AC[DE NITRIQUE
168. Peu de substances organiques résistent à l'action énergique de l'acide nitrique ; mais les produits varient extrêmement suivant la nature et la composition des corps soumis à son influence. Il arrive souvent , par l'emploi d'un acide concentré , que la réaction est si vive et accompagnée d'un développement de gaz si brusque, que le mélange se projette hors des vases ; bien plus, la chaleur développée par lui occasionne quelquefois l'intlammation de la masse.
Une oxydation pure et simple a été rarement observée ; dans le plus grand nombre des réactions , racide nitrique brûle du charbon de même que de l'hydrogène , et transforme ainsi des matières assez complexes ou placées dans les régions supérieures de l'échelle organique en d'autres plus simples, souvent fort éloignées des premières.
M. Millon ayant observé que l'acide nitrique aftaibli n'attaque pas l(;s métaux dans les conditions ordinaires , s'il est chimiquement pur et surtout exempt de bioxyde d'azote, a pensé ([ue la production de l'acide nitreux pourrait également modifier l'oxydation des matières organ'Kiues par l'acide nitrique. Il a donc cherché à prévenir la production de l'acide nitreux dans la réaction de l'acide nitrique , en ajoutant au mélange un peu de nitrate d'urée. On sait, en effet, que l'urée se décompose, au contact du gaz nitreux , en volumes égaux d'azote et d'acide carbonique. C'est de cette manière que M. Millon a obtenu l'alcool nitrique : il emploie 1 volume d'acide nitrique de 1,401 bien exempt d'acide hydr()cliluri(|ue, et 2 vol. d'alcool à 35° ; il recommande en outre de ne })as agir sur une trop grandt) masse, en n'employant que 150 ou 120 granmies de mélange ; 1 ou 2 gr. d'urée suffisent alors pour régler l'opération.
109. 11 est rare de voir un corps exempt d'oxygène s'oxyder directement sans qu'il y ait en même temps une combustion