‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 31 sur 129 · Éther unialcoolique · texte numérisé non relu

Éther unialcoolique

Anisalcool normal (éther anisique). — C10H,2O3. — Cet éther se produit aisément si l'on dissout l'anisate normal (449) dans 5 ou 6 fois son poids d'alcool absolu, et qu'on y dirige un courant de gaz HG/ pendant qu'on maintient le liquide à 80°. Use sépare quand on ajoute de l'eau au liquide distillé à siccité. On le purifie par des lavages et par la distillation sur du massicot (Cahours).

Anisalcool chloré (éther chloro-anisique). — Cl0(HuG/)O3. — Ce composé s'obtient , soit en faisant passer jusqu'à refus un courant de HC/ dans une solution alcoolique d'anisate chloré , soit en traitant l'A. normal par le chlore. On purifie l'A. chloré par la cristallisation dans l'éther. Il se présente en aiguilles blanches et brillantes (Cahours).

Anisalcool nitrique (éther nitranisique). — C10(HuX)O3. — Il se produit aisément quand on fait passer du gaz HC/ dans une solution alcoolique d'anisate nitrique. Il cristallise dans l'alcool absolu en belles lames, insolubles dans l'eau (Cahours).

Genre Rhéine R-12O3.

532. L'espèce normale se trouve toute formée dans la racine de rhubarbe , dans certains lichens , et particulièrement dans le Lichen Parietinus , L.

Rhéine normale ( rhabarbarine , jaune de rhubarbe , rhéumine , acide chrysophanique , jaune du Lichen Parietinus, rhapontiticine, rumicine). — C10H803? — On met en digestion, à froid, le Lichen Parietinus avec une solution alcoolique de potasse, et , après avoir filtré l'extrait , on le précipite par de l'acide acétique. On purifie le précipité en le dissolvant et précipitant de nouveau, desséchant à 100°, et dissolvant dans une petite quantité d'alcool absolu et bouillant (Rochleder et Heldt).

La rhubarbe fournit ce corps par le procédé suivant : on traite cette racine par de l'ammoniaque caustique, et l'on met les extraits en digestion avec du carbonate de baryte ; après avoir séparé la baryte par l'acide hydrofluosilicique , on évapore à sic-

cité el on reprend par L'ammoniaque et par l'alcool. On évapore de nouveau et on reprend par de l'ammoniaque diluée ; on précipite la solution par L'acétate de plomb surbasique , et Ton décompose le sel de plomb délaye dans l'alcool par l'hydrogène sulfuré. La solution alcoolique dépose alors la R. normale à l'état cristallise ( Dulk .

Cette substance cristallise en aiguilles groupées en étoiles, d'un éclat métallique, et orangées comme l'iodure de plomb. Elle est soluble dans l'alcool et l'étner ; les alcalis aqueux la dissolvent en petite quantité en se colorant en rouge. L'alcool additionné d'ammoniaque ou de potasse en dissout des quantités notables ; les acides précipitent la solution en flocons jaunes.

Soumise à la distillation sèche , elle se sublime en partie, tandis qu'une autre portion se charbonne.

Sa solution dans la potasse peut être évaporée à siccité sans qu'elle s'altère; mais à un certain point de concentration il s'y dépose des flocons bleus ou violets qui se redissolvent dans l'eau et l'alcool avec une couleur rouge.

L'acide nitrique concentré n'y parait pas agir, même par une ébullition prolongée; l'acide concentré la convertit en une matière rouge.

Elle donne avec la baryte et l'oxyde de plomb des combinaisons si peu stables, que l'acide carbonique de l'air les décompose déjà. Si Ton mélange sa solution alcoolique avec une solution d'acétate de plomb surbasique dans l'alcool , il se produit un dépôt blanc et pulvérulent qui disparait par l'ébullition, en même temps qu'il se produit des flocons gélatineux d'un blanc cramoisi , insolubles dans l'eau ; mais ces flocons se décomposent aisément et ne présentent pas une composition constante (Rochleder et Heldt).

Genre Naphtalaie R-^O3.

533. Sel unibasique, produit par l'action des alcalis sur le g. naphtalol (529).

Naphtaiate normal. — OH6(X — Ce corps n'est pas connu.

Naphtalate chloré ( acide ehloronaphtalique ou chloronaphtisique). — O(H5CZ)03. — Après avoir [ait bouillir le naphtessa-

rêne quintichloré avec de l'acide nitrique , on verse de l'éther sur la matière huileuse. Il s'en sépare alors du naphtalol bicliloré qu'on fait bouillir avec une dissolution alcoolique de potasse. On étend d'eau et l'on neutralise par un acide. Si la liqueur est chaude et peu étendue d'eau , il se dépose peu à peu des cristaux de naphtalate chloré.

Ce composé est jaune, inodore, insoluble dans l'eau. L'alcool et l'éther bouillant le dissolvent difficilement. Il entre en fusion à 200° environ. Par le refroidissement , la partie fondue s'entoure d'un réseau d'aiguilles. Il forme des cristaux dont les extrémités offrent toujours des angles rentrants, et peut distiller sans altération. Il est soluble dans l'acide concentré, d'où l'eau peut le précipiter.

C'est un réactif très sensible pour découvrir la présence des alcalis. Si l'on plonge un papier blanc dans sa dissolution alcoolique très étendue , et si on l'expose ensuite aux vapeurs ammoniacales, il prend à l'instant une couleur rouge plus ou moins foncée ; sous ce rapport il peut rivaliser avec le papier de tournesol ou de curcuma (Laurent).

Naphtalate chlore-potassique ( chloro-naphtalate dépotasse). — C10(H4KC/)O3. — On l'obtient en saturant une dissolution bouillante un peu étendue de potasse dans l'eau ou l'alcool par le naphtalate chloré. Il se dépose alors un sel rouge cramoisi , cristallisé en aiguilles rayonnées. Il est très peu soluble.

Naphtalate chloro-ammoniacal . — C,0(H5C/;O3,NH3. — Il cristallise en aiguilles soyeuses semblables au sel précédent.

Naphtalate cktoro-bary tique. — CI0(H4B«C/)O3. — On l'obtient par double décomposition. Il cristallise en aiguilles soyeuses à reflets dorés.

Naphtalate chloro-argentique. — Précipité gélatineux d'un rouge de sang. A chaud , il se forme un précipité cristallin carminé.

La dissolution du sel ammoniacal donne avec le chlorure de strontium un précipité cristallisé en aiguilles jaune orangé; avec le chlorure de calcium , des aiguilles de même couleur ; avec le bichlorure de mercure , un précipité rouge-brun ; avec l'acétate de plomb, un précipité gélatineux rouge-orangé ; avec le deutosulfate et le protosulfate de fer , un précipité brun ; avec

l'acétate de cuivre , un précipité rouge-carmin et cristallisé (Laurent .

Napktaietê pùntichloré ( acide chloroxenaphtalésique ). — O HC./^O3. — Lorsqu'on traite le naphtalol sexchloré par la po- : si .il se transforme Immédiatement en une matière rouge carminée très belle. Si l'on verse un acide sur celle-ci , il s'en sépare une nouvelle matière jaune qui est le produit en question. On la purifie en la faisant cristalliser dans l'ether , combinant avec la potasse et précipitant de nouveau par un acide.

Lorsqu'on le met en contact avec la potasse et l'ammoniaque, il produit des sels rouges ou rouges carminés qui sont insolubles dans L'eau ; il parait cependant que l'eau bouillante en dissout un peu. Pour les obtenir cristallins , il faut neutraliser une dissolution de l'acide dans l'alcool bouillant (Laurent).

Genre Sébate R— 204.

534. Sel bibasique, homologue des g. oxalate (2e fam.), succinate (4e fam.), adipate (6e fam.), pimélate (7' fam.), subérato (S' farn.), etc.

Produit de la distillation sèche de l'acide oléique ( 18e fam.) ou de l'oléine.

Sébate normal (acide sébacique). — ClùHl8CM (Dumas et Péligot, Redtenbacher). — Lorsqu'on épuise par de l'eau bouillante le produit de la distillation des corps gras , il se précipite dans l'extrait , par le refroidissement , des cristaux feuilletés et minces de S. normal que M. Thénard a le premier observés. Comme c'est l'oléine ou l'acide oléique (Redtenbacher) qui produisent ce composé, il faut employer, pour cette préparation , de l'huile d'olive ou de l'acide oléique brut , tel qu'on l'obtient comme produit accessoire dans la fabrication des bougies stéariques. On fait cristalliser le produit clans l'eau bouillante.

Il se présente sous la forme de feuillets ou d'aiguilles, blanches, nacrées, fort légères, qui ressemblent à l'acide benzoïque. Il a une saveur acide et rougit légèrement le tournesol , ne perd rien de son poids a 100e, fond a 127°, se prend, par le refroidissement , en une masse cristalline , et se sublime à une température

plus élevée. Sa vapeur irrite le palais et présente l'odeur particulière à celle de tous les corps gras.

Quand on le fait fondre avec de l'hydrate de potasse, il développe de l'hydrogène pur et donne un sel d'où l'acide sulfurique expulse un acide volatil et liquide (Gerhardt).

Sébate bipotassique. — Cl(\H16K2:04. — On l'obtient en neutralisant le carbonate de potasse par le S. normal. Il cristallise de sa solution concentrée en petits mamelons, fort solubles dans l'eau, non déliquescents, et peu solubles dans l'alcool absolu (Redtenter).

Sébate biammoniacal. — Sel fort soluble dans l'eau, cristallisant d'une manière confuse et perdant de l'ammoniaque par la dessiccation.

Sébate bicalcique. — Clf\Hi6{>/2)04. — Le chlorure de calcium

ne avec le S. biammoniacal un précipité de S. bicalcique assez

peu soluble dans l'eau. Sa solution étendue cristallise, parl'éva-

poration spontanée à l'air , en paillettes blanches , très fines et

brillantes.

Sébate biargentique. — Clû(H16A#2)04. — Précipité blanc et caillebotteux qu'on obtient à l'aide du S. biammoniacal et un sel d'argent. Il est fort peu soluble dans l'eau ; quand on le chauffe dans un tube de verre, il donne de l'argent métallique et un sublimé blanc, cristallin.

Genre Subériméthol R— 204.

535. Éther bialcoolique, homologue des g. oxaméthol (4e fam.), oxalcool i'6e fam.), succinalcool (8e fam.), subéralcool (12e fam.) , etc.

Subériméthol normal (subérate de méthylène). — C10H18O4. — Cet éther se prépare avec 2 p. d'acide subérique (454) , 1 p. d'acide sulfurique et 4 p. d'esprit de bois. Il a les mêmes propriétés que le subéralcool normal , son homologue. Sa densité est de 1,014 à 18" (Laurent).

Genre Camphorate R74CK

53G. Selbtbasique, produit par l'oxydation directe du camphol normal 518} sous l'influence de l'acide nitrique. ;;i6o -f 03 — c10illbO4.

t at/tphorate normal ( hydrate d'acide eamphorique). — OH1 04 Laurent, MalagutL). — On obtient cet acide en chauffant du camphre ordinaire dans une cornue avec dix fois son poids d'acide nitrique concentré; on cohobe plusieurs fois, et de temps à autre on ajoute de nouvelles portions d'acide; enfin on évapore le résidu. Le C. normal cristallise par le refroidissement; on le purifie en le dissolvant dans le carbonate de potasse, de manière a en séparer un certaine quantité de camphre non décomposé, puis on précipite la solution concentrée par de l'acide nitrique. Le C. normal se dépose alors à l'état cristallisé par le refroidissement du mélange; on le purifie par de nouvelles cristallisations.

Cet acide cristallise en paillettes ou en aiguilles incolores et transparentes, qui fondent à 70"; il est d'une saveur aigre et amcre à la fois. Peu soluble dans l'eau à froid, il s'y dissout mieux à l'ébullition; l'alcool, l'éther, les essences et les huiles grasses le dissolvent également avec facilité.

Sa solution précipite abondamment l'acétate de plomb neutre.

Soumis a la distillation sèche, le C. normal se dédouble complétement en eau et en camphoride normal :

cioHi604 — ipo -f C10HHO3.

11 ne reste qu'une faible pellicule de charbon (Laurent).

Il se dissout sans altération dans l'acide nitrique et l'acide sulfurique concentrés.

Camphorate ammoniacal (sel acide). — OH«604, NH3 -f 3 aq. ? — En projetant des cristaux de bicarbonate d'ammoniaque dans une dissolution bouillant." de C. normal, M. Malaguti a obtenu un sel (l)en petits prismes très blancs, à réaction acide, ayant un goût légèrement aigrelet, fusibles à quelques degrés au-

(1) M. Malaguti considère ce sel comme renfermant [l1/2C10H'6O4] , 2NII3 -f- 41/2 aq. 11 est vrai que son analyse s'accorderait avec cette expression , mais celle-ci est si extraordinaire que je ne saurais l'adopter sans de nouvelles preuves. Ma formule pour le se! sec exig<; : carbone 55,3, uydrog. 8,7, azote 6,6; M. Malaguti a obtenu : carbone 53,57, hydrog. 8,97, azote 3.5. 3 éq. d'eau de cristallisation correspondent à une perte de 19,9 p. c. par la dessiccation ; la détermination de M. Malaguti s'élève à 19 p. c. On voit que la formule de ce chimiste cadre mieux •• uj la mienne.

dessus de 100°, et aisément solubles dans l'eau froide. Séché à 100° dans un courant d'air, il a perdu 19 p. c. d'eau.

Si l'on traite le camphoride normal par du bicarbonate d'ammoniaque, on obtient du camphamate ammoniacal.

Camphorate biammoniacal (sel neutre). — C10H16O4, 2 NH3. — On l'obtient en exposant le G. normal à un courant de gaz ammoniac sec, et balayant le produit par un courant d'air sec. Il est très soluble dans l'eau ; la solution a une réaction légèrement acide , sans saveur bien prononcée (Malaguti).

Camphorate bipotamque. — Il cristallise en larges paillettes nacrées quand on le prépare avec le C. normal. Quand on fait dissoudre du camphoride normal dans la potasse, on obtient le même sel en petites aiguilles déliées, réunies en groupes (Malaguti).

Le C. à base de baryum est fort soluble et cristallisable.

Camphorate b i cale i que. — Il cristallise en prismes obliques courts, à base de parallélogramme obliquangle (Laurent).

Tous ces G. sont précipités par les sels à base d'argent, de plomb et de cuivre.

Camphorate bicuivrique. — Gl0(H14Cw2)O4. — Le sel précipité présente cette composition après avoir été desséché à 100°.

Camphorate biargentique. — C10(II14A#2)O4. — Précipité blanc (Laurent).

Genre Méconine R-1004.

537. L'espèce normale a été découverte par M. Couerbe dans l'opium.

Méconine normale. — GlûH1004 (Gouerbe, Regnault). — Ce corps est peu abondant dans l'opium, celui de Smyrne en parait renfermer le plus. On l'épuisé par l'eau froide , et après avoir filtré l'extrait, un le concentre; on le précipite complètement par l'ammoniaque, qui sépare la morphine et un peu de narcotine; on concentre de nouveau la liqueur filtrée jusqu'à consistance de mêlasse fluide, et on l'abandonne au repos pendant une quinzaine de jours dans un endroit frais. Il se dépose alors des cristaux, qu'on dessèche a une douce chaleur après les avoir exprimés ; outre la 31. normale, ils renferment encore des méconates et

d'autres substances. On les épuise par l'alcool bouillant de ::6°, et on concentre les extraits jusqu'à ce qu'ils déposent des cristaux. Ceux-ci étant recueillis, on les dissout dans l'eau bouillante pour les traiter par le charbon animal; enfin on complète la purification en les faisant cristalliser dans l'éther (Couerbe).

La M. normale cristallise en prismes hexagones terminés par un sommet dièdre; elle est entièrement Manche, sans odeur, d'une saveur d'abord nulle, mais qui devient très acre à mesure que la substance se dissout dans la bouche. Elle est soluble dans l'eau, l'aie. ». .1 et l'éther, et cristallise fort bien dans ces véhicules; elle exige '265,7 p. d'eau froide, et seulement 18,5 p. d'eau bouillante pour se dissoudre. L'alcool et l'éther la dissolvent encore mieux.

Elle fond à 90° en un liquide incolore , qui se conserve jusqu'à 75° ; à une température plus élevée (l) , elle entre en ébullition et distille sans altération ; par le refroidissement, elle se prend en une masse semblable à de la graisse.

Sa solution aqueuse ne précipite pas l'acétate de plomb neutre , mais elle précipite l'acétate surbasique.

Les alcalis fixes la dissolvent , mais l'ammoniaque ne la dissout guère.

L'acide hydroehlorique la dissout sans l'altérer ; l'acide sulfurique l'altère à chaud. L'acide nitrique la convertit en M. nitrique.

Lorsqu'on fait passer du chlore sur la M. normale, celle-ci l'absorbe en grande quantité, et il se produit une matière jaune, qui est, suivant M. Couerbe, un mélange d'une matière résineuse et d'un corps cristallisable (acide méchloïque C^H^O10?). Cette réaction aurait besoin d'être reprise.

Mcconine nitrique (acide nitro-méconique ou hyponitro-méconique). — C10(H9X)CM (Couerbe). —Lorsqu'on traite à chaud la M. normale par l'acide nitrique, elle se convertit en M. nitrique fusible, et qui se prend en cristaux par le refroidissement. On la fait cristalliser dans l'eau bouillante.

La M. nitrique s'obtient sous la forme de longs prismes déliés à quatre pans et à base carrée ; elle est légèrement jaunâtre, fond

1) M. Couerbe indique le point d'ébullition à 155 ' : mais M. Ile^nault, en essayant d'en prendre la densité de vapeur , a pu porter la température jusqu'à 275°, sans que la substance se mît à bouillir.

à 150°, et se volatilise en grande partie à 190° (?), tandis qu'une autre portion se décompose.

Elle est soluble dans l'eau et l'alcool ; dans ce dernier liquide, elle cristallise le mieux. L'éther la dissout aussi. La solution aqueuse est légèrement acide.

Les acides la dissolvent aussi à une douce chaleur, et la laissent cristalliser.

La potasse , la soude , l'ammoniaque et tous les alcalis la dissolvent avec une grande facilité, en la colorant en rouge; les acides en précipitent la M. nitrique.

Les sels de fer et de cuivre sont précipités par la solution de ce corps , les premiers en jaune rougeàtre , les seconds en vert tendre ; ceux de manganèse, de chaux, de mercure, d'or, de plomb n'en sont pas précipités (Couerbe).

Genre Naphtésate R-^O1.

538. Sel bibasique? produit par l'action de l'acide chromique sur le naphtalène normal :

CioH8 f- 05 = H*0 + C10H6O4.

iïapldésate normal (acide naphtésique). — C10H604. — Nous avons déjà fait remarquer (5 1 2) que l'action de l'acide chromique sur le naphtalène n. varie extrêmement, suivant la concentration du mélange ; la plupart du temps , on ne trouve aucun nouveau produit. Dans une opération, M. Laurent a traité le résidu de l'attaque par l'eau , et il a filtré pour séparer le naphtalène non attaqué. La dissolution, abandonnée à elle-même pendant un ou deux mois, a laissé déposer de l'alun de chrome; les cristaux étaient recouverts de petits grains blancs , de la grosseur d'une tète d'épingle ; on les a lavés avec de l'alcool. Celui-ci a laissé une matière blanche qu'on a purifiée par la sublimation.

Cette matière est un acide qui cristallise en aiguilles à quatre pans de 58 et 122'; il est très peu soluble dans l'eau, fusible au-dessus de 100°. Une analyse a donné la formule précédente, mais il n'est pas encore prouvé que ce soit l'équivalent du corps Laurent).

i, nre Opianate R-lû05.

539. Sel unibasique, produit de la décomposition de la narcotine -23e fam.).

Lorsqu'on dissout la narcotine [l) dans l'acide hydroclilorique, et qu'on la fait bouillir avec du bichlorure de platine, elle se dédouble (Blyth) en acide opianique CI0H,0O,!i et en un alcaloïde nouveau, la cotarnine C13H13X03, d'après l'équation suivant

C23H25NOT j H20 4 4P/CP=aP/CJ + liUCl + C,0Ht0O' H C^D^XO».

Les mêmes produits se forment par l'action d'un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique sur la narcotine (Wœhler).

c^h^no7 4- o2 = n2o 4- c!0nlûo5 4- c 3ni3\o3.

Opianate normal ( acide opianique). — C10H,0O5. — Voici comment M. Wœhler opère pour obtenir ce corps : on dissout la narcotine dans un excès d'acide sulfurique dilué, on ajoute à la dissolution du peroxyde de manganèse réduit en poudre fine , et l'on chauffe jusqu'à l'ébullition , que l'on maintient pendant quelque temps. On filtre la liqueur chaude; elle est d'un rouge jaunâtre; par le refroidissement , elle laisse déposer 10. normal sous la forme de petits cristaux, qu'on sépare à l'aide du filtre, et qu'on lave à l'eau froide. On les décolore en les faisant bouillir avec un peu d'hypochlorite de soude, et l'on décompose de nouveau cette dissolution par une addition d'acide hydroclilorique. L'O. normal cristallise ordinairement à l'état incolore par le refroidissement du liquide.

M. Blyth prescrit la méthode suivante : on dissout la narcotine

(1) La formule C^H^NO7 est calculée d'après les nouvelles analyses de M. Blyth et de M. Hofmann [Afin, der Chem. u. Phann., t. L, p. 35; elle s'accorde d'ailleurs aussi avec les expériences de M. Ilegnaulr.

(2) M. Wœhler représente l'acide opianique libre par C2oII,80,û — ClûH905; mais ses analyses donnent toujours plus d'hydrogène et s'accordent mieux avec la formule que nous avons adoptée. — Le même chimiste a observé dans la formation de ce corps un dégagement d'acide carbonique; de son côté, M. Blyth n'a vu s'en former qu'une quantité très faible, et il paraît que la production de ce gaz est l'effet d'une réac^ tion secondaire.

(50 gr. environ) dans de l'acide hydrochlorique dilué, on précipite par le bichlorure de platine, et, après avoir étendu d'eau, on fait bouillir la masse avec un excès de bichlorure de platine. Elle se colore bientôt en rouge foncé; on maintient l'ébullition pendant quelque temps jusqu'à ce qu'on voie paraître à la surface du liquide des prismes rouges de cotarnine chloroplatinique ; puis on filtre et on laisse refroidir. La liqueur dépose alors de fines aiguilles d'acide opianique. Les eaux-mères fournissent des rhombes d'acide hémipinique.

L'O. normal cristallise en prismes minces et étroits, souvent enchevêtrés, de manière à former un réseau volumineux. Il est incolore, d'une faible saveur amère, et d'une légère réaction acide. Il est peu soluble dans l'eau froide , mais très solubledans l'eau bouillante. Il se dissout également dans l'alcool et l'éther.

Il fond à 140° sans rien perdre; chauffé plus fort , il se volatilise en développant une odeur aromatique; il passe à la distillation. Sous l'influence de la chaleur, l'O. normal subit une modification très remarquable : il reste mou et transparent plusieurs heures après s'être refroidi ; on peut alors le tirer en fils , comme de la térébenthine ; peu à peu il devient opaque et durcit. Dans cet état, il est devenu insoluble dans l'eau et l'alcool, et même dans les alcalis étendus ; il ne se dissout qu'à la longue dans une dissolution bouillante de potasse caustique.

Chauffé avec un excès de bichlorure de platine (Blyth) ou avec un peroxyde et de l'acide sulfurique(Wœhler), l'O. normal se convertit en acide hémipinique.

L'hydrogène sulfuré le convertit en 0. sulfuré. Il s'unit directement au gaz sulfureux , en produisant de l'opianosulfite normal.

Sa dissolution bouillante dissout avec effervescence les carbonates de baryte , de chaux , de plomb et d'argent ( Wœhler).

Opianate barytique. — Clû(H9B«)05 -f-aq. — Prismes radiés, qui s'effleurissent à chaud en perdant 6 p. c. = 1 éq. d'eau.

Opianate plombiqm. — C,0(H9P6)O5 -f- aq. — Cristaux brillants, transparents, mamelonnés, peu solubles; ils contiennent 5, 45 p c. = 1 éq. d'eau de cristallisation, fondent à 150°, et commencent à se décomposer à 180°. A une certaine température, ce sel cristallise , à l'état anhydre , en petits prismes soyeux et réunis en faisceaux. Il est soluble dans l'alcool.

" ttMte argentique. — C^IPÀgrJO5 -f- aq. — Il cristallise en prismes transparents et raccourcis, qui offrent toujours une teinte jaune quand on les voit en masse; il perd son eau à 100". Il fond a -20o en se décomposant.

540. Opianate sulfuré (acide sultbpianique). — ClûH10(04S). — Quand on t'ait passer de l'hydrogène sulfuré dans une dissolution bouillante d'0. normal, il ne s'opère pas de réaction visible ; mais, par le refroidissement , la liqueur perd sa transparence, et il se dépose de l'O. sulfure.

C'est une masse amorphe d'un jaune de soufre, qui se ramollit au-dessous de 100\ et qui est complètement liquide à cette température. Si on 1'échaune davantage , elle se décompose et laisse échapper une fumée jaunâtre, qui se condense en fines aiguilles.

L'O. sulfure se dissout avec une couleur jaune. Si, pendant sa préparation, on l'empêche de fondre, on peut l'obtenir en petits prismes transparents ; il subit donc par la fusion une modification semblable à celle de l'O. normal.

Les alcalis le dissolvent avec une couleur jaune; les acides l'en précipitent sans altération ; toutefois , au bout de quelque temps, les dissolutions alcalines renferment tlu sulfure.

Les précipités occasionnés par le nitrate d'argent ou de plomb dans la solution ammoniacale de l'O. sulfuré, se convertissent peu à peu, et surtout par Febullition, en sulfure (Wœhler).

Genre H<:iïiiiji.n<iie R i°06.

541. Sel bibasique, produit d'oxydation du g. opianate (539) :

Hémipinate normal (acide hémipinique). — C10H1006 + 2aq. — Cet acide se prépare difficilement , puisqu'il se détruit sous les mêmes influences que celles qui lui donnent naissance. Voici comment M. 'Wœhler le prépare : on chauffe de l'acide opianique et de l'oxyde puce de plomb dans l'eau jusqu'à l'ébullition ; on y fait tomber alors, goutte à goutte, de l'acide sulfurique jusqu'à ce qu'il commence de se dégager de l'acide carbonique. Alors on laisse refroidir un peu le liquide, et on ajoute une quantité d'acide sulfurique capable de précipiter tout le plomb dissous ; on

filtre et l'on évapore. Il arrive souvent que les premiers cristaux soient formés d'acide opianique , qu'il est d'ailleurs aisé de séparer de l'acide hémipinique par cristallisation , celui-ci étant beaucoup plus soluble. L'oxyde puce de plomb seul n'attaque pas l'acide opianique.

L'H. normal cristallise très régulièrement en prismes obliques à 4 pans, incolores. Il possède une saveur légèrement acide et astringente; il se dissout difficilement clans l'eau froide. L'alcool le dissout aisément. Les cristaux perdent, à 100°, 13,5 p. c. z=z 2 éq. d'eau de cristallisation.

Quand on le chauffe entre deux plaques de verre , il se sublime en lames brillantes (l). L'acide efîleuri fond à 180°, et se prend , par le refroidissement , en une masse cristallisée.

Hémipinate biplombique. — Sel blanc et insoluble; il se dissout dans l'acétate de plomb, et s'en sépare plus tard en mamelons cristallisés.

Hémipinate biargentique. — Cl0(H8A#2)O6. — Sel blanc et insoluble (Wœhler).

Genre Mucalcool R-2(X

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