OXYDES DE PLOMB ET DE MERCURE
L'autre consiste en ce que l'hydrate de baryte produit par l'action précédente réagit sur une autre portion d'alcool pour donner naissance à de l'hydrogène qui se dégage et à de l'acétate de baryte :
C2H60 + (BaH)O = C2(H3Bfl)02-f Z|H.
Dans la troisième enfin , l'acétate de baryte se décompose luimême et fournit du gaz des marais (l56). "
C2(n3Ba)02 4- (BaH)O = CH< -\- CO^Ba^O.
Cette interprétation ingénieuse est entièrement conforme aux faits.
L'action de l'alcool sur la baryte démontre que dans les cas où la baryte ne trouve pas , dans une seule molécule d'un corps organi(]ue , l'oxygène nécessaire pour former de l'acide carbonique , elle sollicite plusieurs équivalents de matière à se décomposer. La réaction devient alors moins simple que dans les cas précédents.
Dans l'action de la baryte sur le salicylate de méthylène (saliméthol normal G.) , cette base trouve dans un seul équivalent de matière assez d'oxygène pour déterminer avec lui la formation de l'acide carbonique : aussi la réaction s'accomplit-elle d'une manière aussi simple que sur les acides volatils à 2 ou 3 atomes d'oxygène.
C8H803 + i3«20 = C02,Ba2o -f C^IISQ.
Le salicylate de méthylène, qui est isomère avec l'acide anisique , fournit donc de l'anisol comme cet acide (Cahours).
Il y aurait de l'intérêt à (Hudier sur d'autres éthers l'action de la baryte caustique.
OXYDES DE Pr.OMB ET DE MERCURE.
159. MM. Robiquet et Bussy , ainsi que M. Simon , ont employé avec avantage l'oxyde dt; plomb récemment précipité et l'oxyde rouge de mercure pour désulfurer l'essence de moutarde noire et ses dérivés.
Lorsqu'on m(>l l'essence de moutarde en digestion avec de l'oxyde de plomb hydraté , qu'on dessèche la masse au bainmarie , et qu'ensuite on l'épuisé par de l'eau ou de l'alcool bouil- 1 lants , on obtient , par le refroidissement de la solution , des cristaux d'une substance particulière alcaline, et que M. Simon appelle sinapollne. Cette réaction , dans laquelle l'essence de moutarde cède tout son soufre , s'accomplit évidemment de la manière suivante :
C8H'0N2S2 + IPO = C'Hi2N2o 4- CS2.
Le sulfure de carbone , éliminé dans cette réaction , produit évidemment , avec l'oxyde de plomb , du sulfure et du carbonate.
Cette réaction est semblable ii celle que certaines substances oxygénées éprouvent de la part des alcalis (jui leur enlèvent les éléments de l'acide carbonique CO^. D'ailleurs il est à remarquer que la même désulfuration a lieu si l'on chauffe l'essence de moutarde avec de l'eau de baryte ou de potasse , jusqu'à disparition de l'odeur fétide.
Lorsque , d'après MM. Bussy et Robiquet , on broie la combinaison ammoniacale de l'essence de moutarde (1) avec 5 parties d'oxyde rouge de mercure , ou , selon M. Simon , avec de l'oxyde de plomb récemment précipité et bien lavé ; qu'on chauffe^ le mélange au bain-marie jusqu'à ce qu'une portion du liquide , prise pour essai , ne noircisse plus avec un mélange de potasse et d'oxyde de plomb hydraté ; qu'on épuise ensuite la masse avec de l'eau et avec de l'alcool , et qu'on évapore enfin à une doucej chaleur, il reste un sirop incolore dans lequel se forment, au! bout de quelques semaines, des cristaux transparents d'un alca-| loïde fort énergique appelé sinaminc par MM. Warrentrapp et| \Yill. j
C8I1«6]\1S2 == C8fI12.\^ + 2I12S. 1
Dans cette réaction, le soufre se sépare tout simplement à l'état! d'hydrogène sulfuré, qui se décompose ensuite avec l'oxyde mé-j tallique en eau et en sulfure. i
(l) G«II'0N2S2 4- 2NI|3 = C«lpei\lS2.
PEROXYDES DE l'LOMB ET DE MANGANÈSE. 245
PEROXYDES DE PLOMB ET DE MANGANESE.
160. M. Persoz a examiné l'action du peroxyde puce de plomb sur les acides tartrique, citrique , mucique et gallique (1).
Un mélange intime d'acide tartrique (l p.), de peroxyde (5 p.) et d'eau (10 p.) dégage beaucoup d'acide carbonique déjà à la température ordinaire et produit du formiate de plomb.
C4H606 { 3P//202 = 2C(HP6)02 + 2C02 + 2Il20 + 2Pft2o.
On obtient aussi du carbonate de plomb en modifiant les proportions du mélange.
L'acide paratartrique et l'acide mucique se comportent conMne l'acide tartrique ; les acides citrique et gallique sont également décomposés par le peroxide puce de plomb, mais sans production d'acide formique.
Suivant M. Sturenburg, le peroxyde puce de plomb convertit le sucre (de raisin), à la température de l'ébuUition , en formiate de plomb (surbasique) , carbonate de plomb et eau.
Nous avons fait bouillir pendant une demi-lieure une dissolution fort concentrée d'acide benzoïque avec ce peroxyde , mais cet acide n'en a point été attaf[ué ; il n'y avait aucun dégagement de gaz , et le [)er()xyde ne blancliissait en aucune façon. L'acide salicylique non pkis n'en a point paru attaijué. Par contre, la salicine a fourni du formiate de plomb. Il parait , d'après cela, (jue , parmi les substances non azotées, les acides et les substances neutres fort oxygénées sont seuls attaqués par le peroxyde puce.
161. Les substances azotées résistent moins bien à ce réactif. Lorsfju'oM chaidlt'unc! dissolution d'alloxane avec; du peroxyde
puce de plomb, il se; dégage d(.' l'acide carbonicpu; pur; cpiand la n'aclioii est Inininéc, on a une liouillie blanche di' carlKinate de ploiiih iiielangc'c, de (pichiues traces d acide ()xali(pie, et la Uqu»;ur liltn'e doiiiie par l'évaporation des cristaux d'urée, il parait, d'après cc^la, (jvk; le peroxyde produit diiltord de l'urée,
(1) Cuinptcs-rendus de l'Acad., t. .XI , \). 52'J.
de l'acide carbonique gazeux et de l'oxalate de plomb , qui se décompose lui-même, par une réaction prolongée , en carbonate.
C<1I<.\205 4- pfc202 = C02 -}- C2P620< + CIH.nsq
Alloxane. Oxalate de plomb. Urée.
L'acide urique lui-même présente une réaction semblable. Lorsqu'on le mélange avec de l'eau et qu'on chauffe la bouillie à l'ébullition, en y ajoutant peu à peu le peroxyde, il se dégage de l'acide carbonique ; la masse s'épaissit , le licjuide filtré fournit d'abord des cristaux d'allantoïne , et par la concentration des eaux-mères on obtient de l'urée, Le filtre retient de l'oxalate de plomb. La manière dont MM. Wœbler et Liebig expliquent cette métamorphose nous paraît assez compliquée , pour que nous préférions l'interprétation suivante :
C5HiN'03 + H20 -f P^2o2 ^ C02 + C^HGA'foa + l'62o Ac. urique. Allantoïne.
C*H6i\<03 -f 1120 -f r6202 = 2CH<N20 -f G2p62o4
Allantoïne. . Urée. Oxalate de plomb.
D'après cela, l'acide urique passerait d'abord à l'état d'acide carbonique et d'allantoïne, et celle-ci donnerait de l'urée et de l'oxalate de plomb. Cette interprétation est d'autant plus rationnelle que les alcalis hydratés transforment l'allantoïne en ammoniaque et en oxalate.
L'acide hippurique éprouve une décomposition fort remarquable de la part du peroxyde puce (l). Lorsqu'on fait bouillir le mélange , il se dégage de l'acide carbonique gazeux, et il reste en dissolution de la benzamide parfaitement pure :
C91PN03 4 3Pi202 ^ C^H^ISO -f- 2C02 -f 3P620 -f H20.
Benzamide.
Il est possible (pi'il s(^ produise d'abord de l'oxalate de plomb qui se décompose par l'action prolongée du peroxyde.
(1) l-EiiLiAG , dans les Annal, dcr Pharm., t. XXVIII , p. 1^8.— Répert. de chimie , t. V, p. 310,