‹ Précis de chimie organiqueChapitre 13 sur 95 · C : Il : .\g · texte numérisé non relu

C : Il : .\g

On voit , d'après ces deux séries de quotients , qu'il faudrait au moins doubler la première formule pour avoir 16 : 32 : 2 ; car, )>uis(|iie 1 é({uivalent d'argent déplace l équivalent d'hydrogène, (»ii aurait alors :

Acide (:'«H^'20'^

Sel c;"'(fl3'A5f)0'^.

Mais ces considérations ne sont })as toujours suffisantes, attendu (jue 2 é(iuivalents d'argent pourraient très bien déplacer 2 équivalents d'hydrogène :

Acide C3211640»

Sel C32(H62A52)04,

Il faut alors, pour décider cette question , se diriger par l'examen des caractères de l'acide , par celui de son mode de formation et de décomposition, et par l'analyse d'autres sels.

Si l'acide est volatil sans (léeonij)osition , on p<^ut être certain

(1) Voyez , pour pliiii do détails, DtuxiKME PAr.Tiii, Sds.

EgLIVALEMS. , 57

((u'uii seul équivalent d'argent déplace l'hydrogène ; ajoutons toutefois que la réciproque n'a pas lieu , c'est-à-dire que tous les acides nionobasiques ne sont pas volatils sans décomposition.

Dans les substances volatiles neutres ou acides , le chlore et le ])rome donnent souvent naissance à des déplacements semblables à ceux que les métaux eftectuent sur l'hydrogène , de manière à produire des combinaisons chlorées ou bromées dont l'analyse oflre également des renseignements utiles à la détermination des ('■quivalents. Remarquons cependant c{ue le chlore et le brome se combinent quelquefois sans rien déplacer, mais cette circonstance ne complique pas la question.

La combinaison de la substance à déterminer avec une autre dont l'équivalent est connu , donne de fort bonnes indications.

Ce procédé s'emploie pour les alcaloïdes organiques , car ces corps s'unissent directement aux acides , sans y rien déplacer ; dans ces essais , il faut bien faire attention à la basicité des acides dont on se sert pour effectuer la combinaist>n.

La formation des éthers est d'un usage fort commode , lorsqu'il s'agit de détemiiner l'équivalent d'un acide organique ; nous exposerons plus lohi (l) les circonstances auxquelles on doit l)rendre garde en se servant de ce procédé.

L'accouplement de certains corps avec l'acide sulfurique est aussi un procédé» que nous recommandons à l'attention des praticiens, dans l'examen des hydrogènes carbonés, des huiles essentielles et d'autres corps indifférents. Il ])eut même servir ))our lixer la basicité des acides organi({ues.

Depuis longtemps on se sert aussi avec avantage de la déterminalidu (le la vapeur des substances volatiles sans décomposition (2). Poui- <|ue le nombre obteim ])ar l'expérience s'accorde avec la formuli! (1(! la sul)stance , il faut que la somme des densités rcprcscntces par les cléments de celle-ci soit sensiblement le double de ce nombre. On dit alors que l'équivalent de la substance représente

il) Dkuxikmk l'AKTii;, Éllirrs.

('-') Voyez la desciiplioii de ce piocklé ;'iiiis lo l. \ du Traite 'Ir M. Dumas.

58 QUESTIONS (iÉNÉKALES.

deux volumes de vapeur. Si, par exemple , la formule de la substance est C^H^O , on a :

2 fois la densité de la vapeur du carbone = 2 x 0,826 = 1,652 G — du gaz liydiogène = 6 X 0,068 = 0,Z|08

1 — du gaz oxygène = 1 X 1,105 =: 1,105

Somme 3,165

La somme — =1,582 doit se confondre avec le nombre

obtenu directement pour la densité de la substance, si la formule adoptée est exacte. j

Enfin rien n'est plus sûr, pour déterminer l'équivalent d'une substance , que l'examen de ses produits de décomposition. Les substances fixes et indifférentes ne comportent presque pas d'autre procédé. Il faut, dans ce cas, pour la substance et ses dérivés , pouvoir établir des équations simples et précises qui représentent d'un côté les éléments entrés en décomposition et de l'autre les produits qui en résultent.

28. Nous avons essayé plus haut de démontrer que la théorie binaire n'est point applicable aux combinaisons organiques , puisqu'elle entraîne trop d'hypothèses et nécessite la supposition d'un trop grand nombre de substances qui n'ont jamais été obtenues. Toutefois, on ne saurait nier que les molécules organiques renferment quelquefois deux ou plusieurs parties distinctes ; mais il est impossible de préciser graphiquement sur le papier cette dinérencedans la juxtaposition des molécules. Aussi, dans un fmvrage où notre but principal a été de rassembler des règles et des lois, afin de rendre plus facile pour tout le monde l'étude d'une science qui se développe à pas de géant, nous avons cru devoir nous rallier à l'opinion de M. Dumas, et admettre avec lui que les corps organiques constituent des édifices simples, des types.

Les corps formés par des éléments organiques (p. 1 ) seront considérés comme autant de genres.

Les espèces dérivent de ces derniers par la substitution d'autres éléments (m(';taux, corps haloïdes, etc.) , à un ou plusieurs éléments organi([ues (hydrogène, oxygène).

Nous avons déjà donné plus haut la définition des familles (p. 35). D'après cette définition , une même famille ne peut jamais renfermer deux ou plusieurs genres homologues ; dans une série de genres homologues , chaque genre est le représentant d'une famille particulière.

Voyons maintenant dans quelles réactions un même genre peut donner différentes espèces.

29. Combinaison saline. Ce mode de combinaison chimique est jusqu'à présent le mieux déterminé. Il se présente dans les composés qu'on assimile généralement aux sels de chimie minérale, ainsi que dans certaines substances hydrogénées appelées acides hydrates. Une combinaison organique offre le caractère salin lorsqu'elle renferme de l'hydrogène ou un métal qui puisse s'échanger pour un autre métal ou pour de l'hydrogène , par voie de double décomposition, d'après les principes énoncés par BerthoUet.

L'hydrogène , le potassium, le sodium, le calcium, le baryum, le plomb, l'argent, et en général tous les métaux dont les oxydes ont une composition correspondante à celle de l'eau (M-0), peuvent faire de pareils échanges, de manière à se remplacer équivalent par équivalent. Un équivalent d'hydrogène s'échange donc pour l'équivalent d'un autre métal, et réciproquement.

Lorsque l'hydrogène s'échange, par exemple, pour de l'argent, à l'aide de l'oxyde d'argent, cet hydrogène forme avec l'oxygène de celui-ci de l'eau qui s'é'limine , tandis ([ue l'argent demeure en place de l'hydrogène. Exemples ;

2[mi*0'^\ 4- A/;20 = 2[C2(liaA.<7)02] -f- IPO acide acétique. CMfO^ + A(j-0 = C»(11<A52)0« -^- IPO acide larlri(iiu".

Nous reviendrons plus bas sur les principaux caractères des cond)inaisons salines et sur la définition de (juclqucis ternies employés pour les distinguer.

Lorsque la composition des oxydes métalli(iues ne correspond pas il celle de Vonn, comni(! c'est le cas des oxydes d'antimoine , (le fer, de chrome, ainsi ([U(! de certains acides tels (jue l'acide arsénieux, l'af ide bon(|ue, conqiosition (jui peut s'expriiiieiduiie iiiaiiiere ^('iKTak' par M^()'=: 2M^U-f 0, réehaii^^e ne peut naturellement point s'eiïectuer éijuivalent par écpiivalent , en sorte

60 yiESriUNS (iEXERAl.ES.

qu'il en résulte des composés qui, la plupart du temps, n'ottrent plus le caractère salin. Ces composés, parmi lesquels on compte les émctiqucs , sei'ont l'objet d'un examen particulier dans la Deuxième partie. Nous y étudierons aussi les phénomènes connus sous le nom iV accoujylements , et ([ui donnent naissance aux sels copules.

30. Phénomènes ch substitution ou de métalepsie. Outre les substitutions dont il vient d'être parlé , la chimie organique eu offre deux autres espèces dans lesquelles certains éléments s'échangent sans altérer le groupement moléculaire de la matière organique.

D'une part, il faut nommer sous ce rapport l'hydrogène, le chlore, le brome et l'iode, et d'autre part, l'oxygène, le soufre, le sélénium et le tellure.

Nous appellerons ces deux groupes de corps les groupes métaleptiques, pour les distinguer du groupe salin.

Dans chacun des premiers gi'oupes, un élément remplace l'autre équivalent par équivalent. Exemples :

(a) Groupe métaleptique de riiyclrogènc.

en*. Formelle normal (gaz des marais).

C(lPci). Formène chloré (chlorure de mélhyle).

C{Wiir). J-'ormène brome (bromure de mâthyle).

C(lPl). Formène iodé.

C{Uk'P). Formène bichloré.

C(llCP). Formène trichloré (chloroforme).

CGI*. J-'ormène quadrichlorc , etc.

C^II^O^. Acétate normal (acide acétique).

C2^nci3)02. Acétate Irichloré (acide chloracélique).

(b) Groupe métaleptique de l'oxygène.

GMI^'O. Fthernormal (étlier sulfurique).

G-ill^'S. F ther sulfuré ( sulfure d'éthyle ).

C^Jl'Oye. Étlier sélénié.

C^lI'OTc l';ilier lelluré,

Cll^O. J'.cnzoïlol normal (.essence d'amandes amères).

G''II'*.s. Ik'nzoïlol sulfuré ( hydrure de sulfobenzoïle de

!\1. Lauienl).

En considérant la manière dont ces metalepsies sellcctuent, on

comprend pourquoi les subsUtutioiis sont équivalentes pour chaque groupe en particulier, et pourquoi un élément pris dans l'un des groupes ne peut pas remplacer, équivalent par équivalent , un élément quelconque pris dans l'autre groupe ; car c'est à tort fjue certains chimistes admettent que l'oxygène puisse , à la manière du chlore, se substituer ù l'hydrogène sans troubler le groupement moléculaire des corps , et , partant , leurs propriétés fondamentales.

Le chlore , le brome et l'iode forment avec l'hydrogène dés composés qui se correspondent : HC/, HBr, HJ.

De même, l'oxygène, le soufre, le sélénium, le tellure, produisent avec l'hydrogène des combinaisons qui se correspondent entre elles, mais qui différent des précédentes : H-0, H-S, H2Se,H2Te.

Or, les métalepsies, de même que les échanges salins, sont toujours accompagnées de la formation d'un produit fort simple, tel que l'acide hydrochlorique, l'acide hydrobromique, l'eau, etc. Le chlore ne chasse pas l'hydrogène purement et simplement pour se mettre à sa place, mais il se combine d'abord avec lui, forme de l'acide hydrochlorique, et puis seulement remplit le vide occasionné dans la molécule organique par cette déshydrogénation. Cela nécessite donc pour chacjue équivalent d'iiydrogène 2 équivalents de chlore :

U -f- ci- donnera Ci -f nci.

Mais que l'on fasse, au lieu du chlore, agii' de l'oxygène sur la même molécuh^ hydrogénée, on aura:

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