C(HK)02] = C^K^O^ 4- H
L'oxalate à son tour fournit du carbonate et de l'hydrogène :
C2K'^0^ + 2(KH)0 = 2[C02,K20] + li2.
Nous avons fait nous-méme quelques expériences sur l'action que la potasse exerce sur quelques acides organiques, en la faisant fondre avec eux de manière à élever la température bien au-dessus du point où s'effectue la formation des sels de potasse. Une différence bien marquée se présente alors entre les acides monobasiques et les acides polybasiques. Les premiers résistent beaucoup à la chaleur et ne commencent à dégager de l'hydrogène qu'à une température fort voisine du point où toute la masse noircit ; les autres , au contraire , fondus avec de la potasse dans un creuset d'argent, s'attaquent bien facilement et dégagent de l'hydrogène en abondance sans noircir.
L'acide benzoïque et l'acide cuminique résistent fort bien , et il faut beaucoup chauffer le mélange pour obtenir un dégagement d'hydrogène ; lorsqu'on pousse la chaleur trop loin , on remarque l'odeur du benzène ou du cumène. Il est probable , toutefois, qu'en réglant la chaleur au bain d'alliage, on parviendra à des résultats bien nets.
Plusieurs acides appartenant aux genres succinate, subérate.
pimélate, adipate, sébate , œnanthylate, nous ont fourni, par la décomposition avec la potasse en fusion , de l'oxalate ainsi que des sels de potasse qui , déconiposés par l'acide sulfurique, dégagent des acides volatils appartenant aux genres foriuiate. acétate et valéi-ate. Nous sommes fort disposé à croire qu'il se trouve aussi parmi ces produits du butyrate et du caproate.
Il est bien certain , d'ailleurs , que les matières organiques se dédoublent d'autant plus facilement sous l'influence delà potasse fondante , qu'elles sont elles-mêmes déjà fort oxygénées ( sucre , salicine, amygdaline, etc.).
144. On sait que les éthers (80) résultent de la combinaison directe d'un acide organique avec un alcool , en même temps que les éléments de l'eau sont séparés. Lorsqu'on traite le produit par une dissolution bouillante de potasse , l'alcool et l'acide se régénèrent. Cette manière d'être est commune à tous les éthers.
Mais, si , au lieu de traiter ces corps .par une dissolution de potasse , on les expose à l'action de Ta chaux potassée, on obtient deux sortes de produits dérivant les uns de l'acide et les auti'es de l'alcool , comme si l'action de la potasse s'exerçait isolément sur l'alcool et sur l'acide.
MM. Dumas et Stas ont examiné , sous ce rapport , les éthefs oxalique , acétique et benzoïque de l'alcool ordinaire , et l'étlier acétique de l'esprit de bois.
Nous avons vu plus haut que le g. alcool donne de l'acétate et de l'hydrogène (l42j, le g. oxalate, du carbonate et le même même gaz (l43); or, l'éther oxalique a fourni a ces chimistes de l'acétate, du carbonate et de l'hydrogène.
De même l'éther beuzoù[ue a produit de l'acétate, du benzoale et de l'hydrogène; l'éther acétique a donné de l'acétate et de l'hydrogène.
Ces réactions sont fort simples et aisées à prévoir pour d'autres éthers.
145. Quelques substances, comme nous l'avons dcja (Ut, fixent directement les éléments de la potasse hydrali-e, sans dégage!' d'hydi'ogène. La cournarini' , raiH-nioiiinc , le henzile et le cam[)lire des laurinées, se coniporlent de ectlc manière.
L'anénioiiine renferme, suivant M. Fehling (l) , C'5H>20<'; bouillie avec des alcalis, elle donne de l'anémonate C'^(H'^K)0' en fixant tout simplement les éléments de la potasse.
La coumarine et le benzile sont dans le même cas; mais le camphre des laurinées exige le concours d'une température élevée et même d'une forte pression. Delalande opère dans un tube bouché renfermant de la chaux potassée, sur laquelle il promène les vapeurs de camphre, en la jnaintenant environ à 300 ou 400°; il fait passer et repasser plusieurs fois de suite , d'une extrémité du tube à l'autre, le camphre sur le mélange chauffé , de sorte qu'une partie notable de matière finit par être attaquée. On peut extraire 5 ou 6 grammes d'acide purifié du contenu d'un seul tube à analyses ; mais on est singulièrement gêné par la nécessité de conduire l'expérience sous la pression forte qui s'établit dans l'intérieur des vases, car on n'évite pas toujours leur rupture et la projection des produits. La réaction est comme précédemment :
C10H16O 4- (k:h)0 = Cio(ll''K)02.
H6. Nous avons déjà parlé (100) de l'action que la potasse et les alcalis hydratés en général exercent sur les glycérides ou corps gras neutres. Les réactions que nous venons de passer en revue sont assez nettes pour être saisies sans difficulté lorsqu'elles se présentent dans d'autres matières organiques.
Mais la potasse , comme tous les agents d'oxydation , dédouble souvent les matières organiques en leur prenant le carbone et l'oxygène nécessaires pour se carbonater. 11 est clair qu'une température élevée doit favoriser cette réaction. Les substances très oxygénées, les acides fixes, les matières neutres fixes, s'attaquent aisément par la potasse ^et fournissent alors le plus souvent du carbonate et l'oxalate , en même temps qu'un dégagement d'hydrogène se manifeste.
Les sucres, le ligneux, les gommes, la fécule, se comportent ainsi. La salicine fournit en même temps du salicylate.
Dans toutes ces réactions la molécule organi([ue se dédouble. Lors([u'on soumet à la distillation sèche de sendjlables substances mélangées d'iiydrate de })0tasse , elles fournissent des liquides
(1) Annal, der Chem. u. Pharm., 1. XXWIir, p. 278.
volatils ; les matières sucrées et amylacées donnent de l'acétone ou du métacétone , la salicine fournit du phénol .
147. Corps azotés. — La présence de l'azote dans une substance organique la rend en général plus attaquable par la potasse.
Cet agent , à l'état de dissolution, décompose surtout, les acides azotés , ainsi que les substances neutres azotées et fort oxygénées. Les alcaloïdes en sont peu altérés à l'ébuUition , et exigent pour se décomposer l'intervention d'une température plus élevée , souvent la fusion du mélange.
Lorsque la potasse attaque les substances azotées, elle se borne quelquefois à y fixer ses propres éléments , comme dans la réaction des corps non azotés'fHô) ; mais^ d'autres fois elle donne naissance à un dégagement d'ammoniaque. Fondues à la température du rouge sombre avec la potasse , les matières azotées de toute espèce sont capables de produire du cyanure de potassium.
L'action de la potasse sur l'indigo bleu réunit à peu près tous les cas possibles , ce qui nous engage à en dire quelques mots.
Une lessive de potasse diluée n'attaciue pas l'indigo; mais si l'on fait bouillir ce corps avec une solution assez concentrée pour se solidifier par le refroidissement , on voit l'indigo rougir sans qu'il se dégage aucun gaz. Le mélange rouge, abandonné à l'air, se couvre d'une pellicule bleue , et donne, par les acides, un i)récipité d'un rouge sale et bleuâtre que M. Fritzsche a désigné sous le nom d'acide chrysaniliquc. Mais ce savant n'a, ce nous semble, pas bien saisi la réaction qui s'accomplit alors. Son [)r(''tt'n(lu acide chrysanilitpie ne parait être autre chose (lu'un mélange d'isatine, d'acide isatique et d'indigo blanc (qui bleuit à l'air). En eflet, le premier elfet de la ])utasse sur l'indigu bU'U consiste ;i oxyder celui-ci et à le transformer en isatine (rouge) ou plutôt en isatine potassée (Laurent) ; l'hydrogène de l'hydrate de potasse se porte en même temps sur une autre portion d'indigo bleu de manière à le convertir en indigo blanc , d'après l'i'îijuatiijn suivant»; :
3,C«II-.\()) + (kli)0=^ ('.»(lHK).\0-î 4- 2C«llCi\o
Isaiiae potassée. huli(;o blanc.
Comme le gem'e isatino se transforme en isatalo sous l'influence prolongée de la potasse , on finit par avoir :
Isatate.
C8H^\02 + (KU 0 =: C8;il«{v)N03.
Cette réaction renferme donc trois cas : oxydation directe (142); fixation, sur une autre portion de matière , de l'iiydrûgène qui aurait dû se dégager ; fixation directe des éléments de la potasse et formation d'un genre salin (145). Mais là ne se borne pas le rôle de la potasse. Si l'on continue à cliautfer en faisant fondre légèrement le mélange , on observe un dégagement d'hydrogène, et la matière organique éprouve une combustion partielle. On obtient alors du carbonate et de l'anthranilate :
Anihranilate.
C8(II6K)N03 4- 2(KH)0 = IP + C02,K20 -f C'(H6K)N02.
Enfin le g. anthranilate lui-même se dédouble à une température plus élevée , en aniline et carbonate , ce qui fait qu'en distillant de l'indigo bleu avec de la potasse on obtient immédiat^ ment de l'aniline :