.

A 130°, il commence à se sublimer en belles aiguilles blanches ; à 217°, il fond en un liquide incolore, entre en ébullition audessus de 270°, et distille sans laisser de résidu.

La densité des cristaux est de 1,194 à 20°5. Ils s'électrisent quand on les broie , comme les résines.

Sa solution ne précipite pas par l'acétate de plomb neutre.

Le C. normal ne s'hydrate pas par une ébullition de deux heures avec de l'eau ( Malaguti ) ; toutefois , si l'on continue de faire bouillir encore pendant quelques heures , il se dissout à mesure que la liqueur s'évapore, et l'on finit par le convertir en camphorate (Laurent). Cette transformation est beaucoup plus prompte par les alcalis.

Il ne paraît pas absorber l'ammoniaque sèche , mais l'ammoniaque aqueuse le convertit en camphamate ammoniacal (Malaguti).

Chauffé avec de l'acide sulfurique concentré , il développe de l'oxyde de carbone et se convertit en sulfocamphorate (501) :

cionw03 | sh204 = CO + (PH»6S06.

Genre Anisalcool R-803.

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