‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 9 sur 129 · Anhydride · texte numérisé non relu

Anhydride

Gallide normal. — C7H404. — Robiquet a obtenu ce corps par l'action de l'acide sulfurique concentré sur le gallate normal. On chauffe le mélange à 140°, de manière qu'il prenne une teinte cramoisie ; on laisse ensuite refroidir et l'on verse le produit dans de l'eau/ froide. Il se forme alors un précipité brun-rouge et cristallin ; ces cristaux perdent à 120° 10,5 p. c. de leur poids. Chauffés à feu nu , ils se charbonnent en se recouvrant de petits cristaux prismatiques couleur de cinabre.

Le G. normal est fort peu soluble dans l'eau ; l'eau bouillante n'en dissout que 0,0003 de son poids. Il se dissout dans la potasse en la neutralisant (Robiquet).

Dans la formation de l'acide gallique par une infusion de noix de galle , on observe ordinairement la production simultanée d'une poudre grise à laquelle M. Chevreul a donné le nom iïacide ellagique. Ce corps se dissout dans la potasse caustique en donnant des paillettes nacrées insolubles dans l'eau pure et solubles dans un excès de potasse ; traitée par un acide minéral , cette combinaison dépose l'acide ellagique sous la forme d'une poudre insipide et brunâtre, qui, suivant M. Pelouze, aurait la même composition que les cristaux en lesquels l'acide gallique se convertit par l'action de l'acide sulfurique.

Genre Gallate R-803.

4-27. Sel bibasique ; produit de décomposition du tannin (0e f.) ; se trouve tout formé dans les graines de mango (I ).

Gallate normal (acide gallique). — C7H605 + aq. — Lorsqu'on abandonne à l'air une solution aqueuse très étendue de tannin , elle perd peu à peu sa transparence et laisse précipiter une matière cristalline légèrement colorée en gris, et dont le G. normal constitue la presque totalité. 11 suffit, pour se procurer cet acide dans un état de pureté parfaite , de traiter la solution bouillante

(1) Selon M. Avequin , les graines de mango donnent par livre 2 onces 2 gros d'acide gallique, à l'aide d'une simple macération dans l'eau.

BIPTIÈlll FAMILLE. 31

par un peu de noir animal. La transformation du tannin en acide galli([ue est beaucoup favorisée par une température de -2;-» à 30' (Braconnot, Pelouse). Le contact de l'oxygène n'est pas nécessaire dans cette métamorphose (Robiquet ) : mais il suffit que le tannin se trouve en contact avec un ferment quelconque, soit avec celui qui se trouve naturellement dans les noix de galle, soit avec la levure de bière . avec la chair putréfiée ou avec toute autre substance putrescible (Laroeque). Il ne se dégage pas de gai dans cette métamorphose l).

Le G. normal cristallise en longues aiguilles soyeuses, d'une saveur légèrement acidulé et styptique. et qui exigent 100 p. d'eau froide pour se dissoudre. Chauffés à 100°, les cristaux perdent 9.5 p. c. d'eau. Il est plus soluble dans 1 alcool ; l'éther le dissout aussi, mais en moindre quantité Braconnot, Pelouze .

Il ne trouble pas la solution de gélatine, ni celle des sels d'alcaloïdes. Il forme, avec les eaux de baryte , de strontiane et de chaux , des précipités blancs qui se redissolvent dans un excès d'acide et cristallisent en aiguilles prismatiques, satinées, inal-

rables à l'air.

Sa solution est colorée en bleu foncé par les persels de fer ; le

élange se décolore par l'ébullition en développant de l'acide carbonique et en produisant un protosel de fer.

A l'abri de l'air, la solution du G. normal se conserve sans altération ; mais en présence de l'oxygène , elle dépose peu à peu un sédiment noir , en développant de l'acide carbonique ; cette altération est encore plus rapide en présence d'un alcali ou d'un acide minéral.

Elle réduit les sels d'or et d'argent.

L'acide sulfurique concentré transforme le G. normal en gallide normal (425 :

Lorsqu'on chauffe le G. normal dans une solution de chlorure de calcium, il s'y dissout et développe bientôt de l'acide carbo-

(1) Voyez les expériences de Robiquet. {Annal, de chim. ci de phys., t. LXIV, p. 385.)— Suivant IL Pelouze , il se développe de l'acide carbonique ; voyez plus bas , 9e fara., g. Tnnnale.

nique ; à 1*20°, le liquide dépose une poudre jaune et cristalline qui rougit les couleurs bleues végétales; abandonnée pendant quelque temps sur du papier, elle communique aux points de contact une teinte noire (Robiquet).

Nous avons déjà parlé (308) de l'action de la chaleur sur l'acide gallique , et en particulier de Yacide pyrogallique (1).

G allât e ammoniacal (gallate d'ammoniaque acide). — C7H605, NH3. — Prismes raccourcis, peu solubles dans l'eau froide, très solubles à chaud, et qu'on obtient en saturant à moitié le G. normal par de l'ammoniaque et abandonnant le mélange à l'évaporation spontanée. Ce sel ne perd pas d'eau à 100° (Otto).

Gallate biplombique (gallate de'plomb unibasique, Lieb.). — C7(H4P//2j05. — Si l'on ajoute de l'acétate plombique à une dissolution aqueuse et chaude de G. normal, en ayant soin que ce dernier soit en excès , il se produit un précipité blanc qui , abandonné dans la liqueur, se transforme bientôt en une poudre cristalline et brillante. Desséchée à 160°, elle présente la composition indiquée (Otto).

Si l'on maintient le sel de plomb en excès par rapport à l'acide gallique, on obtient un précipité blanc et floconneux qui devient jaune et cristallin par l'ébullition; il paraît constituer un sel surbasique C7(HW)05,P620.

L'histoire des gallates est encore fort incomplète et aurait besoin d'être soumise à une nouvelle étude.

Genre Quinate R 206.

428. Sel bibasique. Le Q. calcique se trouve tout formé dans les différents quinquinas , et forme la partie essentielle de l'extrait de quinquina préparé à froid ; c'est à son aide qu'on prépare tous les autres Q. L'aubier de beaucoup d'arbres paraît aussi contenir du Q. (Berzélius).

Les Q. dégagent, par une légère calcination, des vapeurs de quinoile normal (379) ; celui-ci s'obtient encore en plus grande quantité lorsqu'on les chauffe avec un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique.

Quinate normal (acide quinique). C7H»206. — Pour l'obtenir,

(1) Il sera question de l'acide mêtagallique de M. Pelouze , dans la Douzième Famille , G. Ulmate.

SEPTIEME KWIII.I I.. ...»

on décompose 6 1/5 p. de quinate calcique par l p. d'acide sulfurique étendu d'eau. Le sulfate de chaux se précipite en majeure partie . taudis que le Q. normal reste eu dissolution. Pour séparer les dernières portions de sulfate de chaux, on y ajoute de l'alcool et on concentre à petit feu le liquide spiritueux. LeQ. normal cristallise alors en prismes à base rhombe , souvent assez volumineux , solubles dans l'eau et l'alcool.

Par la distillation sèche, il donne les espèces normales des g. pvroquinol (l), phénate. benzoate, benzène et salicylol (377).

Quinate calcique. — C:(HnC -i 06 -f- 5 aq. — Il s'obtient comme produit accessoire dans la préparation de la quinine et delacinchonine. On épuise "le quinquina avec de l'acide hydrochlorique ou sulfurique , et l'on précipite l'extrait par du lait de chaux. La dissolution ayant été filtrée et concentrée à consistance de sirop, on l'abandonne au repos. Peu à peu il s'y dépose des cristaux de Q calcique qu'on purifie des matières étrangères par des lavages à l'alcool , où il est insoluble. On complète la purification en traitant la dissolution aqueuse par du charbon animal.

Ce sel est blanc et d'un éclat soyeux ; il se présente ordinairement à l'état de petites lamelles rhomboïdales , transparentes et renfermant 29,5 p. c. = 5 éq. d'eau de cristallisation (Liebigj.

Quinate argent i que. -— C\H,lA(/)06. - Lorsqu'on mélange un Q. soluble avec du nitrate d'argent, le Liquide noircit, et il s'y dépose bientôt de l'argent métallique. Cependant on peut aisément obtenir le Q. argentique en saturant une solution faible d'acide quinique avec du carbonate d'argent récemment lavé et encore humide. Par l'évaporation dans le vide, on obtient dos cristaux mamelonnés , d'une parfaite blancheur, mais qui noircissent facilement à la lumière ( Woskresensky ).

Quinate bicuivrique (dit sel basique). — C7(H,0Gw2)06 -f- 3 aq. — On l'obtient directement en attaquant l'hydrate ou le carbonate de cuivre par le Q. normal ; mais il est encore préférable de décomposer le Q. barytique avec du sulfate de cuivre, en ajoutant à la solution claire quelques gouttes d'eau de baryte (Liebig).

(J) M. Wœhler vient de publier quelques nouvelles observations sur ce produit, ainsi que sur le quinoïle normal (Annal, der Chem. u. Pharm. . t. U , p. 145) ; on en trouvera l'extrait à ia fin du volume, dans les Addition:-.

34 HISTOIRE El CLASSIFICATION.

Le Q. bicuivrique s'obtient alors cristallisé, renfermant 3 éq.

d'eau de cristallisation qu'il perd par la dessiccation à 155° ( Woskresensky ).

Quinate bary tique — Il cristallise en prismes hexagones renfermant 3 éq. d'eau de cristallisation.

Quinate plombiquc. — Lorsqu'on sature l'acide quinique par de l'oxyde de plomb, on obtient un liquide qui se prend en aiguilles. L'ammoniaque y produit un précipité blanc renfermant à 200" C7(H8P64)06? ( Woskresensky).

Genre Méconate R-10O7.

429. Sel tribasique renfermé dans l'opium. Il n'a pas encore été produit artificiellement.

Méconate normal (acide méconique). — C7H407 -f 3 aq. — Pour l'obtenir, on dissout le M. bipotassique dans 16 à 20 p. d'eau chaude et l'on y ajoute 2 ou 3 p. d'acide hydrochlorique ; le M. normal cristallise alors par le refroidissement. On le purifie par de nouvelles cristallisations. Dans cette opération, il faut se garder de faire bouillir le produit avec un acide minéral ou de filtrer la dissolution à travers du papier contenant des sels de fer (Robiquet).

L'acide méconique cristallise en paillettes nacrées, douces au toucher , d'une saveur à la fois aigre et astringente ; il renferme 21,5 p. c. =3 éq. d'eau de cristallisation qu'il perd complètement à 120° ; il est peu soluble dans l'eau froide ; 4 parties d'eau bouillante suffisent pour le dissoudre ; il se dissout également dans l'alcool. Sa solution rougit par les persels de fer ; portée à l'ébullition , à l'état concentré , elle développe de l'acide carbonique en brunissant et en se transformant en acide coménique (382).

L'acide hydrochlorique bouillant le décompose avec effervescence en CO2 et acide coménique ; l'acide sulfurique concentré lui fait éprouver la même métamorphose. A chaud , l'acide nitrique le décompose avec violence.

Chauffé avec de la potasse en excès , il se décompose complètement en carbonate , oxalate et une matière brune.

Nous avons déjà parlé des produits auxquels le M. normal donne naissance sous l'influence de la chaleur ( 353 et 382).

WnÀME îA.Mill.h.

M ,•-, i u">fi''acai. — Lorsqu'on neutralisa le M. normal

par de l'ammoniaque . il se produit deux sels eristallisables qui ont une réaction acide ; à l'aide d'un sxeès d'ammoniaque , on obtient le M. triammoniaeal.

.)/ -m Hpotamque. — CMl-K-O7. — Aiguilles soyeuses qu'on obtient en ajoutant une lessive de potasse à une solution d< M. calcique; elles sont peu solubles dans l'eau froide et assez solubles dans l'eau chaude.

MéeçnaU tri potassique. — C7('HK3)07. — Il se produit par l'addition d'un excès de potasse au sel précédent ; porté en ébullition avec de la potasse, il se prend, après le refroidissement . en une bouillie d'oxalate bipotassique mélangée de carbonate et d'une matière brune.

M- i ouate potassique. — (aH^K M7. — Aiguilles brillantes qu'on obtient en traitant une solution de M. bipotassique par une quantité d'acide hydrochlorique insuffisante pour une neutralisation complète.

Meconate calcique. — C7 H3Ca)07 + aq. — On obtient ce sel en ajoutant une solution de chlorure de calcium a une infusion d'opium . dont on a préalablement séparé les alcaloïdes par une addition de pota>se ou d'ammoniaque; après avoir saturé le mélange par de l'acide hydrochlorique ou acétique, on l'abandonne à lui-même. Il se produit alors un précipité de M. calcique impur qu'on fait cristalliser dans l'eau chaude aiguisée d'acide hydrochlorique.

Une solution de M. bipotassique, saturée à froid, ne trouble pas la solution du chlorure de calcium ; mais , si elle est chaude et concentrée, on obtient un précipité blanc qui cristallise , dans l'eau bouillante acidulée, en lamelles incolores et brillantes (Liebig .

Meconate bicalcique. — C7 H202 G7 + aq. — Sursaturée d'ammoniaque, la solution du M. bipotassique donne par le chlorure de calcium un précipité jaunâtre et gélatineux de M. bicalcique.

Meconate Oibarytique. — Sel peu soluble dans beau pure, et qui se dissout aisément . avec une couleur jaune , dans l'eau de baryte.

Meconate ferrique. — Lorsqu'on mélange un M. soluble avec un persel de fer, il devient d'un rouge de sang . mais il ne se forme

pas (if1 précipité, lors même que les liquides sont concentrés ; les agents réducteurs acide sulfureux , protochlorure d'étain ) le décolorent : les oxydants font reparaître cette teinte.

Mèconatt triplombique. — CT HP63)07 -f- aq. ■ — Le M. normal, ajouté en excès à une solution d'acétate neutre de plomb , donne un précipité blanc et floconneux, insoluble dans l'eau à froid et à chaud Stenhouse).

Méconale biargcntique. — CT H2A^2 0:. — Une solution de nitrate d'argent étant mélangée avec une solution de M. normal , saturée à chaud, on obtient du M. biargentique sous la forme d'une poudre blanche insoluble dans l'eau et soluble dans les acides. Chauffé dans l'eau bouillante, ce sel jaunit et se convertit en M. triargentique [Liebig .

Méconafe triargentique. — C:HAj/30:. — Le nitrate d'argent précipite la solution du M. normal, légèrement sursaturée d'ammoniaque . en une bouillie jaune de M. triargentique. Le sel sec se décompose par la chaleur avec une légère explosion [Liebig . Méconate cuivrique. — Ce sel s'obtient sous la forme d'un précipité vert-jaunâtre, lorsqu'on ajoute du M. normal à une solution d'aeetate cuivrique. Soumis à la distillation sèche, il donne de l'acide pyroméconique [353 en grande quantité (Stenhouse).

Genre Sulfobenzoénate R-0Sl>;;

430. Sel copule unibasique, homologue du g. sulfobenzidate 6e fam. .

Sulfobenzoénate normal acide sulfobenzoéniquej. — C7H8S03-faq§ PoUr l'obtenir à l'état de pureté, on sature par du carbonate de plomb la dissolution du benzoène normal [40o dans l'acide sulfurique fumant . après l'avoir étendue d'eau; on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré et l'on concentre dans le vide. Le S. normal cristallise en petits feuillets cristallins, fort déliquescents. En même temps que cet acide, il se forme, par l'action de l'acide sulfurique. une petite quantité d'une matière cristalline qui n'a pas encore été analysée Deville .

Sulfobenzoénate l>anjtique. — C7 H:B«)S03. — Écailles cristallines, très solubles dans l'eau, mais non déliquescentes.

5BPTIÈMÉ FAM1LLK. .'.7

Les S. ne sont précipités ni par le nitrate d'argent ni par I*1

nitrate de euivre.

Genre Sulfobettzoate R—'SO5.

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