AMMONIAQUE
155. Nous avons déjà , en parlant des amides (p. 111 ) et des matières colorantes (p. 197), exposé tout ce qui concerne l'action de l'ammoniaque sur les substances organiques.
Il ne nous reste qu'un mot à ajouter. Plusieurs substances V(datiles absorbent de l'ammoniaque , mais la combinaison est si peu stable qu'elle se détruit par la chaleur, et qu'on n'obtient pas d'amide. MM. Laurent et Hofmann ont paré à cet inconvénient en exposant la combinaison à une température de 200" environ, comme nous l'avons déjà fait remarquer (p. 126), dans un tube fermé à la hunpe ; c'est de cette manière qu'ils ont produit l'aniline avec le phénol et l'ammoniaque.
CHAUX ET BARYTE.
156. Ces deux oxydes, fort semblables dans leur manière d'agir, s'emploient à l'état sec ou en dissolution aqueuse. La baryte mérite souvent la préférence.
Indépendamment de leur emploi à la formation des sels cal-
CHAtTX ET BARYTE. 24l
caires ou barytiques, ces deux oxydes, dissous dans l'eau, remplacent souvent avec avantage l'hydrate de potasse.
On s'en est surtout servi à l'état sec pour décarburer les acides volatils et pour les transformer en substances neutres. La baryte donne sous ce rapport les réactions les plus nettes ; mais , comme elle agit très vivement et d'une manière souvent fort brusque, il est convenable de la mêler avec de la cliaux ou avec du sable fin. Il arrive quelquefois que le mélange de baryte et de matière prend feu lorsqu'il a été porté à une certaine température. Cela se voit surtout avec les matières renfermant les éléments de l'acide nitrique.
Les acides organiques volatils se décomposent en général d'une manière très nette lorsqu'on les distille avec de la baryte ou avec de la chaux. Après les avoir mélangés avec trois ou quatre fois leur poids de l'oxyde bien sec , on les distille dans une petite cornue ; il ne faut pas opérer sur trop de matière à la fois , afin que la chaleur arrive uniformément sur toutes les parties du mélange. Voici les acides qui ont été ainsi traités :
Acide acétique C-II^O^. CH* forinène (Persoz, Dumas et Stas).
— benzoïque C'IlW. C^Ii^ benzène (Mitschorlicl!, Péligol).
— cinnainique G^li^O^. CH]^ cinnamène (Gcrliardl et Galiouis).
— cuniiniqne C'^l'^O^. C^ll'- cumène (Gerliardt et Cabours),
— salicyliquc G'll'>03. G'^IFO pbénol (Gcrliardt).
— anisique G**I1**0^. G^ll^O anisol (Cahours, Laurent).
On remarque , dans toutes ces réactions , que les éléments de l'acide carboni(|U(' CO" se fixent sur la chaux ou la baryte, tandis que l(,'s éléments restants demeurent en combinaison et passent à la distillation sous la forme d'un iiydrogène carboné ou d'une huile neutre oxygénée, suivant que l'acide soumis à l'action des oxydes renferme 2 ou 3 é(|uival(;nts d'oxygène.
Les acides «jui préseiitent ce genre de réaction sont tous monobasi(iues ; on n'a pas encore examiné comment les a«;ides polybasiques se comportent sous ce raj)port.
Ou |)(!ut aussi l'aire rentrer ihiiis le cas |)r(''C(''(lent l;i (b'coinposiliori (le l'acide anlhruMiliqne par la chaux ou la iiaiyte; cet acidi;, en ell'et , (|ni est a/oté, perd alors les éléments de l'acide carboni(|ue (jui .se fixent sur l'oxyde, tandis (pie les ('lénients
restants passent à l'état d'une huile azotée qui possède tous les caractères d'un véritable alcaloïde (7l).
Il y aurait de l'intérêt à examiner d'autres acides sous le même point de vue.
157. Les matières neutres et fixes ne se comportent pas toujours d'une manière bien nette lorsqu'on les traite par la chaux ou la baryte.
Il y en a qui , bouillies avec une dissolution aqueuse de baryte, cèdent à cet oxyde les éléments de l'acide carbonique. Tel est le cas, par exemple, de la lécanorine , que M. Schuncke a ainsi transformée en orcine :
C9H80* — C02 = CHl»0'\
D'autres fois, lorsque les matières neutres sont azotées, il s'en dégage de l'ammoniaque en même temps que les éléments de l'hydrate de baryte (BflH)O sont lixés par elles , et l'on obtient un sel de baryte nouveau (148).
Ces deux cas sont entièrement semblables à ceux qu'offre la potasse caustique.
On a aussi soumis à la distillation des matières neutres après les avoir mélangées avec de la chaux. M. Frémy a fait à cet égard quelques expériences avec le sucre , la gomme , les résines. On recueille toujours des matières volatiles dans ce genre de décomposition , mais on ne saurait fixer d'une manière précise l'ordre dans lequel la réaction s'accomplit (90).
158. Lorsqu'on fait passer de l'alcool C-H^O sur de la baryte chauffée , on obtient toujours trois gaz différents au moins : le gaz oléfiant C-H^, le gaz des marais CH^ et l'hydrogène ; il se forme en outre du carbonate et de l'hydrate de baryte. j
MM. Dumas et Stas , qui ont étudié cette décomposition , ont vu qu'il s'accomplit, dans ces circonstances, trois réactions parfaitement distinctes : dans l'une , l'alcool paraît se conver-i tir en eau cjui hydrate la baryte , et en gaz oléfiant qui sel
dégage :
c'^llGO 4- l\a-0 =>: 2(BaH)0 4- cm*.