‹ Précis de chimie organiqueChapitre 10 sur 95 · SUBSTANCES DIVERSES · texte numérisé non relu

SUBSTANCES DIVERSES

lh

cire des abeilles.

blanc de baleine.

aldéhyde .

acide sléiirique.

acide marga-

rique.

acide étliali-

que.

ac. du beurre

de muscade

acide gras du

beurre de

coco, ac. gras des

baies de

laurier.

ac. caprique,

ac.caproïque acide valérianique.

ac. bulyriq.

ac. acétique, acforraique.

cholestérine.

paraffine, cérosie.

strychnine.

salicine.

quinine.

oc. subérique.

ac. pimélique.

acide adipique.

ac. succmique.

acide oxalique,

Supposons maintenant qu'on vfiuillo savoir ce qui arrive si l'on fait agir sur la cire un réactif de combustion , par exemple l'acide nitrique.

L'inspection de l'échelle indique immédiatement que cet agent ne fournira ni saliciiie, ni (piinini', ni cliolcsti'rine, ni paraffine, etc., c'est-à-dire qu'on n'obtiendra aucun des corps places

^8 gUESTlUNS GENERALES.

dans les échelons supérieurs au dix-neuvième , où se trouve la cire elle-même.

Mais si l'on connaît les produits d'oxydation placés plus bas dans l'échelle et fournis dans ces circonstances par un homologue de la cire , il sera aisé d'en déduire ceux qu'on obtiendra avec ce dernier corps.

En effet , sachant que , sous l'intluence de l'acide nitrique , le blanc de baleine , par exemple , donne successivement les acides subérique , pimélique , adipique , succini(jue , etc. , tous corps homologues , on peut en conclure que la cire , placée plus haut dans l'échelle organique, donnera encore les mêmes produits d'oxydation. Nous avons nous-même confirmé ce fait par l'expérience directe.

L'aldéhyde est aussi homologue de la cire et du blanc de baleine ; mais puisque l'aldéhyde occupe le deuxième échelon, tandis que les produits d'oxydation de la cire et du blanc de baleine sont placés à des échelons supérieurs , il est évident que l'aldéhyde ne fournira , par l'action de l'acide nitrique , ni acide subérique ni acide succinique , mais on obtiendra tout au plus de l'acide oxali(]ue , homologue des acides subérique et succinique. L'acide stéari(|ue et l'acide margarique sont deux autres corps homologues entre eux. Par l'action de l'acide nitrique , ils ont donné les mêmes produits que la cire et le blanc de baleine; or, puisque les acides gras du beurre de muscade, du beurre de coco et des baies de laurier sont homologues de l'acide stéarique ou margaricpie , on devra encore obtenir avec eux et l'acide nitrique les acides subérique , pimélique, adipique, etc., ceux-ci occupant des échelons inférieurs à ceux où se trouvent placés les acides du beurre de muscade , du beurre de coco et des baies de laurier. Mais l'acide acétique , autre homologue de l'acide stéarique ou margarique , et «[ui ne renferme plus les quantités de carbone et d'hydrogène nécessaires à la combustion , ne donnera plus d'acide subéri<iue ou succini(iue ; il fournira de l'acide oxalique , qui est l'homologue des acides subéri([ue et succinique occupant le deuxième ('chelon.

18. Ces exemples suffisent pour faire ressortir l'utilité de notre échelle.

11 nous reste à exposer les principes d'après lesquels il con»

CLASSIFICATIOX. «29

vient d'en subdiviser les échelons pour y ranger les différents corps homologues.

D'abord , pour la mettre à la portée de tous les chimistes , nous avons dû éviter les hypothèses, de quelque nature qu'elles fussent. Nous avons donc, pour cet usage, rejeté toutes les formules rationnelles pour ne nous en tenir qu'aux formules empiriques qui expriment l'équivalent des substances; mais comme il eût été impossible de les représenter toutes , nous en avons choisi les esjjèces normales, c'est-à-dire les substances qui ne renferment que des éléments organiques (p. 1 ). Nous verrons plus tard, en nous occupant des différents modes de combinaison , comment on peut dériver de ces espèces normales les substances qui renferment des métaux, du chlore, du brome, du soufre, etc.

Pour faciliter l'emploi de l'échelle , il nous a paru utile de désigner les substances homologues par des formules générales.

Lorsqu'on passe en revue les corps qu'on est en droit de considérer comme homologues, on est frappé d'une circonstance qui mérite toute l'attention des chimistes.

C'est que, dans les corps homologues , les éléments covibasllbles, carbone et hydrogène, varient extrêmement quant aux proportions, tandis que l'élément comburant , ainsi que l'azote , y est toujours atomiquement le même.

Ainsi , par exemple , trois corps renfermant , l'un 0^, l'autre 0<, et le troisième 0^, ou bien N-, N-* et N*^, ne seront jamais homologues; tandis que des corps renfermant C, C-, O, G'*^, ou bien H^ H*^, H'^, H^^, pourraient très bien l'être (1).

En désignant , par conséquent , les éléments combustibles par Pi, sans tenir compte des proportions atomiques de carbone et d'hy(h"ogène, on peut exprimer (i'une manière générah; :

Par R. — Les hydrogènes carbonés.

Par HO. — Lessubsianccsrenfcinientl seul équivalent d'oxygc'nc -n aV dans leur molécule, telles que certains corps nenties

et volatils, les alcools, plusieurs lii:iles essentielles, etc.

Par lîU-. — Les substances contenant 2 équivalenls d'oxyg^ui» 7.^ Qii telles que certains acides volatils, t-lc.

(1) Voyez en oiïct (17) l'esinil (le bois, l'csijrit de vin , riiuiii- de pomm'^s lii' i»'iT<', Tel liai , i le.

Par RO^. — Les snl)stance.s contenant '.i équivalents d'oxygène;

plusieurs acides nionobasiques, etc.

Par RO*. — Les substances contenant Zi équivalents d'oxygène; '■ ^ plusieurs acides bibasiques, etc.

Le maximum d'oxygène qu'on a constaté jusqu'à présent dans les substances organiques est 0" et 0'-; le sucre de canne, la salicine , le glucose , appartiendraient donc aux formules générales RO'' et RO'2. Quant aux corps azotés, on les représenterait pareillement par RN, RNO, RNO^ RN^Û2, etc.

l9. Pour que deux ou plusieurs corps soient homologues, il ne suffit pas qu'on puisse les représenter par la même formule générale , R , RO, RO^, etc. , mais il faut encore que R ait la même valeur pour chacun d'eux , c'est-à-dire qu'il y ait entre le carbone et l'hydrogène un rapport atomique semblable.

Pour nous éclairer sur ce point , nous avons cherché parmi les substances bien étudiées celles qui , tout en ayant la même formule générale , se correspondissent aussi dans le rapport du carbone à l'hydrogène. Un grand nombre d'acides monobasiques se sont présentés , dans lesquels les équivalents de carbone sont f aux équivalents d'hydrogène comme 1:2, savoir : 1 '- !

L'acide stéarique ci9H3802\

— auamirlique C'^lpso^ \

— margarique C^^tP^O^

— éthalique C'^sos

rayristique Ci^tpso'i

— cocinique C'^lpeo'-i

— laurique C'^H^^O^'

— caprique C^IP^Qa (

— caproïque C^H'^Qî

— valérianique C^liioo'

— butyrique C^fl^O^

— acétique C^lHO^ /

— formique CII202 /

Nous considérons ces corps comme homologues. Le rapport qu'en présentent les éléments combustibles est évidemment celui qui résulte de la réduction d'équivalents égaux d'acide carbo-

CLASSIFICATIOÎi. 31

nique CO^ et d'eau H^O ; c'est donc le rapport le plus simple qu'on connaisse , et qui , par cette raison , doit être choisi pour terme de comparaison.

Ce rapport normal n'est cependant pas le plus fréquent dans les combinaisons organiques ; dans le plus grand nombre des cas, l'hydrogène y est moindre que 2, et dans les cas où l'hydrogène y est plus grand que 2 , cet excès n'est ordinairement que de 2 équivalents (l).

Ces faits méritent de fixer notre attention , car ils peuvent servir à apprécier la probabilité de certaines formules qui n'auraient pas été suffisamment contrôlées par l'expérience ; ils prouvent, par exemple, l'invraisemblance des formules comme CH^, C2H'^ C'H2'>, etc.

J 20. Lorsque les substances homologues se décomposent en d'autres substances homologues, les premières cèdent ou fixent alomiquement la même quantité d'acide carbonique , d'eau , d'oxygène , etc., quel que soit l'échelon auquel elles appartiennent. f Ainsi, par exemple, lorsque l'esprit de vin, l'esprit de bois , l'huile de pommes de terre , l'éthal ( 1 6) , se convertissent en leurs acides respectifs , ils cèdent chacun H^ en fixant 0 , quoique ces corps appartiennent aux 1", 2% 5^ et 16'' échelons.

Lorsque l'esprit de vin , l'huile de pommes de terre , l'éthal , se transforment en hydrogènes carbonés, ils cèdent chacun

Lorsque l'esprit de bois, l'esprit de vin, l'huile de pommes de terre, l'éthal, sont soumis à l'action des chlorures , ils cèdent pareillement H^O en fixant HC/ , et ainsi de suite.

On voit, d'après cela, (Jue, s'il existe des substances homologues dans lesquelles on remarque le même rapport géomé • tri(jue entre le carbone et l'hydrogène, cette identité de rapport ne saurait avoir lieu que pour une seule sériede corps homologues, puiscjue, dans les métamorphoses de ceux-ci en d'auties corps homologues, la fixation ou l'élimination du carbone et de l'hy- (irogèiK? ne se fait jtas dans des rap])orts géométricjues.

Si donc, , coiritne nous l'avons admis pi'écédemment , il y a homologie entre les corps (|ui olVreiit le rapport normal de 1 : 2,

(1) Kxtiiii|)ks^: i^nz (les marais Cll^ parafline C'^*ll », alcool Cll^O, esprit de bois Cll^O, éllier C^ll'^0, etc.

32 QITESTIONS GÉNÉRALES.

il peut y avoir liomologie entre les corps de même formule générale , où le rapport des éléments combustibles n'est pas géométriquement le même , mais de :

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