‹ Précis de chimie organiqueChapitre 5 sur 95 · NOTIONS PR£I.IS!IINAIR£:S · texte numérisé non relu

NOTIONS PR£I.IS!IINAIR£:S

1 . Les chimistes ont extrait des matières formant la croûte da globe cinquante-six éléments ou corps simples qui résistent à tous les moyens de décomposition.

A l'aide de quatre seulement d'entre eux, la nature crée les plantes et les animaux; ce petit nombre lui suffit, dans la plupart des cas, pour façonner les produits si variés de la végétation et de la vie animale. Ces quatre éléments se trouvent dans toutes les parties des êtres organisés et même , à peu d'exceptions près , dans toutes les substances sécrétées par l'économie vivante. Ils ont reçu, à ce titre, \eiiom d'éléme7ils or(janiqucs , et comprennent le carbone , l'hydrogène , l'azote et l'oxygène. Quelquefois cependant le soufre , le phosphore, les métaux , etc., s'y associent , de manière ii produire des composés voisins des substances minérales par quelques caractères particuliers.

La chimie organique a pour objet d'étudier les corps qui résultent de la combinaison de ces éléments , sous le rapport de leurs propriétés, de leur composition, ainsi que des lois qui présitlent à leurs transformations. Comme toutes les matières organi([ues , sans exception aucune , renferment du carbone , on peut dire qu'elle est la chimie du carbone. Elle n'envisage les matières organiques que dans leurs relations purement chimiques, sans tenir compte du rôle qu'elles remplissent dans l'organisation vivante. Consid(';n';es sous (;e dernier point de vu(;, ces matières deviennent du n.'ssort di; la chimie physiologique.

hos parties vi-gcHales o\. animales, les tissus, les sécrétions, les organes di^:^ ])l<mte.s et des animaux .sont des mélanges, en pro-

2 NOTIONS PRÉLIMTNATRES.

portions variables , de matières organiques. La chimie organique enseigne les moyens d'en opérer la séparation et de préparer à l'état de pureté les ;jrtMCi/)es définis dont la composition est fixe et parfaitement déterminée. Elle ne trace d'ailleurs l'histoire que de ces principes délinis.

Ceux-ci affectent ordinairement une forme géométrique et sont susceptibles de cristalliser, ou bien, lorsqu'ils sont volatils sans décomposition , ils ont la propriété d'entrer en ébuUition à une température constante.

2. Dans les êtres vivants, deux ordres de phénomènes s'accomplissent simultanément : les uns, auxquels on assigne la force vitale pour cause première, ne sont qu'imparfaitement connus quant aux lois qui les régissent ; les autres , purement chimiques , se dévoilent mieux de jour en jour, et nos connaissances à leur égard seront bientôt assez complètes pour permettre d'en fixer les règles, d'en prévoir même toutes les phases.

Quoique si différentes dans leurs tendances , les deux causes premières des phénomènes organiques ont cela de commun qu'elles sollicitent toutes deux la matière , et lui font subir certaines modifications sous le rapport de la forme , de la composition et des propriétés.

Dans l'être vivant , ces deux forces se font équilibre ; elles ne peuvent donc pas agir dans le même sens ; elles constituent évidemment deux forces contraires. Si cet état d'équilibre était durable , si l'agent vital n'était jamais vaincu par les forces chimiques , on ne sait trop quelle serait la destinée des êtres organisés ; mais sans doute la mort serait impossible , puisque la mort est précisément la cessation de toute résistance de la part de l'organisme contre les influences chimiques.

Cependant cet équilibre ne se rompt pas toujours brusquement. La perturbation est souvent plus ou moins favorisée par certaines causes accidentelles qui provoquent dans l'organisme un état anormal , une maladie , et font triompher localement les affinités chimiques.

Mais , outre ces causes fortuites de désorganisation , il en existe d'autres qui sont permanentes , et , par cela même , nécessaires à la manifestation de la vie. L'équilibre n'est donc jamais parfait dans l'organisme : sans cesse se rompant et se rétablissant alter-

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